Le blog du Gwen - II - Le retour

mercredi 12 mars 2014

Aux Etats-Unis aussi ça avance ...

Tiré de

La marijuana, or vert du Colorado




A Denver, Colorado, un homme taille des tiges de marijuana dans le dispensaire Medicine Man.

Passé la porte blindée, c'est un univers parallèle. Les plants de marijuana vousarrivent à l'épaule. Les lampes au sodium à haute pression qui remplacent le soleil douze heures par jour donnent à l'endroit un halo irréel (le reste du temps, la plante a le droit de se reposer). Les fleurs sont énormes, soignées, pulpeuses."Une photo ?" propose Andy Williams, le propriétaire des lieux, pas mécontent de l'effet. Photo, assurément, quoiqu'on ne sache pas de quoi il faut s'étonner le plus : poser au milieu d'une plantation de drogue ou être entouré de l'équivalent de 100 000 dollars dans des pots de fleurs.

Andy Williams, 44 ans, n'a rien d'un dealer. Ancien ingénieur militaire, il a une allure de patron de PME et son bureau est décoré d'une photo de Joe DiMaggio, le légendaire joueur de base-ball. Andy Williams avait occupé plusieurs emplois dans l'industrie de l'armement quand la marijuana médicale a commencé à prendre de l'essor dans le Colorado. Il n'était pas consommateur, mais son frère Pete avait quelque expérience de la culture du pot. Fin 2008, les deux frères ont fondéMedicine Man, un dispensaire qui fait maintenant plus d'un million de dollars de chiffre d'affaires et emploie 31 personnes (dont le fils de Pete, qui nettoie les plantes avec dévotion).
Andy Williams ne fume toujours pas - "ça ne me réussit pas", s'excuse-t-il - mais côté business, il s'y connaît. Son dispensaire est situé dans un quartier populaire et à quelques kilomètres de l'aéroport, ce qui sera un atout, rêve-t-il, quand les touristes viendront de tout le pays goûter les paysages du Colorado et sa "ganja". Devant l'immeuble, barré d'une croix verte, le parking ne désemplit pas. Pourfranchir le sas de sécurité et entrer dans le magasin, il faut montrer sa carte de patient affecté d'une maladie - parfois incurable mais le plus souvent assez relative. Il y a dix ans, quand la marijuana a commencé à être tolérée, la moyenne d'âge des patients était de 55 ans. Aujourd'hui, elle est de 28 ans. Les deux tiers d'entre eux souffrent de mal au dos, "chronique", il est vrai.
POMMADES ET BAKLAVAS
Cinquante caméras balaient les locaux de Medicine Man. Dans la salle de contrôle, Dan, tête de bouledogue, vérifie que tout le monde se tient bien. Lui aussi est un ancien militaire. Boxeur professionnel, il entend profiter de la manne. "C'est la nouvelle ruée vers l'or", rigole Pete Williams. Andy Williams, lui, cherche àagrandir l'entreprise, puisque la marijuana ne sera bientôt plus réservée aux seuls malades. Il a pris contact avec Chineseinvestors.com, une entreprise qui met les firmes américaines en relation avec des investisseurs chinois...
Quatre mois après le référendum du 6 novembre 2012 qui a légalisé la possession d'une once (28,34 g) de marijuana pour les adultes de plus de 21 ans, le Colorado prépare la fin de la prohibition, une expérience sans précédent aux Etats-Unis et même dans le monde (les Pays-Bas n'en sont qu'à la dépénalisation). Le groupe de travail créé par le gouverneur pour préciser les modalités d'application de l'amendement 64, adopté avec une majorité de 55 % des électeurs, doit remettre ses conclusions le 11 mars. Avant fin mai, le Congrès de l'Etat devra modifier la législation. Et le 1er janvier 2014, les magasins pourrontservir de la marijuana pour tous et dans tous ses états : herbe, mais aussi cookies, boissons pétillantes, pommade pour les rhumatismes, baklavas, cigarettes électroniques...
A moins que Washington ne s'en mêle. Depuis son élection en 2008, Barack Obama - lui-même fumeur dans sa jeunesse - a brillé par sa réserve. Son administration a laissé se mettre en place plusieurs milliers de dispensaires de marijuana médicale dans le pays, intervenant au cas par cas lors d'excès trop voyants. A Denver, quand 61 établissements s'étaient installés trop près des écoles, la police les a menacés de fermeture s'ils ne déménageaient pas dans les 45 jours. "Ce jour-là, j'ai compris, raconte Kayvan Khalatbari, un militant de la première heure. Quand la seule sanction c'est de délocaliser votre opération illégale, c'est le signe que la police n'a pas l'intention de s'opposer."
THC UNIVERSITY
Mais le gouvernement fédéral va être forcé de se prononcer. Le 5 mars, le rapport annuel de l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), une agence de l'ONU, a appelé les Etats-Unis à respecter leurs obligations internationales sur"l'intégralité de leur territoire". Dans les cercles de réflexion, les experts s'interrogent. Un Etat peut-il s'affranchir des obligations de l'Etat fédéral ? Début janvier, la Brookings Institution, un think tank de Washington, avait organisé un débat sur la question. Dans le public, un diplomate néerlandais a protesté. "Vous demandez toujours aux autres d'obéir à ces traités internationaux. Si vous ne le faites plus, est-ce que cela signifie que d'autres pays producteurs de drogue pourraient décider de ne plus les respecter non plus ?" L'argument a été repris par un économiste d'origine colombienne. "Le régime de lutte contre la drogue est une création américaine. L'attitude du gouvernement va avoir des répercussions non seulement sur la guerre contre la drogue en Amérique latine, mais aussi sur la crédibilité de la politique américaine."
Mais dans le Colorado, les électeurs sont loin de penser aux répercussions sur les Pays-Bas. La marijuana a fait naître tout un secteur économique. La profession a maintenant ses cabinets d'avocats, ses experts-comptables, son logiciel de gestion des stocks ("Marijuana freeway") et sa compagnie d'assurances, Cannassure, couverte par la Lloyds. Les banques sont les dernières à tergiverser. Elles ont envie d'en être mais craignent de perdre leur agrément fédéral. En attendant, les cultivateurs se débrouillent. Les "petits" n'acceptent que les paiements en liquide. Les plus gros contournent l'obstacle, comme Kayvan Khalatbari, qui a ouvert une pizzeria. La banque fait mine de croire que c'est du restaurant que provient l'argent.
La marijuana a même son université : la THC University (du nom du principal composant psychoactif du cannabis, le tétrahydrocannabinol). On y apprend àcultiver ses plants soi-même, ce qui apparemment ne va pas de soi : la formationdure toute une journée. A 175 dollars la séance, les cours sont pleins. En même temps que la consommation, l'amendement 64 a autorisé les plantations individuelles, une première aux Etats-Unis. Chaque adulte a le droit de cultiver six plants ; obligatoirement à l'intérieur de sa maison et, s'il a des enfants de moins de 21 ans, les pots doivent être dans une pièce fermée.
BOUTURES SUR PLANTS DE TOMATES
L'université est une idée de Matt Jones, 24 ans, et de son camarade Freeman LaFleur, 25 ans, qui l'ont trouvée plus prometteuse que leur job de designers de sites Web. Pour la leçon inaugurale, le 9 février, l'un des inscrits avait fait le déplacement depuis la Floride, et une autre du Nouveau-Mexique. La classe se tient dans une salle louée à l'université. "Par souci de respectabilité, dit Matt Jones.On veut changer les stéréotypes." L'université a hésité, de peur de perdre ses subventions publiques. Mais le campus est une zone "sans drogue" : les apparences sont sauves. Les élèves s'entraînent à faire des boutures sur des pieds de tomates. Après, ils ont droit à une séance de travaux pratiques dans les locaux de la plantation Karmaceuticals, où Brian Chalupa, 37 ans, un ancien aide-soignant reconverti dans le jardinage, leur explique les secrets du métier : la marijuana est une plante délicate qui a besoin d'un supplément de carbone. Et elle déteste l'eau du robinet non filtrée.
Comme Andy Williams, le medicine man, beaucoup sont là pour faire des affaires, attirés par la promesse d'un boom économique. "Chacun pense qu'il sera peut-être le Budweiser de la marijuana dans dix ans", décrit Brian Vicente, l'un des architectes de l'amendement 64, qui est maintenant à la tête d'un cabinet de six avocats spécialisés dans le "droit de la marijuana". D'autres sont des idéalistes, des militants de la dépénalisation, comme Kayvan Khalatbari, qui finissait ses études d'ingénieur en électricité lorsqu'il a rencontré un malade du sida dont le cannabis calmait les souffrances. En 2008, avec un copain et 200 g de pot, il a ouvert Denver Relief sur Broadway, la grande avenue qui traverse Denver. C'est aujourd'hui un dispensaire high-tech, doublé d'un hangar de production dans la zone industrielle. Investissement : 500 000 dollars, qu'il finit tout juste derembourser"C'est excitant, on a l'impression d'assister au départ d'une nouvelle industrie. Mais je ne fais pas cela pour essayer d'être milliardaire", précise-t-il.


