lundi 28 février 2011

Béji Caïd Essebsi: Bourguiba, "ni despote... ni démocrate"

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Béji Caïd Essebsi, le nouveau Premier ministre tunisien, fidèle du premier président de la Tunisie, témoignait, en 2009 pour L'Express, sur les coulisses de trente ans de pouvoir sans partage.

Le nouveau premier ministre tunisien de transition, Béji Caïd Essebsi a fait partie du premier cabinet constitué par Habib Bourguiba, au lendemain de la proclamation, en mars 1956, de l'indépendance de la Tunisie. Il a ensuite occupé plusieurs postes ministériels, dont celui de ministre des Affaires étrangères. En juillet 2009, Béji Caïd Essebsi a publié, chez un éditeur tunisien (1), un gros livre qui est à la fois une biographie du "père" de l'indépendance tunisienne et le récit des "années Bourguiba". L'ouvrage a connu un succès de vente qui en a fait, à l'échelle de la Tunisie, un best-seller.


Pourquoi ce sous-titre, "le bon grain et l'ivraie" ?

Habib Bourguiba a été un grand homme d'Etat. Il n'en était pas moins un homme. J'ai voulu rendre compte de ses mérites, mais aussi de ses limites et de ses contraintes. Il a changé la société et les mentalités, mais il a dû lutter pour faire prévaloir son projet.

L'indépendance de la Tunisie est reconnue le 20 mars 1956. Quelques semaines plus tard, le nouveau gouvernement institue une haute cour chargée de juger les nationalistes dissidents. Leur chef, Salah ben Youssef, est condamné à mort par contumace. Une façon de signifier qu'il n'y aura pas de place, dans la Tunisie de Bourguiba, pour une opposition ?

Je ne dirais pas cela. La dissidence youssefiste a éclaté bien avant l'indépendance, à l'automne 1954, au moment où s'engagent avec la France les négociations pour l'autonomie interne. A son retour en Tunisie, en septembre 1955, Salah ben Youssef a poursuivi sa campagne contre l'autonomie et pour l'indépendance totale. Puis il a radicalisé son hostilité à Bourguiba, en dépit de l'accession à l'indépendance de la Tunisie. Le congrès du parti destourien (Néo-Destour) de novembre 1955 a clairement tranché en faveur de la « politique des étapes », prônée par Bourguiba. Avant ces assises, les plus hauts dirigeants du parti, ainsi que ceux de l'Union générale des travailleurs de Tunisie (UGTT), le syndicat national, s'étaient rendus auprès de Ben Youssef, d'abord à Genève, puis à Tunis, pour le convaincre d'épargner au pays les luttes fratricides et les déchirements de la dissidence, dès lors que la victoire politique était enfin acquise. Mais, fort de l'appui du dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser, il a maintenu son option de guerre totale contre la France. Il prônait une résistance armée généralisée, incluant la Tunisie, le Maroc et l'Algérie. Bourguiba entendait, lui, privilégier la voie plus efficace de l'indépendance de la Tunisie, tout en affirmant son alliance avec la résistance algérienne. Le youssefisme n'était pas à proprement parler une opposition politique. C'était une autre vision de la Tunisie, du Maghreb et du monde arabe.

L'une des toutes premières réformes décidées par le gouvernement né de l'indépendance porte sur le Code du statut personnel, c'est-à-dire les droits de la femme. Pourquoi cette réforme a-t-elle été jugée prioritaire ?

Bourguiba est arrivé au pouvoir avec un projet. Il voulait faire de la Tunisie un pays moderne. Et il était convaincu qu'aucune évolution de la société ne serait possible s'il n'était pas mis fin aux archaïsmes qui caractérisaient la condition de la femme. Je me souviens de m'en être étonné, de lui avoir demandé s'il était vraiment, à ce point, prioritaire de nous attaquer à un sujet aussi controversé, alors que nous commencions à peine à prendre les rênes de l'Etat. Il m'a répondu que s'il ne faisait pas, lui, cette réforme, personne d'autre ne la ferait. Et il a ajouté que s'il ne la faisait pas immédiatement, il n'était pas certain de pouvoir la faire plus tard...

Ces réformes ne correspondaient pas à une attente de la population. C'était une modernisation imposée d'en haut...

Je dirais plutôt "initiée" d'en haut. C'était la seule solution si nous voulions moderniser le pays, le sortir du carcan passéiste dans lequel il était enfermé. D'ailleurs, il n'y avait pas que la question du statut de la femme. Bourguiba a réformé aussi l'enseignement, qu'il a généralisé en maintenant, à tous les niveaux, l'arabe et le français. Il a liquidé les habous (biens religieux), milité contre le port du voile, légalisé l'avortement, amorcé la lutte contre les bidonvilles. C'est vrai que la réforme du Code du statut personnel est celle qui a soulevé le plus de résistances. Si elle avait été soumise à référendum, elle n'aurait sans doute pas recueilli la majorité. Nous la devons véritablement au volontarisme et à la clairvoyance de Bourguiba.

Ensuite, la situation se gâte. La mise en place, au nom du socialisme destourien, dans les années 1960, d'un système coopératif suscite beaucoup de mécontentements. En même temps, la réforme du Destour, adoptée en 1964 lors du congrès de Bizerte, instaure une véritable confusion entre l'Etat et le parti.

Vous écrivez que Bourguiba avait "une certaine allergie à la démocratie" et que "son jugement propre était à ses yeux le seul qui devait prévaloir pour le salut de la Tunisie" C'est, peu ou prou, la définition du despotisme éclairé...

Bourguiba n'était certainement pas un despote. C'était un homme autoritaire. Lui-même ne se disait d'ailleurs pas démocrate. Il ne s'estimait pas concerné par la question démocratique, les élections et leurs aléas... Il était intimement convaincu qu'il tenait du peuple tunisien un mandat qui transcendait ces contingences. Sa légitimité était historique. Elle reposait sur un lien singulier qui l'unissait au peuple de Tunisie depuis l'accueil triomphal qu'on lui avait offert lors de son retour au pays, le 1er juin 1955, après son exil en France. Cela dit, il est exact que le congrès de Bizerte, en octobre 1964, a marqué un tournant. Les structures de l'Etat et du parti ont été amalgamées, ce qui a restreint le débat démocratique à l'intérieur du parti et fait le lit de l'autoritarisme. Et Bourguiba s'est ensuite, peu à peu, isolé.

