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samedi 16 avril 2016

Et oui, le LSD libère le cerveau ... "Turn on, tune in, drop out " n'est-ce-pas Timothy ;o)) ?

Et tu vois, Guéno, je n'ai rien inventé ;o))

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Recherche : le LSD "libère" le cerveau

Sous LSD, les fonctions cognitives de la personne ne sont plus compartimentées et une stimulation active l'ensemble du cerveau.

Recherche : le LSD \

L’expérience est controversée mais elle a le mérite de faire parler. Et peut-être même faire avancer la recherche en psychiatrie. Une équipe de l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni) a étudié, pour la première fois, le cerveau de volontaires ayant ingéré du LSD (diéthylamide de l’acide lysergique). Les résultats ont été publiés ce lundi dans la revue scientifique PNAS.
La recherche autour de cette substance hallucinogène a été arrêtée durant un demi-siècle, en raison de l’augmentation de son utilisation récréative à la fin des années 1960. Depuis une quinzaine d’années, elle redémarre en Europe et aux Etats-Unis, mais reste marginal. Certains chercheurs pensent qu’elle pourrait avoir des effets bénéfiques chez les personnes atteintes de dépression résistante à tous les traitements, d’autres évoquent son efficacité dans le traitement de la maladie alcoolique.


Un feu d'artifice dans le cerveau

Le laboratoire du Dr Robin Carhart-Harris tente de comprendre l’action du LSD, principe actif des champignons hallucinogènes, sur le cerveau. 20 volontaires ayant déjà consommé ces substances ont été sélectionnés. Pour les besoins de leurs travaux, l'équipe du Dr Carhart-Harris a demandé à un groupe d’avaler, soit, un placebo, soit, 75 mg du LSD.
Le cerveau de ces volontaires en mal de sensations fortes a ensuite été étudié par IRM et magnétoencéphalographie, qui permet d’étudier les champs magnétiques émis par les neurones. Grâce à cette série d’examens, les chercheurs ont pu voir et analyser ce qui se passe dans le cerveau de ces jeunes gens, et en particulier lorsqu’ils expérimentent des hallucinations visuelles. Habituellement, une stimulation visuelle est traitée par le cortex visuel, une zone cérébrale située à l’arrière du cerveau. Mais sous LSD, cette information mobilise la quasi-totalité du cerveau.


Source : Neural correlates of the LSD experience revealed by multimodal neuroimaging, PNAS. En haut, le cerveau d'un participant ayant pris un placebo. Seul le cortex visuel est activé. En bas, le cerveau sous LSD. La quasi-totalité de l'organe est mobilisée. 

Et ce véritable feu d’artifice se déclenche également lorsque les participants ont gardé les yeux fermés. Pour les chercheurs, cette observation suggère qu’ils sont capables de voir des choses simplement grâce à leur imagination.
Par ailleurs, ces travaux permettent de mieux comprendre pourquoi le LSD modifie toutes les perceptions sensorielles et l’état de conscience. « Normalement, notre cerveau fonctionne grâce à des réseaux indépendants responsables d’une fonction spécifique comme la vue, le mouvement ou l’ouïe. Mais sous LSD, cette séparation s’écroule et est remplacé par un réseau plus unifié, explique le Dr Carhart-Harris, responsable de ces travaux. Ceci expliquerait l’altération profonde de la conscience fréquemment décrite. Cela pourrait également explique ce qu’ils qualifient de voyage d’introspection et de voyage intérieur durant lequel ils se reconnectent à eux-mêmes et à la nature. Cette expérience est parfois vécue comme mystique ou religieuse, et semble être associée à un bien-être après même après que les effets de la drogue s’atténuent. »


Un cerveau plus libre

Cette drogue psychédélique permettrait donc de « décloisonner » notre cerveau lui permettant de fonctionner « librement et sans contrainte comme celui des enfants ».
Lors d’une autre expérience, les chercheurs ont également découvert que la combinaison LSD-musique améliorait l’activité du parahippocampe, une zone impliquée dans la formation d’image mentale et de la mémoire. Plus cette région du cerveau communique avec le cortex visuel, plus le cerveau est capable de générer des visions complexes et notamment se remémorer des scènes de vie.
Pour les chercheurs, ces découvertes pourraient permettre de développer des thérapies pour les troubles psychiatriques, en particulier la dépression.

samedi 20 mars 2010

Les cultivateurs en herbe sont en pétard

Mais où est la logique sous-jacente ?

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Traqués par la police, les petits producteurs de cannabis néerlandais sont en voie de disparition. Résultat : la qualité de l’herbe baisse et les coffee shops sont obligés de s’approvisionner auprès des grands dealers.

On ne les voit ou on ne les entend quasiment plus, mais ils existent toujours, ces petits cultivateurs qui chouchoutent leurs petits pieds de cannabis à domicile. Ils le font pour leur propre consommation, pour approvisionner leurs proches en cannabis médicinal ou pour le vendre aux coffee shops. Et ils se sentent de plus en plus menacés.

Depuis 2004 en effet, la police et la justice néerlandaises les chassent vigoureusement. "Ce sont surtout eux qui se font prendre", explique Nicole Maalsté, sociologue à l’Université de Tilburg. "Pour la police, il est plus facile d'organiser une descente dans un quartier populaire. Mais les grands dealers restent généralement hors d’atteinte. Pour les arrêter, il faudrait enquêter plus longuement." D’après elle, la criminalité organisée profite de ces interventions policières plus vigoureuses. "Au fur et à mesure que les petits cultivateurs sont chassés du marché, les durs remplissent ce vide. Les coffee shops sont poussés vers des individus avec lesquels ils n’auraient jamais voulu travailler."

Les petits cultivateurs et leur cannabis bio devraient être choyés

Un fonctionnaire municipal de 36 ans (qui souhaite rester anonyme) qui réside dans le quartier populaire de Woensel-West, à Eindhoven, et qui cultive du cannabis dans son grenier, ne se considère pas du tout comme un criminel : "Mon amie et moi cultivons pour notre propre consommation. Ce qu’ils vendent dans les coffee shops est cher et de qualité de plus en plus médiocre. Ils y ajoutent des produits chimiques ou l’alourdissent avec de la poudre de verre ou de métaux."

Dans son grenier, deux armoires contiennent chacune cinq pieds de cannabis éclairés par de fortes lampes. Le fonctionnaire affirme qu’il respecte les règles de la politique dite "de tolérance" : sa copine et lui possèdent chacun cinq pieds de cannabis [la culture est interdite mais pénalisée seulement à partir de six pieds]. Mais lorsqu’on cultive à partir de semences, il faut en semer au moins le double car seules les graines femelles fleurissent. Il y a un an et demi, il a eu la visite de deux agents de police tuyautés par un voisin. Les policiers se sont montrés compréhensifs.

Un autre cultivateur, Kees (40 ans), habitant de la ville de Huizen, a été moins chanceux : "Je n’ai pas réussi à faire comprendre au policier que pour avoir cinq plantes, il en faut dans un premier temps bien plus. Ils ont tout détruit." Kees cultive du "cannabis de qualité, 100% biologique". Ce qu'il ne consomme pas, il le vend aux coffee shops - entre 2 700 et 3 400 euros le kilo, selon la qualité et le coffee shop.

La sociologue Nicole Maalsté, mais aussi de nombreux maires, souhaitent que l’approvisionnement des coffee shops auprès de petits cultivateurs contrôlés soit dépénalisé [les coffee shops peuvent vendre jusqu’a 5 grammes de cannabis par client, mais n’ont pas le droit de s’approvisionner, pas même auprès des petits cultivateurs]. Elle voudrait que la police fasse surtout la chasse aux grands criminels : "Les petits cultivateurs, qui sont le socle de la politique néerlandaise de tolérance, devraient être choyés. Ils cultivent de la bonne herbe, généralement dépourvue d’additifs. La qualité est clairement supérieure à ce que les grands produisent en gros et à ce qui envahit de plus en plus les rayons."
Peter de Graaf

samedi 23 mai 2009

Est-ce que la légalisation commencera en Californie ?

Le comté de Humboldt, vaste territoire montagneux et verdoyant, est au coeur du fameux Triangle d'émeraude, première région productrice de marijuana de la Côte ouest américaine. Ici, des gangs organisés cultivent le cannabis à grande échelle : en plein air au fond de vallées inaccessibles, ou dans des containers, des tentes, des hangars, des pavillons de banlieue et même des appartements de centre-ville aux fenêtres condamnées, transformés en pépinières.

A Arcata, jolie bourgade côtière, le cannabis est omniprésent. Régulièrement, des amateurs de joints organisent des "fêtes cannabis" dans un parc, où tout le monde fume, sous l'oeil blasé de la police. La ville compte trois magasins d'outillage spécialement conçu pour la culture et le traitement du cannabis, des boutiques de vêtements et accessoires fabriqués en chanvre. Sur la grand-place, des chômeurs attendent patiemment qu'un cultivateur de cannabis arrive en 4 × 4 et leur propose du travail.

Arcata compte aussi quatre "dispensaires", des boutiques où l'on vend en toute légalité de la "marijuana médicale". En Californie, le cannabis a un double statut. Son usage récréatif reste interdit : la possession d'une petite quantité est un délit passible d'une amende, et les gros trafiquants risquent la prison. Mais depuis le vote par référendum, en 1996, de la Proposition 215, son usage à des fins médicales est autorisé.

Si un médecin estime que la marijuana peut calmer les douleurs ou les angoisses d'un malade chronique, il peut lui prescrire de fumer un ou plusieurs joints par jour, ou de manger des fleurs de cannabis dans un gâteau. Muni de son ordonnance, le patient se fait délivrer par les services municipaux une carte cannabis, qui l'autorise à en transporter pour son usage personnel.

La Proposition 215 a permis le développement d'une puissante industrie, à la lisière de la légalité. Dans tout l'Etat, des cabinets médicaux spécialisés rédigent des ordonnances de complaisance à la chaîne, pour 100 ou 200 dollars. Trois cent mille Californiens possèdent aujourd'hui une carte cannabis.