Un homme roule un joint au dispensaire Medicine Man de Denver, Colorado.

Denver Relief emploie quinze personnes à plein temps, et quinze autres viennentaider à la récolte tous les 35 jours. La compagnie produit environ 450 grammes par jour. Comme dans tous les dispensaires, il est strictement interdit de fumerdans les locaux et les caméras sont obligatoires. Chaque pied est numéroté. Voici le 20C24, variété Cold Creek Kush. Il est au stade de la floraison. L'ordinateur consigne tout : l'état des stocks, le déplacement des plantes, les achats des clients. La loi a imposé que les détaillants produisent au moins 70 % de ce qu'ils vendent, pour limiter les possibilités de détournement de la production vers le marché noir. Les employés, qui ont tous subi une vérification de casier judiciaire, ne se servent pas dans les stocks : ils ont droit à une réduction de 50 %.
LES PETITS DISPARAISSENT
Avec un chiffre d'affaires de 1 million de dollars en 2012, Denver Relief en est déjà au stade de la diversification : création d'un fonds d'investissement de 100 000 dollars pour aider les start-up, consulting pour les entreprises traditionnelles qui essaient d'approcher le marché. Une fois par mois, Kayvan Khalatbari va à Boston, où il a été recruté pour aider à la mise en place de la marijuana médicale dans le Massachusetts. "Ici, nous vivons dans une bulle, dit-il. Il faut promouvoir la légalisation dans les autres Etats, sinon tout va se déliter." A ce jour, dix-huit Etats et le District de Columbia ont autorisé la marijuana sur prescription médicale. Deux - le Colorado et l'Etat de Washington - ont franchi le Rubicon et décrété la fin pure et simple de la prohibition. Le retour en arrière serait difficile, assure Brian Vicente, le juriste installé à deux pas du Capitole. "Le gouvernement fédéral n'a pas les ressources ni la volonté politique de fermer les dispensaires dans dix-huit Etats." Paradoxes du fédéralisme : la police fédérale (FBI) ne dispose pas d'effectifs suffisants, et rien n'oblige la police locale à jouer les auxiliaires.
L'industrie du cannabis a rapporté pour l'année fiscale 2011-2012 5,4 millions de dollars (4,16 millions d'euros) de taxes à l'Etat du Colorado, pour un chiffre d'affaires de 186 millions de dollars. Les électeurs espèrent tirer encore davantage de la légalisation : 40 millions de dollars, ont-ils prévu, iront automatiquement au financement de l'éducation, malmenée par la crise budgétaire. Lourdement taxée, la culture de l'herbe est beaucoup moins rentable qu'on ne pourrait le croire. Les petits disparaissent déjà : de 1 130 dispensaires fin 2010, ils ne sont plus que 675."Pour l'instant, rares sont ceux qui s'enrichissent vraiment, assure Marco Vasquez, le chef de la division de la marijuana au service des impôts indirects. Il revient beaucoup plus cher de faire pousser les plantes dans un environnement contrôlé qu'au marché noir." Mais le nombre de consommateurs n'a pas changé : 108 000 "patients" enregistrés. Et tout le monde s'attend à ce qu'il augmente, avec la légalisation, même si personne ne peut prédire de combien.
La division de la marijuana est chargée de superviser les exploitants. Ses membres sont d'anciens inspecteurs de police qui, bravement, se sont reconvertis dans la réglementation de la culture du cannabis. Un témoignage à eux seuls de la révolution en cours. Ils chassaient les trafiquants. Les voilà chargés desurveiller que les dispensaires de marijuana ferment à l'heure prescrite par la loi (19 heures) et remplissent gentiment leurs bordereaux de transport quand ils se font livrer la récolte. "C'est un changement de paradigme, reconnaît Marco Vasquez. Mais l'environnement change. La société est plus tolérante." Ancien adjoint du commissaire de Denver, Marco Vasquez a passé trente-trois années dans la police, dont un certain nombre à la brigade des stupéfiants. Il n'était pas particulièrement favorable à l'amendement 64. "On a fait du chemin, soupire-t-il.Où cela va-t-il nous mener ? Je n'en sais rien. Nous risquons d'êtrecomplètement débordés. Est-ce qu'on peut autoriser la vente de la marijuana etmaintenir la sécurité de la communauté ?"
FUMER SUR LE SEUIL
De l'aveu même du policier, son équipe est en sous-effectif chronique. "Le quart du personnel qui serait nécessaire", dit-il. La division devait être entièrement financée par la patente payée par les producteurs de marijuana (18 000 dollars la première année). Cela n'a pas suffi, et les contribuables ont refusé de compenser. Les inspecteurs ont rarement le temps d'aller vérifier les vidéos tournées dans les dispensaires, mais la dissuasion suffit. "Les entreprises ont tellement à perdre", dit le policier, qu'elles respectent la réglementation à la lettre. "Les exploitants ne demandent qu'à suivre la loi, observer la réglementation et payer leurs impôts", confirme le juriste Brian Vicente. "On ne veut pas travailler contre le gouvernement. On veut travailler avec le gouvernement", insiste Kayvan Khalatbari.
Le groupe de travail nommé par le gouverneur a fini ses travaux fin février. Composé de 24 juristes, élus, policiers, consommateurs, médecins, il s'est attaqué à toutes sortes de questions inédites, des plus lourdes de conséquences - peut-on consommer du cannabis et prendre le volant ? - aux plus anodines : pourra-t-on fumer un joint devant sa maison ou seulement dans la cour de derrière ? "C'est un défi qui n'a jamais été relevé, a souligné le juriste Jack Finlaw, qui représente le gouverneur. Nous créons des idées et passons en revue des questions qui vont être des modèles dans le monde."
Sur le premier point - la conduite en état "d'ivresse" -, les "sages" ont adopté le seuil de 5 nanogrammes de THC par millilitre de sang, tout en reconnaissant que le cannabis disparaît de l'organisme beaucoup plus lentement que l'alcool. Le deuxième point a été très disputé. Impensable de fumer sur le seuil de sa maison, ont dit les uns : "Et si la maison est sur le chemin d'un établissement scolaire !"Engrenage insidieux, ont répliqué les autres. "Si les végétariens se sentent offensés parce que je mange un hamburger bien moelleux devant chez moi, va-t-on l'interdire ?"
MARCHÉ NOIR
Le groupe a eu une discussion passionnée sur la question de réserver le droit à la marijuana aux résidents de l'Etat. Si tout le monde peut en acheter, le Colorado vadevenir un Etat de "tourisme de la drogue", ont mis en garde les opposants. "Les autres Etats vont nous tomber dessus et pousser le gouvernement fédéral àintervenir." A l'opposé, réserver l'achat aux résidents augmenterait le risque de voirun marché noir se développer. La commission a coupé la poire en deux. Les touristes pourront acheter, mais seulement un huitième d'once à la fois (3,54 g).
L'un des moments les plus emblématiques a été amené par le commissaire John Jackson. Le pauvre policier ne sait plus comment faire. Quand ses collègues conduisent des suspects à la prison, les gardiens refusent de conserver la marijuana du prévenu avec ses effets personnels, au motif qu'il s'agit d'une substance illégale au regard de la loi fédérale. "Les policiers sont obligés dereprendre la marijuana, a-t-il expliqué. Ils ne savent pas quoi en faire." Au point que certains la laissent dans leur voiture de patrouille... Le chef de la police voulait l'autorisation de détruire la drogue, bien qu'elle fasse partie des biens du suspect. Pas question, a répondu la présidente de séance, Lauren Davis, outrée. Ce serait absolument "contraire à la Constitution de l'Etat". L'amendement a été rejeté. Les policiers devront entreposer la drogue et la rendre, s'il vous plaît, dès la fin de la garde à vue. "La situation est nouvelle pour tout le monde, a rappelé Lauren Davis.Chacun doit évoluer."
Comment sortir de la prohibition ? Tous les yeux sont maintenant tournés vers l'administration Obama. Va-t-elle laisser l'expérience du Colorado et de l'Etat de Washington se dérouler alors que cinq autres Etats sont prêts à leur emboîter le pas ? Va-t-elle porter le différend devant la justice, laissant in fine le soin detrancher à la Cour suprême, arbitre une nouvelle fois d'une de ces questions de société dont le Congrès préfère ne pas se mêler ? En 1933, quand les Etats-Unis ont renoncé à interdire les boissons alcoolisées, le choix de l'application a été laissé aux collectivités locales. Quatre-vingts ans après la fin de la Prohibition, le pays possède encore des comtés "secs" (où la vente d'alcool est interdite). Certains experts, frustrés par le manque de connaissances sur les conséquences sociales de la légalisation, espèrent que le gouvernement va laisserl'expérimentation se dérouler, le temps d'accumuler les données et de savoir "à quoi ressemble le monde postlégalisation", comme dit Angela Hawken, professeure de politique publique à l'université Pepperdine, en Californie. "On ne peut plus continuer à décider dans le noir de notre politique sur la marijuana", plaide la chercheuse.



