Le blog du Gwen - II - Le retour

vendredi 15 janvier 2016

Cannabis : Enfin une réflexion intéressante en France ...

 Depuis le temps qu'on le dit que le tabac est plus nocif ...

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Recommandations du Pr Dautzenberg

Cannabis : les joints d'herbe pure seraient moins nocifs

Le pneumologue Bertrand Dautzenberg a émis des recommandations à destination des consommateurs de cannabis pour limiter les risques. Il appelle à une légalisation de la marijuana. 

Cannabis : les joints d'herbe pure seraient moins nocifs  
John Carl D'Annibale/AP/SIPA

La fumette saine, c’est possible. Dans le pays d’Europe le plus prohibitif en matière d’usage du cannabis, des experts médicaux affichent régulièrement leur soutien à une législation plus souple. Dernière sortie en date : celle du Professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière.
Le médecin, célèbre notamment pour ses prises de position en faveur de la e-cigarette, a tenu une conférence de presse ce matin au cours de laquelle il a exposé ses propres recommandations pour limiter les risques liés au cannabis. Et alors qu’un jeune sur deux déclare en fumer, le constat du praticien est sans appel : « La France est vraiment le mauvais élève. Il y a un lien clair entre le type de législation et l’intensité de la consommation ! »

Privilégier les joints purs

De fait, la forte interdiction qui pèse sur le cannabis a généré la mise sur le marché en France de produits fortement dosés, coupés avec des substances toxiques. Pour contourner cette menace, Bertrand Dautzenberg conseille dans un premier temps aux usagers de privilégier l’herbe (la marijuana) à la résine (le haschisch), la première étant plus pure que le second.
Par ailleurs, pour réduire l’effet de dépendance, le pneumologue préconise de ne rouler que des joints sans tabac – soit avec de la marijuana, qui peut se consumer toute seule, soit en associant au haschisch (qui ne se consume pas) des plantes à fumer sans tabac. Ces dernières étaient vendues en pharmacies comme substitut nicotinique, avant leur interdiction il y a une dizaine d’années. Une liste de marques est disponible sur Internet.
Mais en réalité, le mieux serait encore de ne pas fumer le cannabis, mais bien de l’inhaler sous forme de vapeur. « Dans les Etats américains qui ont légalisé la marijuana, la vaporisation est devenue le premier mode de consommation chez les jeunes », souligne Bertrand Dautzenberg. En revanche, en l’absence de données fiables sur la toxicité des e-cigarettes à base de cannabinoïdes, le pneumologue ne suggère pas aux fumeurs de vapoter.

Légaliser pour faire baisser l'usage 

L’idée peut sembler iconoclaste, et Bertrand Dautzenberg n’ignore pas la difficulté qu’il y a à prodiguer ces messages sans passer pour un dangereux soixante-huitard. « Pourtant, il ne s’agit que de pragmatisme, défend-il. L’Etat doit libéraliser l’accès aux feuilles de cannabis pour que les gens cessent de s’intoxiquer avec les substances qu’ils se procurent. Légaliser le cannabis n’aura pas pour effet d’augmenter la consommation ; au contraire, il s’agit de mieux contrôler pour, à terme, faire baisser l’usage ».
Ainsi, le médecin cite la Loi Evin, qui a permis d’encadrer les consommations d’alcool et de tabac. « Depuis cette loi, on constate une baisse de 50 % de vente de cigarettes par Français, et de 25 % pour l’alcool. En revanche, on constate une augmentation de 20 % de la vente de cannabis. La législation est totalement inadaptée, pas du tout pragmatique. Certains pensent que renforcer les punitions permet de faire baisser la consommation, mais cela ne fonctionne pas comme ça ».

mardi 27 octobre 2015

Et alors en France, on attend quoi pour réfléchir ???

Pendant que nos gamins se tirent dessus dans les cités, et que notre premier ministre veut combattre le crime organisé avec de vieilles méthodes éculées, en Amérique (du Sud comme du Nord), on imagine d'autres formes de lutte ... comme de priver les trafiquants de leurs sources de revenus ...

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Chili. Vers une légalisation du cannabis ?

  • Le Chili a mis, ce lundi, en terre 6 900 plants de cannabis dans le cadre d'un usage thérapeutique. Une action qui pourrait déboucher sur une dépénalisation totale.
     | Archives Ouest-France / photo d'illustration

Le Chili a mis, ce lundi, en terre 6 900 plants de cannabis dans le cadre d'un usage thérapeutique. Une action qui pourrait déboucher sur une dépénalisation totale.