Certains le font pousser eux-mêmes, d'autres délèguent la culture à un soignant officiel, qui devient producteur légal pour le compte d'autrui. Le soignant peut sous-traiter la culture à un agriculteur, et ouvrir un dispensaire. Ailleurs, des groupes vivant en communauté louent des terres agricoles et cultivent le cannabis dans des fermes collectives. Ils distribuent gratuitement une partie de leur récolte à leurs patients encartés, et vendent le reste au marché noir.

Il existe plus de cinq cents dispensaires en Californie, surtout dans les villes gérées par le Parti démocrate. Certains sont d'authentiques centres de soins, d'autres des vitrines légales pour les militants de la légalisation, ou encore de pures entreprises commerciales. Dans les villes conservatrices, les autorités locales utilisent tous les moyens pour décourager leur implantation. Procès et contre-procès se multiplient, intentés par les militants procannabis contre des collectivités locales, et vice versa. La situation est encore compliquée par le fait que le gouvernement fédéral de Washington ne reconnaît pas la Proposition 215, et mène une répression sporadique contre les dispensaires.

A Arcata, le dispensaire baptisé Patient Resource Center est géré par une femme d'affaires énergique. Les clients font la queue devant un petit guichet, choisissent leur variété préférée sur catalogue, et paient entre 30 et 40 dollars le sachet de 3,5 grammes. Derrière la boutique, une vaste serre abrite plus de mille plantes, cultivées sous lampe et irriguées au goutte-à-goutte. A l'étage, des milliers de jeunes pousses attendent d'être mises en terre. Ce système de rotation, contrôlé par ordinateur, permet une récolte tous les dix jours, tout au long de l'année.

Dans la même rue d'Arcata, un autre dispensaire, Humboldt Coop, tenu par un expert en gestion des collectivités locales, fournit à lui seul près de 8 000 patients dans tout l'Etat. Il sous-traite la culture à des agriculteurs de la région, qui arrondissent ainsi leurs fins de mois.

Face à cette situation inextricable, les autorités du comté cherchent une solution. Paul Gallegos, le district attorney du comté ("chef procureur") installé dans le port d'Eureka, à 10 km d'Arcata, continue à pourchasser les trafiquants. Pourtant, il en est arrivé à la conclusion que le mieux serait de légaliser le cannabis : "Je ne parle pas de demi-mesures comme la dépénalisation, il faudrait que la marijuana soit complètement légale, et que l'administration puisse surveiller la production. En lui-même, le cannabis ne pose pas de problèmes de sûreté, seulement des problèmes d'éducation et de santé."

M. Gallegos rêve de supprimer l'immense gaspillage provoqué par cette guerre sans fin de l'Etat contre le cannabis, et surtout de mettre fin à l'hypocrisie générale : "Le maintien de ces lois inapplicables sape l'autorité de l'Etat. La justice devient une farce, la population perd tout respect envers les institutions."

La légalisation aurait selon lui un autre avantage : "Le prix du cannabis s'effondrerait, les trafiquants se retrouveraient au chômage. En fait, les deux seuls groupes vraiment opposés à la légalisation sont les forces de l'ordre, pour des raisons culturelles, et les dealers, pour des raisons économiques."

Même au sein de la police, les mentalités changent. Le détective Wayne Cox, qui travaille sous les ordres de Paul Gallegos, semble être du même avis que son patron. Cette évolution ne s'est pas faite sans déchirement, car M. Cox est un ancien de la brigade des stups : "Une chose est sûre, plus jamais je ne risquerai ma peau en allant défoncer la porte d'un trafiquant de cannabis, ça n'a plus de sens. Récemment, j'ai contrôlé un adolescent qui conduisait un 4 × 4 tout neuf, il venait de l'acheter cash, 70 000 dollars. Dans la voiture, j'ai trouvé une facture pour un équipement stéréo à 30 000 dollars. Les jeunes du comté n'ont plus d'autre ambition que de cultiver du cannabis." A demi-mot, le policier et le magistrat reconnaissent que l'industrie du cannabis apporte une certaine prospérité à la région, durement touchée par le déclin de la pêche et de l'exploitation forestière.

Le principe de la légalisation n'effraie plus les responsables locaux. Mark Lovelace, supervisor du comté ("chef de l'exécutif local"), n'a rien contre, à condition qu'elle profite aux agriculteurs de la région : "Je ne voudrais pas voir débarquer ici des grosses entreprises d'agrobusiness, qui créeraient des exploitations intensives et transféreraient leurs profits ailleurs. Il faudrait que la production reste à taille humaine."


Dans de nombreuses villes californiennes, l'action de la police est de plus en plus bridée. Des conseils municipaux démocrates ont décrété que la répression de la consommation de cannabis devait être "la plus basse priorité possible" pour les policiers. D'autres ont voté des résolutions visant à instaurer la liberté de fumer chez soi et dans des clubs privés.

A Sacramento, capitale de l'Etat, des hommes politiques procannabis, aidés par une myriade d'associations, sont passés à l'offensive. Tom Ammiano, représentant démocrate de San Francisco à l'Assemblée législative, a déposé un projet de loi visant à la légalisation : "Selon des études du département de l'agriculture, le cannabis représente en Californie un marché de 14 ou 15 milliards de dollars par an, plus qu'aucun autre produit agricole. Si cette production était réglementée et taxée, comme l'alcool, cela ferait rentrer un milliard et demi de dollars par an dans les caisses de l'Etat. En ces temps de crise et de déficit budgétaire, ce ne serait pas négligeable."

M. Ammiano sait que la partie est loin d'être gagnée, mais il est confiant : "Pour la première fois, toutes les conditions favorables sont réunies. Les sondages montrent que 55 % de la population sont pour la légalisation. Les démocrates détiennent la majorité dans les deux Chambres de l'Assemblée législative."

M. Ammiano a reçu le soutien de plusieurs élus et de membres de la haute administration. Betty Yee, directrice du Trésor, qualifie le projet de loi de "mesure de bon sens", qui permettrait une "utilisation plus avisée des ressources publiques". Le shérif de San Francisco, Michael Hennessey, va plus loin : "Réprimer la consommation de marijuana, c'est comme faire un château de sable pour arrêter la marée montante. La marijuana fait partie intégrante de la culture populaire californienne."

De son côté, le gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger a récemment déclaré qu'il était ouvert à une discussion sur ce sujet délicat. Une vidéo remontant aux années 1970 le montrant fumant un joint, écroulé dans un fauteuil avec un large sourire, est visible sur YouTube.

Par ailleurs, M. Ammiano constate que le gouvernement Obama, sans être en faveur de la légalisation, a une position plus souple sur ce sujet que son prédécesseur. Le ministre de la justice Eric Holder a annoncé que la police fédérale allait cesser ses raids contre les dispensaires, s'ils sont en conformité avec la loi locale.

Au cas où le projet de loi de M. Ammiano ne serait pas voté, une alliance d'associations procannabis et de groupes de la gauche libertaire a lancé en parallèle une autre procédure : un référendum d'initiative populaire, qui pourrait avoir lieu dès novembre 2010.

Yves Eudes Arcata (Californie)

samedi 28 juin 2008

Plus le droit de fumer le tabac dans les coffee shops

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Quand les coffee shops d'Amsterdam se préparent à l'interdiction de fumer... --par Toby Sterling--
[28/06/2008 14:04]

PDJ116-0625081442, NYOTK-0625081436, NYOTK-0625081443

AMSTERDAM (AP) -- Au 1er juillet, les Pays-Bas deviendront l'un des derniers pays de l'Union européenne à faire respecter l'interdiction de fumer dans les bars et les restaurants. Ce qui n'est pas sans susciter inquiétude ou perplexité dans les fameux coffee shops.

Le ministère néerlandais de la Santé a précisé que l'interdiction de fumer dans les lieux publics s'appliqueraient bien à ces cafés qui vendent du cannabis. Mais la tolérante Hollande a trouvé une astuce juridique: l'interdiction porte sur le tabac et pas la marijuana, de toute façon illégale mais tolérée de fait.

Cela n'en laisse pas moins les coffee shops et leurs clients face à un problème, puisque traditionnellement, les joints mélangent herbe et tabac.

Les établissements doivent donc s'adapter. L'une des solutions, ce sont les «vaporisateurs» de cannabis, qui brûlent l'herbe sans fumée. Une autre consiste à remplacer le tabac par des herbes comme le tussilage, une plante qui ressemble au pissenlit et à laquelle les consommateurs trouveraient un petit goût d'origan.

Mais la plupart espèrent juste augmenter les ventes de gâteaux au haschisch et d'herbe pure... tout en espérant que la loi ne sera pas appliquée strictement.

Michael Veling, propriétaire du 4-20 Cafe et membre du syndicat des débitants de cannabis, dit s'attendre à une petite chute des ventes quand les fumeurs vont être obligés de changer leurs habitudes de consommation. Mais pour lui, les effets à long terme seront minimes. «C'est absurde de dire que les coffee shops vont faire faillite à la mi-juillet. Ca ne veut rien dire».

Michael Veling a donné pour consigne à son personnel de demander aux fumeurs de tabac d'aller fumer dehors, mais il ne pense pas que tous les coffee shops feront de même. D'après lui, certains patrons vont tout simplement ignorer l'interdiction et probablement s'en tirer ainsi, au moins pendant un moment.

Mais «si respecter l'interdiction de fumer devient une condition pour renouveler la licence de l'établissement, vous allez voir que cela va se faire rapidement», explique-t-il. «C'est comme ça que ça marche».

Jason den Enting, responsable du coffee shop Dampkring, estime qu'il sera impossible de vérifier ce que les consommateurs fument exactement. «C'est le monde à l'envers: dans les autres pays, ils cherchent à voir s'il y a de la marijuana dans la cigarette. Ici, ils cherchent la cigarette dans la marijuana»...

Chris Krikken, porte-parole de l'Autorité sanitaire chargée de faire respecter l'interdiction, assure que les coffee shops ne seront pas visés en particulier. «Pendant le premier mois, on va juste réunir des informations sur le respect de la loi dans une vaste gamme d'établissements accueillant du public. Selon ce qu'on trouvera, on pourra alors se concentrer plus fortement sur un secteur qui est à la traîne».

Mais les établissements qui laissent leurs clients fumer du tabac recevront un avertissement et subiront de nouveaux contrôles. «Les récidivistes feront face à des amendes de plus en plus fortes», avertit-il.