A partir de 1971, et plus encore de 1975, quand Bourguiba devient président à vie, vous êtes plusieurs, au sein du Destour, à critiquer le déficit démocratique, sans pour autant remettre en cause, au moins au début, le principe du parti unique. Cette démarche se traduit en 1977 par la création de deux journaux, Al Ra'y, en langue arabe - qui va donner son nom au courant - et Démocratie, en français. Mais le groupe se scinde assez rapidement. Pour faire entrer le pluralisme dans les faits, une partie de ses membres, autour d'Ahmed Mestiri, optent finalement pour la création d'une nouvelle formation, le Mouvement des démocrates socialistes (MDS). Vous êtes de ceux qui décident de rester dans le giron du Destour. Pourquoi ? Peur de couper le cordon ombilical ?

Je suis, dès ce moment-là, favorable au principe du multipartisme. Mais je connais aussi la réalité de mon pays. Je suis convaincu que, sans l'appui de Bourguiba, la tentative est vouée à l'échec. Je pense qu'il faut d'abord le convaincre.

Croyez-vous que c'est possible ?

Oui, car Bourguiba est un pragmatique qui sait composer avec les forces en présence. Lorsqu'il m'a demandé, après la nomination en 1980 de Mohamed Mzali au poste de Premier ministre, de revenir au gouvernement - où je n'étais plus depuis le début des années 1970 - j'ai d'abord refusé. Il m'a demandé pourquoi. Je lui ai alors expliqué que je ne croyais plus au parti unique. Je voulais rester destourien, contrairement à Mestiri, mais je pensais que d'autres formations que la nôtre devaient pouvoir exister. Et qu'il fallait que cette réforme vînt de lui. Il s'y est engagé et je suis entré au gouvernement. Peu après, au cours d'un congrès du parti, il a officiellement indiqué qu'il ne voyait « pas d'inconvénient » à ce qu'il y ait d'autres forces politiques.

Mais la tentative d'ouverture du régime, que l'on attendait à l'occasion des élections législatives de 1981, échoue lamentablement. On bourre les urnes pour empêcher les partisans de Mestiri d'entrer au Parlement et d'obtenir les 5 % qui permettraient au MDS d'avoir une existence légale. Sans qu'aucun des partisans de la démocratisation du régime ne démissionne...

On n'a pas bourré les urnes. On a décidé, avant même l'ouverture du scrutin, d'ignorer le vote des électeurs et de publier des résultats fabriqués de toutes pièces. Le gouvernement était divisé sur cette question du multipartisme et, malheureusement, nous n'avons pas tous tenu le même discours à Bourguiba. Moi, je n'étais plus en première ligne, car le chef de l'Etat m'avait entre-temps demandé de prendre le poste de ministre des Affaires étrangères, ce qui était aussi une façon de m'éloigner de la politique intérieure. Le ministre de l'Intérieur, Driss Guiga, était, lui, convaincu que Bourguiba, en dépit de ses déclarations devant le congrès du parti, ne voulait pas du multipartisme. J'ignore quelle a été la teneur exacte de ses conversations avec le président, je ne sais pas non plus s'il a reçu de sa part des instructions précises, ou s'il a interprété ses désirs. Il a en tout cas concouru à altérer la portée de ces élections, qui devaient être le moment de vérité du gouvernement Mzali.

Pourtant, personne n'a démissionné, même pas vous, qui aviez quitté avec fracas, en 1972, votre poste d'ambassadeur en France...

Non. Mzali, le chef du gouvernement, informé par Guiga la veille même des élections, a publiquement regretté par la suite de ne pas avoir claqué la porte à l'occasion de cet échec. Nous, les autres ministres de l'ouverture, n'avons appris que plusieurs mois plus tard ce qui s'était réellement passé, même si nous étions conscients que le crédit du gouvernement était atteint. Puis, en décembre 1983, il y eut les « émeutes du pain », une série de manifestations violentes pour protester contre la hausse des prix. Le gouvernement en a été encore plus fragilisé. L'objectif de la démocratisation a alors été mis entre parenthèses.

A ce moment-là déjà, et pendant toutes les années qui suivent, la vie politique tunisienne est envenimée par la question de la succession de Bourguiba. Les luttes d'influence s'exacerbent à partir de 1984, avec l'arrivée au palais de Carthage, auprès d'un Bourguiba vieilli, de sa nièce Saïda Sassi. Vous n'aimez guère ce personnage ... Quelle était sa relation avec Bourguiba ? Pourquoi a-t-elle réussi à acquérir une telle influence ?

Depuis quelques années déjà, Bourguiba était affaibli par l'âge. Il vivait enfermé dans son palais, sans contact avec l'extérieur. Il s'est éloigné aussi de son épouse, Wassila. Peu à peu, il s'est entouré d'une camarilla presque exclusivement composée de Monastiriens, comme lui. Dont sa nièce Saïda Sassi. Elle l'adorait, elle dormait à ses pieds sur la descente de lit, mais elle passait son temps à lui faire croire que les uns ou les autres lui en voulaient, à le monter contre tout le monde. Elle aimait l'argent aussi, alors que lui, toute sa vie, a été totalement désintéressé. C'était une intrigante. Son influence a été catastrophique.

Les autres femmes qui ont compté pour Bourguiba furent sa première épouse, Mathilde, et sa seconde, Wassila. Qui étaient-elles ? Wassila a-t-elle réellement, comme on l'a souvent dit, joué un rôle politique ?

La première femme qui a compté pour Bourguiba, c'est sa mère. C'est à travers elle qu'il a pris conscience de la condition féminine et de la nécessité de la réformer. Sa première épouse, Mathilde, une Française, était une femme de vertu et d'une grande droiture. Elle l'a aidé lorsqu'il était étudiant et l'a soutenu quand il menait la lutte politique et quand il était en prison. Wassila, enfin, a été le grand amour de Bourguiba. Elle était mariée lorsqu'il l'a rencontrée. Après l'indépendance, ils ont divorcé l'un et l'autre pour pouvoir s'unir.

C'était une femme très politique ?

Elle était politique jusqu'au bout des ongles. Elle écoutait tout, se tenait informée de tout. Elle a souvent eu un rôle modérateur, empêchant son mari de se laisser emporter par ses foucades. Cela, c'était positif. Mais elle voulait se mêler de tout, rencontrer les chefs d'Etat étrangers... Elle et lui se sont souvent affrontés.