jeudi 20 février 2014

Des p'tit's phrases comme ça ...

... que j'avais écrites il y a des années de cela et que je retrouve au hasard de mes rangements du moment ...

"Tout est mensonge et ne sert qu'à tuer le temps."

"Nous venons sans rien comme dit l'Evangile et nous repartons sans rien si ce n'est notre rancune et notre haine."


Pas gai mais dans l'air du Temps ;o))

dimanche 16 février 2014

De Dreyfus à Dieudonné … Un point de vue de Paul Matthews



«Dans les travaux de Carolus Linnaeus, de Georges Buffon et de Georges Cuvier, la race blanche est-elle devenue différente des races rouge, jaune, noire et brune et, en conséquence, les territoires habités par ces races devinrent aussitôt disponibles, eux aussi, ouvertes à la colonisation, au développement, aux implantations, aux colons occidentaux […] Il faut remarquer, cependant, que le sionisme (comme la conception que se faisaient les puritains d’une Amérique vide) était une vision coloniale différente de celle de la plupart d’autres puissances européennes du dix-neuvième siècle, pour qui les autochtones des territoires extérieures étaient inclus dans la mission civilisatrice rédemptrice …». Edward Wadie Said : «La Question de Palestine» Vintage Books, New York 1979 – Editions SInbad aux Actes Sud : 382 pages Publié  le 28 février 2010  [1].



 Alors que, pour reprendre la formule d’Edward Said, «le sionisme est vénéré à l’égal d’un Dieu incontesté », que les Palestiniens sont les victimes d’un déni historique, ineffaçable, homérique - mais  dont dépend toute l’idéologie d’un Etat purement juif - et que des Israéliens parlent - sans arrêt - de la ‘Judée-Samarie’ comme faisant partie intégrale et ‘légale’ de  leur territoire national - ceci sur la base de textes bibliques pour éviter de faire référence à la Cisjordanie et à sa population arabe - une partie de l’intelligentsia en France est obsédée par les frasques d’un saltimbanque effronté. Le fait de juxtaposer même les noms Alfred Dreyfus et Dieudonné M’Bala M’Bala sera-t-il aussi taxé d’injure raciale par une minorité aussi omniprésente qu’influente, qui cherche à faire taire un homme et ses partisans et à forcer l’opinion publique de s’aligner sur leur politique sous prétexte qu’ils seraient tous antisémites ?

Faudrait-il prendre l’humour d’un fantaisiste au premier ou au second degré ? Les avis sont partagés face à la question. S’agissant d’interprétations ‘délictuelles’, la justice a tranché plusieurs fois en sa défaveur. Mais l’homme né à Fontenay-aux-Roses (92260) persiste et signe avec l’appui de beaucoup de monde. Y compris l’avocat Me François Roux, défenseur aussi des Faucheurs Volontaires. Or la diabolisation de Dieudonné remonterait au moment où il affiche une prise de position en faveur des Palestiniens.

Apparemment les ennuis de l’humoriste commencent avec le tollé qu’il a provoqué par d’un sketch jugé «antisémite» et joué par Dieudonné sur la chaîne de télévision France 3 le premier décembre 2003. Comme par hasard il tournait en dérision un colon israélien. Or, pour ce ‘crime de lèse-majesté’, il fut poursuivi pour «diffamation à caractère racial» et a dû comparaître le 2 avril 2004 devant le tribunal correctionnel de Paris. Voici ce que dit l’universitaire gabonais Marc Mvé Bekale à ce propos :

«Force est de reconnaître que ses dérapages posent de vraies interrogations : a-t-on le droit de remettre en question la doxa des textes canonisés, tel le mythe du peuple élu ? Pourquoi Dieu aurait-il élu un peuple au détriment d’autres ? Un tel dogme n’est-il pas porteur de violence et de haine ? Ne fait-il pas le lit de la «rivalité mimétique» ? Ne contribue-t-il pas à la radicalisation de l’altérité ? Dieudonné l’a dit devant l’Olympia : ni peuple élu ni peuple déchu, son peuple, à lui, se décline sous le label de l’Humanité. Il est donc à mille lieues de Jean-Marie Le Pen ou de Louis Farrakhan» [2].