La possession de marijuana est illégale aux Pays-Bas, mais les fumeurs ne sont pas poursuivis jusqu'à cinq grammes. Environ 750 cafés, dont la moitié à Amsterdam, sont autorisés à avoir jusqu'à 500 grammes en stock.

Si la consommation de cannabis aux Pays-Bas est plus forte qu'en Allemagne, elle reste inférieure à celle de la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. En même temps, la teneur en THC (tétrahydrocannabinol), la principale molécule contenue dans la marijuana qui possède un caractère psychotrope et des effets analgésiques, a augmenté au cours de la dernière décennie pour atteindre 16% dans l'herbe néerlandaise.

L'actuel gouvernement néerlandais, dirigé par une coalition conservatrice, réduit peu à peu le nombre de coffee shops en ne renouvelant pas les licences en cas de fermeture. Et les producteurs sont arrêtés, rendant difficile l'approvisionnement des établissements. AP

samedi 26 avril 2008

Finis les champis ?


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Les Pays-Bas comptent interdire les champignons magiques
[2008-04-26 16:54]

AMSTERDAM (Reuters) - Le gouvernement néerlandais va déposer au Parlement un projet de loi visant à interdire la vente de tous les champignons à effet hallucinogène en raison de leur dangerosité pour la santé de l'homme.

Cette mesure devrait recueillir une majorité au sein de l'assemblée depuis qu'une adolescente française s'était tuée en se jetant d'un pont en 2007 après avoir ingéré des champignons de ce type.

La vente de champignons dits "magiques" en poudre est déjà interdite aux Pays-Bas, contrairement à celle des champignons frais, disponibles librement dans les "smart shops".

"L'ingestion de champignons peut avoir des effets hallucinogènes susceptibles d'induire des comportements extrêmes ou dangereux pour la vie", a expliqué le ministère de la santé dans un communiqué publié vendredi soir pour annoncer la décision du gouvernement.

Selon des statistiques des services médicaux d'urgence, il y a eu 55 interventions liées à ce type d'incidents en 2004, un chiffre qui a plus que doublé d'ici 2006 pour atteindre 128.

La majorité des victimes sont de jeunes touristes britanniques qui mélangent champignons, alcool et cannabis.

Alexandra Hudson, version française Jean-Loup Fiévet

vendredi 8 février 2008

70 ans après l'avoir fait interdire, les USA légaliseront-ils le chanvre indien ?

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Les distributeurs automatiques de cannabis à Los Angeles violent les traités internationaux, selon l'OICS
[08/02/2008 16:04]

VIENNE (AP) -- Les distributeurs automatiques de cannabis installés à Los Angeles violent les traités internationaux et doivent être retirés, a estimé vendredi à Vienne l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS).

L'instance, affiliée aux Nations unies, est chargée de surveiller l'application des traités internationaux relatifs au contrôle des drogues. «L'usage de cannabis est illégale selon la loi fédérale aux Etats-Unis et nous ne doutons pas que les autorités mettront fin à de telles activités, qui violent les traités internationaux», selon un communiqué du président de l'OICS, Philip Emafo.

Trois dispensaires de Los Angeles ont mis en place des distributeurs de cannabis, réservés à des personnes détentrices de cartes spéciales délivrées sur prescription médicale, notamment pour lutter contre les douleurs ou les pertes d'appétit. La loi fédérale américaine ne reconnaît pas les textes adoptés en Californie et 11 autres Etats américains autorisant cet usage.

Selon l'OICS, les recherches concernant l'éventuelle utilité thérapeutique du cannabis ne se sont pas de surcroît révélées concluantes. AP

mercredi 9 janvier 2008

Oh, Mamie, ça ne se vend pas ;o)) !!!

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Vieille dame indigne
[09/01/2008 12:29]

SYDNEY (AP) -- Une Australienne âgée de 81 ans a été interpellée dans l'est de l'Australie pour avoir cultivé et vendu de la marijuana, a annoncé la police.

L'octogénaire a été arrêtée avec six autres personnes lors d'une opération de police contre des trafiquants de drogue opérant à Young, une ville rurale située à 250km au sud-ouest de Sydney.

Elle a été inculpée pour culture de marijuana et trafic de drogue. Elle a été mise en liberté sous caution et devrait être jugée le mois prochain. AP

samedi 5 janvier 2008

Interdiction du tabac : la résistance s'organise ...

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La police verbalise un fumeur dans un café lyonnais
[2008-01-05 09:32]

LYON (Reuters) - La police a verbalisé vendredi soir le client d'un café lyonnais, dont le gérant avait annoncé qu'il résisterait à la nouvelle loi anti-tabac entrée en vigueur mardi, a-t-on appris auprès du patron de l'établissement, Christophe Cedat.

En fin d'après-midi, une vingtaine de policiers se sont présentés devant le '203'. "La plupart des clients fumaient, mais un seul a été verbalisé" a rapporté Cedat.

Les forces de l'ordre ont dressé un procès verbal de 68 euros au client pris en faute. Les autres clients ont été rappelés à la loi et ont dû éteindre leur cigarette.

Selon le patron du café, un officier de police aurait déclaré à l'un des serveurs qu'il s'agissait d'une "opération médiatique".

Quelques heures après l'opération de police, la plupart des clients du café continuaient à fumer à l'intérieur de l'établissement, a constaté Reuters.

Cedat a précisé que les clients pourront "continuer à remplir des cendriers s'ils le veulent" dans son établissement en indiquant qu'il s'agissait d'une expérience "artistique et sociale".

"Depuis mercredi ce café est devenu un lieu de pèlerinage pour les fumeurs" a ajouté Cedat, qui a orné les cendriers du café de photos de mégots écrasés pour en faire des objets d'art, dont la revente sur internet doit permettre, selon lui, de financer le coût des contraventions.

Alexis de La Fontaine

jeudi 27 décembre 2007

Prague détrone Amsterdam ...

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Prague est devenue une plaque tournante du marché des drogues
La République tchèque pourrait devenir l'une des principales sources de la consommation de méta-amphétamines en Europe, indique le rapporteur européen du Bureau de l'ONU pour les drogues, l'Allemand Thomas Pietschmann. Les Etats-Unis ont déjà enregistré, ces dernières années, une explosion de la consommation de ce type de drogue. La fabrication de la pervitin, baptisée selon la marque d'un médicament utilisé dans l'armée allemande sous Hitler pour dynamiser les troupes, est à l'échelle européenne une spécialité tchèque et son essor inquiète les autorités chargées de la lutte contre les trafics de stupéfiants.Depuis plusieurs années, la République tchèque enregistre le plus grand nombre de consommateurs de marijuana de moins de 24 ans et de dépendants des méta-amphétamines. Selon le rapport 2007 du comité gouvernemental pour la lutte contre la toxicomanie, 28 % des Tchèques âgés entre 15 et 24 ans déclarent avoir fumé du cannabis en 2006 et sur les 30 000 "dépendants de drogue dure", 20 000 ont recours à la pervitin.

Cette méta-amphétamine est produite localement. En 2006, la police tchèque a neutralisé 416 installations fabriquant de la pervitin contre seulement 19 en 2000. Au cours de ces sept dernières années, 135 kg de méta-amphétamines ont été saisis. "Si la hausse paraît exponentielle, elle cache une évolution dans le type d'installations démantelées", explique Bretislav Brejcha, analyste de la brigade antistupéfiants de la police tchèque.

"Ce sont surtout de petites installations qui produisent par cuisson entre 1 et quelques grammes de drogue. Aussi la production totale et la quantité de drogue mise sur le marché n'ont-elles pas augmenté dans les mêmes proportions", tempère-t-il. "Je ne crois pas que la République tchèque va se transformer en fournisseur de méta-amphétamines pour l'Europe", affirme-t-il, même si un trafic vers l'Allemagne et l'Autriche existe. Plusieurs filières ont été démantelées ces dernières années.

En 2007, ce sont environ 360 "cuisines" qui ont été saisies, selon des chiffres provisoires, soit une par jour. Installées là dans un garage, là dans un appartement, elles alimentent de petits réseaux, ce qui rend leur découverte difficile. "Lorsque nous trouvons une cuisine, ce sont trois autres qui apparaissent", constate avec impuissance M. Brejcha.

La lutte contre la production de pervitin représente 60 % des opérations menées par la brigade anti-stups, contre 30 % consacrées au trafic de cannabis, la drogue la plus répandue. Devenus maîtres dans la production domestique de cannabis, de quelques plantations sur le rebord de la fenêtre à des hangars transformés en serre avec un éclairage artificiel qui augmente la teneur en THC, la substance psychotrope, les Tchèques ont quasiment atteint l'autosuffisance, estime M. Brejcha.

Alors qu'un partisan de la dépénalisation de l'usage du cannabis vient de faire son entrée dans le gouvernement tchèque, le nouveau ministre Vert de l'éducation, Ondrej Liska, les responsables de la brigade antidrogue tentent de convaincre les parlementaires de rendre plus difficile l'accès aux précurseurs. Les méta-amphétamines sont obtenues aujourd'hui à partir de médicaments antigrippaux vendus librement et sans restriction dans les pharmacies. Ces médicaments contiennent de la pseudoéphédrine qui est récupérée à l'issue de processus chimiques relativement faciles à maîtriser.

Cette drogue qui se prise pour les consommateurs occasionnels ou s'injecte par seringue pour les toxicomanes dépendants coûte entre 500 et 1 200 couronnes (18 et 45 euros) le gramme - une dose représente 30 à 50 mg. Elle est beaucoup moins chère que la cocaïne (2 500 couronnes, 95 euros) dont elle partage les mêmes propriétés euphorisantes.

Après la fermeture en 2002 de l'usine d'éphédrine de Roztoky, dans la banlieue nord de Prague, qui a, pendant trente ans, alimenté les producteurs de pervitin grâce au détournement du produit par des employés, les ventes de médicaments à base de pseudoéphédrine ont bondi et le nombre de cuisines découvertes a été multiplié par quatre en un an.

M. Brejcha espère que la vente de ces médicaments sera bientôt encadrée par la loi : "Il ne devrait plus être possible d'acheter plusieurs dizaines de boîtes dans l'impunité." Les députés tchèques, fidèles à leur credo ultralibéral, rechignent toutefois à réglementer et pourraient, à l'instar des textes sur les autres drogues, opter pour une formulation peu contraignante pour les pharmaciens.

