mercredi 18 juillet 2007

Comment camoufler les insuffisances d'une politique de santé

Il vous faut quelques boucs émissaires (si possibles étrangers), une bonne dose de mauvaise foi et l'appui (tacite) de tous les politiques de la planète ...
Ensuite, vous organisez une parodie de procès, vous faites flipper le monde en disant que vous allez exécuter tous les soignants incriminés et vous les sauvez d'une mort certaine en organisant un simulacre de dénouement heureux ...

Et ça donne donc ça ...

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Les infirmières bulgares échappent à la peine de mort --par Khaled el-Dib--
[18/07/2007 00:21]

TRIPOLI (AP) -- Soulagement pour les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien: leur condamnation à mort a été commuée mardi en peine de prison à vie par le Conseil juridique suprême, la plus haute instance judiciaire de Libye.

Cette décision «clôt automatiquement la procédure judiciaire», a souligné le ministre libyen des Affaires étrangères Abdel-Rahman Shalkam dans un entretien accordé à l'Associated Press.

Il a fait savoir que Tripoli était prêt à envisager le transfert des soignants vers la Bulgarie, mais a refusé de donner un calendrier. «Il y a un accord de coopération judiciaire entre la Libye et la Bulgarie, et nous ne voyons aucun inconvénient à ce que les infirmières bulgares et le médecin bulgare en bénéficient». «En retour, l'amélioration de la situation des enfants contaminés et de leurs familles doit être prise en compte», a-t-il poursuivi.

«La décision du Conseil est un immense pas dans la bonne direction», a réagi dans la soirée le ministre bulgare des Affaires étrangères, Ivailo Kalfin. Il a déclaré à la presse que Sofia allait entamer dès mercredi les discussions pour obtenir leur transfert. Interrogé sur une éventuelle grâce à leur retour, il a répondu que «toutes les options juridiques étaient possibles».

Les familles des victimes avaient accepté mardi de ne plus exiger l'application de la peine de mort à l'encontre des six condamnés, selon leur avocat Idriss Lagha, qui dirige l'association libyenne des familles des victimes. En vertu d'un accord intervenu entre la fondation Kadhafi et les familles, chacune d'entre elles a touché environ un million de dollars (725.480 euros). L'avocat a déclaré à l'AP que 460 millions de dollars (334 millions d'euros) avaient été transférés aux familles mardi.

«C'est la fin du cauchemar», a commenté sur iâtélé Me Stéphane Zerbib, avocat des infirmières bulgares. «Le travail n'est pas pour autant terminé parce qu'il faut s'occuper maintenant des procédures d'extradition de façon à ce que les infirmières et le médecin quittent le territoire libyen pour revenir en Europe et purger éventuellement leur peine» en Bulgarie.

La Libye a fait l'objet d'intenses pressions internationales pour qu'elle revienne sur la sentence frappant les six condamnés, emprisonnés depuis huit ans. Le pays aurait obtenu des remises de dettes pour un montant d'environ 400 millions de dollars, soit l'équivalent des indemnités qui seront versées aux victimes grâce à l'intervention de la fondation Kadhafi, dirigée par le fils du leader libyen Moammar Kadhafi.

La Bulgarie s'est toujours refusée à indemniser directement les familles car cela pourrait être interprété comme une reconnaissance de la culpabilité des soignants. Mais Ivailo Kalfin avait déclaré mardi dans la journée que Sofia envisageait de verser une contribution à un fonds humanitaire.

Le président français Nicolas Sarkozy a jugé mardi que les familles des victimes avaient pris une décision «sage et courageuse» qui «mérite le respect» en acceptant de renoncer à la peine capitale pour les six condamnés. «Dans cette tragédie, la position du président Sarkozy est constante. Elle est dictée par une double solidarité: avec les enfants contaminés et leurs familles, dont il souhaite alléger la souffrance, et avec les six personnels médicaux bulgares».

[NDG : Le père Sarko qui en profite pour se faire mousser un peu après avoir envoyé sa chère et tendre quelques jours avant le dénouement (genre, grâce à elle, tout se résoud ;o))]

L'Union européenne s'est également félicitée de cette décision. «Le fait que le Conseil juridique suprême n'ait pas confirmé la condamnation à mort est un premier soulagement», écrivent dans un communiqué commun le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et la commissaire chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner. «Cependant, notre objectif est d'obtenir une solution qui permettra le départ des soignants bulgares et palestinien de la Libye et leur transfert vers l'UE dès que possible».

Les six soignants ont été condamnés à la peine capitale à deux reprises, en 2004 et 2006, pour avoir inoculé le virus du sida à 400 enfants libyens -une cinquantaine sont décédés- alors qu'ils travaillaient à l'hôpital de Benghazi. Selon l'accusation, ils auraient infecté les enfants intentionnellement dans le cadre d'une expérience destinée à soigner le sida.

Les experts de la défense ont établi, avec le soutien de médecins de renommé internationale, que les contaminations étaient en fait liées aux mauvaises conditions d'hygiène qui régnaient dans l'établissement et que le VIH sévissait à l'hôpital avant même l'arrivée des infirmières bulgares en 1998. Les soignants, qui possèdent aujourd'hui tous la nationalité bulgare, ont également affirmé que leurs aveux avaient été arrachés sous la torture, plusieurs des infirmières affirmant même avoir été violées.

La confirmation de leur peine par la Cour suprême libyenne la semaine dernière avait permis de placer le dossier sur un terrain plus politique, le Conseil juridique suprême étant placé sous l'autorité du ministre de la justice. AP



Alors heureusement, il y a encore quelques hommes qui n'hésitent pas à dire les choses telles qu'elles sont ...


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Infirmières et médecin bulgares: le président de l'APCE «soulagé» mais qualifie la commutation de peine de «honteuse»
[18/07/2007 10:52]

STRASBOURG (AP) -- Le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) René van der Linden s'est dit mercredi «soulagé» par la décision du Conseil supérieur des instances judiciaires libyennes de commuer les condamnations à mort prononcées à l'encontre des infirmières et du médecin bulgares en peines de prison à vie.

«Je suis naturellement soulagé que les condamnations à mort aient été levées. Cependant, la décision du Conseil supérieur des instances judiciaires n'en est pas moins honteuse. Ces personnes sont innocentes, victimes d'une parodie de justice et d'un marchandage politique. Elles auraient dû être libérées il y a longtemps».

«Cette décision n'effacera jamais la terrible injustice dont ont été victimes des praticiens innocents,» a-t-il souligné. M. Van der Linden a ajouté qu'il est par ailleurs grand temps que les autorités libyennes se penchent sur les insuffisances de leur politique de santé afin d'éviter que ne se reproduise la tragédie humanitaire qui vient de frapper les enfants et leurs familles». AP

1 commentaire:

Ghost of Kendo (G.o.K) a dit…

C'est trop moche cette affaire !
moi, je pense que Kadhafi a profité des la contamination malheureuse des enfants à cause des conditions d'hygiène pour se faire du fric.
Il lui a fallu des boucs émissaires (les infirmières et le médecin), les menace de mort et hop, une fois les indemnités versées aux familles pour empêcher ces meurtres, il se débrouille pour racketer les familles victimes et récupérer le blé !