Le blog du Gwen - II - Le retour

samedi 18 octobre 2014

Comment la cocaïne nous a sauvés de la crise financière

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Comment la cocaïne nous a sauvés de la crise financière


Sept ans après "Gomorra", Roberto Saviano raconte comment la cocaïne est devenue le meilleur moyen de gagner beaucoup, beaucoup d'argent. Entretien.


Une saisie de 7 tonnes de cocaïne, en Colombie, en avril 2014. (©Leonardo Munoz/EFE/SIPA)Une saisie de 7 tonnes de cocaïne, en Colombie, en avril 2014. (©Leonardo Munoz/EFE/SIPA)








De notre envoyé spécial à Rome

Condamné à mort par la Camorra napolitaine, il vit depuis neuf ans en citoyen clandestin. Victime et prisonnier de son succès médiatique, paria dans sa propre société, l'auteur de «Gomorra» est protégé jour et nuit par un groupe de carabiniers, d'autant plus sur le qui vive qu'il témoignera le 10 novembre à Naples lors du procès des deux parrains qui ont lancé le contrat sur sa tête.
Pour Roberto Saviano, écrire, c'est résister. Avec son nouveau livre, «Extra pure», il nous plonge dans l'économie de la cocaïne et au coeur de ses réseaux criminels. Un voyage stupéfiant sur tous les continents  du Mexique à la Russie, de la Colombie au Nigeria en passant par les Etats-Unis, l'Italie, l'Espagne et la France. Une enquête tout-terrain pour laquelle, paradoxalement, les liens privilégiés de Saviano avec la police et la justice lui ont permis d'accéder à des sources et des témoignages rares.
Le narcotrafic représente aujourd'hui la première industrie au monde. La carte de la planète est dessinée par le pétrole, mais aussi par le «pétrole blanc», comme l'appellent les parrains nigérians. Or noir, or blanc. A double titre: blancheur de la poudre et blanchiment de l'argent.
Car les liquidités colossales de la drogue sont recyclées par les banques américaines et européennes, là même où se trouvent les plus gros marchés de consommateurs. «Nul marché et nul investissement ne rapportent autant que la coke», va jusqu'à écrire l'auteur. Ce sont les centaines de milliards de dollars du narcotrafic qui ont, selon lui, sauvé en partie les banques lors de la crise des subprimes de 2008.
Pour Roberto Saviano, la coke est à la fois miroir et révélateur du capitalisme mondialisé. Le journaliste et écrivain démonte les rouages de cette économie parallèle où les distributeurs ont pris l'ascendant sur les producteurs, où les cartels mexicains, en privatisant le marché de la drogue et en l'ouvrant à une concurrence féroce, ont dépassé de loin les horreurs des producteurs colombiens. Et où l'Afrique est devenue une nouvelle plaque tournante à destination d'une Europe toujours plus en manque. Car, depuis que la crise fait rage, la consommation de coke, «drogue de la performance», s'est littéralement envolée. Rencontre avec un auteur sous haute surveillance.
Roberto Saviano (SIPA)
(©AGF s.r.l. / Rex Featur/REX/SIPA)
Le Nouvel Observateur Vous écrivez que la carte du monde est aujourd'hui dessinée par le pétrole et la cocaïne, le carburant des moteurs et celui des corps. Quelle est l'importance du trafic de la cocaïne dans le monde?
Roberto Saviano La demande de pétrole est toujours forte, et celle de la coke explose. Mais la cocaïne reste le marché le plus profitable du monde. On estime sa production entre 788 tonnes et 1060 tonnes par an et le marché à 352 milliards de dollars. Vous pouvez rencontrer de grosses difficultés pour vendre des diamants de contrebande, mais je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui n'arrive pas à vendre de la coke. Si je veux faire un investissement, disons de 1000 euros, dans une action d'Apple, au bout d'un an je gagnerai 1300 ou 1400 euros. Si je fais le même investissement en cocaïne, au bout d'un an, je gagnerai 180.000 ou 200.000 euros. Il n'y a rien qui va vous faire gagner autant. Et la violence du business est à la mesure de ce chiffre d'affaires.
La cocaïne a-t-elle supplanté l'héroïne ?
Le marché de l'héroïne est inférieur même s'il faut bien dire qu'on a très peu de données sur deux très grands marchés, ceux de la Chine et de l'Iran. L'héroïne a toujours été importante dans les pays d'Europe de l'Est, car elle ne coûte rien. En Russie, avec 3 euros, tu peux te faire un shoot. Mais en Italie ou en France, même aux Etats-Unis, elle connaît une phase de crise. L'héro a une mauvaise image. L'aiguille fait encore plus peur depuis les années sida. Personne ne veut se sentir un zombie toxicomane.
Personnellement, je n'ai jamais essayé ni héroïne ni cocaïne, pour une question morale, et aussi parce que j'ai grandi dans une région où il était très difficile de se droguer: la Camorra ne vendait pas de drogue sur son propre territoire. Sur la base des témoignages que j'ai entendus, l'héroïne est la reine des drogues pour procurer la même sensation qu'un orgasme pendant quinze minutes.
Avec la cocaïne, c'est exactement le contraire : ce n'est pas une phase de quelques minutes, c'est un état beaucoup plus long pendant lequel il y a une hyperperception des choses. Si je suis sous l'effet de la cocaïne, je n'ai pas une déformation de la réalité, mais j'en éprouve mille fois plus la sensation. Ça épouse pleinement notre temps, où tout est communication. Plus le monde accélère, plus il y a de coke; moins on a de temps pour des relations stables et des échanges réels, plus il y a de coke.