En novembre 1987, Zine el-Abidine ben Ali, alors Premier ministre, destitue Bourguiba, déclaré inapte à gouverner par le corps médical. Comment réagissez-vous ?

Avec soulagement. Bourguiba était réellement inapte à gouverner. Il n'était déjà plus là. La Constitution tunisienne prévoit qu'en cas de vacance du pouvoir c'est au Premier ministre d'assurer les fonctions de chef de l'Etat. Cette disposition avait été voulue par Bourguiba, qui avait fait modifier la Constitution, quelques années auparavant, parce qu'il souhaitait pouvoir choisir son dauphin. Franchement, la transition s'est passée aussi bien que possible.

Plus de vingt ans se sont écoulés. Comment expliquez-vous le large intérêt suscité par votre livre en Tunisie ?

Les Tunisiens qui ont connu la période Bourguiba veulent mieux comprendre certains épisodes marquants; ils cherchent aussi sans doute à saisir la cohérence politique et philosophique de ce long règne, peut-être à revivre les émotions de la résistance, la fierté de la victoire et des années glorieuses. Ceux qui sont trop jeunes pour l'avoir connue réalisent qu'un voile a été jeté sur cette page de notre histoire, voile qu'ils veulent lever, ne serait-ce que pour comprendre les rêves de leurs aînés. Ce livre, je l'ai surtout écrit en pensant à eux, à ces jeunes qui ignorent tout des luttes et des sacrifices qui ont fait la Tunisie d'aujourd'hui. Ils lui ont réservé un accueil qui me touche profondément. Je crois que le bon grain a levé.

Vous émettez le voeu que la statue équestre de Bourguiba, transférée en 1988 dans la petite ville côtière de La Goulette, reprenne un jour sa place à Tunis, sur l'avenue qui porte son nom. Est-ce trop tôt, selon vous ?

La statue équestre de Bourguiba retrouvera, tôt ou tard, sa place sur l'avenue principale de notre capitale. C'est son destin.

(1) Habib Bourguiba. Le Bon Grain et l'Ivraie. Sud Editions, Tunis, avril 2009, 525 p.


Les années Bourguiba

Août 1903 Naissance de Habib Bourguiba à Monastir.

Mars 1934 Naissance, au congrès de Ksar-Hellal, du Néo-Destour.

Juillet 1954 Pierre Mendès France proclame l'autonomie interne de la Tunisie.

Juin 1955 Retour triomphal de Bourguiba à Tunis.

Mars 1956 Proclamation de l'indépendance de la Tunisie.

Avril 1956 Habib Bourguiba est Premier ministre.

Août 1956 Promulgation du Code du statut personnel.

Juillet 1957 Proclamation de la République. Bourguiba devient président par intérim.

Novembre 1959 Bourguiba est élu président de la République.

Septembre 1969 Ahmed ben Salah est privé de toutes ses responsabilités ministérielles.

Mars 1975 Bourguiba devient président à vie.

Avril 1980 Mohamed Mzali devient Premier ministre.

Juillet 1986 Limogeage de Mohamed Mzali.

Août 1986 Prononciation du divorce entre Bourguiba et Wassila ben Ammar.

Novembre 1987 Destitution de Bourguiba, "inapte à exercer les fonctions inhérentes à sa charge".

Avril 2000 Décès de Bourguiba à Monastir.


Historiquement, le Destour est le premier parti tunisien. Il a été fondé en 1920 par des notables tunisiens opposés à la tutelle de la France sur leur pays. En 1934, une scission à l'intérieur du parti débouche sur la création du Néo-Destour par une équipe de jeunes intellectuels conduits par Habib Bourguiba. La formation change de nom en 1964. Elle devient alors le Parti socialiste destourien (PSD). En 1988, le nouveau chef de l'Etat, Zine el Abidine ben Ali, en fait le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), encore aujourd'hui le parti dominant malgré un multipartisme théorique.

samedi 26 février 2011

Le cancre qui nous gouverne ... !!!


Tout s'explique... !!!


LETTRE DE TROIS PROFESSEURS DE VONNAS (AIN) :
Le surdoué qui nous gouverne, Sarkozy, un sous-doué à l'Elysée

Mais pourquoi tant de haine envers le corps enseignant en général et les chercheurs en particulier ?
Tout simplement parce que Notre Majesté souffre du complexe du cancre parvenu ! Président médiocre, il fut par le passé élève médiocre, bachelier médiocre et étudiant médiocre. Mais aucune trace de cette médiocrité dans son curriculum vitae.

Et pour cause, il l'a customisé, l'animal ! Officiellement Notre Souverain Eclairé serait titulaire d'une maîtrise de droit privé, d'un certificat d'aptitude à la profession d'avocat,d'un DEA de sciences politiques obtenu avec mention et aurait fait des études à l’Institut d'Etudes politiques de Paris. Waouh ! Mais alors pourquoi est-il aussi nul ?
Tout simplement parce que la plupart de ces titres universitaires sont faux. Une enquête menée par Alain Garrigou, professeur de sciences politiques à Nanterre le prouve. http://www. fondation-copernic. org/spip. php? article219 En parcourant l'annuaire des anciens élèves de Sciences Po, il a pu constater que "Sarkozy de Nagy Bosca" n'y figure pas, ce qui signifie qu'il n'a pas mené ses études à leur terme et ne peut donc se parer du titre d'ancien élève réservé aux seuls diplômés. Et son DEA ? Pourquoi n'en trouve-t-on aucune trace dans les archives de Paris X Nanterre ? Tout simplement parce que si le candidat Sarkozy apparaît bien dans le procès verbal de la première session, il est ajourné pour ne pas s'être présenté à l’épreuve écrite terminale et n'avoir pas rendu son mémoire. Et son certificat d'aptitude à la profession d'avocat ? Obtenu sur le fil avec la note médiocre de 20/40 (7/20 à la première épreuve et 13/20 à la seconde). Mais rappelons aussi, pour compléter le tableau, les notes obtenues au bac par le candidat 18917 en 1973 (Jury 80, lycée Molière) : 7/20 à l'épreuve écrite de français et 12 à l'oral (voilà pourquoi il s'exprime toujours dans un idiome approximatif), 9/20 en philo, 8/20 en maths (il a néanmoins su s'augmenter de 200 % ! ), 10/20 en anglais "magnifical" s'exclama-t-il un jour en présence de la reine d'Angleterre) et 11/20 en économie (on n'est pas sorti de la crise ! ). Avec 142 points sur 300, le médiocre petit candidat fut recalé et fut obligé de se présenter au repêchage. Ne nous étonnons donc plus des propos méprisants qui sortent donc de la bouche de ce vilain petit personnage médiocre et rancunier qui a tant souffert de ne jamais avoir été reconnu, à sa juste valeur par ses professeurs.

