mardi 7 août 2007

OGM : Suicide d'un cultivateur

Deux sons de cloches après le drame ...

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Critiques de la FNSEA après le suicide d'un cultivateur d'OGM
[2007-08-06 18:42]

PARIS, 6 août (Reuters) - La FNSEA appelle le gouvernement à faire respecter la légalité après le suicide d'un agriculteur du Lot, dimanche avant un pique-nique de militants anti-OGM devant sa parcelle de semences de maïs génétiquement modifié.

La justice a ordonné une enquête pour déterminer la cause du décès et les raisons du probable suicide de cet exploitant agricole, retrouvé pendu dans un champ près de Girac.

Mais la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles estime que cet homme de 46 ans "n'a pas pu supporter l'idée d'être mis en cause" par "des militants irresponsables" et que ses parcelles de maïs OGM "puissent être détruites."

"L'immunité dont bénéficient les militants anti-OGM les conduit tout naturellement à poursuivre cette année encore leurs actions de menace et de destructions de parcelles", ajoute la FNSEA par allusion aux "Faucheurs volontaires", dont José Bové est l'un des animateurs.

Selon le principal syndicat agricole, le cultivateur qui s'est suicidé "a respecté toutes les réglementations" et "a oeuvré dans le cadre légal de la production de cultures OGM."

"Alors, jusqu'à quand, quel autre drame doit-on encore attendre pour que la situation soit définitivement clarifiée et que justice et forces de l'ordre fassent le travail que l'on est en droit d'attendre d'eux ?", demande-t-il.

Le pique-nique que comptait organiser à Girac un autre syndicat impliqué, lui, dans la lutte contre les OGM, la Confédération paysanne, a été annulé après l'annonce du suicide.

Il ne prévoyait pas le fauchage de la parcelle mise en cause et s'inscrivait dans le cadre des "action pédagogiques" prévues un peu partout sur le territoire pendant le mois d'août pour réclamer un moratoire sur les OGM, a précisé un responsable.

En revanche, une cinquantaine de militants anti-OGM, dont José Bové, ont arraché dimanche des pieds de maïs dans un champ situé près de Murviel-lès-Béziers, dans l'Hérault.




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Suicide d'un cultivateur de maïs transgénique du Lot: le parquet ouvre une enquête
[06/08/2007 18:50]

TOULOUSE (AP) -- Le parquet de Cahors (Lot) a ouvert une enquête pour «déterminer les causes» qui ont conduit au suicide d'un cultivateur de Girac ayant semé du maïs transgénique. L'agriculteur s'est donné la mort dimanche alors qu'un pique-nique anti-OGM était prévu le jour-même près de son champ.

Même si le suicide ne fait «aucun doute», a précisé lundi à l'Associated Press Rémi Coutin, substitut du procureur de la République de Cahors, «le parquet a ouvert une enquête pour déterminer les causes qui ont mené cet homme à se suicider».

«Il y a un lien certain entre la pendaison de cet homme et le pique-nique anti-OGM près de sa parcelle», selon Rémi Coutin, «car sa mort fut mise en scène». Mais le substitut du procureur a aussi évoqué «des relations professionnelles et personnelles pas simples» et des «pressions liées à la crainte de la révélation au grand jour qu'il cultivait du maïs transgénique».

Le substitut du procureur a précisé que c'était un «simple pique-nique» qui était organisé par la Confédération paysanne du Lot et «non le fauchage de sa parcelle».

Claude Lagorce, éleveur de porcs, marié et père de quatre enfants âgés de 12 à 20 ans, a téléphoné dimanche matin vers 8h30 à la gendarmerie en annonçant qu'il allait se donner la mort. Un plan de maïs et un tract appelant à la manifestation près de son exploitation ont été retrouvés au pied de l'arbre où il s'était pendu. Les gendarmes ont découvert son corps vers 10h30.

Le pique-nique anti-OGM, à proximité des cultures de maïs OGM semé par l'éleveur-agriculteur pour l'alimentation animale, a été annulé au dernier moment lorsque les militants anti-OGM ont appris le décès de l'exploitant.

«Nous voulions comprendre sa démarche, nous voulions chercher avec lui quels étaient les arguments qui pouvaient le pousser à semer du maïs transgénique», a expliqué à LCI Patrice Vidieu, porte parole de la Confédération paysanne du Lot. «Il n'était pas question de montrer un homme du doigt, il était surtout question de mettre en cause un système qui nous dépasse tous, agriculteurs et citoyens.»

Le corps de Claude Lagorce sera transféré lundi à l'institut médico-légal de Toulouse pour une autopsie afin «d'éviter toute polémique», selon M. Coutin. AP

2 commentaires:

Banquise Tropicale a dit…

Où le vrai visage totalitaire des Faucheurs (on devrait dire barbares, vandales, pilleurs, casseurs) se révèlent.

France, Etat de droit?

Oncle Paul a dit…

LE POINT SUR LES OGM : ÉTÉ 2007 : VERS UN NÉCESSAIRE MORATOIRE EN FRANCE

"On est en démocratie, on n'est pas dans une tribu africaine où chacun fait sa loi", a déclaré lundi à l'AFP Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, principal syndicat agricole, qui demande "d'arrêter toutes les destructions et les moyens de pression sur les agriculteurs".

La comparaison avec une quelconque tribu africaine imaginaire pourrait nous sembler bizarre et pour le moins déplacée dans le contexte d'une communauté nationale où tant d'ethnies s'y cotoient. Mais suite à la polémique déclenchée par ce discours inflammatoire et le suicide par pendaison de M. Claude Lagorce, transgéniculteur-éleveur en Lot, il serait utile de faire connaître les chiffres suivants sur la population agricole en France.