Quelle est la nouvelle carte du monde de la cocaïne aujourd'hui?
Le centre du monde, pour ce qui concerne le narcotrafic en tant que pouvoir criminel, c'est le Mexique, frontalier des Etats-Unis. Pour arriver en Europe - le marché européen de la coke a presque rejoint celui de l'Amérique -, la cocaïne passe à travers l'Afrique (francophone, notamment) équatoriale. Et puis elle arrive en Europe à travers l'Espagne ou les pays d'Europe de l'Est. Le premier pays producteur au cours de ces derniers mois, c'est le Pérou, ce n'est plus la Colombie qui est devenue le deuxième. Et la cocaïne de meilleure qualité, c'est la cocaïne bolivienne.
C'est au Mexique qu'a eu lieu la première révolution dans le trafic de la cocaïne.
Le grand tournant a eu lieu dans les années 1980 quand les Mexicains se positionnèrent en véritables distributeurs, et non plus en simples transporteurs. Cela se passe comme dans la grande distribution : le distributeur devient souvent le principal concurrent du producteur et bientôt le dépasse en profits.
Le mot «cartel» fait partie du vocabulaire économique et désigne les producteurs qui fixent d'un commun accord les prix et les quantités, qui décident comment, où et quand commercialiser un bien. Ce qui est valable pour l'économie légale l'est pour l'économie illégale.
La révolution s'est produite quand Pablo Escobar dit «El Magico», le parrain colombien de Medellín, passa un accord avec Félix Gallardo surnommé « El Padrino», ancien de la police judiciaire fédérale du Mexique. C'est Félix Gallardo qui créa les cartels mexicains en structurant le territoire en zones et en établissant un modèle de cohabitation entre cartels.
Depuis, les règles du jeu ont changé. On a assisté à une escalade dans l'horreur. AuMexique, la guerre de la coke a fait des dizaines de milliers de morts (plus de 50.000 morts entre 2006 et 2012). C'est l'emballement des nouveaux cartels: des structures plus flexibles, une grande familiarité avec la technologie, des massacres spectaculaires, d'obscures philosophies pseudo-religieuses liées à une fascination pour les films violents et les émissions de télé-réalité. Et une furie meurtrière à faire pâlir tous ceux qui les ont précédés. Les acteurs se multiplient. Les Zetas et la Familia, assassins sanguinaires, ont pris le pire des corps paramilitaires, le pire de la Mafia et le pire des narcotrafiquants.
Et en Colombie ?
La guerre contre les cartels a été en partie gagnée. Et pourtant, après des décennies d'effort pour éliminer les narcos colombiens et la fin du Cartel de Cali, la part de marché que le pays a perdue est bien inférieure à ce qu'on pourrait imaginer. Les hommes passent, les armées se démobilisent, mais la coca reste.
Après des années de politique de terre brûlée, au sens littéral, la cocaïne colombienne représente encore presque la moitié de toute celle consommée dans le monde. L'histoire du trafic de drogue en Colombie est une histoire de vides, et de transformations. Une histoire capitaliste. Si la Colombie n'est plus un narco-Etat, ce vide s'est rempli de micro-trafiquants par centaines.