Le Chili pourrait suivre l'exemple de l'Uruguay et opter pour une dépénalisation totale de l'usage de cannabis. Pour preuve, 6 900 plants de cannabis ont été mis en terre, ce lundi et sur une surface d'un hectare et demi, pour couvrir des fins thérapeutiques. Ces plants sont, en effet, destinés à l'élaboration d'un médicament soignant des pathologies associées au cancer et à l'épilepsie. 
Le projet, porté par la fondation Daya et approuvé par le Service agricole et d'élevage (SAG) de la commune de Colbun,  est soutenu par 20 municipalités chiliennes. Toutes espèrent bénéficier d'un médicament à base de cannabis développé par un laboratoire privé en étroite collaboration avec l'institut de santé publique.

« Nous espérons avoir le médicament en 2017 »

Un médicament qui pourrait donc permettre de soigner quelque 4 000 patients souffrant de cancer, d'épilepsie et de douleurs chroniques liées au cancer. « Nous espérons avoir le médicament prêt en 2017 », a expliqué Alejandra Ahumada, chimiste de la fondation.
En septembre 2014, la fondation Daya et la commune de La Florida, au sud de Santiago, avaient déjà obtenu le tout premier permis délivré par la SAG afin de planter de la marijuana. A cette occasion, le Chili était devenu le premier pays d'Amérique latine à cultiver du cannabis à des fins thérapeutiques.

Vers une dépénalisation ?

Et alors que la législation chilienne est stricte et considère la marijuana comme une drogue dure, cette seconde plantation de masse pourrait toutefois ouvrir la voie à une dépénalisation totale du cannabis. Le Parlement chilien discute d'ores et déjà d'un projet de loi visant à dépénaliser sa consommation à des fins médicinales, mais aussi récréatives.
Si comme en Allemagne, les autorités ont autorisé la culture de la substance à des fins thérapeutiques, il faut savoir que l'autorité agricole chilienne a également autorisé, en janvier dernier, un projet de l'entreprise Agrofuturo pour la plantation de marijuana destinée à la fabrication et à l'exportation d'huile de cannabis.

mardi 6 octobre 2015

De quoi remplir les calumets de la Paix ;o))

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UN DISNEYLAND DE LA WEED

Un parc consacré à l'herbe ouvre dans le Dakota du sud.

Un disneyland de la weed
Certains y voient un amusement par nature, pourtant le Dakota du Sud a décidé de pousser la chose encore plus loin. Les enjeux qui accompagnent la légalisation de la weed dans différents états des USA sont multiples. Les emplois qu'elle génère et la diversification du business que l'on peut y associer.
Le nouveau concept est donc un parc d'attraction de la weed, dans la ville de Flandreau. Il serait mis entre les mains d'une tribu sioux. Un projet qui pourrait tout de même permettre de dégager 24 millions de dollars par an.
Cette opportunité est due à la décision du département américain de la justice d’autoriser les tribus amérindiennes à cultiver la marijuana sur tout le territoire américain. Y compris dans les Etats qui ne l’ont pas légalisée.
Une bénédiction pour cette tribu, qui, la loi l’y autorise, gère déjà un casino, un hôtel de 120 chambres et un élevage de bisons de plus de 240 têtes.
Toutefois, tout cela est très réglementé. Prévention et traçabilité sont en jeu. L’argent récolté est censé financer un centre de lutte contre les addictions. La tribu sioux, qui fera pousser sa propre herbe, avec tout de même pas moins de 30 variétés différentes devra en maîtriser l'expanssion, c'est à dire que le cannabis ne pourra pas sortir de la réserve notamment avec un système de code-barres sur chaque pochon…
L'espace sera une zone d'amusement pour adulte avec machine à sous, boîte de nuit, restaurant et jeux vidéos… Une sorte de gigantesque coffee shop quoi…  

dimanche 9 août 2015

Pas de danger à consommer de la marijuana selon une nouvelle étude ;o))

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La dangerosité de la consommation de marijuana nuancée par une nouvelle étude


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Les résultats de l'étude ont montré qu'il n'y avait pas de différence dans la survenue de problèmes de santé entre les utilisateurs chroniques de marijuana, ceux qui avaient commencé à l'adolescence, ceux qui avaient continué après et ceux qui n
Les résultats de l'étude ont montré qu'il n'y avait pas de différence dans la survenue de problèmes de santé entre les utilisateurs chroniques de marijuana, ceux qui avaient commencé à l'adolescence, ceux qui avaient continué après et ceux qui n Pe3k/Shutterstock

Une équipe de chercheurs américains de l’university of Pittsburgh Medical Center (États-Unis) a mis en évidence que fumer du cannabis ne serait pas lié à des problèmes de santé physique ou mentale comme l'avancent beaucoup de scientifiques.