En novembre 2004, au nom de la liberté d’expression, le Théâtre de la Main d’Or de Dieudonné est offert aux quatre rabbins orthodoxes, venus à Paris pour se recueillir devant la dépouille de Yasser Arafat. Radicalement antisionistes, ils représentent le mouvement "Neturei Karta" - les ‘protecteurs de la cité’. De rares journalistes assistent à cette conférence de presse. Pas un article de presse n’a été publié. [3].

Dieudonné est l’objet d’un ostracisme de plus en plus contraignant. Il serait donc peut-être utile d’examiner son cas à la lumière de l’affaire Dreyfus. Plus d’un siècle sépare les deux feuilletons qui ont divisé La France sur une question de racisme ou d’ethnocentrisme singulier : façon d’évoquer un genre de «hiérarchisation socioculturelle» ou de «complexe de suprématie» qui ‘tend à différencier, à extraire un peuple, une communauté, une religion, de cette grande famille qu'est l'HUMANITÉ’ [4]. Un sens d’élitisme caractérisé qui renaît avec un capitalisme déchaîné et l’hypertrophie du système financier …

Dans une vidéo de Dieudonné mise à l’index «2014 sera l'année de la quenelle», [5] il est beaucoup question d’Arno Klarsfeld revêtu de son uniforme de garde frontière israélien, des ambitions politiques de Manuel Walls et du caractère insipide de François Hollande. Mais les sarcasmes mordants de cet anticolonialiste féroce s’en prennent autant aux banquiers qu’à la minorité privilégiée des Békés aux Antilles françaises, dont cinq grandes familles dominent la Martinique [6].  Conflit social et politique majeur, le martyre du capitaine de l’artillerie français révéla les clivages de la France de la Troisième République. À son paroxysme en 1899, le fossé s’est creusé entre les deux camps – dreyfusards et antidreyfusards - donnant lieu à de violentes polémiques nationalistes et antisémites, claironnées par des canards et torchons lus notamment par un jeune public scolarisé gratuitement depuis les lois de Jules Ferry (1881-1882). Effectivement cette controverse ne s’achèvera qu’en 1906, par un arrêt de la Cour de cassation qui innocentera et réhabilitera définitivement le polytechnicien et militaire alsacien. [7]
Les propos de Dieudonné sont systématiquement tronqués et déformés par ses critiques les plus hargneuses sur les émissions à grande écoute et qui lui interdisent la possibilité de répondre et de se défendre. [8] La désinformation qui circule depuis des années concernant ce ‘comique, activiste politique et polémiste internaute’ fait penser à la campagne de dénigrement lancé contre l’officier de confession juive, victime d’une erreur judiciaire voulue et incitée par un puissant cénacle opérant à l’intérieur de la machine de guerre française et composé essentiellement des architectes de la débâcle de 1870.

Là aussi, dans un climat social glauque et très tendu, les Français avaient l’impression de devoir choisir entre deux faces d’une même médaille, soit entre la peste et le choléra. En effet en 1894, on était seulement à vingt-trois ans de la défaite sanglante de la bataille de Sedan et du siège de Paris. L'orgueil national blessé et l'esprit revanchard de la classe dirigeante signalaient le besoin d'un bouc émissaire. Alors qu'une prochaine guerre mondiale se profilait. A présent ne sommes-nous pas dans un schéma comparable ? Le jeu d'alliances et rapports de force entre la volonté hégémonique de l'Otan et ses opposants globaux rappellent de manière troublante l'engrenage qui déboucha sur le casse-pipe de 1914-1918, ainsi que sur le carnage de 1939-1945 et ses séquelles bien plus dramatiques de l’ère nucléaire.

L’on est en droit d’être choqué par les propos souvent osés – parfois limites - du locataire du Théâtre de la Main d’Or. En revanche se donner aussi les moyens - par la censure - de se voiler la face devant les effets d’une mondialisation qui s’emballe comme un film d’anticipation - genre Docteur Folamour ou l’Orange Mécanique de Stanley Kubrick - avec en plus une censure imposée par la France d’en haut - est une réponse grotesque. D’autant plus que, dans les deux cas de figure - de Dreyfus et de Dieudonné - il s'agit en réalité d'une espèce de guerre asymétrique entre l’individu 'par qui le scandale arrive' et la puissance d'état avec ses antennes dans la presse-poubelle et des journaux sérieux.

S’agissant de censurer et punir Dieudonné - sous prétexte de réprimer ou combattre des préjugés socioculturels, interethniques, religieux ou raciaux et sous guise de conserver la cohésion sociale – n’y-a-t-il pas deux poids, deux mesures en matière de racisme et un double langage en France et ailleurs concernant la répression des ‘délits d’opinion’ ? Malgré les risques avérés de trouble à l’ordre public et au nom de la liberté d’expression, le feu vert juridique fut donné aux dessins injurieux pour des musulmans dans une entreprise de provocation voulue et incitée par la publication des caricatures de Mahomet et cela avec toute la surenchère et le tapage médiatique qui ont suivi. [9]

Épaulé par la quasi-totalité des moyens de diffusion de l'information, l'appareil répressif de l’état est à plein régime. La justice et la police veulent faire la peau à l’humoriste en appliquant de manière sélective des lois interdisant l’incitation à la haine raciale et le négationnisme.

Comme si le négationnisme sioniste sur l’histoire de la Palestine n’a pas lieu. Mentir comme un arracheur de dent devient donc la norme, on passe sous silence l'islamophobie et les crimes esclavagistes négligés d'un impérialisme rénové. Or, par voie d'une Shoa instrumentalisée, il est permis aussi de masquer les exactions xénophobes d’Israël. On voile de cette façon également les atrocités commises par les mercenaires de l’Otan, du Qatar et de l’Arabie Saoudite en Libye, Syrie, Iraq, Russie ...

Le Pentagone, le Mossad et leurs homologues européens ont inventé de toutes pièces cette guerre contre le terrorisme pour requinquer la virilité économique d’un Occident autrement sur le déclin. Tout cela est censé bien sûr donner un ballon d'oxygène au complexe militaro-industriel et surtout aux réseaux mafieux de la CIA et de la Françafrique [10]. L'acharnement contre Dieudonné ne fait que s’accentuer.

Il lui est interdit désormais l'entrée en Grande-Bretagne. Son fils de 15 ans a été interpellé en possession d’un couteau, une ‘procédure en référé’ est lancée contre la vidéo «2014 sera l’année de la quenelle», diffusée le 31 décembre 2013, sur la chaîne YouTube - visionnée, au dernier recensement, par plus de trois millions d’internautes - et il subit une perquisition à domicile. [11]. D’où le Tout-Paris aujourd’hui scandalisé par la nouvelle des 600,000 euros et 15,000 dollars retrouvés chez lui. Sommes d’argent assez conséquentes, mais qui, suivant son avocat, proviendraient des recettes d’un homme de spectacle - qui a dû – il n’y a pas si longtemps - se produire dans un bus. Ce qui n’a pas entaché sa popularité. Quoiqu’on pense de tout cela et d’une notoriété acquise par le ton espiègle et ambigu de son esprit frondeur et  par lequel l’homme sait fédérer une foule hétéroclite de ses ‘inconditionnels’ - d’autres personnalités ont eu toujours droit de «faire les couilles en or», sans être inquiétées par ‘les autorités’.