Martin Plichta

mercredi 26 décembre 2007

Révision de la législation américaine sur les stupéfiants

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Etats-Unis: histoires d'inégalités entre la «drogue du pauvre» et la cocaïne --par Denise Lavoie--
[26/12/2007 03:11]

BOSTON (AP) -- Depuis son apparition sur le marché américain au début des années 80, le crack a toujours été considéré aux Etats-Unis comme une drogue plus dangereuse que la cocaïne, et ce, jusque dans les textes de loi. Une image d'Epinal reconsidérée aujourd'hui par de plus en plus d'experts et par les tribunaux.

De nombreux médecins spécialisés dans le domaine des narcotiques reconnaissent depuis peu que les effets dévastateurs du crack en comparaison à ceux générés par la prise de cocaïne ont été exagérés aux Etats-Unis, remettant ainsi en cause la législation américaine dans nombreux de ses jugements.

Apparue en 1980 sur la côte ouest, «la drogue du pauvre», dix fois moins chère que la cocaïne, s'est rapidement imposée comme la référence en matière de stupéfiants dans les ghettos afro-américains, suscitant la peur des autorités de voir naître un nouveau fléau pour la jeunesse.

En 1986, un texte de loi fédérale a gravé dans le marbre la détermination de la justice américaine à faire la guerre aux fumeurs de crack, allouant des peines de prison jusqu'à 100 fois supérieures à celles encourues pour des faits similaires avec de la cocaïne.

Toujours appliquée par les tribunaux américains, cette loi est aujourd'hui de plus en plus contestée par des experts scientifiques et par des médecins.

«Il n'existe à l'heure actuelle aucune justification scientifique qui puisse cautionner de tels textes de loi», reconnaît notamment le Dr Nora Volkow, directrice d'un institut américain spécialisé dans la lutte contre les stupéfiants.

D'autres experts poussent le raisonnement plus loin, mettant en avant le contexte social dans lequel le crack a débarqué aux Etats-Unis, dans des quartiers pauvres où régnait à l'époque un climat de violences urbaines largement relayées par les médias.

Pour Craig Reinarman, sociologue et professeur de Droit à l'université de Santa Cruz, «les politiciens ont manipulé les peurs» des Américains, faisant du crack «une nouvelle substance démoniaque', responsable de tous les maux de la société.

En 1986, la mort subite par overdose d'un jeune prodige du basket-ball américain, Lenny Bias, a renforcé l'idée que cette drogue était l'incarnation du diable.

Aussi talentueux que fantasque, Lenny Bias venait juste d'apprendre qu'il allait devenir joueur professionnel chez les Boston Celtics, lorsque la drogue l'emporta un soir de juin, à l'occasion d'une soirée orgiaque.

Peu après sa mort, les journalistes américains ont annoncé que le jeune homme était décédé suite à une prise excessive de crack, alors que l'enquête révélera plus tard qu'il s'agissait plutôt d'une overdose de cocaïne.

«La mort de Lenny Bias a symbolisé l'étendue des ravages que pouvait causer cette drogue», se souvient Marc Mauer, directeur d'un groupe de recherche en Droit pénal.

«D'un côté vous avez ce jeune homme promis à une très belle carrière de basket et de l'autre sa vie emportée par les démons du crack et de la cocaïne», analyse-t-il.

La réputation de la «drogue du pauvre» n'est pas sortie grandie de cette histoire, rattrapée quelques mois plus tard par une théorie médicale stigmatisant l'émergence d'une génération de «bébés-crack», atteints de troubles neurologiques sévères en raison de la prise de ce stupéfiant par leur mère pendant leur grossesse.

Aujourd'hui largement remise en cause par de nombreux médecins, cette théorie a focalisé l'attention sur cette drogue aux effets destructeurs, alors qu'il a été scientifiquement démontré par la suite que la prise de cocaïne par des femmes enceintes causait des lésions neurologiques similaires.

Imperméable à toute critique pendant de nombreuses années, la justice américaine envisage aujourd'hui de revoir à la baisse les condamnations judiciaires applicables aux détenteurs et trafiquants de crack.

A l'automne, la Commission des peines des Etats-Unis, organe judiciaire chargé de fixer les lignes directrice du Droit fédéral, a préconisé un réaménagement de ce type de condamnations, avec un effet rétroactif qui pourrait concerner près de 20.000 détenus, à majorité d'origine afro-américaine.

Cette nouvelle disposition, entrée en vigueur le 1er novembre dernier n'a en revanche pas allégée la durée de la peine minimale encourue pour trafic de crack, fixée à 5 ans d'emprisonnement, et dont seul le Congrès a le pouvoir de modifier. AP

vendredi 12 octobre 2007

Bad news from the stars ...

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Les Pays-Bas interdisent la vente des champignons hallucinogènes
[12/10/2007 16:46]

AMS105-0802071628

AMSTERDAM (AP) -- La politique des Pays-Bas en matière de drogue sera désormais un peu moins permissive. Le gouvernement néerlandais va interdire la vente de champignons hallucinogènes, a annoncé vendredi un porte-parole du ministère de la Justice.

Cette décision va entrer en vigueur dans les mois qui viennent et ne nécessite pas de feu vert parlementaire, a précisé Wim van der Weegen. «Nous avons l'intention d'interdire la vente de champignons magiques», a-t-il affirmé. «Cela veut dire que les magasins qui le feront seront fermés».

Dans le cadre de la politique très tolérante des Pays-Bas en la matière, la marijuana et le haschisch sont en principe illégaux, mais la police ne poursuit pas les gens pour la possession de petites doses, et ces produits sont vendus ouvertement dans certains cafés.

La possession de drogues dures comme la cocaïne, le LSD et l'ecstasy est illégale. Les champignons sont considérés comme à peu près à mi-chemin entre drogues dures et drogues douces.

«Le problème avec les champignons, c'est que leurs effets sont imprévisibles. Il est impossible d'estimer quel montant produit quel effet», a expliqué M. Van der Weegen.

Cette nouvelle mesure d'interdiction fait suite aux remous suscités par le décès d'une jeune Française de 17 ans, Gaëlle Caroff. En mars dernier, elle avait sauté d'un bâtiment à Amsterdam après avoir mangé des champignons hallucinogènes, alors qu'elle effectuait un voyage aux Pays-Bas avec son école.

Les parents de la jeune fille ont attribué sa mort aux hallucinations provoquées par les champignons, bien qu'elle avait souffert de problèmes psychiatriques dans le passé. Des photographies de Gaëlle avait été publiées dans les journaux néerlandais. AP



Et aujourd'hui, en réaction :

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Manif aux Pays-Bas en faveur des champignons hallucinogènes
[2007-10-27 17:40]

AMSTERDAM (Reuters) - Une centaine de Néerlandais a manifesté samedi dans les rues d'Amsterdam pour tenter de faire revenir le gouvernement sur son projet d'interdire les champignons hallucinogènes.

"Vont-il aussi interdire le pain?" ou "Mon cerveau m'appartient", proclamaient les banderoles des manifestants, dont certains étaient coiffés de chapeaux rouges en forme de champignons.

Le gouvernement néerlandais a décidé d'interdire les champignons hallucinogènes à la suite de plusieurs accidents impliquant des touristes en ayant consommé, dont une adolescente française qui s'était défenestrée en mars.

Pour Arno Adelaars, auteur d'un ouvrage sur le sujet, une telle mesure ne fera qu'encourager la consommation clandestine. Selon lui, mieux vaut améliorer l'information des amateurs d'expériences psychotropes.

"Le jeune touriste moyen qui vient ici boit énormément de bière, fume énormément d'herbe, puis prend des champignons. C'est la recette idéale pour une catastrophe", reconnaît-il.

Mais, selon lui, "seuls les touristes étrangers ont des problèmes, les Néerlandais n'en ont pas parce qu'ils sont bien informés."


mercredi 5 septembre 2007

Cannabis, la pénalisation ne semble pas fonctionner ...

Réactions à chaud à l'article ci-dessous, tiré de

Les jeunes Franciliens ont une consommation de cannabis comparable à celle en province, selon une étude
[05/09/2007 00:09]

PARIS (AP) -- La consommation de cannabis des jeunes dans la région Ile-de-France était, en 2005, comparable à celle observée en province, selon une étude de l'Observatoire régional de la santé d'Ile-de-France rendue publique mercredi par l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Selon ces travaux publiés par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'Institut, 41,6% des garçons de 12-25 ans en Ile-de-France (40,5% en province) ont déjà fumé du cannabis. La consommation répétée (au moins 10 fois au cours de l'année), concerne 19,1% des Franciliens (17,2% en province). Chez les filles, 26,4% des Franciliennes ont fait l'expérience du cannabis, contre 32,8% en province. Mais pour des consommations plus fréquentes, l'usage est «comparable selon la région de résidence et l'âge».

Si les niveaux de consommation de cannabis sont, «en 2005, comparables entre l'Ile-de-France et la province», à «consommation d'alcool et de tabac comparables, les jeunes en Ile-de-France ont un risque plus élevé qu'en province d'avoir consommé du cannabis au moins 10 fois au cours des 12 derniers mois».

La consommation de cannabis chez les jeunes entre 1997 et 2005 est restée stable en Ile-de-France, mais a augmenté en province. Un accroissement «initié, comme dans les autres pays, à partir des grandes métropoles urbaines», selon les conclusions de l'étude.

En Ile-de-France comme ailleurs, selon le rapport, la consommation de cannabis a les mêmes facteurs déterminants: «être un garçon, vivre dans une famille monoparentale ou recomposée, avoir connu des événements familiaux malheureux dans la jeunesse -séparation ou divorce des parents, maladie du père ou de la mère, etc.».

En France, le nombre de consommateurs de cannabis est estimé à près de quatre millions de personnes, parmi lesquels 1,2 million de consommateurs réguliers. Chez les jeunes de 15-25 ans, la consommation reste la plus élevée des pays européens, juste derrière la République tchèque et au même niveau que le Royaume-Uni.