Publié par DES PROFESSEURS DU COLLÈGE DE VONNAS (AIN).
A vous de transmettre avant que ça ferme ! ! !

Pourquoi la Syrie n'a-t-elle pas (encore ... ) bougé ?

Une analyse extrêmement pertinente (me semble-t-il mais j'attends confirmation ;o)) de la situation syrienne parue ici ...

[TRIBUNE] Pourquoi la Syrie n'a-t-elle pas (encore...) bougé ?

Ignace Leverrier, ancien diplomate, chercheur arabisant, s'interroge sur l'état du pays.


Comme leurs amis syriens, ceux qui connaissent la Syrie pour y avoir vécu restent atterrés par les explications fournies par certains universitaires et hommes politiques français à la nouvelle démonstration de "l'exception syrienne". Selon eux, Tunisiens, Egyptiens et Libyens... avaient toutes les raisons du monde de se rebeller contre leurs dirigeants, autoritaires et corrompus. En revanche, en Syrie, la population ne bouge pas car, si des reproches peuvent être formulés à la gouvernance de Bachar Al Assad, les Syriens adhèrent à sa politique nationaliste de "résistance et obstruction" aux projets impérialistes.

Il est exact que les Syriens et leur président s'accordent sur ces thèmes. Mais ils sont loin d'y mettre le même contenu. La défense de la Syrie et l'unité de la nation arabe sont pour les premiers des objectifs. Ils ne sont chez Bachar Al Assad qu'une posture. Certains disent une imposture. Ce qui lui importe, en effet, avant la stabilité et le développement de son pays et à plus forte raison de la nation arabe, c'est son maintien au pouvoir et, en temps voulu, la transmission de sa fonction à son fils Hafez, lequel la léguera à son tour à son fils Bachar, et ainsi de suite... "La résistance et l'obstruction" ne sont que l'un des moyens de la perpétuation de son autorité.

Les Syriens ne sont pas dupes des discours de leur président. Ils constatent que "la résistance et l'obstruction" de Bachar Al Assad

ne le conduisent pas plus aujourd'hui que son père hier à s'exposer directement aux représailles de ses voisins israéliens. Depuis l'accord de désengagement sur le Golan de 1974 et la révolte de la société syrienne contre ses dirigeants, au début des années 1980, il est évident, pour qui veut bien regarder la réalité en face, que le premier danger pour le régime syrien ne provient plus de l'extérieur mais de l'intérieur. Il ne s'agit plus d'Israël, mais de la population syrienne.

Faut-il rappeler à ceux qui considèrent que Bachar Al Assad et sa population sont sur la même longueur d'onde parce qu'ils chantent la même chanson, que les Syriens n'ont pas de liberté de parole ? Faut-il leur rappeler que les Syriens qui veulent apporter leur contribution à la "résistance" en prenant une initiative quelconque sur le Golan, sont arrêtés, torturés et sévèrement condamnés par la justice militaire syrienne ? Faut-il leur rappeler qu'en dépit de ses menaces de réagir "en temps opportun et par les moyens appropriés" aux multiples provocations, agressions et attentats attribués aux Israéliens en Syrie, le "résistant" Bachar Al Assad a fait preuve, depuis son arrivée au pouvoir en juin 2000, d'une retenue qui frise à la paralysie et traduit l'impuissance ?

Il est exact aussi que, quand ils se tournent vers la plupart des autres pays arabes, les Syriens se félicitent d'avoir pour président et pour première dame le couple constitué par Bachar Al Assad et Asma Al Akhras. Ils sont jeunes et élégants. Ils passent pour modernes parce qu'ils ont fait des études supérieures, vécu à l'étranger, parlent des langues et utilisent Internet. Ils ne manquent ni d'habileté ni de séduction dans le maniement du discours. Il est exact encore que les Syriens sont heureux d'avoir vu leur pays échapper, au cours de la décennie écoulée, aux troubles de l'Irak et à l'instabilité du Liban. Mais ceux qui imaginent qu'entre le président et le peuple syrien tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes et que la population syrienne est majoritairement unie derrière son nouveau "chef pour l'éternité", prennent des vessies pour des lanternes. La longue série des mesures sécuritaires, sociales et économiques prises en Syrie au cours des dernières semaines, pour garantir et acheter le calme de la population, témoigne d'une défiance certaine.

Depuis l'arrivée de Bachar Al Assad au pouvoir, les conditions économiques et sociales se sont dégradées pour une majorité de Syriens. Certes, le train des réformes économiques a démarré. Mais la locomotive n'a entraîné derrière elle que le wagon de tête, réservé aux hommes d'affaires issus de la bourgeoisie traditionnelle, à la nouvelle bourgeoisie enrichie grâce au secteur public, aux officiers de l'armée et des services de sécurité, et à ceux qui, de tous bords, ont accepté de se mettre à la remorque de la famille présidentielle pour le meilleur et pour le pire. Quant aux autres wagons, ceux des travailleurs, paysans, artisans, petits commerçants, métiers indépendants et fonctionnaires, voire entrepreneurs attachés à leur indépendance et au respect d'une certaine éthique dans les affaires, ils sont restés en gare. Bénéfique pour quelques uns, l'ouverture économique s'est traduite pour la majorité par un chômage accru, une paupérisation généralisée, des déplacements de population, le développement de la criminalité, un désir d'émigration croissant.

Depuis l'arrivée de Bachar Al Assad au pouvoir, la corruption, qui pèse en premier lieu sur la masse de la population, soumise aux extorsions quotidiennes des fonctionnaires et des policiers, a cru de façon exponentielle. Ce qui était un travers de l'administration civile et militaire et du monde des affaires sous Hafez Al Assad est devenu, sous son héritier, un véritable système. Sa structure pyramidale interdit qu'il soit porté remède à ce phénomène sans s'attaquer aux membres de la famille présidentielle qui en sont les organisateurs et les premiers bénéficiaires.