Comment l'Afrique est-elle devenue une plaque tournante?
Comme une épidémie, la cocaïne s'est répandue sur le continent africain à une vitesse effrayante. Le Sénégal, le Liberia, les îles du Cap-Vert, le Mali, la Guinée-Conakry, la Sierra Leone, l'Afrique du Sud, la Mauritanie, l'Angola sont touchés. L'Afrique est vulnérable car la vacance ou la faiblesse du pouvoir, la corruption d'un Etat qui a en face de lui une organisation proposant et incarnant l'ordre, favorisent le développement des mafias.
Au cours des années 2000, les narcotrafiquants américains, italiens, corses et des pays d'Europe de l'Est se sont rendu compte que l'Afrique pourrait être un immense dépôt de drogue. On a vu se développer des alliances entre Mexicains, Calabrais, et Corses qui ont des relations avec des politiques locaux et des militaires.
La seule mafia africaine, c'est la mafia nigériane. A part au Sénégal, au Burkina-Faso et au Ghana, où il y a bien évidemment de la corruption, mais où le narcotrafic n'a pas de grands alliés, je vois avec beaucoup de désespoir et sans illusion l'avenir des autres Etats, en particulier le Liberia ou la Guinée-Bissau. Ce ne sont que des narco-Etats où il est très facile de faire arriver la cocaïne, et très facile de la cacher aussi. Et ces pays sont en contact avec les pays du Maghreb, le Maroc par exemple.
La coke transite par le Maroc et passe du Maroc à l'Espagne...
Ou bien par les pays du Maghreb vers Gioia Tauro et Livourne en Italie, ou Rotterdam. Marseille, c'est l'affaire des Corses ou des organisations du Maghreb français qui sont devenues très puissantes en ce qui concerne la distribution. Au Maroc, les vieux narcotrafiquants marocains ne veulent absolument pas de la cocaïne mais du haschisch. Car ils savent que le trafic de haschisch est toléré d'une façon ou d'une autre. Mais les plus jeunes veulent justement développer un nouveau marché.
Au Maroc, Ceuta est une plaque tournante fondamentale, mais la Tunisie, aujourd'hui, qui est actuellement déstabilisée, prend de nouveaux relais. La chose intéressante, c'est que le terrorisme islamiste est en cheville avec les organisations criminelles mafieuses sur ces territoires. Les islamistes dénoncent l'usage de la drogue, tout en prenant une part active dans le trafic. La cocaïne est en train de changer la géographie et la géopolitique de l'Afrique.
Quel est le rôle de la mafia corse ?
J'ai trouvé beaucoup de difficultés, au cours des dernières années, à m'occuper véritablement des organisations criminelles françaises. Car en France, il n'y a aucune culture antimafia. Les gens pensent toujours que ce ne sont que des criminels, à traiter comme des criminels. Or ce sont des entrepreneurs en mesure d'influencer la politique française.
Les Corses ont beaucoup changé au fil des dernières années. Le FLNC a des contacts étroits avec la mafia corse dont la force a été de gérer le narcotrafic en Afrique. Quand Marseille a vu chuter la contrebande des cigarettes et le trafic d'héroïne, les Corses ont commencé à développer le narcotrafic de cocaïne. Et les Corses sont devenus les véritables gérants d'un joint-venture avec l'Afrique.