D'après le rapport, la «diffusion de l'usage du cannabis reste «préoccupante au regard de ses effets sur la santé». Sont notamment cités «l'altération de la perception, de l'attention et de la mémoire immédiate, l'augmentation des risques de cancer, l'aggravation des problèmes de santé mentale».

Sans oublier les «conséquences sur la conduite de véhicule», le «repli sur soi, perte de motivation, problèmes relationnels, scolaires et professionnels notamment». En outre, «quels que soient l'âge et le sexe, les jeunes qui déclarent un usage de cannabis sont plus souvent consommateurs de tabac ou d'alcool, association mise en évidence dans d'autres études».

- L'étude sur la consommation de cannabis des jeunes Franciliens s'appuie sur deux enquêtes: le «Baromètre jeunes 97/98» et le «Baromètre santé 2005», réalisés par téléphone auprès d'échantillons représentatifs de la population résidant en France métropolitaine.

Le «Baromètre jeunes 97/98» porte ainsi sur un échantillon de 4.115 jeunes de 12 à 19 ans et le «Baromètre santé 2005» sur 30.514 personnes de 12 à 75 ans. En 2005, un échantillon supplémentaire francilien a été réalisé afin de disposer au total d'une base de 5.980 jeunes de 12 à 25 ans, dont 2.109 en Ile-de-France. AP


Malheureusement, cette tendance à l'augmentation de la consommation ne semble pas vouloir s'infléchir dans le cadre de la législation actuelle qui empêche une véritable communication, une véritable information.

Pour s'en convaincre, jetez un oeil à ce graphique :
Évolution de l’expérimentation de cannabis en France:


et à celui-ci :
Évolution de la consommation répétée (au moins dix fois par an) de cannabis en France :


Tout ça pour vous dire que ça ne me rassure pas pour mes enfants (qui n'ont encore que 4 et 7 ans), quand on croise ces infos avec celles de l'article sur le trafic de cocaïne, il m'apparait de plus en plus clairement que, comme la prohibition de l'alcool aux USA au siècle dernier, la prohibition des autres drogues est un échec patent et qu'il est temps, comme l'écrit Anne Coppel, Présidente de l'Association Française de Réduction des Risques liés à l'usage de drogues, Directrice de Emergence Espace-Tolbiac, de "comprendre que la peur et l'interdit ne suffisent pas à contenir les consommations de drogues [ et que ] connaitre les modes d'usage, comprendre la signification que les usagers donnent à l'usage, c'est se donner les moyens d'un dialogue efficace."

vendredi 31 août 2007

Big Brother n'est plus accro ;o))

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Cure réussie pour un éléphant accro à l'héroïne
[2007-08-30 12:37]

PEKIN (Reuters) - Un éléphant enlevé par des trafiquants et devenu accro à l'héroïne retournera bientôt à la vie sauvage après un an de désintoxication à la méthadone, rapporte le China Daily jeudi.

"Big Brother" avait été capturé en 2005 à la frontière entre Chine et Myanmar par des contrebandiers qui le nourrissaient de bananes à l'héroïne pour mieux le contrôler et conduire son troupeau là où ils voulaient.

C'est après leur arrestation que les policiers ont récupéré le pachyderme toxicomane.

Bavant, en proie à des convulsions, capable de briser sa chaîne, "Big Brother" a dû être transporté dans un parc spécial où il a été sevré avec de la méthadone, des massages et des bains réguliers.

lundi 20 août 2007

Cocaïne, la nouvelle ruée vers l'or ...

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NAPLESSa baie, ses clans, sa coke
En cheville avec les narcos colombiens, les deux mafias du sud de l’Italie, la Camorra et la ’Ndrangheta, gèrent le trafic de cocaïne pour toute l’Europe. Au grand dam des policiers, souvent impuissants, raconte l’écrivain Roberto Saviano.
Il n’y a rien au monde qui puisse soutenir la comparaison avec elle. Rien qui puisse rapporter autant et aussi vite. Rien dont on puisse garantir la même distribution immédiate, le même approvisionnement en continu. Aucun autre produit, aucune autre idée, aucune autre marchandise qui ait vu son marché croître de façon exponentielle depuis plus de vingt ans. Aucun autre marché n’est assez vaste pour accueillir sans limites de nouveaux investisseurs, de nouveaux agents commerciaux, de nouveaux distributeurs. Il n’y a rien au monde d’aussi désiré ni d’aussi désirable. Rien qui présente un rapport aussi favorable entre l’offre et la demande : la première ne cesse de croître, galopant derrière la seconde, qui se renouvelle à travers les générations, les classes sociales et les cultures, devenant de plus en plus multiforme à mesure qu’apparaissent des exigences de qualité et de goût toujours plus variées.
La cocaïne, car c’est d’elle qu’il s’agit, est le véritable miracle du capitalisme contemporain et elle est capable d’en surmonter toutes les contradictions. Les rapaces l’appellent le pétrole blanc. Les “rapaces”, ce sont les groupes mafieux nigérians de Lagos et de Benin City, devenus des interlocuteurs incontournables pour le trafic de coke en Europe et en Amérique. La revue Foreign Policy ne compare-t-elle pas leurs réseaux criminels à la mafia italo-américaine ?
L’Italie est le pays où les intérêts du trafic de cocaïne s’organisent et se ramifient en macrostructures, c’est une plaque tournante du trafic international et de la gestion des capitaux investis. La coke est sans aucun doute le business le plus rentable du pays. C’est la première entreprise italienne, celle dont le réseau international est le plus développé. Elle peut compter sur une augmentation du nombre de consommateurs de 20 % par an, une progression impensable pour n’importe quel autre produit. Rien qu’avec la coke, les clans mafieux réalisent 60 fois le chiffre d’affaires de Fiat et 100 fois celui de Benetton. La Calabre et la Campanie fournissent les plus grands intermédiaires mondiaux du trafic. C’est en Campanie qu’ont été réalisées les plus grosses saisies de ces dernières années en Europe (1 tonne pour la seule année 2006). Et, en additionnant les données des polices antimafia de Calabre et de la région de Naples, on a pu calculer que la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, et la Camorra, la mafia napolitaine, traitent environ 600 tonnes de cocaïne par an.
Les routes africaine, espagnole, bulgare, néerlandaise sont quelques-unes des voies de la coke, qui toutes convergent vers le même point, l’Italie, avant de repartir pour de nouvelles destinations. Grâce à leurs alliances avec les cartels équatoriens, colombiens et vénézuéliens, ’Ndrangheta et Camorra réussissent à faire circuler la cocaïne en Europe mieux que toute autre organisation. Agissant dans le cône d’ombre de Cosa Nostra, la mafia sicilienne, ces groupes – auxquels les médias italiens réservent traditionnellement une attention marginale – ont noué entre eux des alliances inédites, afin d’améliorer et de renouveler leurs capacités d’importation et de gestion de la drogue. Ainsi, les jeunes recrues de la ’Ndrangheta n’appellent plus celle-ci par son nom archaïque et dialectal, mais “Cosa Nuova”.
Un jour, sur une plage de Salerne [au sud de Naples], j’ai rencontré un de ces trafiquants. Un des rares qui éprouvent une certaine satisfaction à se faire appeler “narco”. Il se disait ami d’un chef de la guérilla colombienne, Salvatore Mancuso Gómez. Il m’en a parlé comme d’une sorte de demi-dieu, une puissance capable de mobiliser des capitaux énormes et de lier le sud de l’Italie à la Colombie par un indissoluble nœud coulant. Mancuso est le chef des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), ces paramilitaires qui depuis des décennies sévissent sur plus de dix régions au cœur de la Colombie, disputant villages et plantations de coca aux guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). On le surnomme El Mono, “le Singe”, à cause de son allure d’orang-outang agile et râblé, et aussi “Triple Zéro”, car il est responsable de la mort de 336 personnes, syndicalistes, maires, juges et militants des droits de l’homme, selon ses propres aveux.


Mancuso est parvenu à échapper à toute demande d’extradition, que ce soit de la part des Etats-Unis ou de l’Italie, dont les juges voudraient l’entendre à propos de l’exportation de tonnes de cocaïne. “El Mono” a déjoué ces demandes en se faisant arrêter dans son propre pays, où il a été condamné à quarante ans de prison pour le massacre d’El Aro, dans la commune d’Ituango [où 15 paysans ont été tués en octobre 1997 par un groupe des AUC commandé par Mancuso], un des plus sauvages qu’ait connus la Colombie. Actuellement, Mancuso collabore au processus de démobilisation des AUC, ce qui lui a valu, en vertu de la loi colombienne n° 975, une réduction de sa peine à seulement huit ans. “Triple Zéro” purge en principe celle-ci en travaillant dans une ferme du nord du pays, d’où il gère en fait la diffusion de la meilleure cocaïne colombienne, de concert avec les cartels italiens.
Des milliers d’hommes à son service, une flotte d’hélicoptères militaires et des régions entières sous sa domination ont fait de lui un souverain de la coke et de la forêt colombienne. Les enquêteurs américains et italiens ont démontré que c’est avec l’Italie que “Triple Zéro” fait la plupart de ses affaires. Il possède même un passeport italien. L’Italie serait la nation la plus sûre où se mettre à l’abri si la Colombie devenait trop risquée pour lui. Selon plusieurs enquêtes antimafia, Mancuso est le numéro un des narcotrafiquants qui inondent l’Europe de cocaïne en la débarquant dans les ports italiens.
En Italie, la contribution fondamentale des organisations mafieuses consiste à jouer les médiateurs entre les canaux de circulation et à assurer des fonds d’investissement en continu. Les capitaux qui servent à l’achat de la cocaïne sont appelés “mises”. Et les “mises” des clans italiens arrivent avant celles de tous les autres concurrents : elles sont ponctuelles, abondantes, fournissent aux producteurs des garanties sur la vente en gros et prennent même en charge le transport des chargements jusqu’à destination.
Une vaste enquête réalisée de concert avec l’Agence antidrogue américaine a mis au jour une nouvelle figure au sein du trafic de coke – celle du courtier – et a démontré que l’axe principal du trafic s’est déplacé de l’Espagne vers Naples.
Après les attentats du 11 mars 2004 [qui ont fait 191 morts], l’Espagne a décrété un niveau de sécurité maximal à ses frontières, ce qui s’est traduit par une augmentation exponentielle des contrôles effectués dans les ports et sur les véhicules personnels. Le pays, qui était considéré par les narcotrafiquants comme un énorme entrepôt où stocker la cocaïne non destinée au marché intérieur, devenait dès lors trop risqué pour servir de plaque tournante. Toute la drogue a donc été détournée vers d’autres ports comme Anvers, Rostock ou Salerne. La coke arrive une fois les “mises” fixées : ce ne sont pas seulement les clans qui participent à la répartition mais aussi les courriers, les courtiers et tout spéculateur désireux d’investir dans cette marchandise dotée du pouvoir alchimique de rapporter cent fois la mise de départ.
Les courtiers se rencontrent dans les hôtels du monde entier, de l’Equateur au Canada, et les meilleurs sont ceux qui créent des sociétés d’import-export. Ils traitent avec des producteurs, comme le Colombien Ciro Antonio Ojeda Diaz, qui, de Quito à Guayaquil, organisait ses contacts avec les Italiens à travers des sociétés d’import-export avec la Turquie. Les modalités du trafic géré par les courtiers napolitains dépassent l’imagination : depuis les boîtes de conserve où les sachets de drogue alternent avec les tranches d’ananas au sirop, jusqu’aux régimes de bananes où les boulettes de cocaïne sont introduites dans le corps de chaque banane dont la peau est ensuite recousue. Les courtiers sud-américains, comme Pastor et Elvin Guerrero Castillo, vivent souvent à Naples, d’où ils gèrent directement leurs affaires. En Italie, le courtier numéro un est le Napolitain Carmine Ferrara. D’après les enquêteurs, il gérait les plus grosses mises, qui étaient ensuite recueillies par les Nuvoletta, les Mazzarella, les Di Lauro, les Limelli, et les familles de Casal Di Principe. Des clans souvent rivaux, mais qui accèdent au marché de la coke à travers les mêmes courtiers. L’organisation du trafic est simple : les courtiers traitent avec les narcotrafiquants italiens, les courriers assurent le transport, puis les cavalli [chevaux], des hommes affiliés à tel ou tel clan, font passer la drogue aux divers sous-groupes liés au clan ; enfin, les cavallini la livrent aux dealers qui font la vente au détail. Chacun touche sa commission au passage, mais la cocaïne dans les grandes villes d’Italie est passée de 40 euros le gramme en 2004 à 10-15 euros aujourd’hui.