Depuis l'arrivée de Bachar Al Assad au pouvoir, la vie politique n'a connu aucune des ouvertures que la disparition de son père avait fait espérer. Les attentes placées dans le nouveau président n'ont pas tardé à être déçues. Les mains tendues dans sa direction, pour proposer leur concours à la mise en chantier de réformes politiques, économiques et sociales progressives, ont toutes été ignorées. Le "Printemps de Damas" a été interrompu avant d'avoir porté ses fruits. Les "Comités de Relance de la Société Civile" ont été dissous. Les forums de débat citoyen ouvert à la fin de l'an 2000 ont été fermés. Des députés, universitaires, journalistes, syndicalistes, médecins, avocats et hommes d'affaires à l'origine de ces initiatives ont été emprisonnés. Lancée en octobre 2005, une " Déclaration de Damas pour le Changement Démocratique en Syrie" a connu un sort identique.

Depuis l'arrivée de Bachar Al Assad au pouvoir, les Droits de l'Homme n'ont connu en Syrie qu'une amélioration de façade. Moins sauvage que du temps de son père, la torture y reste une pratique ordinaire et les cas de décès en détention ne sont pas rares. Les militants démocrates, les seuls dont les Etats occidentaux se préoccupent, sont traités avec une certaine retenue. Mais les "islamistes" , jihadistes ou salafistes, tous assimilés à des terroristes, subissent aujourd'hui, dans l'indifférence générale de ces mêmes Etats, les traitements inhumains et dégradants qui étaient jadis l'apanage des Frères Musulmans. Les Kurdes, surtout lorsqu'ils sont convaincus de sympathie avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) d'Abdallah Ocalan, sont victimes des mêmes agissements. Les uns et les autres continuent d'être arrêtés hors de tout cadre juridique, par des services de renseignements qui estiment n'avoir besoin de l'ordre de personne pour intervenir. Au lieu de restreindre ces comportements, Bachar Al Assad les a encouragés en promulguant, le 30 septembre 2008, un décret législatif qui assure l'immunité devant la justice à un nombre accru d'agents de ces mêmes services, qui auraient, sous la torture, provoqué la mort de leurs victimes.

Depuis l'arrivée de Bachar Al Assad au pouvoir, les humiliations imposées à la population par le régime baathiste n'ont pas diminué. Pour le jeune chef de l'Etat, comme pour son père, les Syriens ne sont pas des citoyens mais de simples sujets. Ils ne sont pas invités à donner leur avis sur les évolutions décidées en haut lieu, mais à les mettre en œuvre sans les commenter. Ils sont soumis à l'aval des antennes locales des services de sécurité pour mille et un détails sans importance de leur vie quotidienne. Ils ne sont pas considérés assez mûrs pour avoir accès à l'ensemble des médias en provenance de l'étranger. Leurs communications téléphoniques continuent d'être surveillées. Eternels mineurs, ils ne sont pas autorisés à utiliser Internet à leur convenance. Des centaines de sites sont prohibés en Syrie. La dernière humiliation en date remonte à moins d'un mois. Répondant, le 31 janvier, aux questions du "Wall Street Journal ", Bachar Al Assad a affirmé qu'il voulait réformer, mais que "sa population n'était pas mûre pour la démocratie " ! Ce mépris a fait bondir de nombreux Syriens qui se sont demandés comment un jeune homme imposé à la tête de l'Etat au terme d'une procédure sans aucun rapport avec la démocratie pouvait se permettre de porter un tel jugement. La démocratie existait en Syrie bien avant que Bachar ait été conçu. Si elle avait été mise à mal, la responsabilité première en incombait à la confiscation du pouvoir par le Parti Baath, à la direction duquel lui-même avait été propulsé d'un seul coup, en juin 2000, sans jamais avoir été baathiste et sans jamais avoir assumé la moindre responsabilité au sein de ce parti.

Pour ceux qui préfèrent voir dans le régime de Bachar Al Assad un régime laïc, protecteur des minorités confessionnelles et allié de l'occident dans la lutte contre le " terrorisme islamique", quelques rappels s'imposent :

== Le régime syrien n'est laïc que pour autant que la laïcité sert ses intérêts ==. Lorsque ceux-ci lui dictent de pactiser avec des "islamistes", pour contrecarrer les projets des Américains dans la région, entretenir l'instabilité au Liban ou démontrer à l'Occident que la Syrie est, elle aussi, la cible du terrorisme, il n'hésite jamais à le faire. Quitte à se retourner ensuite contre ses alliés de circonstance, condamnant à de lourdes peines les jeunes Syriens engagés pour aller se battre en Irak, ou livrant aux services de renseignements occidentaux les jeunes islamistes recrutés chez eux et formés en Syrie pour se battre contre les envahisseurs américains.

== Comme "la résistance et l'obstruction", la laïcité est pour le régime syrien un moyen et non un objectif ou une finalité ==. C'est un argument de vente utilisé par Bachar Al Assad pour tenter de se faire coopter par les Etats occidentaux, qui, faute de démocratie, seraient prêts à se satisfaire de ce succédané. Ce commerce ne supportant pas de concurrence, Bachar Al Assad a toujours refusé d'autoriser la création d'organisations de la société civile affichant pour ambition, elles aussi, de "défendre et promouvoir la laïcité en Syrie" .

== Bachar Al Assad souligne volontiers auprès de ses visiteurs la situation privilégiée dont jouissent en Syrie les chrétiens et les autres minorités confessionnelles ==. Lui seul garantirait la coexistence pacifique et le dialogue entre les sunnites, majoritaires dans son pays, et les autres religions. Mais ni les chrétiens, ni les druzes, ni les ismaéliens ne se font d'illusion. Réduits à la portion congrue dans la répartition des postes de décision à la tête du régime, très largement monopolisés par des sunnites ayant fait allégeance, pour le "pouvoir apparent", et par des alaouites appartenant au clan présidentiel, pour le "pouvoir réel ", ils savent depuis longtemps que ce n'est pas pour les protéger, mais pour se protéger, que Bachar Al Assad s'efforce de les regrouper autour de lui.l

Pourquoi, dans ces conditions, les Syriens n'ont-ils pas (encore) bougé ?