Selon votre enquête, l'immense majorité de l'argent de la drogue est recyclée par les banques américaines et européennes. Pis, vous écrivez que, lors de la crise des «subprimes», les milliards de dollars du narcotrafic ont sauvé les banques.
Avec l'argent de la coke, on achète d'abord les politiciens et les fonctionnaires, et ensuite un abri dans les banques. Blanchir est une opération gagnante. Il n'y a aucun employé ou dirigeant de banque qui ait dû voir l'intérieur d'une prison à cause de ça. Dans la seconde moitié de 2008, les liquidités sont devenues le principal problème des banques.
Comme l'a souligné Antonio Maria Costa, qui dirigeait le bureau drogue et crime à l'ONU, les organisations criminelles disposaient d'énormes quantités d'argent liquide à investir et à blanchir. Les gains du narcotrafic représentent plus d'un tiers de ce qu'a perdu le système bancaire en 2009, comme l'a dénoncé le FMI, et les liquidités des mafias ont permis au système financier de rester debout.
La majeure partie des 352 milliards de narcodollars estimés a été absorbée par l'économie légale. Quelques affaires en ont révélé l'ampleur. Plusieurs milliards de dollars ont transité par les caisses du Cartel de Sinaloa vers des comptes de la Wachovia Bank, qui fait partie du groupe financier Wells Fargo. Elle l'a reconnu et a versé en 2010 une amende de 110 millions à l'Etat fédéral, une somme ridicule comparée à ses gains de l'année précédente de plus de 12 milliards de dollars.
D'après le FBI, la Bank of America aurait permis aux Zetas de recycler leurs narcodollars. HSBC et sa filiale américaine, HBUS, a payé un milliard de dollars d'amende au gouvernement américain pour avoir blanchi de l'argent du narcotrafic. Aux Etats-Unis, à cause du Patriot Act, les autorités se sont intéressées aux liens entre le financement du terrorisme et l'argent de la drogue. Le Sénat a créé une commission d'enquête sur ce sujet et le sénateur Carl Levin travaille sur le blanchiment du Crédit suisse.
Si les banques qui ont leur siège à Wall Street et dans la City ne sont pas les seules à entretenir des liens privilégiés avec les barons de la drogue et si elles sont installées un peu partout dans le monde comme la Lebanese Canadian Bank de Beyrouth, il y a un manque criant d'investigation en Europe. L'ONU, à partir de 2006, a dénoncé le fait qu'il y ait de l'argent provenant du narcotrafic dans les banques européennes.
Lichtenstein, Luxembourg, Andorre, la République de Saint-Marin, Monaco, personne ne sait vraiment ce qui se passe en termes de flux d'argent. Dans quelles banques françaises se trouve l'argent du narcotrafic? Mystère. Les banques françaises n'ont rien à dire à ce propos, pas plus que les italiennes ou les allemandes. Il n'y a eu aucune prise de position réelle à ce sujet. Or on blanchit beaucoup plus d'argent aujourd'hui à Londres qu'à La Barbade.
A Londres et à New York ?
New York et Londres sont aujourd'hui les deux plus grandes blanchisseries d'argent sale au monde. Londres est complètement opaque en ce qui concerne le narcotrafic. Paradoxalement, à Wall Street, l'argent a déjà été transformé. A Londres, on va le transformer.
Pour vous, aucun investissement ne rapporte autant que la coke, une valeur refuge. Votre enquête est-elle aussi une critique du capitalisme?
Le capitalisme criminel, c'est le capitalisme qui est géré par des organisations criminelles sur la base de leurs propres règles. J'ai voulu commencer mon livre avec l'histoire d'un boss qui raconte comment il voit la vie.
Il dit que les lois de l'Etat sont les règles d'un camp qui veut baiser l'autre. Et que lui, que nous, les «hommes d'honneur», personne ne nous baise. Que les lois sont pour les lâches et les règles d'honneur sont pour les hommes. On pourrait dire que ses règles sont celles de n'importe quel PDG : l'absence de sentiments pour les concurrents, l'hypocrisie, l'idée de la compagnie comme une famille à laquelle on doit tout.
Pour comprendre les stratégies mafieuses, il y a trois textes de références: Sun Tzu, Machiavel et Von Clausewitz. Une organisation criminelle, sans règles, ce n'est pas une mafia. Aujourd'hui, en Italie, il n'y a pas une classe dirigeante qui puisse être comparée, en matière de faculté à tout supporter, aux organisations mafieuses.
Je cite un exemple. Est-ce que vous réussiriez à vivre dans une pièce de 10 ou 15 mètres carrés pendant dix ans, sans jamais téléphoner à personne, sans que personne ne vous téléphone, en ne parlant qu'à deux personnes seulement parce que vous n'avez confiance qu'en deux personnes, sans jamais voir vos enfants, et en sachant que votre propre destin est soit de mourir, soit d'être emprisonné?
J'ai très bien vu la façon dont on vit quand on est en prison avec un régime d'incarcération dur. Je vis sous protection depuis dix ans environ. Disons que je suis un peu préparé. Mais jamais je n'arriverais à vivre comme ça. Je serais complètement déprimé, je ne ferais que pleurer tout le temps.
Eux, quand ils sont emprisonnés avec un régime d'incarcération dur, ils pensent en termes d'ère historique. Seuls mon silence, la prison ou ma mort permettra à mon neveu de garder le pouvoir, d'être un parrain et de commander les hommes fidèles de ma famille. En politique ou dans la finance, il n'y a rien de pareil, il n'y a aucun raisonnement aussi radical.
Pensez-vous qu'il faille légaliser la drogue ?
Ce que la crise ne détruit pas, ce qu'elle renforce au contraire, ce sont les économies criminelles. Depuis que la crise a éclaté, la consommation de coke s'est envolée. Pour les mafias, la drogue, c'est toujours comme un distributeur automatique d'argent. Malgré la police et les saisies, la demande de coke sera toujours plus énorme.
La coke est un carburant. Une énergie dévastatrice, terrible, mortelle. Mais aussi terrible que cela puisse paraître, la légalisation des drogues pourrait être la seule solution. Car elle frappe là où la cocaïne trouve un terreau fertile, dans la loi de l'offre et de la demande.
Propos recueillis par François Armanet





Roberto Saviano, bio express

Né à Naples en 1979, ROBERTO SAVIANO est écrivain, journaliste et essayiste. Son premier livre, «Gomorra. Dans l'empire de la Camorra» (Gallimard, 2007), s'est vendu à 5 millions d'exemplaires dans le monde. Le film tiré de son livre a remporté de très nombreuses récompenses dont le Grand Prix du jury à Cannes en 2008. Il a également publié chez Robert Laffont «la Beauté et l'Enfer», «le Contraire de la mort. Scènes de la vie napolitaine» et «Le combat continue. Résister à la Mafia et à la corruption». Son nouveau livre, «Extra pure. Voyage dans l'économie de la cocaïne», est sorti le 16 octobre chez Gallimard.
Cet entretien exclusif a paru, accompagné d'extraits, dans "l'Obs" du 9 octobre 2014.
 

vendredi 25 juillet 2014

L'Europe toujours aussi frileuse ...

Alors qu'aux USA, en juillet, New York est devenu le 23ème État des États unis à légaliser l'emploi du cannabis à des fins médicales, que Washington est le deuxième état à légaliser la vente de cannabis à usage récréatif, alors qu'en Uruguay, cette plante est maintenant légale et que les consommateurs attendent la première récolte avec impatience, en Europe, on tergiverse, on se refuse à légiférer, on continue à juger au cas par cas, et souvent on refuse à des gens qui souffrent de se soulager grâce à cette plante ...

Et pendant ce temps, en France, les gamins des cités de Marseille se butent à coup de Kalachnikov ...