Le rôle des courtiers est fondamental pour les producteurs de cocaïne : ils ne sont pas membres des clans mafieux, n’ont qu’une connaissance sommaire des structures et du fonctionnement de ces clans et, donc, s’ils devaient être arrêtés, ils ne pourraient pas en dire grand-chose. Si un courtier disparaît, le cartel mafieux entre aussitôt en affaires avec de nouveaux courtiers ; de même, si une “famille” est démantelée, les courtiers garderont leurs interlocuteurs sans autre préjudice que la perte d’un client. Ils s’adresseront à d’autres familles, ou à de nouvelles familles qui feront alors leur entrée sur le marché.
On retrouve des traces de cocaïne sur plus de 80 % des pièces de monnaies italiennes ; les égouts de Florence contiennent davantage de résidus de poudre que ceux de Londres : la publication de données aussi inquiétantes ne soulève pourtant qu’un vent d’indignation passager. Le procureur Franco Roberti, chef de la section antimafia du parquet de Naples, rappelle quel est le véritable problème : “A Naples, on tue presque exclusivement pour la drogue. La cocaïne coule à flots et génère des profits fabuleux. Les clans se battent entre eux pour le contrôle des trafics. Si un clan investit 1 million d’euros dans une livraison de cocaïne, ça lui en rapporte au moins 4 millions – et dans un délai extrêmement bref.” Rien que pour les courtiers napolitains visés par la récente enquête Tiro Grosso, leurs affaires s’étendent de l’Espagne (Barcelone, Madrid, Málaga) à la France (Marseille et Paris), aux Pays-Bas (Amsterdam et La Haye), à la Belgique (Bruxelles) et à l’Allemagne (Münster). A cela s’ajoutent les courriers et les contacts en Croatie, en Grèce (Athènes), en Bulgarie (Sofia et Pleven), en Turquie (Istanbul), jusqu’à Bogotá et à Cúcuta en Colombie, à Caracas au Venezuela, à la République dominicaine et à Miami aux Etats-Unis.
Les courriers utilisés étaient tous rigoureusement inconnus des services de police et voyageaient dans des voitures pourvues de caches sophistiquées, avec des aménagements à peine imaginables. La cocaïne et le haschisch étaient conditionnés de façon à former un matelas étalé juste au-dessus du chassis, sur lequel était ensuite montée la caisse du véhicule. Une technique appelée “à la kamikaze” dans le jargon des mécaniciens des quartiers napolitains : de même que les kamikazes ont radicalement changé la stratégie militaire contemporaine, balayant l’efficacité des mesures défensives, qui se fondaient auparavant sur l’idée que l’attaquant s’efforçait de sauver sa peau, les “narcos” napolitains ont compris que la seule manière d’échapper à un barrage de police était d’organiser des transports qui, pour être découverts, nécessitent le démantèlement complet du véhicule. Une chose impossible pour une simple patrouille. Une fois, au cours d’une opération de saisie d’une automobile, les carabiniers, qui savaient avec certitude qu’elle contenait de la coke, ne parvenaient pas à la trouver, bien qu’ils aient démonté le véhicule pièce par pièce. Les chiens la sentaient, mais n’arrivaient pas à la localiser et s’agitaient l’écume à la gueule. La drogue était cachée sous sa forme cristallisée dans les fils du circuit électrique. Seul un expert en électricité automobile aurait pu la découvrir.

Pour le transport, les trafiquants utilisent leurs familles. Non pas au sens métaphorique du clan ou de l’entourage, mais tout simplement des parents et amis aux vies tout à fait ordinaires, aux casiers judiciaires vierges, exerçant les professions les plus disparates. C’est la meilleure manière de répartir les tâches. On leur offre un week-end en Espagne et 500 euros par personne pour le voyage. Les frais d’avocat sont bien sûr pris en charge en cas d’arrestation. Une famille au-dessus de tout soupçon – papa, maman et leur petite fille – qui part un samedi ou un dimanche matin n’attire pas l’attention de la police. Au printemps dernier, sur l’autoroute Rome-Naples, les carabiniers ont intercepté une de ces familles, qui voyageait dans une spacieuse Chrysler garnie d’un confortable coussin de 240 kilos de cocaïne. Quand ils ont arrêté les parents, le sous-officier, malgré tous ses efforts, n’arrivait pas à détacher des bras de sa mère la fillette complètement désespérée et en larmes. Et les visages de ces trafiquants du dimanche étaient incrédules, ils semblaient ne s’être pas vraiment rendu compte de ce qu’ils faisaient.

La Chrysler semble construite exprès pour les trafiquants : les ailes et l’intérieur des portières peuvent être remplis de coke à ras bord, au point qu’on ne peut plus descendre les vitres. Dans les années 1980, c’était la Fiat Panda. Aujourd’hui, tout trafiquant rêve d’avoir une Chrysler dans son écurie. Chacune de ces voitures est protégée par un système d’éclaireurs qui signalent un éventuel barrage routier et qui, à chaque péage, avertissent le chauffeur s’il doit sortir ou s’il peut poursuivre sur l’autoroute. Ils ne parlent jamais au téléphone de l’arrivée ou du départ d’un chargement et ils n’en connaissent même pas l’itinéraire complet. Ils savent seulement dans quelles villes ils ont des bases et ne signalent leur présence qu’une fois arrivés à destination, de manière que, au cas où on aurait intercepté leur conversation, il soit trop tard pour essayer de les arrêter. Pour chaque voyage, ils utilisent dans leur portable une nouvelle carte SIM qu’ils jettent ensuite. Un jour, au péage de Caserta Nord (au nord de Naples), un trafiquant comprend que les carabiniers l’attendent et qu’ils l’ont identifié. Il s’attarde alors au guichet, le temps d’appeler les autres : “Ils m’ont repéré. Appelez l’avocat, coupez tous les portables, faites tout stopper. A tout le monde.” Quand ils sont pris en filature, courriers et éclaireurs essaient de semer les voitures banalisées des carabiniers et disposent sur diverses aires de repos de semi-remorques au hayon grand ouvert, qui chargent la voiture et prennent la fuite. Des camions parmi tant d’autres. Anonymes. Le système des éclaireurs est si difficile à déjouer qu’en avril dernier, pour intercepter une voiture et arrêter un courrier, les carabiniers ont dû atterrir avec un hélicoptère sur l’autoroute en direction de Capoue.
Les méthodes pour déjouer les forces de l’ordre sont exténuantes pour celles-ci. Une voiture, pistée dans le cadre de l’opération Tiro Grosso, avant d’arriver d’Espagne à Naples, a fait le circuit suivant : partie de Vintimille, à la frontière avec la France, elle s’est rendue à Gênes, puis à Rome, de là à Florence, puis à Caserte et enfin à Naples. Toute la marchandise arrive à Naples, mais peut aussi repartir de Naples. Pistoia, La Spezia, Rome, Milan, puis Catane. C’est de Naples que partent tous les rails de coke qui vont garnir les nez poudrés d’Italie. Il n’y a aucun endroit où ne parvienne la coke négociée par les courtiers. Pas un groupe criminel qui ne traite avec eux. La mafia turque a demandé en urgence de la coke à des courtiers napolitains et leur a offert des armes en échange. Les enquêtes visant à démanteler le système de courtage sont extrêmement compliquées. Une grande partie du réseau traditionnel de la contrebande s’est reconvertie dans le trafic de cocaïne. Les enquêtes ont montré que le clan des Mazzarella a “prêté” aux courtiers ses “capitaines”, c’est-à-dire les conducteurs de hors-bord qui transportaient les cigarettes dans les années 1980 et maintenant apportent depuis les ports marocains et espagnols la drogue à Naples ou aux ports voisins de Mergellina et de Salerne. Avant d’être utilisé, un hors-bord Squalo 30 est nécessairement testé par ces “capitaines” napolitains insaisissables et experts inégalés des trafics par voie maritime. D’après les carabiniers, les introuvables frères Russo, les “parrains” en cavale de Nola, en Campanie, se cachent sur des bateaux, naviguant sans cesse à travers la Méditerranée et les océans, ne touchant jamais terre.
Naples est une ville où la petite criminalité et les règlements de comptes imposent des priorités et ne laissent guère de temps aux enquêteurs pour suivre les grosses affaires des clans et des barons de la coke. C’est une évidence que les courtiers connaissent bien. Mais ça ne se passe pas toujours comme ça. Pour le comprendre, il faut rencontrer le colonel Gaetano Maruccia, commandant des carabiniers pour la province [département] de Naples. Maruccia ressemble à Marlon Brando dans sa maturité, cheveux blancs peignés en arrière, une voix de baryton, un cigare rivé au coin de la bouche et dans son bureau une drôle de machine qui crachouille de temps à autre un parfum destiné à atténuer la puanteur du tabac. J’étais étonné par sa capacité à saisir le problème structurel de la région, alors qu’il est constamment dans l’urgence, pris dans les impératifs de la routine et l’exigence d’apporter des solutions immédiates. Mais Maruccia a les idées claires : “Il est fondamental de comprendre comment les capitaux générés par la cocaïne non seulement infiltrent le marché légal, mais comment ces mêmes capitaux déterminent fortement ce marché légal. Comprendre ce dernier point est pour nous le plus compliqué. Nos dernières enquêtes démontrent que Naples est une plaque tournante du trafic international de cocaïne, mais aussi un point de départ pour le blanchiment.