== D'abord parce qu'ils ont peur==. Comment pourraient-ils oublier la barbarie manifestée de sang froid par le régime lors de la répression du soulèvement du début des années 1980 ? Ses victimes se comptent par dizaines de milliers, auxquels s'ajoutent quelque 17 000 à 18 000 hommes et jeunes gens, enlevés chez eux par les moukhabarat, dont les familles demeurent jusqu'à aujourd'hui sans nouvelle. Depuis ces événements, des centaines de milliers de Syriens réfugiés à l'étranger n'ont pas été autorisés à rentrer dans leur pays, et les appels à une réconciliation nationale se sont heurtés à un silence aussi absolu que méprisant du régime de Hafez, puis de Bachar Al Assad. Plus près de nous, comment les Syriens ne seraient-ils pas inquiets quand, deux ans et demi après la mutinerie de la prison militaire de Sadnaya, réprimée dans le sang au milieu du mois de juillet 2008 alors que Bachar Al Assad était reçu à Paris, aucun bilan de la reprise en main n'a encore été donné et que des centaines de familles continuent d'ignorer tout de ceux dont elles attendent des nouvelles ou la remise en liberté ?

== Il n'existe pas en Syrie de force politique ou syndicale susceptible de lancer et encadrer un mouvement de revendication ==. Les quelques partis politiques nationalistes de gauche tolérés se sont discrédités en acceptant de se placer sous la coupe du Parti Baath, au sein d'un Front National Progressiste sensé démontrer que le système était pluraliste, à défaut d'être démocratique. Depuis 1980, les syndicats et unions professionnelles ont été satellisés par le Parti Baath. Ils ne disposent d'aucune marge d'autonomie. Personne ne compte sur eux pour organiser une protestation contre la politique du régime, dont ils sont eux-mêmes en partie victimes. La situation des partis d'opposition est plus déplorable encore. Leurs membres ont été pourchassés, emprisonnés, torturés, souvent liquidés en prison. Tout est fait par le régime pour empêcher ces partis de renaître de leurs cendres et, surtout, de recruter dans la jeune génération. Dernière initiative en date, la "Déclaration de Damas", une plate-forme destinée à rassembler les partisans d'une "réforme progressive pacifique" au-delà des courants idéologiques, a à son tour été décimée par l'arrestation d'une douzaine de ses responsables. Menacés, parfois physiquement, les autres sont rentrés dans l'ombre ou ont renoncé à tout engagement politique.

== L'immobilisme de la Syrie s'explique aussi par la division de sa population en une multitude de communautés ethniques et confessionnelles ==. Leur entente et leur compréhension mutuelle ne sont que de façade. En réalité, les chrétiens ont peur des sunnites. Les sunnites détestent les alaouites. Les alaouites se méfient des sunnites et méprisent les druzes et les ismaéliens... Au niveau ethnique, la situation est identique. Les arabes suspectent tous les kurdes d'être animés d'intentions séparatistes. Les kurdes considèrent que les arabes, par sentiment nationaliste, ne se rangeront jamais à leur côté. Tout le monde s'observe donc, et personne n'est disposé à s'exposer le premier en se portant en tête d'un mouvement quelconque qui permettrait aux autres de tirer les marrons du feu.

== Réservant les visas aux journalistes « amis », la Syrie reste un trou noir de notre information ==. Le pouvoir syrien, qui n'aime rien tant que la pénombre propice aux manœuvres, s'en porte fort bien. Mais les Syriens, qui ne comptent que sur eux-mêmes pour faire bouger les choses, craignent dans ces conditions d'être victimes, comme en Libye, d'une répression "à guichets fermés ». Ils se souviennent que les occidentaux s'étaient faits étonnement discrets, en 1982, lorsqu'ils avaient été convaincus par Hafez Al Assad que toutes les victimes de la répression de Hama, même les enfants en couche, étaient "des Frères Musulmans ". Ils redoutent que, se laissant une nouvelle fois abuser par Bachar Al Assad, pour qui tout contestataire est un ennemi et tout ennemi un Frère Musulman, les occidentaux fassent preuve de la même connivence avec un régime qu'ils s'accordent à considérer à la fois dangereux... et utile, puisque, comme le reconnaissent les Israéliens, il garantit à l'Etat hébreu, depuis plus de 35 ans, sa frontière arabe la plus sûre.

Les Syriens n'étant pas en mesure de se mobiliser, et le président Bachar Al Assad n'ayant pas l'intention de mettre en œuvre des réformes politiques que son entourage et les profiteurs du statu quo se refusent eux aussi à envisager, comment la situation pourrait-elle évoluer ?

Un fait divers à Damas, le 17 février, pourrait le préfigurer. Suite au passage à tabac, par des agents de la circulation, d'un jeune homme tenant boutique dans la vieille ville, plusieurs centaines de commerçants sont intervenus pour prendre à partie les policiers qu'ils ont mis en fuite. Ils ont alors occupé l'ensemble du quartier, réclamant que les policiers soient traduits en justice et exigeant, au cri de " le peuple syrien ne se laissera pas humilier", la présence du ministre de l'Intérieur.

C'est un événement de ce type, une explosion de colère spontanée provoquée par "l'humiliation de trop", qui pourrait, comme en Tunisie, mettre le feu aux poudres. Compte-tenu de l'ampleur des mécontentements et des désirs de vengeance de la population, et de la terreur de la tête du régime de perdre la vie avec le contrôle de la situation, une explosion sociale a toutes les chances de prendre, en Syrie, une tournure aussi dramatique qu'en Libye.

On aimerait donc pouvoir espérer qu'un échec de la tentative de reprise en main sanglante actuellement menée à Tripoli et Bengazi ouvrira enfin les yeux de Bachar Al Assad et de ses proches, et qu'ils en viendront à considérer que, tout compte fait, mieux vaut amorcer sans tarder une véritable ouverture politique. A terme, elle restreindra leur pouvoir et limitera leur main mise sur les ressources du pays, mais elle préservera au moins partiellement leurs intérêts économiques et elle leur épargnera la honte de la fuite, un passage en jugement et peut-être la vie.

par Ignace Leverrier, ancien diplomate, chercheur arabisant - Nouvelobs.com

samedi 22 janvier 2011

Autonomie des établissements scolaires. Danger !!!

Texte reçu via la liste Educnatenlutte

L’autonomie : une gestion libérale pour une Ecole à deux vitesses


François COCQ est Secrétaire national à l’éducation du Parti de Gauche

Francis DASPE est Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée


A l’image des médecins du Malade imaginaire de Molière préconisant la saignée pour tout remède, les Diafoirus du système éducatif crient dans un réflexe pavlovien « autonomie ! » dès que l’on parle Ecole. L’autonomie de l’université promue par la loi LRU du 10 août 2007 ne représentait que le galop d’essai : ce sont maintenant le primaire et le secondaire qui sont dans la ligne de mire !