Il s’agit de personnes morales et physiques qui ont bien la réputation de saccager et épuiser les ressources naturelles et le patrimoine de peuples autochtones. Par exemple de grosses fortunes érigées sur le négoce de bois exotiques ou sur la déforestation en masse provoquée par le trafic d'huile de palme ne font point de gros titres. Malgré leurs déguisements en «philanthropes», l’identité des propriétaires ou actionnaires de ces entités est connue - mais censure et risque de procès en diffamation oblige - on n’est pas en mesure de les nommer. Même la guerre - celle notamment des multinationales et milliardaires - est conduite à présent sous le signe du vocable «humanitaire». Pour travestir cette animosité envers tout ce qui renâcle à intégrer le modèle occidental de «recherche et développement». Soit de dictature …

A commencer par une tribune de Benoît Hopquin dans Le Monde, [12] le parti pris des échotiers français grand public est flagrant pour ce qui est du contenu politique et culturel de Dieudonné en tant que critique populaire de l’hypocrisie et de la violence néocoloniale Nord-Sud. Le droit d’ingérence et le mépris de la souveraineté nationale sont de facto accomplis avec impunité par l’UE, Israël et les USA en Afrique. Ce n’est par le cas ailleurs. Ce commerce et cette «diplomatie» d’un atlantisme ultra-belliciste qui ne prendront pas acte du durcissement militaire de la Russie et de la Chine - obligées de fourbir leurs armes pour contenir les visées géopolitiques de leurs adversaires - feront cela à leurs risques et périls !

Sans le nez rouge et la salopette de Coluche, Dieudonné serait aussi aux antipodes de Pierre Desproges pour qui ‘l’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui’. Selon Guy Konopnicki, au lieu se rire «de certains comportements juifs», Dieudonné anime «la jouissance du spectateur en réveillant ses haines». Si l’avis et les sensibilités de ce journaliste à Marianne sont tout-à-fait respectables, tout le monde serait-il obligé de les partager ? [13] Avec une telle capacité de censure, à quel moment devient-t-elle la loi d’airain de l’oligarchie ? En langage clair et simple, comment enlever ce caillou de notre sabot ?

Admettant que Dieudonné n’est ni clown, ni enfant de chœur, et qu’au lieu de faire le pitre, il dégaine ses sketchs qui font grincer les dents, vexant, provoquant, dérangeant l’opinion publique qui ne s'offusque point des magouilles d'une nomenklatura capitaliste. La virulence de ses numéros antisionistes ne s’explique-t-elle pas surtout par la nature et la durée du lynchage médiatique qui est orchestré par les sayanim, dont parle l’écrivain marocain et militant antisioniste Jacob Cohen ? [14].  
A propos du délire de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme et le caractère supposé «antisémite» de la quenelle, donnons en guise de réponse une interrogation lancée récemment sur l’internet : «Quand les Femen font le salut nazi, que fait la LICrA ?» [15].  

Vu la sacralisation du mariage forcé entre Marianne – cette figure allégorique de la République française - et l’état voyou qui est Israël - protégé des USA et de l’UE - le phénomène de ce geste de ralliement tourne en ridicule des contradictions sociétales et cela forcément pour le meilleur et pour le pire. C'est pourquoi ses vidéos et prestations anti-establishment sont si populaires essentiellement chez une bonne partie de la jeunesse à prépondérance masculine – on ne sait pas pourquoi - et qui se sent menacée par un avenir totalement bouché - sinon par une santé socio-environnementale visiblement très mal au point.

Réputée pour son «conformisme intellectuel» selon l’Observatoire des journalistes et de l’information médiatique [16] soit ce qui «devrait rapidement lui ouvrir de nombreuses portes», la Directrice adjointe de la rédaction de Marianne, responsable du service culture et idées, parle de «pollution antisémite» à propos de Dieudonné. Elle a aussi le culot de suggérer que le déplacement de l’émission phare de Frédéric Taddeï «Ce Soir (ou jamais !)» de son créneau de vendredi au jeudi à 23 h 30 - heure de bien moindre écoute et son remplacement par un talk-show, en l'occurrence «un programme de divertissement à forte audience», une «feel good» «exhibition du sourire extatique d'Alexandra Sublet», n’est pas un coup de plus porté contre la résistance, une victoire de plus de la «pensée unique», du «dumbing down» - du nivellement par le bas - la marginalisation de la contestation par toutes ces têtes bien-pensantes [17].

Vu  ce climat d’exclusion et de désocialisation Dieudonné et ses fans ne peuvent qu’évoluer dans un univers trouble – celui du refoulement culturel, de l’opacité intellectuelle, voire du racisme tacite, des choses dont met en exergue Yitzhak Laor dans une grille de lecture inopinée intitulée : «Le Nouveau Philosémitisme européen et le “camp de la paix” en Israël» [18].  Si Dieudonné n’est ni un saint, ni un modèle à suivre, ni l'homme providentiel de la France d'en bas, il joue bien son rôle d'exutoire. Son mérite aussi est de renvoyer le miroir à la maladresse et à une volonté de brouiller les cartes et d’étouffer par tous les moyens un débat social tellement nécessaire face à tant des non-dits occidentaux …

Bibliographie

[1] Paru en anglais en 1979 The Question of Palestine, facilita la sensibilisation des anglophones quant à la justice de la cause palestinienne. Il a fallu attendre 2010 pour que l'éditeur Actes Sud publie une version française de l’ouvrage phare, qui consiste en une série d'essais particulièrement éclairés. Dans l'un d'entre eux, intitulé Sionisme du point de vue des victimes, l’auteur Edward Wadie Saïd (إدوارد وديع سعيد) plaide pour la légitimité politique et l'authenticité philosophique des revendications sionistes des droits à une patrie juive, mais aussi du droit inhérent à l'autodétermination nationale du peuple palestinien. Lui-même mis sous surveillance depuis 1971 par le FBI, il est victime des attaques ‘littéraires’ diffamatoires de la droite israélienne http://weekly.ahram.org.eg/1999/444/op2.htm. Selon Alexander Cockburn http://www.counterpunch.org/1999/09/01/commentary-scholar-deliberately-falsified-record-in-attack-on-said/ et Christopher Hitchens http://www.salon.com/1999/09/07/said_2/ qui sont deux journalistes proches du théoricien littéraire, ces calomnies visaient, à travers un symbole, la narration palestinienne de la guerre de 1948. Ce qui n’empêche pas l’écrivain de revisiter le thème d’antisémitisme dans un texte fondamental : «Israël-Palestine, une troisième voie - réponse aux intellectuels arabes fascinés par Roger Garaudy», publié en août 1998 par le Monde Diplomatique (Cf. http://www.monde-diplomatique.fr/1998/08/SAID/10786.html).

Né à Jérusalem – en cette époque la Palestine mandataire – en 1935 et mort à New York en 2003 - ce grand intellectuel arabophone, francophone et anglophone nous a ouvert les yeux sur ce que j'appellerais le prisme ethnocentrique occidental. Son travail le plus célèbre est L'Orientalisme. L'Orient créé par l'Occident (Orientalisme), publié en 1978 et traduit en français aux Éditions du Seuil en 1980. Etablie  comme une pierre angulaire parmi ces études dites postcoloniales, son analyse documentée eut un retentissement international et fut traduite en trente-six langues et ceci malgré l'esprit révisionniste qui souffle notamment chez les enfants de la droite décomplexée et ceux aussi de  la gauche caviar. Du coup on ne sait plus ceux qui seraient dans l'air du temps et ceux dans le vent de l'histoire !