Découvrir les trafics, les réseaux d’approvisionnement, les multiples techniques pour faire arriver ici le haschisch et la cocaïne est un travail fondamental, mais c’est peut-être la partie la plus simple du travail. Ce que nous devons arriver à comprendre, ce sont les transformations : comment la coke se convertit rapidement en commerces, en entreprises, en immeubles, en opérations bancaires, en gestion du territoire, comment elle contamine le marché légal. On commence par démanteler cette économie-là et, ensuite, la petite criminalité et la criminalité ordinaire auront la vie difficile, sans espoir de croissance. Mais le parcours doit être celui-là et non l’inverse.”

Les hommes de Maruccia ont à leur palmarès de nombreux résultats. Dernièrement, le clan des Sarno, puissant dans le racket et le trafic de cocaïne, contrôlait un trafic d’armes avec les pays de l’Est en utilisant comme couverture des autocars transportant les aides ménagères qui venaient travailler en Italie : il a été pris dans un coup de filet qui s’est soldé par 70 arrestations. A Scampia [une banlieue de Naples], le trafic a été réduit, d’une part par l’arrestation des dealers de quartier, d’autre part par l’occupation systématique par des centaines d’agents des lieux où les clans ont l’habitude de dealer, empêchant ainsi toute velléité de révolte. “Il est indéniable que les clans savent créer des bénéfices pour une masse de gens à partir du trafic de cocaïne, c’est leur principal atout, avoue Maruccia. Transformer des banlieues sinistrées comme les quartiers nord de Naples en une zone industrielle florissante quoique criminelle est un savoir-faire mafieux que nous devons à tout prix démonter, comme on démonte des groupes industriels et financiers et non pas comme on tape sur une bande de voleurs de poules. Nous sommes face à l’entreprise la plus importante non seulement de la région, mais, je le crains, du pays tout entier. Quand il s’agit d’affronter les problèmes de Naples, il n’est pas question de rester dans les limites de la Campanie : les moyens, les ressources, l’attention des pouvoirs publics et des médias ne suffisent jamais, parce que les trafics partent d’ici et parfois aboutissent ici, mais surtout parce qu’ils s’étendent bien au-delà des frontières nationales. L’importance d’une coopération internationale efficace est déterminante dans la lutte contre les narcos. Elle doit fédérer tous les services, nationaux et internationaux, elle doit frapper les capitaux que les clans investissent partout dans le monde. Soit on part de cette évidence, soit on raisonnera toujours d’un point de vue partiel.”
Impensable, donc, d’observer le trafic de cocaïne comme une dynamique exclusivement criminelle. La cocaïne devient un prisme à travers lequel on peut analyser le développement d’une économie européenne ne possédant pas de pétrole. Et c’est aussi, sans aucun doute, une clé pour la compréhension de l’économie italienne. Il suffirait de suivre à la trace les investissements provenant de la cocaïne des courtiers napolitains et calabrais pour comprendre l’orientation des futurs marchés légaux.
Roberto Saviano
L'Espresso

samedi 11 août 2007

Santé et cannabis : état des lieux

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ATTENTION: Cannabis... ça fait aussi du mal

(En bref...) Un titre à la Une de Libération qui souligne que «plusieurs études internationales mettent en lumière les risques que la consommation de joints fait courir à la santé publique». Se demandant ce qui ce passe «sur le front du cannabis», produit qui «n’a jamais été aussi populaire», le journal observe qu’il pourrait provoquer des psychoses et qu’il serait aussi nocif que le tabac en matière d’atteintes pulmonaires ou cardiaques, causant par ailleurs un grand nombre d’accidents de la route.

Le journal qui revient sur l’éditorial du Lancet qui indiquait en 1994 que fumer du cannabis «même à long terme n’est pas nuisible à la santé», mais aussi sur le rapport du Pr Roques démontrant trois ans plus tard que «le cannabis était de loin une des drogues les moins toxiques», assure «tel était donc le paysage, le cannabis est interdit mais peu nocif».

D’après Libé, la société vivait donc dans une «double schizophrénie» où d’un côté on réprimait l’usage de cannabis et de l’autre on fumait de plus en plus de joints en se méfiant plus du policier que des conséquences pour la santé. Relevant que «l’air du temps» a changé peu à peu, avec les alarmes de certains médecins sur un certain nombre de troubles mentaux observés chez les fumeurs réguliers, le journal rappelle qu’en juin The Independant a présenté ses excuses aux lecteurs estimant s’être trompé en faisant campagne en 1997 pour la dépénalisation du cannabis.

Le quotidien qui note que The Lancet a lui aussi «fait amende honorable» en affirmant «que les travaux que l’on publie nous conduisent à conclure que le cannabis accroît le risque de maladie psychotique», précise que quelques jours plus tard c’est la revue Thorax qui rendait compte d’une étude néo zélandaise montrant que «fumer un seul joint de cannabis à les mêmes effets sur les poumons que fumer 2,5 à 5 cigarettes d’un cou». Se demandant si on assiste à «un violent retour de bâton», le quotidien estime que s’il «se passe bien quelque chose de réel», il n’en reste pas moins qu’en matière de drogue «les argument sont biaisés car idéologisés». Pour Le Pr Parquet «il n’est pas sain de poser la question en termes de réévaluation des dangers (...) il y a des données nouvelles qu’il faut analyser et décortiquer et en même temps il ne faut pas faire l’impasse sur la représentation sociale du produit». Selon lui, «il est clair que le cannabis n’est pas sans effets secondaires mais lesquels réellement?».

Bernard Roques, auteur du rapport de 1997 observe «il n’y a rien pour moi de très nouveau». Le journal qui souligne que pour sa part Didier Jayle, président de la MILDT, se montre «en accord avec ce nouvel air du temps», rapporte son propos «on a clairement sous estimé le danger du cannabis. Quand nous avons lancé une campagne en 2005 sur le thème «le cannabis est une réalité», c’était une façon de dire que ce n’est pas tout à fait anodin». «Qui en doutait?» commente Libé.

Un article aussi sur «Les maux qui menacent les fumeurs de joints», sachant que les médecins s’interrogent sur trois risques. «La fumette rend elle psychotique?» interroge le journal qui fait état de la méta analyse sur une trentaine d’études publiée par The Lancet, la quelle conclut que le cannabis augmenterait de plus de 40% les risques de développer une malade mentale. D’après le quotidien, ce lien est très délicat à établir car on peut se demander si la survenue de psychoses chez les fumeurs s’explique parce que le fumeur est prédisposé à cette pathologie ou s’il y a un lien de causalité direct.

Rapportant que selon les chercheurs, le risque de psychose augmente avec l’intensité de la consommation mais qu’il peut y avoir d’autres facteurs explicatifs, sachant que le risque de développer des troubles tels que la schizophrénie est faible, le quotidien fait état du scepticisme du Pr Roques qui observe que «ce qui est nouveau c’est (...) l’existence d’une relation directe entre intensité et durée de consommation (...) et augmentation du risque» mais que « cela ne répond pas à des interrogations essentielles » à savoir si ces épisodes psychotiques «sont spontanément réversibles ou non» et s’ils sont «rapidement éliminés par les traitements neuroleptiques». Le Pr Parquert qui «partage cette attitude prudente» déclare pour sa part « la consommation de cannabis peut aussi cacher des troubles mentaux. La personne se sentant mal s’automédicamente en fumant. Elle ne viendra nous voir que très tard à un moment où la maladie mentale est déjà installée».

Evoquant les dangers du cannabis pour les poumons et le cœur, Libé revient sur l’étude publiée dans la revue Thorax, dont «la principale découverte», selon les chercheurs, «est qu’un joint est similaire à 2,5 à 5 cigarettes de tabac en terme d’obstruction respiratoire». Le Pr Parquet ironise «on a l’impression de découvrir la lune» et il explique «le cannabis brûle moins bien que le tabac et donc produit plus de gaz carbonique» et par ailleurs «le papier utilisé dans les joints est plus épais augmentant ainsi la production d’oxyde de carbone». Indiquant que chez les consommateurs réguliers cela aura «des conséquences en particulier sur le risque d’hypertension artérielle», il observe «cela est clair, incontestable mais aucune étude majeure n’a été faite». Pour d’autres, la consommation de cannabis est liée à celle de tabac ce qui amplifie les risques. En ce qui concerne cannabis et conduite, le quotidien assure que «c’est le danger le plus clair» puisque le rapport de l’OFDT fait état d’une «nette détérioration de certains facultés sous l’influence du cannabis» et notamment «capacité de contrôle d’une trajectoire, temps de décision allongé, mécanismes d’attention en déficit», sachant toutefois que «les conducteurs conscients d’une diminution de leurs capacités modifieraient leur comportement (...) pour une moindre prise de risque» mais que l’on compte tout de même parmi les conducteurs impliqués dans un accident mortel, 7% de cas positifs au cannabis et 2,8% de conducteurs ayant consommé alcool et cannabis. Le journal qui fait état d’un risque d’accident mortel multiplié par deux avec le cannabis, estime que 170 morts imputables au surrisque cannabis « c’est beaucoup mais qu’on est loin des 2270 morts liées à l’alcool».

