mercredi 21 novembre 2007

Enfin une bonne nouvelle ...

Putain, 30 ans ...


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Jacques Chirac mis en examen pour détournements de fonds publics
[2007-11-21 13:54]

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Six mois après son départ de l'Elysée, l'ancien président Jacques Chirac a été mis en examen pour "détournement de fonds publics" dans un dossier visant la période où il était maire de Paris, de 1977 à 1995, une "première" dans l'histoire de la République française.

Son avocat, Jean Veil, l'a annoncé après son audition.

Jacques Chirac est mis en cause par la juge Xavière Simeoni pour avoir fait recruter à son cabinet de maire des dizaines de "chargés de mission" payés sur fonds publics mais qui, selon les cas, n'auraient effectué aucun travail ou auraient été à son service personnel.

Cette poursuite judiciaire devrait désormais déboucher sur un procès en correctionnelle, aucun vice de forme ne pouvant plus être soulevé. La Cour de cassation a en effet validé totalement la procédure en juin dernier.

A l'Elysée, lors du compte rendu du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, s'est refusé à tout commentaire.

L'audition de l'ancien président, qui a duré trois heures, s'est passée "dans le meilleur climat", a assuré Me Veil. Elle a porté sur l'organisation de la mairie et sera suivie d'une autre, portant directement sur les emplois litigieux, "dans les prochains mois", a-t-il ajouté.

Arrivée discrètement vers 08h30 au pôle financier avec Mes Jean Veil et François Esclatine et un agent de sécurité, l'ancien chef de l'Etat, qui aura 75 ans à la fin du mois, est parti en évitant les journalistes.

Au moment même de son interrogatoire, le journal Le Monde publiait une "tribune" de sa main, où il proteste de son innocence.

"Jamais les moyens de la Ville de Paris n'ont été mis au service d'autres ambitions que d'agir pour les Parisiennes et les Parisiens. Jamais il n'y a eu d'enrichissement personnel. Jamais il n'y a eu de 'système'", dit-il.

"Ces recrutements, je les ai souhaités ou autorisés parce qu'ils étaient légitimes autant que nécessaires", ajoute-t-il.

Il admet toutefois à demi-mots que certains des employés ne travaillaient pas pour la Ville mais pour "faciliter la coordination et l'exercice de (ses) fonctions". Jacques Chirac était à la fois maire, député de la Corrèze, Premier ministre de 1986 à 1988 et président du RPR.

AUTRES MISES EN EXAMEN

Le dossier vise plusieurs dizaines d'emplois suspects, le plus souvent accordés à des personnalités de la droite ou à certains de leurs proches dans les cabinets de Jacques Chirac mais aussi de son successeur, Jean Tibéri (1995-2001).

Les quatre directeurs de cabinet de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville de 1983 à 1995, Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin et Rémy Chardon, sont déjà mis en examen pour "détournements de fonds publics", ainsi que Bernard Bled, qui fut celui de Jean Tibéri. Ils ont signé les contrats de travail.

Alain Juppé, ancien adjoint aux Finances de Jacques Chirac à la mairie, a été entendu comme témoin en mai. Certains éléments du dossier mettent personnellement en cause Jacques Chirac.

Parmi les salaires litigieux, figurent en effet celui du chauffeur d'un ex-préfet de Paris, dont l'ordre d'embauche a été signé par Jacques Chirac, et ceux de plusieurs autres personnes qui auraient été en fait au service du député Chirac en Corrèze.

Sont aussi poursuivis comme bénéficiaires présumés d'emplois fictifs l'ex-député UMP de Paris Jean de Gaulle, petit-fils du général, François Debré, frère du président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, l'ex-secrétaire général du syndicat Force ouvrière Marc Blondel - le salaire de son chauffeur était payé par la Ville - ou encore Michèle de Charette, épouse de l'ex-ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac, Hervé de Charette.

Certaines de ces personnes, comme le frère de Jean-Louis Debré, ont admis devant la police n'avoir jamais travaillé.

Il s'agissait, mercredi, de la seconde audition judiciaire de l'ancien chef de l'Etat, après celle de juillet dernier menée à son bureau parisien par le juge Alain Philibeaux de Nanterre (Hauts-de-Seine), dans un autre dossier d'emplois fictifs lié à sa gestion de la mairie de Paris. Dans cette première affaire, il a pour l'instant le statut de témoin assisté.

Jacques Chirac est menacé d'auditions, voire de poursuites, dans plusieurs autres affaires.

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