La légalisation du cannabis reste, aux États-Unis comme en France, un sujet controversé. Le mois dernier, l’Oregon est devenu le quatrième État à légaliser la consommation de marijuana récréative après l’Alaska, le Colorado et Washington.
Pourtant, de nombreuses études antérieures ont déjà montré qu’une consommation excessive pouvait entraîner beaucoup d’effets secondaires graves.
Selon le National Institutes of Health (NIH), l’utilisation chronique de cannabis peut augmenter le risque de dépression. En outre, à long terme, les consommateurs peuvent être confrontés à des problèmes respiratoires et cardiaques. Des risques de malformations sur les fœtus sont également avançés.
Deux autres études publiées dans The Lancet en 2004 et dans PLoS Med en 2006, indiquent que les jeunes adolescents qui utilisent le cannabis plusieurs fois par semaine, augmentent aussi la probabilité d’utiliser un jour d’autres drogues et de développer des psychoses, deux phénomènes qui peuvent compromettre la santé et l’insertion sociale à l’âge adulte.
Pour en savoir plus, des chercheurs de l’University of Pittsburgh Medical Center (États-Unis), dirigés par le professeur Jordan Bechtold, ont suivi 408 personnes de l’adolescence jusqu’à l’âge de 36 ans. Des interrogatoires ont été réalisés régulièrement durant toute cette période.
"Dans cette étude, nous avons cherché à savoir si les noirs, les blancs et les autres individus d'autres communautés qui avaient des modes différents de consommation de la marijuana présentaient des différences dans la survenue de problèmes de santé tels que l'asthme, l'hypertension artérielle, la dépression ou la survenue de psychoses", explique les auteurs de l'étude.
Les participants ont été divisés en 4 groupes en fonction de leur consommation de marijuana : les utilisateurs faibles ou inexistants (46%), les utilisateurs chroniques précoces (22%), ceux qui avaient commencé pendant l’adolescence (11%) et ceux qui avaient également débuté pendant l’adolescence et qui continuaient à le faire (21%).
"Ce que nous avons trouvé était un peu surprenant, a déclaré le professeur Jordan Bechtold. Après avoir contrôlé toutes les variables qui pouvaient fausser les résultats comme l'alcool, le tabac, l'utilisation de drogues dures et le statut économique, les résultats ont montré qu'il n'y avait pas de différence dans la survenue de problèmes de santé entre les utilisateurs chroniques de marijuana, ceux qui avaient commencé à l'adolescence, ceux qui avaient continué après et ceux qui n'en consommaient pas."
L'auteur principal de l'étude conclut : "Nous voulions contribuer à informer sur le débat concernant la légalisation de la marijuana, mais cela reste une question très complexe et une étude ne doit pas être étudiée isolément".
Les résultats ont été publiés dans la revue Psychologie of Addictive Behaviors.

samedi 18 octobre 2014

Comment la cocaïne nous a sauvés de la crise financière

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Comment la cocaïne nous a sauvés de la crise financière


Sept ans après "Gomorra", Roberto Saviano raconte comment la cocaïne est devenue le meilleur moyen de gagner beaucoup, beaucoup d'argent. Entretien.


Une saisie de 7 tonnes de cocaïne, en Colombie, en avril 2014. (©Leonardo Munoz/EFE/SIPA)Une saisie de 7 tonnes de cocaïne, en Colombie, en avril 2014. (©Leonardo Munoz/EFE/SIPA)