Sous le titre «Regard froid», un éditorial où Laurent Joffrin juge qu’il faut «jeter un regard froid» sur la question car «les fumées de la polémique ont trop longtemps obscurci une discussion passionnée». Selon lui, les scientifiques sont les mieux placés pour se prononcer et ils «viennent de rendre leur verdict»: le cannabis «favorise les maladies cardiovasculaires», est «très dangereux au volant» et «à forte dose il est soupçonné de faciliter le développement de la schizophrénie». Affirmant qu’il n’est pas forcément plus dangereux que le tabac puisque le cannabis n’entraînerait pas d’addiction, ce qui induit que le fumeur de cannabis arrêterait plus facilement sa consommation que le fumeur de cigarettes, l’éditorialiste souligne que ces constatations "ne règlent pas la discussion sur la prévention", sachant qu’au moment où on agit avec vigueur contre le tabac, il serait paradoxal de dépénaliser un autre produit dangereux. Laurent Joffrin qui relève que selon les adversaires de la répression, l’illégalité ne facilite pas forcément la prévention, fait observer que « le diagnostic des scientifiques n’annonce pas forcément un nouveau cycle répressif » mais « qu’il marque surtout la fin de la naïveté ».

Libération a aussi interrogé des fumeurs qui «répondent aux dangers du cannabis par l’autorégulation et la consommation maison». D’après le journal, «l’idée force» qui se dégage des discours des uns et des autres c’est que le cannabis est peut-être néfaste mais pas plus que le tabac ou l’alcool. Affirmant que l’on aurait tort de croire que c’est parce qu’ils ne connaissent pas les dernière études en date, le journal souligne que la plupart font le choix de continuer à fumer tout en s’autorégulant.

Un étudiant lyonnais de 25 ans qui dit «accorder du crédit à ce qu’on il peut lire dans la presse ces derniers temps», assure «quand je monte à deux ou trois joints par jour, après je m’oblige à ne pas en fumer dans les deux ou trois jours qui suivent» avec aussi quelques principes comme ne pas fumer avant le travail, éviter les mélanges avec l’alcool et ne pas fumer seul. Pascal, 23 ans, ingénieur, qui fume pour sa part un joint par jour, seul ou non, depuis l’âge de 19 ans, assure que cela ne l’a pas empêché de réussir ses études ni de gérer sa vie. Il reconnaît les effets cancérigènes du cannabis mais «à long terme» tout en se montrant «moins insouciant» sur les effets indésirables après certaines soirées (gêne, glaires, vomissements en association avec l’alcool). Michaël, journaliste parisien de 27 ans, pratique «l’autoculture» car il ne fait pas confiance au contenu de ce qui lui est vendu «ça va du plastique jusqu’au verre pilé» dit-il. Sur les trois garçons interrogés, c’est lui le plus alarmistes sur les effets néfastes du cannabis et il parle de «dépendance psychologique».

Affirmant s’être trouvé certains soirs «complètement parano» car il croyait être suivi, il a décidé de réduire sa consommation pour passer d’un joint chaque soir à deux par semaines. Patricia qui a profité de sa grossesse pour mettre un terme à sa consommation, dit que quand elle fumait, dans «un coin de sa tête» il y avait «quand même cette peur du cancer». D’après le quotidien, ils ne sont pas nombreux à redouter des incidences psychologiques, et l’avis de Pascal «est largement partagé» «je ne pense pas que ce soit le cannabis qui déclenche la schizophrénie. C’est plutôt celle ci qui est latente chez certaines personnes et le cannabis ne fait que la révéler». Pierre, 54 ans, dit, à raison de 10 joints par jour, avoir vécu «des crises de schizo assez galopantes». Toutefois selon lui «les réflexions sur la santé ne satisfont de toute façon jamais un individu encore moins un jeune».

A noter une interview de Dominique Voynet, sénatrice verte de Seine Saint Denis, qui «pointe les effets contre productifs de la prohibition» et se dit «favorable à une légalisation contrôlée du cannabis» car la politique actuelle de prohibition est «hypocrite et inefficace». Pour elle, la légalisation contrôlée n’est pas un encouragement à l’usage mais elle permettrait de lever des tabous et de «mener une politique de prévention plus juste» en avertissant plus clairement des dangers comme on le fait pour l’alcool et le tabac. Jugeant qu’avec les campagnes de prévention actuelles «les jeunes ont l’impression d’entendre un message totalement décalé par rapport à la réalité», elle estime que plutôt que d’interdire sans rien expliquer, il vaut mieux faire réfléchir les jeunes «sur leurs pratiques» et «leur dire de réserver ce produit à un usage seulement récréatif» mais aussi les informer sur les risques qu’ils courent en prenant le volant. La sénatrice verte qui estime que la seule dépénalisation n’empêcherait pas l’économie souterraine, ajoute qu’aujourd’hui les cultures «industrielles» permettent d’enrichir la plante en THC, alors que dans le cadre d’une légalisation contrôlée l’Etat pourrait encadrer la concentration en THC. Source: MILDT, Paris

Encore une plante diabolisée ;o((

Utilisé rituellement depuis des siècles, autorisé dans de nombreux pays mais interdit en France, lisez l'article Wikipedia ...

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Plusieurs filières d'approvisionnement en khat démantelées depuis le début de l'année dans l'est de la France
[10/08/2007 17:16]

PARIS (AP) -- Plusieurs filières d'approvisionnement en khat, un arbuste poussant en Afrique orientale et dans la péninsule arabique, dont les feuilles procurent des effets similaires à ceux des amphétamines, ont été démantelées depuis le début de l'année dans l'est de la France par la Direction des opérations douanières de Metz, selon la Direction générale des douanes et droits indirect.

Depuis janvier, près de 500kg de drogue ont été saisis au total par la DOD de Metz soit une «valeur d'environ 500.000 euros», selon un communiqué de la Direction générale des douanes qui rappelle que le khat est classé comme stupéfiant.

«Depuis janvier, les agents de ce service ont découvert, dans plusieurs centres de fret express, des colis contenant un poids total de 128kg de khat», selon le communiqué. «La drogue provenait des Pays-Bas et devait ensuite être expédiée, par avion, vers les Etats-Unis. Deux personnes ont été interpellées en flagrant délit».

«Ces saisies font suite à deux autres saisies de 154 et 196 kg de khat réalisées fin janvier à proximité de la frontière luxembourgeoise dans des véhicules en provenance des Pays-Bas et se rendant en Suisse. Leurs chauffeurs, jugés en comparution immédiate, ont chacun été condamnés à un an de prison ferme», ajoute le communiqué.

En 2006, plus de quatre tonnes de khat ont été saisies en France, en hausse de 385% par rapport à 2005. AP

mardi 7 août 2007

A la masse, l'Amérique ;o((

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Une Américaine accusée formellement d'avoir autorisé son fils mineur à boire de l'alcool
[07/08/2007 12:23]

WEST HEMPSTEAD, New York (AP) -- Une New-Yorkaise de Long Island a été formellement accusée d'avoir autorisé son fils âgé de 18 ans à boire de l'alcool au cours de sa soirée d'anniversaire. Elle est devenue la première personne dans son comté à être arrêtée conformément à une nouvelle loi adoptée par plusieurs communautés aux Etats-Unis, notamment en Virginie, au Nebraska et en Californie.

L'âge légal aux Etats-Unis pour la consommation d'alcool est de 21 ans.

Karen Dittmer, 45 ans, est accusée d'avoir autorisé son fils et plusieurs autres mineurs à consommer de la bière dimanche soir au cours d'une fête organisée dans le jardin de sa maison dans le comté de West Hempstead.

Selon la nouvelle loi, tout propriétaire ou locataire âgés de plus de 17 ans peut être passible de poursuites si des mineurs boivent de l'alcool à leur domicile. La loi excepte l'alcool consommé lors des cérémonies religieuses.

Dittmer a qualifié son interpellation de «ridicule». «Je n'aurais jamais donné de l'alcool à un mineur. J'ai trois enfants à moi. Je n'aurais jamais fait ça», a-t-elle souligné.

La première et la deuxième infractions sont passibles d'amendes de 250 dollars (181 euros) et 500 dollars (362 euros). A la troisième infraction, les contrevenants s'exposent à une peine pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement assortie d'une amende de 1.000 dollars (724 euros). AP

Contrôlons la dépénalisation ...

Après les attaques en règle de la semaine dernière, contre attaque de Dominique ;o))


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Voynet plaide à nouveau pour une «dépénalisation contrôlée» du cannabis
[07/08/2007 13:28]

PARIS (AP) -- Dominique Voynet plaide à nouveau pour la «légalisation contrôlée du cannabis» en France, estimant «hypocrite et inefficace» la politique actuelle de prohibition. «La légalisation contrôlée ne signifie pas du tout l'encouragement à l'usage», souligne la sénatrice de Seine-Saint-Denis mardi dans «Libération», qui est opposée à une simple dépénalisation qui «n'empêcherait pas cette économie souterraine et parallèle».

«Si le cannabis était considéré comme une drogue légale, on pourrait avertir plus clairement sur les dangers, les problèmes respiratoires par exemple», plaide-t-elle, remarquant qu'en matière de campagne de prévention, les jeunes actuels «ont l'impression d'entendre un message totalement décalé par rapport à la réalité».

Or, estime-t-elle, «le mode de production actuel n'a plus rien à voir avec celui du baba cool qui faisait pousser quelques plants de chanvre sur son balcon. Maintenant, il s'agit de 'cultures industrielles' avec un éclairage artificiel servant à enrichir la plante en THC», la substance active du cannabis qui agit sur le cerveau.

«S'il assumait la responsabilité de la légalisation, l'Etat pourrait notamment avoir un encadrement sur les concentrations en THC de ces produits», soutient Mme Voynet, médecin-anesthésiste, rappelant que «la position des Verts a toujours été en faveur d'une légalisation contrôlée du cannabis». AP