Le 12 janvier, Christian Nique, en charge d’une première évaluation de six mois du dispositif CLAIR (collèges et lycées pour l’innovation, l’ambition et la réussite) mis en œuvre dans 105 établissements, s’est ainsi empressé d’annoncer la généralisation de celui-ci à 249 collèges et 1725 écoles pour la prochaine rentrée. Au programme : recrutement des enseignants « sur profil », contrat d’objectif pour l’établissement, pluri-disciplinarité pour les professeurs, mutualisation des enseignants entre le primaire et le privé, latitude laissée dans la DHG (dotation horaire globale) pour aménager le temps scolaire et les enseignements eux-mêmes ! Soyons clairs justement : cette manœuvre ne vise rien moins que lancer à grande échelle l’autonomie des établissements. Avec tout ce qu’elle porte en elle comme atteintes à l’Ecole de la République.

L’autonomie signifie d’abord mise en concurrence des établissements scolaires, en parfaite cohérence avec la suppression de la carte scolaire : la liberté d’inscrire ses enfants dans l’établissement de son choix sera dès lors reconnue aux parents. Perspective totalement illusoire, car la logique de cette disposition aboutira nécessairement à une inversion radicale : ce seront in fine les établissements (une partie de ceux bénéficiant initialement d’avantages comparatifs) qui choisiront leurs élèves, tandis que les autres en seront réduits à accueillir les élèves non désirés ou pour qui il sera trop difficile de s’extraire de leur enracinement territorial ou de leur appartenance sociale. Dans le même temps, force est de constater les avantages toujours plus nombreux concédés à l’enseignement privé (à 95% confessionnel) qui se prépare à s’attaquer avec voracité à ce grand marché des établissements qui lui est offert sur un plateau.

La volonté d’octroyer des pouvoirs accrus aux chefs d’établissements vise quant à elle à les transformer en chefs d’entreprise, notamment en matière de gestion des personnels et du déroulement de leurs carrières. Tout cela au mépris des statuts comme le confirme la récente sortie de Christian Jacob. La possibilité de recruter et de mettre à pied les personnels viendrait couronner le nouvel édifice au nom du tropisme d’une gestion managériale parée de toutes les vertus.

Le renforcement de l’autonomie favorise également l’ingérence des pouvoirs locaux et des intérêts privés (élus, chefs d’entreprise et notables de tous ordres) dans le fonctionnement de l’Ecole. C’est aller à rebours d’une évolution séculaire : l’institution scolaire s’est construite par une mise à distance salutaire de toute forme de pressions d’ordre consumériste et des agissements clientélistes de féodalités locales. Mise à distance qui signifiait la prise en considération prioritaire de l’intérêt général au détriment des revendications particularistes et privées que ces intrusions induisent de fait.

Les incidences dans le domaine pédagogique ne sont pas moindres. Le but recherché est le démantèlement du cadre national qui structure jusqu’à présent notre système éducatif, et ce en dépit des entorses qui lui ont été faites au cours des dernières années : programmes et examens nationaux, modalités de recrutement des enseignants. La réussite à un concours accorde aux professeurs un statut protecteur indispensable à un exercice empreint de sérénité de leurs fonctions. C’est précisément ce statut, qui est la garantie du service public et donc de l’intérêt général, que l’on cherche à rogner méthodiquement par tous les moyens.

Se dessine un nouveau mode de gestion fondé sur la généralisation de la contractualisation, dont dépendrait l’allocation des moyens mis à disposition des établissements. Ces moyens seraient fonction de la réalisation de contrats d’objectifs déterminés de gré à gré avec les autorités hiérarchiques en contrepartie d’une obligation de résultats. Les effets pervers attendus ne sont pas très difficiles à décrypter. Le système favorisera par effet cumulatif les établissements les mieux lotis qui seront en capacité d’atteindre aisément leurs objectifs, offrant par ce biais le cadre idéal à une contractualisation à double vitesse.

Pour y remédier, la tentation sera grande aux établissements en difficulté (ou tout simplement et de manière plus prosaïque à la recherche de financements supplémentaires) de promouvoir une réussite factice au prix d’un abaissement des exigences et des ambitions. Une fois de plus la regrettable confusion entre démocratisation et massification sera opérée, les aspects comptables quantitatifs l’emportant par nécessité sur les préoccupations qualitatives de l’enseignement dispensé.

L’autonomie n’est surtout pas une mesure neutre. Elle n’est pas à confondre avec la liberté pédagogique qui existe déjà et donne bien des possibilités d’action pour qui veut l’utiliser à bon escient. L’autonomie se situe au cœur même de l’idéologie néolibérale. Elle génère de manière quasi mécanique le corollaire du libéralisme : un accroissement significatif des inégalités instaurant une « école à deux vitesses ». Dénonçons le vrai visage de l’autonomie, redoutable miroir aux alouettes à la fois moyen et finalité de l’entreprise de destruction de l’Ecole de la République. Elle n’est pas la solution, mais bien une cause et un symptôme du problème.

jeudi 20 janvier 2011

Quand l'orientation des élèves quitte le domaine public ...

Ce premier petit message a été envoyé à mes collègues de lycée à l'issue d'une demi-journée pédagogique dans l'établissement sur le thème de la réforme du lycée. Cette demi-journée, offerte par le recteur pour permettre d'observer la mise en place de cette réforme, nous a surtout permis de prendre conscience de l'impossibilité technique de mettre en place le tutorat tel qu'imaginé par je ne sais quel haut fonctionnaire déconnecté des réalités et de l'augmentation de la charge de travail que l'on cherche à nous imposer, en particulier pour les collègues PP (professeurs principaux) à qui l'on demande dorénavant d'assurer le travail d'orientation à la place de nos collègues conseillers d'orientation psychologue.

De retour à la maison, je file chercher ma petite Liounia à son cours de judo et tombe, à l'entrée de la salle de sport, nez à nez avec une affiche de Vivacio qui m'a fait monter la moutarde au nez ...