De notre envoyé spécial à Rome

Condamné à mort par la Camorra napolitaine, il vit depuis neuf ans en citoyen clandestin. Victime et prisonnier de son succès médiatique, paria dans sa propre société, l'auteur de «Gomorra» est protégé jour et nuit par un groupe de carabiniers, d'autant plus sur le qui vive qu'il témoignera le 10 novembre à Naples lors du procès des deux parrains qui ont lancé le contrat sur sa tête.
Pour Roberto Saviano, écrire, c'est résister. Avec son nouveau livre, «Extra pure», il nous plonge dans l'économie de la cocaïne et au coeur de ses réseaux criminels. Un voyage stupéfiant sur tous les continents  du Mexique à la Russie, de la Colombie au Nigeria en passant par les Etats-Unis, l'Italie, l'Espagne et la France. Une enquête tout-terrain pour laquelle, paradoxalement, les liens privilégiés de Saviano avec la police et la justice lui ont permis d'accéder à des sources et des témoignages rares.
Le narcotrafic représente aujourd'hui la première industrie au monde. La carte de la planète est dessinée par le pétrole, mais aussi par le «pétrole blanc», comme l'appellent les parrains nigérians. Or noir, or blanc. A double titre: blancheur de la poudre et blanchiment de l'argent.
Car les liquidités colossales de la drogue sont recyclées par les banques américaines et européennes, là même où se trouvent les plus gros marchés de consommateurs. «Nul marché et nul investissement ne rapportent autant que la coke», va jusqu'à écrire l'auteur. Ce sont les centaines de milliards de dollars du narcotrafic qui ont, selon lui, sauvé en partie les banques lors de la crise des subprimes de 2008.
Pour Roberto Saviano, la coke est à la fois miroir et révélateur du capitalisme mondialisé. Le journaliste et écrivain démonte les rouages de cette économie parallèle où les distributeurs ont pris l'ascendant sur les producteurs, où les cartels mexicains, en privatisant le marché de la drogue et en l'ouvrant à une concurrence féroce, ont dépassé de loin les horreurs des producteurs colombiens. Et où l'Afrique est devenue une nouvelle plaque tournante à destination d'une Europe toujours plus en manque. Car, depuis que la crise fait rage, la consommation de coke, «drogue de la performance», s'est littéralement envolée. Rencontre avec un auteur sous haute surveillance.
Roberto Saviano (SIPA)
(©AGF s.r.l. / Rex Featur/REX/SIPA)
Le Nouvel Observateur Vous écrivez que la carte du monde est aujourd'hui dessinée par le pétrole et la cocaïne, le carburant des moteurs et celui des corps. Quelle est l'importance du trafic de la cocaïne dans le monde?
Roberto Saviano La demande de pétrole est toujours forte, et celle de la coke explose. Mais la cocaïne reste le marché le plus profitable du monde. On estime sa production entre 788 tonnes et 1060 tonnes par an et le marché à 352 milliards de dollars. Vous pouvez rencontrer de grosses difficultés pour vendre des diamants de contrebande, mais je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui n'arrive pas à vendre de la coke. Si je veux faire un investissement, disons de 1000 euros, dans une action d'Apple, au bout d'un an je gagnerai 1300 ou 1400 euros. Si je fais le même investissement en cocaïne, au bout d'un an, je gagnerai 180.000 ou 200.000 euros. Il n'y a rien qui va vous faire gagner autant. Et la violence du business est à la mesure de ce chiffre d'affaires.
La cocaïne a-t-elle supplanté l'héroïne ?
Le marché de l'héroïne est inférieur même s'il faut bien dire qu'on a très peu de données sur deux très grands marchés, ceux de la Chine et de l'Iran. L'héroïne a toujours été importante dans les pays d'Europe de l'Est, car elle ne coûte rien. En Russie, avec 3 euros, tu peux te faire un shoot. Mais en Italie ou en France, même aux Etats-Unis, elle connaît une phase de crise. L'héro a une mauvaise image. L'aiguille fait encore plus peur depuis les années sida. Personne ne veut se sentir un zombie toxicomane.
Personnellement, je n'ai jamais essayé ni héroïne ni cocaïne, pour une question morale, et aussi parce que j'ai grandi dans une région où il était très difficile de se droguer: la Camorra ne vendait pas de drogue sur son propre territoire. Sur la base des témoignages que j'ai entendus, l'héroïne est la reine des drogues pour procurer la même sensation qu'un orgasme pendant quinze minutes.
Avec la cocaïne, c'est exactement le contraire : ce n'est pas une phase de quelques minutes, c'est un état beaucoup plus long pendant lequel il y a une hyperperception des choses. Si je suis sous l'effet de la cocaïne, je n'ai pas une déformation de la réalité, mais j'en éprouve mille fois plus la sensation. Ça épouse pleinement notre temps, où tout est communication. Plus le monde accélère, plus il y a de coke; moins on a de temps pour des relations stables et des échanges réels, plus il y a de coke.





Quelle est la nouvelle carte du monde de la cocaïne aujourd'hui?
Le centre du monde, pour ce qui concerne le narcotrafic en tant que pouvoir criminel, c'est le Mexique, frontalier des Etats-Unis. Pour arriver en Europe - le marché européen de la coke a presque rejoint celui de l'Amérique -, la cocaïne passe à travers l'Afrique (francophone, notamment) équatoriale. Et puis elle arrive en Europe à travers l'Espagne ou les pays d'Europe de l'Est. Le premier pays producteur au cours de ces derniers mois, c'est le Pérou, ce n'est plus la Colombie qui est devenue le deuxième. Et la cocaïne de meilleure qualité, c'est la cocaïne bolivienne.
C'est au Mexique qu'a eu lieu la première révolution dans le trafic de la cocaïne.
Le grand tournant a eu lieu dans les années 1980 quand les Mexicains se positionnèrent en véritables distributeurs, et non plus en simples transporteurs. Cela se passe comme dans la grande distribution : le distributeur devient souvent le principal concurrent du producteur et bientôt le dépasse en profits.
Le mot «cartel» fait partie du vocabulaire économique et désigne les producteurs qui fixent d'un commun accord les prix et les quantités, qui décident comment, où et quand commercialiser un bien. Ce qui est valable pour l'économie légale l'est pour l'économie illégale.
La révolution s'est produite quand Pablo Escobar dit «El Magico», le parrain colombien de Medellín, passa un accord avec Félix Gallardo surnommé « El Padrino», ancien de la police judiciaire fédérale du Mexique. C'est Félix Gallardo qui créa les cartels mexicains en structurant le territoire en zones et en établissant un modèle de cohabitation entre cartels.
Depuis, les règles du jeu ont changé. On a assisté à une escalade dans l'horreur. AuMexique, la guerre de la coke a fait des dizaines de milliers de morts (plus de 50.000 morts entre 2006 et 2012). C'est l'emballement des nouveaux cartels: des structures plus flexibles, une grande familiarité avec la technologie, des massacres spectaculaires, d'obscures philosophies pseudo-religieuses liées à une fascination pour les films violents et les émissions de télé-réalité. Et une furie meurtrière à faire pâlir tous ceux qui les ont précédés. Les acteurs se multiplient. Les Zetas et la Familia, assassins sanguinaires, ont pris le pire des corps paramilitaires, le pire de la Mafia et le pire des narcotrafiquants.
Et en Colombie ?
La guerre contre les cartels a été en partie gagnée. Et pourtant, après des décennies d'effort pour éliminer les narcos colombiens et la fin du Cartel de Cali, la part de marché que le pays a perdue est bien inférieure à ce qu'on pourrait imaginer. Les hommes passent, les armées se démobilisent, mais la coca reste.
Après des années de politique de terre brûlée, au sens littéral, la cocaïne colombienne représente encore presque la moitié de toute celle consommée dans le monde. L'histoire du trafic de drogue en Colombie est une histoire de vides, et de transformations. Une histoire capitaliste. Si la Colombie n'est plus un narco-Etat, ce vide s'est rempli de micro-trafiquants par centaines.