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Cannabis médical : comme l'Allemagne, la France juge au cas par cas


En Allemagne, des juges ont autorisé des patients atteints de maladies chroniques à cultiver des plants de cannabis. La France, elle aussi, juge au cas par cas.
Cannabis médical : comme l'Allemagne, la France juge au cas par cas
Brennan Linsley/AP/SIPA

Cultiver du cannabis à des fins thérapeutiques, c'est possible pour trois malades allemands. Le Tribunal administratif de Cologne (Allemagne) a rendu ce 22 juillet un verdict sans précédent : des personnes souffrant de maladies chroniques ont reçu l'autorisation de cultiver des plants de cannabis dans un but médical, soulager leur douleur. 
3 autorisations sur 5 demandes
Cette décision historique pour l'Allemagne répond à un recours déposé par cinq malades. L'Institut Fédéral du Médicament leur avait interdit de cultiver du cannabis à des fins thérapeutiques. Trois d'entre eux ont eu gain de cause. Les deux autres ont été débouté, l'un parce qu'il ne pouvait pas garantir que lui seul accèderait à la drogue, l'autre parce que d'autres alternatives thérapeutiques étaient disponibles. L'Allemagne permet en effet la prescription de trois médicaments contenant du THC - principe actif du cannabis - dont un seul est remboursé, le Sativex. En rendant ce verdict, le tribunal affirme la position allemande : traiter au cas par cas les demandes sur ce sujet délicat.

En France aussi, c'est la règle du cas par cas qui domine. Fumer du cannabis pour se soigner est légalement interdit, d'autant que le Sativex a reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en janvier dernier. L'utilisation du spray buccal reste très encadrée : sa commercialisation, prévue en 2015, ne sera autorisée qu'aux patients atteints de sclérose en plaques. Seuls les neurologues ou les médecins rééducateurs hospitaliers pourront le prescrire.

Myopathie, maladie de Horton, Sida...
Concernant la consommation fumée de cannabis à des fins thérapeutique, aucune règle ne prédomine. En mars 2013, Dominique Loumachi avait été condamné à 300 euros d'amende avec sursis pour avoir fumé et stocké du cannabis. Les douleurs causées par sa myopathie n'avaient pas semblé suffisantes pour que la Justice reconnaisse un « état de nécessité. » Mais en novembre de la même année, un patient atteint de la maladie de Horton était autorisé à fumer du cannabis. Marc souffrait de cette maladie inflammatoire, qui se caractérise par des crises de douleur intense, depuis 15 ans. « C'est génial, je l'espérais mais je ne m'y attendais pas », avait-il déclaré à La Provence.

Mais une fois n'est pas coutume. En avril dernier, Bertrand Rambaud a été mis en examen pour détention de cannabis. Cet homme qui souffre du Sida et d'une hépatite C a lancé une pétition, signée par plus de 3 700 personnes, mais la justice l'a martelé : la consommation de cannabis est interdite par la loi. Toutefois, il a été dispensé de peine.

mercredi 9 juillet 2014

Et c'est parti, un deuxième état embraye le pas au Colorado

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La vente de marijuana récréative démarre dans l'État de Washington


L'État de Washington devient le deuxième État américain... (PHOTO TED S. WARREN, AP)
L'État de Washington devient le deuxième État américain où l'on peut acheter légalement du cannabis à usage récréatif, emboîtant le pas au Colorado qui a démarré cette pratique en janvier.
PHOTO TED S. WARREN, AP

Agence France-Presse
LOS ANGELES
La vente de marijuana récréative est autorisée depuis mardi dans l'État de Washington (nord-ouest) dans des boutiques spécialisées, ce qui en fait le deuxième État américain avec le Colorado où elle est légale.