Le message d'Edward Saïd ci-dessus trouve un écho récent. Une tribune de Pascal Boniface dans le Nouvel Observateur 25 septembre 2013) est intitulée : Antisémitisme et antisionisme : une confusion malsaine qu'il faut dissiper Le directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques réagit aux propos tenu par Manuel Valls qui avait dénoncé «un nouvel antisémitisme qui se cache derrière un antisionisme de façade» et a estimé que «le ministre de l’Intérieur a mis le doigt sur une réalité. Mais il en a occulté une partie». Ainsi selon Pascal Boniface d'une part «il est vrai que dans certains discours, le terme de "sioniste" a remplacé le terme de "juif" pour des raisons qui n'ont rien de saines. Afin d'échapper à la législation qui pénalise les propos antisémites, certains entretiennent une confusion volontaire entre juifs et sionistes, espérant échapper aux foudres de la loi en utilisant le second terme à la place du premier. On ne parle plus de complot juif mais de complot sioniste. Le terme sioniste est devenu péjoratif, disqualifiant et même injurieux ...» et que «cette confusion est lourde de sous-entendus, de confusion intellectuelle et de conséquences politiques ...». Pascal Boniface considère qu'il y a  «une confusion malsaine entre sionisme et hostilité à la reconnaissance des droits du peuple palestinien» soulignant qu'ils ne sont pas incompatibles, et qu'«au final ceux qui sont favorables à la solution des deux États ne peuvent pas être antisionistes». Mais d'autre part et dans la même mesure il convient aussi de pouvoir dénoncer le fait que «de nombreux responsables institutionnels et intellectuels juifs français qui exhortent tous les juifs à être inconditionnellement solidaires du gouvernement d’Israël ont une grande part de responsabilité dans cette confusion. L'accusation récurrente d'antisémitisme opposée à ceux qui ne font qu'émettre une critique politique du gouvernement israélien crée un amalgame tout aussi funeste et contribue à l’importation du conflit israélo-palestinien en France». (Cf. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/632264-antisemitisme-et-antisionisme-une-confusion-malsaine-qu-il-faut-dissiper.html).

NB La Déclaration de Balfour est considérée de facto comme l’un des piliers de l’édification de l’Etat hébreu. Or, comme on peut constater par la partie du texte en italique ci-après, le deuxième volet du document concernant «droits civiques et religieux», soit la contrepartie ou l’autre moitié du contrat signé par Arthur James Balfour, le ministre britannique des Affaires Étrangères, en accord avec Lord Rothschild et Chaim Weizmann, lui alors président de la Fédération Sioniste – et  élu président de l'État d'Israël en 1948 - est passé à la trappe :

«Cher Lord Rothschild, J'ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l'adresse des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui. Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste. Arthur James Balfour».

 [2] DIEUDONNE, LES JUIFS, ET LA TRAITE NEGRIERE - Les juifs ont-ils tiré profit de la traite des Noirs ? Marc Mvé Bekale Maître de conférence à l’Université de Reims (IUT de Troyes) Membre du Centre d’Etudes Africaines-Américaines (Paris) Ecrivain et essayiste gabonais http://mmvebekale.free.fr/pages/dieudonne.htm

[3] Des rabbins antisionistes expliquent les dangers du sionisme en présence de Dieudonné https://wikileaksactu.wordpress.com/tag/rabbins-antisionistes-et-dieudonne/ novembre 2004

[4] "Qui sont les racistes ? Est-ce les humoristes qui mettent tout le monde à égalité dans leurs sketchs ? Ou est-ce ceux qui tendent à différencier, à extraire un peuple, une communauté, une religion, de cette grande famille qu'est l'HUMANITÉ ?" [1] Ces propos se trouvent dans la Vidéo : Dieudonné en 5 minutes par Robin des villes (son site) Publiée le 3 janv. 2014 Dieudonné en 5 minutes Musique : Classical piano and violin – The secession. (Cf. http://www.mondialisation.ca/video-dieudonne-en-5-minutes/5363855).

 [5] Une vidéo de Dieudonné dans le viseur de la justice 29 janvier 2014

[6] Les 5 familles qui dominent la Martinique  05/01/2012


[8] Quand Jacubowicz cite Dieudonné  par Robin des villes samedi 11 janvier 2014 http://mobile.agoravox.fr/actualites/medias/article/quand-jacubowicz-cite-dieudonne-146149

En févier 2004, je Journal du dimanche rapportait les propos suivants :"Sale nègre, les juifs auront ta peau, voilà le genre de slogans que j’ai entendus. Ce sont tous ces négriers reconvertis dans la banque, le spectacle et aujourd'hui l'action terroriste qui manifestent leur soutien à la politique d'Ariel Sharon. Ceux qui m'attaquent ont fondé des empires et des fortunes sur la traite des noirs et l'esclavage".

Ces paroles furent prononcées par Dieudonné après les agressions commises sur ses spectateurs Lyonnais. Les voici en contexte : «Ils insultaient les spectateurs, ils m’insultaient moi. Pire, ils ont commis un attentat. Que le Crif (Conseil représentatif les institutions juives de France) ne condamne pas et excuse même. Un homme a été arrêté, lui fait partie de ces mouvements l’extrême droite sionistes, raciste et xénophobes, "Sale nègre les juifs auront ta peau", voilà le genre de slogans que j’ai entendus. Ce sont des organisations mafieuses. Dans ces ligues juives ce sont tous des négriers reconvertis dans la banque, le spectacle, et aujourd’hui l’action terroriste. Ceux qui m’attaquent ont fondé des empires et des fortunes sur la traite des noirs et l’esclavage». (Cf.  http://soutiendieudo.free.fr/article.php3?id_article=56).

Pour ceux qui croient encore que Dieudonné n’est pas antisémite 2 janvier 2014
Le Centre Communautaire Laic Juif David Susskind http://www.cclj.be/article/3/5098

Liste des agressions de la LDJ pour le cas où M. Valls et Mme Taubira ne l’auraient pas

[9] French Satirical Newspaper 'Charlie Hebdo' Wins Over Controversial Cartoon Ban Request 07/02/2006 http://www.newswiretoday.com/news/3453/ Caricatures de Mahomet. Les poursuites contre Charlie Hebdo annulées http://www.ouest-france.fr/caricatures-de-mahomet-les-poursuites-contre-charlie-hebdo-annulees-1892899 Chronologie de la controverse des caricatures de Mahomet http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_la_controverse_des_caricatures_de_Mahomet

[10] Dieudonné : la posture de paria, un ascenseur pour son succès 28-12-13 Benoît Hopquin

[11] Interdit d'entrée en Grande-Bretagne, Dieudonné fait une «quenelle» à la reine AFP 3 février 2014 http://www.liberation.fr/societe/2014/02/03/dieudonne-interdit-d-entree-sur-le-territoire-britannique_977452


Dieudonné : son fils de 15 ans interpellé en possession d’un couteau 14 janvier 2014

La garde à vue de Dieudonné est levée 22 janvier 2014

Dieudonné : Sa Quenelle à 650 000 euros ! 29 janvier 2014


Dieudonné vu par sa mère 03/02/2014
http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/dieudonne-vu-par-sa-mere-03-02-2014-1787233_1897.php

Quand Jean Bricmont parle de Dieudonné sans se faire couper la parole (CSOJ / Taddéi) Publiée le 10 janv. 2014 http://www.youtube.com/watch?v=2lbpqdiTq3s#t=11 et http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/quand-jean-bricmont-parle-de-42748 Entretien enregistré dans l'après-midi du vendredi 10 janvier, avec Jean Bricmont, qui était l'invité de l'émission Ce Soir Ou Jamais de Frédéric Taddéi. Une émission que de nombreux internautes ont trouvé décevante, au vu du manque d'une réelle pluralité d'opinions.