Comment l'Afrique est-elle devenue une plaque tournante?
Comme une épidémie, la cocaïne s'est répandue sur le continent africain à une vitesse effrayante. Le Sénégal, le Liberia, les îles du Cap-Vert, le Mali, la Guinée-Conakry, la Sierra Leone, l'Afrique du Sud, la Mauritanie, l'Angola sont touchés. L'Afrique est vulnérable car la vacance ou la faiblesse du pouvoir, la corruption d'un Etat qui a en face de lui une organisation proposant et incarnant l'ordre, favorisent le développement des mafias.
Au cours des années 2000, les narcotrafiquants américains, italiens, corses et des pays d'Europe de l'Est se sont rendu compte que l'Afrique pourrait être un immense dépôt de drogue. On a vu se développer des alliances entre Mexicains, Calabrais, et Corses qui ont des relations avec des politiques locaux et des militaires.
La seule mafia africaine, c'est la mafia nigériane. A part au Sénégal, au Burkina-Faso et au Ghana, où il y a bien évidemment de la corruption, mais où le narcotrafic n'a pas de grands alliés, je vois avec beaucoup de désespoir et sans illusion l'avenir des autres Etats, en particulier le Liberia ou la Guinée-Bissau. Ce ne sont que des narco-Etats où il est très facile de faire arriver la cocaïne, et très facile de la cacher aussi. Et ces pays sont en contact avec les pays du Maghreb, le Maroc par exemple.
La coke transite par le Maroc et passe du Maroc à l'Espagne...
Ou bien par les pays du Maghreb vers Gioia Tauro et Livourne en Italie, ou Rotterdam. Marseille, c'est l'affaire des Corses ou des organisations du Maghreb français qui sont devenues très puissantes en ce qui concerne la distribution. Au Maroc, les vieux narcotrafiquants marocains ne veulent absolument pas de la cocaïne mais du haschisch. Car ils savent que le trafic de haschisch est toléré d'une façon ou d'une autre. Mais les plus jeunes veulent justement développer un nouveau marché.
Au Maroc, Ceuta est une plaque tournante fondamentale, mais la Tunisie, aujourd'hui, qui est actuellement déstabilisée, prend de nouveaux relais. La chose intéressante, c'est que le terrorisme islamiste est en cheville avec les organisations criminelles mafieuses sur ces territoires. Les islamistes dénoncent l'usage de la drogue, tout en prenant une part active dans le trafic. La cocaïne est en train de changer la géographie et la géopolitique de l'Afrique.
Quel est le rôle de la mafia corse ?
J'ai trouvé beaucoup de difficultés, au cours des dernières années, à m'occuper véritablement des organisations criminelles françaises. Car en France, il n'y a aucune culture antimafia. Les gens pensent toujours que ce ne sont que des criminels, à traiter comme des criminels. Or ce sont des entrepreneurs en mesure d'influencer la politique française.
Les Corses ont beaucoup changé au fil des dernières années. Le FLNC a des contacts étroits avec la mafia corse dont la force a été de gérer le narcotrafic en Afrique. Quand Marseille a vu chuter la contrebande des cigarettes et le trafic d'héroïne, les Corses ont commencé à développer le narcotrafic de cocaïne. Et les Corses sont devenus les véritables gérants d'un joint-venture avec l'Afrique.