«Nous avons attribué des permis à 25 magasins de détail qui seront habilités à vendre de la marijuana à fumer, à vaporiser, ainsi que des pipes et vaporisateurs», a indiqué à l'AFP Brian Smith, porte-parole du régulateur, le Washington State Liquor Control Board.
«Plusieurs boutiques» vont ouvrir leurs portes dès mardi, le reste dans les jours prochains, a-t-il ajouté. Les prix de vente sont libres. Les quantités que les consommateurs peuvent détenir sont limitées à 28 grammes de cannabis à fumer par personne.
En incluant les cultivateurs et préparateurs de marijuana, 115 permis au total ont déjà été délivrés sur un total de 7000 demandes déposées.
L'État de Washington devient le deuxième État américain où l'on peut acheter légalement du cannabis à usage récréatif - à condition d'avoir 21 ans - emboîtant le pas au Colorado qui a démarré cette pratique en janvier.
Le but est d'encadrer le marché du cannabis comme celui de l'alcool, qui n'est disponible à la vente que dans des «liquor stores» dans certains États.
«Les ventes de marijuana au marché noir existent déjà de fait dans pratiquement toutes les grandes villes des États-Unis. Légaliser un marché qui ne vend pas aux enfants, qui le fait dans des conditions sécurisées, c'est une alternative plus sûre» que le statu quo, argumente Mikhail Carpenter, un autre porte-parole du Washington State Liquor Control Board.
Le potentiel de recettes n'est pas non plus étranger à la décision de dépénaliser la petite plante étoilée : le taux d'imposition effectif sera de 44 %, avec des recettes attendues pour l'État qui «pourraient atteindre jusqu'à 2 milliards de dollars sur les cinq premières années selon les premières estimations», explique Mikhail Carpenter.
D'autant que la légalisation de l'herbe pourrait attirer des touristes venus d'autres États : «si l'on en croit l'exemple du Colorado, il y aura des gens qui viendront ici pour acheter», remarque M. Carpenter.
À une condition toutefois : tout le cannabis acheté dans l'État de Washington doit être consommé sur place.
Brian Smith s'attend à ce que ces deux pionniers fassent des émules rapidement dans le reste du pays : «Je pense que la plupart des États observent l'expérience que nous menons ici et au Colorado afin de déterminer si elle fonctionnerait chez eux».
«Un référendum est prévu en Alaska en août et les sondages laissent entendre qu'il devrait être approuvé», a-t-il poursuivi, précisant qu'un autre projet de référendum pourrait également voir le jour en Oregon (nord-ouest).
Le Vermont (nord-est), lui, a dépénalisé la possession de petites quantités.
Paradoxalement, le cannabis à usage médical, déjà autorisé dans 23 États, reste illégal dans celui de Washington.
L'autorisation d'une consommation à but récréatif devrait aider à avancer sur ce dossier même s'il se heurte à «une résistance du corps médical qui se sent menacé», fait valoir Brian Smith.

lundi 7 juillet 2014

Si, si, dans Ouest-France aussi on en parle ;o))

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Los Angeles. Inattendu : un marché entièrement dédié au cannabis

C'est un marché à Los Angeles presque comme les autres. Les consommateurs flairent, sous-pèsent et comparent. Mais on n'y rouve qu'un seul produit: du cannabis, bio.

« Nous avons des sucettes pour sept dollars, des barres chocolatées pour vous aider à vous relaxer à 13 dollars, et de la +poussière cosmique+ (poudre de bonbons) », énumère Bill Harrison, qui vend aussi de classiques fleurs de cannabis à fumer.« Il y avait déjà eu des conventions de cultivateurs au nord de la Californie (ouest) et dans l'État de Washington (nord-ouest), mais ici c'est spécial, on peut vraiment rencontrer les consommateurs », explique Terry Sand, un cultivateur.

Pour entrer, il faut une ordonnance





Du cannabis sous des formes inattendues: même de lubrifiant intime
Le cannabis et la marijuana, il a grandi avec: « Mes parents étaient des hippies, ils en faisaient pousser dans leur cour ».Ex-technicien ascensoriste, il s'est reconverti quand une nouvelle technique a permis de doper la productivité des cultures en milieu couvert. « J'ai senti qu'il y avait une opportunité massive ».De fait, le succès du Heritage Farmers Market est évident: malgré un soleil de plomb, la file d'attente pour entrer s'allonge sur plusieurs centaines de mètres.La foule est multicolore et multi-générationnelle, parsemée de hippies, rockers, jeunes branchés et de quelques bourgeois.Au guichet, ne peuvent toutefois entrer que ceux munis d'une ordonnance.

La consommation de cannabis reste un délit, même en Californie

En Californie, seule l'utilisation thérapeutique du cannabis est légale. Pour une utilisation récréative, la possession de moins de 28 grammes peut être punie d'une simple amende, mais une plus grande quantité reste un délit.Edwynn Delgado connaît la législation par coeur: « Pour usage médical, on a droit d'avoir environ 100 grammes chez soi, mais je voudrais en ramener plus aujourd'hui », badine-t-il.Il fume du cannabis depuis ses 11 ans: « Dans mon quartier, il y a toujours eu beaucoup d'herbe qui circulait », raconte le jeune homme de 20 ans, casquette sur la tête, cheveux noirs et large sourire.Il est devenu un consommateur « légal » à 18 ans, pour soulager des douleurs musculaires.

Les clients viennent soulager leurs douleurs





Les clients doivent être munis d'une ordonnance.
Edwynn patiente depuis plus d'une heure devant le stand qui propose les meilleurs prix:« Seulement 180 dollars les 28 grammes, alors que le prix moyen dans un dispensaire médical normal est de 300 dollars environ ».Outre les potentielles bonnes affaires, il est content de pouvoir compter sur de la qualité: « Les vendeurs de rue rajoutent d'autres trucs dessus ».« C'est comme dans un marche bio ordinaire », affirme Adam Agathakis, un des organisateurs du marché, qui se tient jusqu'à dimanche.« Les gens viennent pour parler aux cultivateurs, s'assurer que c'est cultivé sans pesticides mais aussi qu'il n'y a pas de moisissures ».Agé de 35 ans, ce barbu en pantalon à pinces et chemisette rayée milite pour « dé-diaboliser » le cannabis depuis qu'il a perdu son père d'un cancer il y a dix ans. « Quand il était mourant, il n'y a que la marijuana qui le soulageait ».Karen Flores, 50 ans, atteinte elle-même d'un cancer, fume pour « se relaxer et soulager ses douleurs »« mais seulement à la maison ».Elle est venue pour les prix doux et la qualité: « Il faut que ça sente bon, que ça ait bon goût ».Au gré des stands, on trouve des pipes plaquées or, des concentrés à vaporiser, des pizzas, des tartes meringuées ou des gaufres.