Dieudonné "La Bête Noire" Reportage COMPLET Publiée le 18 janvier 2013 http://www.youtube.com/watch?v=KuaZtz751EE (Preview) Ce documentaire (durée (52 minutes 41 secondes) fut interdit de diffusion sur les chaînes TV. Le message suivant s’affiche dans le générique : «Les auteurs et techniciens de ce film ayant l'intention de continuer à travailler, ont pris la décision, collectivement, de rester anonymes. Ils n'ont pas honte de ce film. Au contraire. Ils craignent juste que la profession leur en tienne rigueur... Leur volonté n'est ni de justifier, ni de défendre tous les propos de Dieudonné. L'opinion de chacun, sur cet humoriste et ses "dérapages", est libre. Pour ou contre, il y a débat. Mais quand il y a acharnement, lynchage médiatique ou manipulations grossières le devoir de libres penseurs de ces journalistes est de ne pas forcément crier avec les loups. A cause du parti pris de la presse écrite et audiovisuelle, Ce documentaire n'a jamais été diffusé».

[12] Dieudonné : la posture de paria, un ascenseur pour son succès 28-12-13 Benoît Hopquin

[13] Une obsession desprogienne Guy Konopnicki http://www.desproges.fr/,

[14] Jacob Cohen, écrivain franco-marocain de confession israélite, revient sur l'affaire Dieudonné. Un point de vue jamais défendu sur un grand média depuis le début de cette affaire mais qui n'est pourtant pas si isolé car Gilad Atzmon, auteur de The Wandering Who?, a récemment lui aussi glissé une quenelle lors d'un entretien donné à Apocalypse France... Alors... Juifs antisémites ces quenelliers ?

Dieudonné vu par sa mère http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/dieudonne-vu-par-sa-mere-03-02-2014-1787233_1897.php

Quand Jean Bricmont parle de Dieudonné sans se faire couper la parole (CSOJ / Taddéi) Publiée le 10 janv. 2014 http://www.youtube.com/watch?v=2lbpqdiTq3s#t=11 et http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/quand-jean-bricmont-parle-de-42748 Entretien enregistré dans l'après-midi du vendredi 10 janvier, avec Jean Bricmont, qui était l'invité de l'émission Ce Soir Ou Jamais de Frédéric Taddéi. Une émission que de nombreux internautes ont trouvé décevante, au vu du manque d'une réelle pluralité d'opinions.

Dreyfusards and Dieudonnards: Anti-Semitism reveals the divisions in French society once again LSE Students’ Union 16 January 2014

[15] Quand les Femen font le salut nazi, que fait la LICrA ?  4 Janvier 2014

 «D’ailleurs les femens ne font-elles pas, elles, de véritables saluts nazis (la preuve sur cette photo), quand elles ne profanent pas des lieux de culte toujours de la même religion (catholique) ? On ne peut pas faire un «salut nazi inversé» qui n’est pas un geste nazi mais on peut faire un véritable salut nazi. Ca dépend en fait de la "cause" que l’on défend. Quand ça n’est pas nazi il y a une arrière-pensée et quand ça l’est c’est de la subversion. Aucune possibilité par ailleurs de trouble à l’ordre public quand, par exemple, une femen se dénude dans une église, dépose un foie de veau devant l’autel censé représenter le fœtus de Jésus avorté par Marie pour uriner ensuite sur les marches de l’autel… Aucun chrétien, dans ce cas-là, par ailleurs, ne devrait se sentir atteint dans sa «dignité»…J’ai bien compris ? [...] Je rappelle par ailleurs que le commencement de l’engagement antisioniste de Dieudonné date de l’époque où il a sollicité du Centre National de la Cinématographie (CNC) des subventions pour réaliser un documentaire sur la traite négrière et le Code Noir, un peu sur le modèle de Shoah de Claude Lanzmann. «Ca n’est pas un sujet de film» s’entendit-il répondre. Il comprit bien en cette occasion qu’il y avait des souffrances et des mémoires qui devaient être mises sur le devant de la scène, et d’autres étouffées. La personne qui lui a asséné que la traite négrière n’était pas un sujet de film n’a probablement pas d’ancêtres ayant été victime de cette traite».Une mise au point sur l’affaire Dieudonné : lettre ouverte à M.Patrick Eveno 21/01/2014 http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-mise-au-point-sur-l-affaire-146745

[16] L’Observatoire des journalistes et de l’information médiatique http://www.ojim.fr/portraits/aude-lancelin/

[17] La vraie victoire de Dieudonné Aude Lancelin 2 février 2014 http://www.marianne.net/La-vraie-victoire-de-Dieudonne_a235389.html

[18] «Le Nouveau Philosémitisme européen et le “camp de la paix” en Israël» (Aux Éditions La Fabrique, 2007, 128 pages (Cf. http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1493). L’auteur, Yitzhak Laor, qui vit et travaille à Tel-Aviv, est romancier, poète et critique littéraire au quotidien israélien Haaretz. Au moment où l’on évoque et réalise la judaïsation de Jérusalem-Est et parle du racisme ordinaire dirigé contre les Falashas - qualifiés en Israël de «juifs éthiopiens» - ainsi que contre quelques 60,000 clandestins africains, ce Juif séfarade fait mouche avec un essai aussi dense que pointue sur la manipulation de la chronique de la Shoah ‘au service d’objectifs guerriers’, sur le ‘pacte faustien’ qui lie tous les peuples de l’Etat hébreu à un agenda politique atlantiste suicidaire, sur des «fractures ethniques» qui séparent les Juifs des Palestiniens et Arabes d’Israël et traversent également les communautés juives. Il s’insurge surtout contre la velléité d’homogénéiser la société israélienne à l’Occidentale, cette «israélisation» par des ashkénazes qui cultivent la peur et la haine de l’Orient. Ce qui n’est que le reflet de tout un programme à l’échelle mondiale pour mettre au pas chacun d’entre nous. Extrait :

« Malgré ses récriminations sur l’hostilité des médias, Israël a la cote en Europe. Non seulement les Israéliens sont très présents dans l’imaginaire occidental, mais les Occidentaux ont pris l’habitude de nous considérer comme une partie d’eux-mêmes, du moins tant que nous sommes ici, au Moyen-Orient, une sorte de dernière version de pieds-noirs ...».

Les mots pogrom et ratonnade coexistent mais leurs sens ne semblent pas résonner de la même façon, car ils porteraient leurs connotations différemment. Ainsi si la rafle du Vélodrome d'Hiver du 16 juillet 1942 a laissé des stigmates quasi-indélébiles sur la conscience collective des Français d'après guerre - on ne peut pas en dire autant sur la battue ou l'opération de vènerie conduite contre les « FMA » («Français musulmans d'Algérie») à Paris le 17 octobre 1961. Cette nuit-là la police réprimait sauvagement une manifestation d’Algériens dans la capitale. Bilan officiel : trois morts et soixante-quatre blessés. Un chiffre qui sera contesté par certains historiens, qui parlent d’un crime d’état et de 200 morts, voire plus (Cf. http://www.rfi.fr/emission/20111017-une-le-cinquantenaire-rafle-algeriens-paris).