Selon votre enquête, l'immense majorité de l'argent de la drogue est recyclée par les banques américaines et européennes. Pis, vous écrivez que, lors de la crise des «subprimes», les milliards de dollars du narcotrafic ont sauvé les banques.
Avec l'argent de la coke, on achète d'abord les politiciens et les fonctionnaires, et ensuite un abri dans les banques. Blanchir est une opération gagnante. Il n'y a aucun employé ou dirigeant de banque qui ait dû voir l'intérieur d'une prison à cause de ça. Dans la seconde moitié de 2008, les liquidités sont devenues le principal problème des banques.
Comme l'a souligné Antonio Maria Costa, qui dirigeait le bureau drogue et crime à l'ONU, les organisations criminelles disposaient d'énormes quantités d'argent liquide à investir et à blanchir. Les gains du narcotrafic représentent plus d'un tiers de ce qu'a perdu le système bancaire en 2009, comme l'a dénoncé le FMI, et les liquidités des mafias ont permis au système financier de rester debout.
La majeure partie des 352 milliards de narcodollars estimés a été absorbée par l'économie légale. Quelques affaires en ont révélé l'ampleur. Plusieurs milliards de dollars ont transité par les caisses du Cartel de Sinaloa vers des comptes de la Wachovia Bank, qui fait partie du groupe financier Wells Fargo. Elle l'a reconnu et a versé en 2010 une amende de 110 millions à l'Etat fédéral, une somme ridicule comparée à ses gains de l'année précédente de plus de 12 milliards de dollars.
D'après le FBI, la Bank of America aurait permis aux Zetas de recycler leurs narcodollars. HSBC et sa filiale américaine, HBUS, a payé un milliard de dollars d'amende au gouvernement américain pour avoir blanchi de l'argent du narcotrafic. Aux Etats-Unis, à cause du Patriot Act, les autorités se sont intéressées aux liens entre le financement du terrorisme et l'argent de la drogue. Le Sénat a créé une commission d'enquête sur ce sujet et le sénateur Carl Levin travaille sur le blanchiment du Crédit suisse.
Si les banques qui ont leur siège à Wall Street et dans la City ne sont pas les seules à entretenir des liens privilégiés avec les barons de la drogue et si elles sont installées un peu partout dans le monde comme la Lebanese Canadian Bank de Beyrouth, il y a un manque criant d'investigation en Europe. L'ONU, à partir de 2006, a dénoncé le fait qu'il y ait de l'argent provenant du narcotrafic dans les banques européennes.
Lichtenstein, Luxembourg, Andorre, la République de Saint-Marin, Monaco, personne ne sait vraiment ce qui se passe en termes de flux d'argent. Dans quelles banques françaises se trouve l'argent du narcotrafic? Mystère. Les banques françaises n'ont rien à dire à ce propos, pas plus que les italiennes ou les allemandes. Il n'y a eu aucune prise de position réelle à ce sujet. Or on blanchit beaucoup plus d'argent aujourd'hui à Londres qu'à La Barbade.
A Londres et à New York ?
New York et Londres sont aujourd'hui les deux plus grandes blanchisseries d'argent sale au monde. Londres est complètement opaque en ce qui concerne le narcotrafic. Paradoxalement, à Wall Street, l'argent a déjà été transformé. A Londres, on va le transformer.
Pour vous, aucun investissement ne rapporte autant que la coke, une valeur refuge. Votre enquête est-elle aussi une critique du capitalisme?
Le capitalisme criminel, c'est le capitalisme qui est géré par des organisations criminelles sur la base de leurs propres règles. J'ai voulu commencer mon livre avec l'histoire d'un boss qui raconte comment il voit la vie.
Il dit que les lois de l'Etat sont les règles d'un camp qui veut baiser l'autre. Et que lui, que nous, les «hommes d'honneur», personne ne nous baise. Que les lois sont pour les lâches et les règles d'honneur sont pour les hommes. On pourrait dire que ses règles sont celles de n'importe quel PDG : l'absence de sentiments pour les concurrents, l'hypocrisie, l'idée de la compagnie comme une famille à laquelle on doit tout.
Pour comprendre les stratégies mafieuses, il y a trois textes de références: Sun Tzu, Machiavel et Von Clausewitz. Une organisation criminelle, sans règles, ce n'est pas une mafia. Aujourd'hui, en Italie, il n'y a pas une classe dirigeante qui puisse être comparée, en matière de faculté à tout supporter, aux organisations mafieuses.
Je cite un exemple. Est-ce que vous réussiriez à vivre dans une pièce de 10 ou 15 mètres carrés pendant dix ans, sans jamais téléphoner à personne, sans que personne ne vous téléphone, en ne parlant qu'à deux personnes seulement parce que vous n'avez confiance qu'en deux personnes, sans jamais voir vos enfants, et en sachant que votre propre destin est soit de mourir, soit d'être emprisonné?
J'ai très bien vu la façon dont on vit quand on est en prison avec un régime d'incarcération dur. Je vis sous protection depuis dix ans environ. Disons que je suis un peu préparé. Mais jamais je n'arriverais à vivre comme ça. Je serais complètement déprimé, je ne ferais que pleurer tout le temps.
Eux, quand ils sont emprisonnés avec un régime d'incarcération dur, ils pensent en termes d'ère historique. Seuls mon silence, la prison ou ma mort permettra à mon neveu de garder le pouvoir, d'être un parrain et de commander les hommes fidèles de ma famille. En politique ou dans la finance, il n'y a rien de pareil, il n'y a aucun raisonnement aussi radical.
Pensez-vous qu'il faille légaliser la drogue ?
Ce que la crise ne détruit pas, ce qu'elle renforce au contraire, ce sont les économies criminelles. Depuis que la crise a éclaté, la consommation de coke s'est envolée. Pour les mafias, la drogue, c'est toujours comme un distributeur automatique d'argent. Malgré la police et les saisies, la demande de coke sera toujours plus énorme.
La coke est un carburant. Une énergie dévastatrice, terrible, mortelle. Mais aussi terrible que cela puisse paraître, la légalisation des drogues pourrait être la seule solution. Car elle frappe là où la cocaïne trouve un terreau fertile, dans la loi de l'offre et de la demande.
Propos recueillis par François Armanet