Du lubrifiant intime au cannabis

Matheuse Gerson propose un produit plus alternatif: « C'est un lubrifiant intime de cannabis infusé d'huile de noix de coco. Ca augmente les sensations des jeunes femmes et réveille la sexualité des femmes ménopausées. Ca les aide aussi à dormir », assure-t-il.Cheryl Shuman, PDG d'une société de relations publiques, dit avoir failli mourir d'un cancer en 2006 et en avoir réchappé grâce à la marijuana.Elle s'est alors mise en campagne pour la dépénalisation, montant un club d'aficionados, le « Beverly Hills Cannabis Club », et devenant l'une des responsables de « Moms for Marijuana », une association internationale de mères pro-légalisation.Argument de poids, elle souligne le potentiel économique du cannabis: « C'est un secteur qui vaut 47 milliards de dollars rien que pour son aspect légal ».

mardi 1 juillet 2014

Lettre à M. le législateur de la loi sur les stupéfiants

A l'époque, c'est de la Loi de 1916 qu'Antonin parlait, mais sa lettre est malheureusement toujours d'actualité ...

Texte récupéré sur le forum PsychoActif
Lettre à M. le législateur de la loi sur les stupéfiants

Monsieur le législateur,

Monsieur le législateur de la loi de 1916, agrémentée du décret de juillet 1917 sur les stupéfiants, tu es un con.

Ta loi ne sert qu'à embêter la pharmacie mondiale sans profit pour l'étiage toxicomanique de la nation parce que :

1° Le nombre des toxicomanes qui s'approvisionnent chez le pharmacien est infime;

2° Les vrais toxicomanes ne s'approvisionnent pas chez le pharmacien;

3° Les toxicomanes qui s'approvisionnent chez le pharmacien sont tous des malades;

4° Le nombre des toxicomanes malades est infime par rapport à celui des toxicomanes voluptueux;

5° Les restrictions pharmaceutiques de la drogue ne gêneront jamais les toxicomanes voluptueux et organisés;

6° Il y aura toujours des fraudeurs;

7° Il y aura toujours des toxicomanes par vice de forme, par passion;

8° Les toxicomanes malades ont sur la société un droit imprescriptible, qui est celui qu'on leur foute la paix.

C'est avant tout une question de conscience.

La loi sur les stupéfiants met entre les mains de l'inspecteur-usurpateur de la santé publique le droit de disposer de la douleur des hommes: c'est une prétention singulière de la médecine moderne que de vouloir dicter ses devoirs à la conscience de chacun.

Tous les bêlements de la charte officielle sont sans pouvoir d'action contre ce fait de conscience: à savoir, que, plus encore que la mort, je suis le maître de ma douleur. Tout homme est juge, et juge exclusif, de la quantité de douleur physique, ou encore de la vacuité mentale qu'il peut honnêtement supporter.

Lucidité ou non lucidité, il y a une lucidité que nulle maladie ne m'enlèvera jamais, c'est celle qui me dicte le sentiment de ma vie physique. Et si j'ai perdu ma lucidité, la médecine n'a qu'une chose à faire, c'est de me donner les substances qui me permettent de recouvrer l'usage de cette lucidité.

Messieurs les dictateurs de l'école pharmaceutique de France, vous êtes des cuistres rognés: il y a une chose que vous devriez mieux mesurer; c'est que l'opium est cette imprescriptible et impérieuse substance qui permet de rentrer dans la vie de leur âme à ceux qui ont eu le malheur de l'avoir perdue.

Il y a un mal contre lequel l'opium est souverain et ce mal s'appelle l'Angoisse, dans sa forme mentale, médicale, physiologique, logique ou pharmaceutique, comme vous voudrez.

L'Angoisse qui fait les fous.

L'Angoisse qui fait les suicidés.

L'Angoisse qui fait les damnés.

L'Angoisse que la médecine ne connaît pas.

L'Angoisse que votre docteur n'entend pas.

L'Angoisse qui lèse la vie.

L'Angoisse qui pince la corde ombilicale de la vie.

Par votre loi inique vous mettez entre les mains de gens en qui je n'ai aucune espèce de confiance, cons en médecine, pharmaciens en fumier, juges en mal-façon, docteurs, sages-femmes, inspecteurs-doctoraux, le droit le disposer de mon angoisse, d'une angoisse en moi aussi fine que les aiguilles de toutes les boussoles de l'enfer.