On les appelait les NPB («Les Noyés par Balles»). Les familles des victimes algériennes n’ont pas pu établir la vérité concernant ce qui s’est passé réellement. D’autant plus que ce carnage fait partie des rapports franco-algériens marqués pour toujours par la cruauté de la conquête de l’Algérie par les militaires français - village après village - et qui fut longue et particulièrement violente. En effet elle s’était traduite par la disparition de près du tiers de la population algérienne en utilisant des méthodes telles que les massacres de prisonniers et de civils, les razzias, les destructions de bleds et de cultures. Puisque la colonisation de l’Algérie par la métropole française est dite une colonie de peuplement, le corps expéditionnaire français conquit ce pays, communauté par communauté, tout en pratiquant par exemple les «enfumades» : une technique qui consiste à asphyxier les personnes réfugiées ou enfermées dans une grotte en allumant devant l'entrée des feux qui consomment l'oxygène disponible et remplissent les cavités de fumée. Des «tribus» entières auraient été annihilées.
On parle des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, c’est-à-dire des répressions sanglantes d'émeutes nationalistes survenues en Algérie en mai 1945 et qui auraient fait, selon des estimations, entre 8 000 et 15 000 morts. Suite au massacre d’Oran, trois mois et demi après le cessez-le-feu de la Guerre d'Algérie,  on dénombre entre 95 et 3500 morts – dont une grande partie parmi la population pied-noir. Mais toujours sujette aux incohérences, occultations, divergences d’opinion, si la liste officielle des tueries en Algérie commence en 1832 elle continue bien après l’indépendance (Cf. http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_massacres_in_Algeria). Silence radio sur le bain de sang perpétré en Madagascar en 1947. On pourrait en dire autant des événements en cascade après la révolte des Mau Mau -  le mouvement insurrectionnel du Kenya des années 1950. Ce fut pareil en Libye quand au début du XXe siècle, le Royaume d'Italie cherche à développer sa propre entreprise coloniale, pour rivaliser avec les empires français et britannique. On oublie assez facilement cette période d’histoire pendant laquelle se déroulent les moments les plus sombres du projet expansionniste européen en’Afrique, ’Asie de Sud-Est, Amérique …
L'article ci-après est signé par le professeur Christophe Oberlin, grand spécialiste de chirurgie réparatrice. Né en 1952, il est chirurgien des hôpitaux et professeur à la faculté Denis Diderot à Paris ; il enseigne l’anatomie, la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l’étranger. Parallèlement à son travail hospitalier et universitaire, il participe depuis 30 ans à des activités de chirurgie humanitaire et d’enseignement en Afrique sub-saharienne, notamment dans le domaine de la chirurgie de la lèpre, au Maghreb et en Asie.
Depuis 2001, il dirige régulièrement des missions chirurgicales en Palestine, notamment dans la bande de Gaza où il a effectué près d’une trentaine de séjours. Il est le coauteur avec Jacques-Marie Bourget de Survivre à Gaza, (éditions Koutoubia, 2009) la biographie de Mohamed al-Rantissi, le chirurgien palestinien frère du dirigeant historique du HAMAS assassiné par l’État d’Israël… Il est également le traducteur du livre Gaza, au carrefour de l’histoire du journaliste anglais Gerald Butt (aux éditions Encre d’Orient).

Interdiction de Dieudonné : La France qui dérape n’est pas celle qu’on nous montre du doigt 


Mondialisation.ca, 12 janvier 2014
Région : Europe

 C’est au nom d’un état juif à majorité juive, censé accueillir les juifs du monde entier, que les autochtones, les Palestiniens sont martyrisés depuis soixante ans. Pourtant certains n’hésitent pas à condamner les Palestiniens, les Arabes en général, et tous ceux qui les soutiennent pour un «antisémitisme» supposé. Les Palestiniens devraient déclarer aimer les juifs et insister à tout moment sur la distinction entre juifs et sionistes. C’est évidemment déloyal. En 1942 les Français n’aimaient pas les «boches» et aucune association anti raciste n’a jamais protesté.

Lorsqu’on dit aujourd’hui en France «qu’on n’aime pas les Américains», tout le monde comprend qu’il ne s’agit évidemment pas de tous les Américains en tant qu’individus, mais qu’on désigne par-là la politique et les guerres américaines qui ont fait un million de morts en quelques décennies. Et «ne pas aimer les Américains», ne tombe pas sous le coup de la loi. Quand on dit qu’on n’aime pas les Corses, ce n’est évidemment pas très intelligent, mais tout le monde comprend qu’on entend par là une certaine ambiance xénophobe qui règne en Corse. Ca ne tombe pas sous le coup de la loi.

Quand on dit qu’on n’aime pas les juifs, il est évident que cela désigne ceux qui soutiennent un état raciste dans ses lois et ses actes. Ce qui veut dire qu’on n’aime pas les juifs racistes, rien d’autre. C’est le message de Dieudonné. Et voilà qu’on voudrait faire tomber cela sous le coup de la loi. C’est déloyal et stupide.

J’ai personnellement des gens de ma famille qui sont morts en déportation. Quand Desproges dit «On se demande pourquoi les juifs se précipitaient à Auschwitz ? D’abord parce que c’était gratuit !» C’est du deuxième degré, ça me fait rire, et ça ne porte en rien atteinte à la mémoire de ma famille. Quand quelqu’un se fait photographier devant Auschwitz en faisant une quenelle, ça ne porte pas atteinte à ma dignité ni à celle de ceux qui sont morts en déportation. Par contre c’est un geste fort à l’encontre de tous ceux qui tentent de masquer les crimes d’Israël derrière les crimes nazis. C’est à eux que ce discours s’adresse.

Et voilà que nos politiques, les plus tristes que la France ait connus depuis longtemps, voudraient expliquer à un humoriste ce qui est drôle et ce qui ne l’est pas ! Et on voudrait nous faire croire que les millions de personnes qui rient sont des idiots ou des antisémites, y compris ceux qui soutiennent les Palestiniens dans leur lutte contre l’apartheid ! C’est méprisant, et aussi effrayant. Et les commentaires à sens unique de nos radios et télévisions nationales donnent le frisson.

Ceux qui condamnent Dieudonné n’ont pas assisté à ses spectacles, et n’ont pas réalisé qui est son public : un public de jeunes, extraordinairement diversifié, qui représente une France fraternelle, fondamentalement antiraciste, la France de demain.
Alors il y a heureusement quelques poches de résistance dans les tribunaux. Et le jugement prononcé à Nantes, cassant l’interdiction d’un spectacle de Dieudonné, rassure. Toutes les barrières n’ont pas cédé.

Et voilà qu’un juge unique du Conseil d’Etat, sur simple convocation du gouvernement, dans un texte d’une pauvreté affligeante, dépourvu du moindre fondement juridique, impose son opinion à toutes les lois existantes, à tous les arrêts précédents français et européens !
La France qui dérape, elle est là.

Christophe Oberlin
10 Janvier 2014
URL de cet article :
http://www.silviacattori.net/article5272.html