Roberto Saviano, bio express

Né à Naples en 1979, ROBERTO SAVIANO est écrivain, journaliste et essayiste. Son premier livre, «Gomorra. Dans l'empire de la Camorra» (Gallimard, 2007), s'est vendu à 5 millions d'exemplaires dans le monde. Le film tiré de son livre a remporté de très nombreuses récompenses dont le Grand Prix du jury à Cannes en 2008. Il a également publié chez Robert Laffont «la Beauté et l'Enfer», «le Contraire de la mort. Scènes de la vie napolitaine» et «Le combat continue. Résister à la Mafia et à la corruption». Son nouveau livre, «Extra pure. Voyage dans l'économie de la cocaïne», est sorti le 16 octobre chez Gallimard.
Cet entretien exclusif a paru, accompagné d'extraits, dans "l'Obs" du 9 octobre 2014.
 

vendredi 25 juillet 2014

L'Europe toujours aussi frileuse ...

Alors qu'aux USA, en juillet, New York est devenu le 23ème État des États unis à légaliser l'emploi du cannabis à des fins médicales, que Washington est le deuxième état à légaliser la vente de cannabis à usage récréatif, alors qu'en Uruguay, cette plante est maintenant légale et que les consommateurs attendent la première récolte avec impatience, en Europe, on tergiverse, on se refuse à légiférer, on continue à juger au cas par cas, et souvent on refuse à des gens qui souffrent de se soulager grâce à cette plante ...

Et pendant ce temps, en France, les gamins des cités de Marseille se butent à coup de Kalachnikov ...

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Cannabis médical : comme l'Allemagne, la France juge au cas par cas


En Allemagne, des juges ont autorisé des patients atteints de maladies chroniques à cultiver des plants de cannabis. La France, elle aussi, juge au cas par cas.
Cannabis médical : comme l'Allemagne, la France juge au cas par cas
Brennan Linsley/AP/SIPA

Cultiver du cannabis à des fins thérapeutiques, c'est possible pour trois malades allemands. Le Tribunal administratif de Cologne (Allemagne) a rendu ce 22 juillet un verdict sans précédent : des personnes souffrant de maladies chroniques ont reçu l'autorisation de cultiver des plants de cannabis dans un but médical, soulager leur douleur. 
3 autorisations sur 5 demandes
Cette décision historique pour l'Allemagne répond à un recours déposé par cinq malades. L'Institut Fédéral du Médicament leur avait interdit de cultiver du cannabis à des fins thérapeutiques. Trois d'entre eux ont eu gain de cause. Les deux autres ont été débouté, l'un parce qu'il ne pouvait pas garantir que lui seul accèderait à la drogue, l'autre parce que d'autres alternatives thérapeutiques étaient disponibles. L'Allemagne permet en effet la prescription de trois médicaments contenant du THC - principe actif du cannabis - dont un seul est remboursé, le Sativex. En rendant ce verdict, le tribunal affirme la position allemande : traiter au cas par cas les demandes sur ce sujet délicat.

En France aussi, c'est la règle du cas par cas qui domine. Fumer du cannabis pour se soigner est légalement interdit, d'autant que le Sativex a reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en janvier dernier. L'utilisation du spray buccal reste très encadrée : sa commercialisation, prévue en 2015, ne sera autorisée qu'aux patients atteints de sclérose en plaques. Seuls les neurologues ou les médecins rééducateurs hospitaliers pourront le prescrire.