Les paysans représentent : 4 % de la population active.

Forte prévalence hommes : 70%

Suicides hommes (toute population) : 7.853 sur 263.000 décès.

Prévalence hommes 3 pour 1,2 femmes.

300 (314) suicides paysans hommes en 2004.

Et en 2007 ?

La responsabilité de la tragédie près de Bretenoux incombe d'abord à ceux ayant incité les agriculteurs à semer le maïs Mon 810 (1), dont l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) et aux gouvernements successifs en France qui - depuis 1995 - ont refusé systématiquement le débat public.

La logique derrière cette mauvaise foi évidente est claire. Partout où l'on a pu débattre loyalement sur la question des OGM agricoles en milieu non-confiné et sur leur place dans notre société, le résultat a été très défavorable aux intérêts financiers des semenciers qui font tout pour développer les cultures transgéniques. Il suffit de regarder ce qui s'est passé ailleurs en Europe. Par exemple les moratoires déclenchés en Suisse et en Autriche, après débats et référendums. Où la situation en Grande Bretagne où les autorités ne souhaitent pas défendre les intérêts du public mais où le "GM Nation Debate" - qui avait lieu en 2003 - a revélé avant tout la méfiance très répandue envers le gouvernement et les compagnies multinationales.

Si des OGM pourraient offrir certains atouts techniques à court terme pour quelques exploitants agricoles, aucun avantage est visible pour les apiculteurs et consommateurs. Selon les études réalisées dans le cadre des Farm Scale Evaluation (FSE) Trials - également au Royaume-Uni - et en particulier concernant le problème de la pollinisation croisée; les chercheurs britanniques sont formels : l'isolement des cultures pourrait réduire mais n'empêche pas le flux de gènes, même sur de longues distances. Ces conclusions n'ont pas été prises en compte par les tribunaux qui jugaient le cas de Maurice Coudoin (Cf. infra).

Notons aussi la dissimulation de ce qui se passe dans les régions où les OGM ont été imposés, comme en Inde. Ici depuis 15 ans la révolution verte 'phytosanitisée' et le coton transgénique ont provoqué 25 000 suicides chez les paysans qui se donnent la mort soit par pendaison soit par poison (ingestion des pesticides).

Face donc à la propagande officielle de la part des pouvoirs publics, multinationales et consorts, parlons surtout de cette mort silencieuse en Inde - le résultat d'une course effrénée au rendement. Eux aussi ont cru les paroles d'Evangile de Monsanto : le mirage du progrès, la science infaillible etc. En dernier lieu rappellons aussi ce qui a été dit par Attac et la Confédération Paysan en 2003 : "Tout refus de la part de l'État, des industriels ou des chercheurs, toute tentative de passage en force des OGM ne feraient qu'aggraver les conflits et la tension sociale" (Source).



Le coton OGM tue

Les plantes génétiquement modifiées sont-elles une chance pour les paysans...

Allez voir ce reportage ;o((


Quant à la question de la co-existence : autrement dit : faut-il en venir à créer des zones pour cultures OGM et d'autres pour l'agriculture bio, l'apiculture...?

Alors que les compagnies d'assurance refusent d'assurer les cultures transgéniques, voici la réponse de Maurice Coudoin, apiculteur en Lot-et-Garonne, pollué par les OGM en 2006 et débouté le 12 juillet 2007 par la Cour d'Appel d'Agen de sa demande de destruction du maïs transgénique d'un agriculteur voisin de ses ruches :

«C'est la solution des pouvoirs publics et de l'industrie semencière. Cela veut dire que l'on va vers la réduction comme peau de chagrin de notre territoire. Pour nous, il n'y a pas de cohabitation possible. De telles cultures portent atteinte à l'ordre public. On le voit après le suicide d'un agriculteur dans le Lot [lire aussi ci-après]. Certes la pression des anti-OGM est peut-être très forte. Mais souvent, il y a aussi des tensions dans les familles. Cela démontre que ce n'est pas si simple. Enfin, on voit par exemple qu'il y a beaucoup de parcelles OGM dans les alentours de Salies-de-Béarn et Bidache, soit tout près de l'usine Monsanto de Peyrehorade. De là à dire qu'il y a une grande pression sur les salariés et que Monsanto veut provoquer une contamination généralisée pour mettre les gens devant le fait accompli, il n'y a qu'un pas». Cet apiculteur est dubitatif aussi sur la question de l'indépendance de la justice, le tribunal en référé ayant attendu plus de cinq semaines, soit après l'élection présidentielle, pour trancher dans son affaire. «Le juge dit qu'il nous appartient d'éloigner les ruches. C'est bien beau mais pour aller où ? Seul le nom des cantons où il y a des OGM est connu. Il est donc très facile de partir d'une parcelle pour en gagner une autre où il y en aurait encore plus...»

(1) La culture du Maïs Mon 810 de Monsanto est interdite en Allemagne, Autriche, Grèce, Hongrie, Italie, Suisse et Pologne. Des informations techniques concernant la science et le débat public sur la page ci-dessus ont été captées sur un Bulletin électronique de l'Ambassade de France publié par son site de veille technologique et mises en ligne par la Mission d'Animation des Agrobiosciences (MAA). Co-financées par le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche et par le Conseil Régional Midi-Pyrénées dans le contrat du plan Etat-Région, des sources qui ne pouvaient par être soupçonnées d'être anti-OGM !

(NDLR)