Tremblements du corps ou de l'âme, il n'existe pas de sismographe humain qui permette à qui me regarde d'arriver à une évaluation de ma douleur précise, de celle, foudroyante, de mon esprit!

Toute la science hasardeuse des hommes n'est pas supérieure à la connaissance immédiate que je puis avoir de mon être. Je suis seul juge de ce qui est en moi.

Rentrez dans vos greniers, médicales punaises, et toi aussi, Monsieur le Legislateur Moutonnier, ce n'est pas par amour des hommes que tu délires, c'est par tradition d'imbécillité. Ton ignorance de ce que c'est qu'un homme n'a d'égale que ta sottise à la limiter.

Je te souhaite que ta loi retombe sur ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, et toute ta postérité. Et maintenant avale ta loi.

Antonin Artaud

[in L'ombilic des Limbes (1925). NRF, Poésie/Gallimard, 1993]

dimanche 29 juin 2014

Légalisation au Colorado, ça marche, non, ça court !!!

Tiré de

Légalisation du cannabis dans le Colorado, un exemple à suivre

Six mois après la légalisation de la marijuana dans le Colorado, les ventes sont florissantes et la criminalité en baisse. De quoi inspirer d’autres Etats ?

Dans le Colorado, l’heure est aux premiers bilans cannabiques. Depuis janvier, cet Etat de l’ouest des Etats-Unis a autorisé, après un référendum populaire, la consommation, la détention et surtout la vente de marijuana. En contrepartie de cette légalisation de l’usage récréatif du cannabis, le Colorado prélève de lourdes taxes : 15 % de droit d’accise (portant sur la quantité et non sur la valeur du produit) et une taxation sur les ventes au prix fort.
Le résultat pour les finances locales est inespéré : en année pleine, l’Etat devrait encaisser de 115 à 135 millions de dollars (entre 84 et 100 millions d’euros). Le chiffre d’affaires du secteur devrait, lui, approcher le milliard de dollars. Et cette manne n’est pas prête de se tarir : en avril, les ventes de cannabis ont crû de 17 % par rapport à mars et de 58 % par rapport à janvier, premier mois de vente légale.
L’avenir fiscal du Colorado semble donc radieux. Il y a, bien sûr, un effet d’aubaine : les fumeurs des Etats voisins se précipitent à Denver le week-end pour s’approvisionner (et consommer) et les touristes cannabiques venus de tous les Etats-Unis profitent de formules “tout compris”. Mais ce qui est étonnant, c’est la résistance des ventes de cannabis thérapeutique : en avril, il a continué à se vendre 42 % de plus d’herbe à vocation médicale que récréative dans le Colorado.
Pourtant, les conditions pour obtenir du cannabis thérapeutique sont plus contraignantes : il faut l’ordonnance d’un médecin et un permis de l’Etat. Cette “résistance” est facilement explicable. D’abord, le cannabis thérapeutique est moins taxé, donc moins cher. Ensuite, il est délivré par une centaine de “dispensaires” bien répartis, et depuis longtemps, sur le territoire. Les vieux fumeurs ne changent pas si facilement leurs habitudes.
L’autre bilan attendu est celui de la criminalité. C’est sur ce terrain que les opposants à la légalisation se sont durement battus, prédisant une explosion des agressions. C’est l’inverse qui s’est produit. Sur les quatre premiers mois de l’année, le nombre d’agressions avec violence – typiques des délits liés aux drogues – a baissé de 5,6 %. Le seul segment criminel qui a augmenté est celui des braquages… de boutiques cannabiques : quarante-neuf de janvier à avril ! La raison est simple : ces boutiques ne peuvent encaisser que des espèces, la loi fédérale américaine interdisant de payer une drogue avec un autre moyen de paiement, chèque ou carte de crédit. Du coup, ces petits commerces se retrouvent avec des dizaines de milliers de dollars en liquide : une aubaine pour les malfrats.
Reste quelques problèmes de santé publique inattendus. La marijuana est en effet vendue sous forme d’herbe à fumer, mais aussi de sucreries. Du coup, les services d’urgence ont traité une demi-douzaine d’enfants et d’ados ayant confondu leur goûter avec les cookies de papa. Par ailleurs, les pompiers de Denver ont noté un doublement du nombre d’explosions au gaz, généralement sans victimes : il s’agissait d’enthousiastes qui essayaient d’extraire, en utilisant du butane, de l’huile de cannabis.
Sur le plan politique, la bonne fortune du Colorado a fait des envieux. De nombreux Etats s’apprêtent à l’imiter dès novembre en organisant, eux aussi, des référendums sur la légalisation. Enfin, Hillary Clinton, le 17 juin, a confié sur CNN qu’elle attendait de voir le bilan de l’usage récréatif du cannabis, entre autres dans le Colorado, avant de se prononcer de manière définitive.
le 29 juin 2014 à 04h21