Myopathie, maladie de Horton, Sida...
Concernant la consommation fumée de cannabis à des fins thérapeutique, aucune règle ne prédomine. En mars 2013, Dominique Loumachi avait été condamné à 300 euros d'amende avec sursis pour avoir fumé et stocké du cannabis. Les douleurs causées par sa myopathie n'avaient pas semblé suffisantes pour que la Justice reconnaisse un « état de nécessité. » Mais en novembre de la même année, un patient atteint de la maladie de Horton était autorisé à fumer du cannabis. Marc souffrait de cette maladie inflammatoire, qui se caractérise par des crises de douleur intense, depuis 15 ans. « C'est génial, je l'espérais mais je ne m'y attendais pas », avait-il déclaré à La Provence.

Mais une fois n'est pas coutume. En avril dernier, Bertrand Rambaud a été mis en examen pour détention de cannabis. Cet homme qui souffre du Sida et d'une hépatite C a lancé une pétition, signée par plus de 3 700 personnes, mais la justice l'a martelé : la consommation de cannabis est interdite par la loi. Toutefois, il a été dispensé de peine.

mercredi 9 juillet 2014

Et c'est parti, un deuxième état embraye le pas au Colorado

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La vente de marijuana récréative démarre dans l'État de Washington


L'État de Washington devient le deuxième État américain... (PHOTO TED S. WARREN, AP)
L'État de Washington devient le deuxième État américain où l'on peut acheter légalement du cannabis à usage récréatif, emboîtant le pas au Colorado qui a démarré cette pratique en janvier.
PHOTO TED S. WARREN, AP

Agence France-Presse
LOS ANGELES
La vente de marijuana récréative est autorisée depuis mardi dans l'État de Washington (nord-ouest) dans des boutiques spécialisées, ce qui en fait le deuxième État américain avec le Colorado où elle est légale.






«Nous avons attribué des permis à 25 magasins de détail qui seront habilités à vendre de la marijuana à fumer, à vaporiser, ainsi que des pipes et vaporisateurs», a indiqué à l'AFP Brian Smith, porte-parole du régulateur, le Washington State Liquor Control Board.
«Plusieurs boutiques» vont ouvrir leurs portes dès mardi, le reste dans les jours prochains, a-t-il ajouté. Les prix de vente sont libres. Les quantités que les consommateurs peuvent détenir sont limitées à 28 grammes de cannabis à fumer par personne.
En incluant les cultivateurs et préparateurs de marijuana, 115 permis au total ont déjà été délivrés sur un total de 7000 demandes déposées.
L'État de Washington devient le deuxième État américain où l'on peut acheter légalement du cannabis à usage récréatif - à condition d'avoir 21 ans - emboîtant le pas au Colorado qui a démarré cette pratique en janvier.
Le but est d'encadrer le marché du cannabis comme celui de l'alcool, qui n'est disponible à la vente que dans des «liquor stores» dans certains États.
«Les ventes de marijuana au marché noir existent déjà de fait dans pratiquement toutes les grandes villes des États-Unis. Légaliser un marché qui ne vend pas aux enfants, qui le fait dans des conditions sécurisées, c'est une alternative plus sûre» que le statu quo, argumente Mikhail Carpenter, un autre porte-parole du Washington State Liquor Control Board.
Le potentiel de recettes n'est pas non plus étranger à la décision de dépénaliser la petite plante étoilée : le taux d'imposition effectif sera de 44 %, avec des recettes attendues pour l'État qui «pourraient atteindre jusqu'à 2 milliards de dollars sur les cinq premières années selon les premières estimations», explique Mikhail Carpenter.
D'autant que la légalisation de l'herbe pourrait attirer des touristes venus d'autres États : «si l'on en croit l'exemple du Colorado, il y aura des gens qui viendront ici pour acheter», remarque M. Carpenter.
À une condition toutefois : tout le cannabis acheté dans l'État de Washington doit être consommé sur place.
Brian Smith s'attend à ce que ces deux pionniers fassent des émules rapidement dans le reste du pays : «Je pense que la plupart des États observent l'expérience que nous menons ici et au Colorado afin de déterminer si elle fonctionnerait chez eux».
«Un référendum est prévu en Alaska en août et les sondages laissent entendre qu'il devrait être approuvé», a-t-il poursuivi, précisant qu'un autre projet de référendum pourrait également voir le jour en Oregon (nord-ouest).
Le Vermont (nord-est), lui, a dépénalisé la possession de petites quantités.
Paradoxalement, le cannabis à usage médical, déjà autorisé dans 23 États, reste illégal dans celui de Washington.
L'autorisation d'une consommation à but récréatif devrait aider à avancer sur ce dossier même s'il se heurte à «une résistance du corps médical qui se sent menacé», fait valoir Brian Smith.