Voici donc, ce que je leur ai écrit hier :

"Pour continuer la discussion de ce matin sur le rôle qu'on veut nous faire tenir dans l'orientation et voir l'état des lieux, allez faire un tour sur le site des Co-psys en lutte

http://www.vivacio.fr/site/

La logique est simple : AGCS ;o((

Il s'agit de faire de la place pour Vivacio et consorts ... Bizness is bizness (désolé pour les collègues d'anglais ;o))"


Et aujourd'hui, j'ai dû réitérer :


"Bon je sais, encore ...

Moi, je ne fais pas de politique ... ou pas trop ... mais là, ça tombait trop à pique pour que je ne vous en fasse pas part ...

Dans le collège où j'enseigne aussi, on vient de recevoir ce message:

"visite du CIO, classe de 3ème
RAPPEL: Cette visite prévue le 11 janvier avait été reportée au 25 janvier

8h30 (sur place) à 10h 3A avec Mme -------
3D à préciser
13h30 à 15h 3B avec Mr -----
15h (sur place) à 16h30 3C avec Mme ----

la classe sera divisée en deux
1ère partie: réaliser une fiche métier
2ème partie: présentation du diapo post 3ème

nota: cette visite pourra servir de support à l'évaluation d'items de la compétence 6"


Donc voilà, on y est, c'est fini, on ne rencontre plus le Copsy en troisième, on "visite le CIO" !!!

C'est trop fort, vraiment trop fort ...


Nota : et le mieux, c'est que ça va permettre de valider des compétences ;o))


vendredi 7 janvier 2011

DT-Ulysse ou comment concevoir le logiciel le moins pratique pour économiser encore ?

Au départ, cet article n'était qu'un commentaire de cet article, mais comme un commentaire est limité à 4096 caractères ...

Donc pour fixer un peu les choses, cette application en ligne est censée simplifier nos remboursements de frais de déplacements, à nous autres, TZR (titulaire en zone de remplacement), CoPsy (conseillers d'éducation psychologues) et autres migrants de l'Education Nationale ... et je vous assure que son utilisation est tellement abracadabrante que je ne serais pas étonné d'apprendre qu'elle ait déjà permis d'économiser sur le budget de l'état un nombre conséquent de petites sommes que leurs récipiendaires auront préféré abandonner plutôt que d'avoir à trouver leur chemin dans ce labyrinthe ...

Voici donc ce commentaire :

Bonsoir,
je ne fais pas partie du club des Personnels de Direction mais de celui des enseignants TZR qui ont aussi à subir ce logiciel au fonctionnement archaïque, à l'ergonomie préhistorique et aux côtés pratiques quasi inexistants ...

J'ai la chance de n'avoir pas eu à l'utiliser l'an dernier et ne l'ai donc découvert qu'à la rentrée.
Et quelle désagréable découverte ...

Il m'aura déjà fallu deux bonnes semaines pour y accéder, ayant eu le tord de suivre le lien fourni dans le message reçu un jour de ulysse@etaponline.fr m'indiquant qu'un ordre de mission avait été validé.
Intrigué car n'ayant fait aucune démarches à ce jour, j'ai tenté d'en savoir plus en suivant le lien susnommé mais n'ai reçu en retour qu'un message d'Erreur 404 ...
Un premier courriel au service gérant les remboursements de frais de déplacements dans l'académie (voir plus bas) restera sans réponse et c'est vers l'assistance informatique que je me tournais. Ayant été invité par retour de courriel à les contacter par téléphone, j'appris donc qu'il fallait simplement ne surtout pas suivre ce lien et que c'était un problème connu ...

Alors pourquoi continuer de faire parvenir ce message ?

Me voilà donc enfin dans le saint des saints de la nouvelle bureaucratie du ministère de l'éducation nationale. Je vais pouvoir faire couler les robinets des remboursements de frais de déplacements (c'est que ça finit par en faire des kilomètres au bout d'un mois ... et qu'au prix de l'essence en ce moment ...).

Je me suis muni du petit guide de l'utilisateur fourni par le Rectorat et j'ai entamé la création de mon "Ordre de mission ponctuel (OMPo)" pour ensuite le transformer en état de frais ...

Et j'ai commencé à le remplir ... laborieusement car les développeurs n'ayant pas été capable d'intégrer un calculateur de distances, il nous est expressément demandé d'aller faire le calcul nous même sur google maps, péniblement car ils n'ont pas non plus pensé qu'il était probable que d'une semaine sur l'autre les parcours soient les mêmes et que de pouvoir rappeler un lundi avec ses caractéristiques et d'en changer le nom pour l'appliquer au lundi du jour, serait une fonction des plus utiles ...

Au bout du compte, près d'une heure pour déclarer les déplacements du mois de septembre. Alors bien sûr, plus de 200 € de remboursement prévus font qu'on se dit que ça fait une heure bien payée mais non, il ne faudrait pas oublier que c'est une nouvelle heure supplémentaire qu'on nous impose là, que cet argent nous est dû et que le remplissage des feuilles que DT-Ulysse cherche à remplacer, usité il y a encore deux ans dans mon académie, ne prenait pas plus d'un quart d'heure.

Un mois plus tard, je viens m'occuper du mois d'octobre et découvre que tout a été bloqué parce que, m'apprend un message de la gestionnaire en charge de mon dossier, me déplaçant ce jour sur deux établissements B et C et étant rattaché à l'établissement A, je devais déclarer ABCA et non ABACA.

Mais ce message, n'aurais-je pu le recevoir dans ma BAL académique plutôt de le découvrir en revenant sur DT-Ulysse ? Et cette modification, la gestionnaire n'a pas la possibilité de la réaliser de son côté ?

M'enfin me dis-je, allons-y, ce ne sont que 4 lundi à changer. J'essaie d'en éditer un mais ne trouve pas comment faire aussi décidè-je de le supprimer pour le recréer. Je coche donc ce lundi et m'en vais cliquer, sans appréhension (oh, que j'aurais dû) sur supprimer en haut à droite de ma liste.
Et là, horreur, c'est l'ensemble de mes données du mois de septembre qui disparait sous mes yeux ...
Alors, je me dis que ce n'est pas grave, que que je n'ai pas encore valider les changements et qu'il me suffit de clore l'appli et de la relancer pour récupérer ma liste ... et bien non, alors que pour chaque jour il avait fallu valider lors de la déclaration, un seul clic avait suffi à tout supprimer, et sans aucune validation ...

Un peu fâché, je n'ai pas déclaré mon mois d'octobre et au lieu de ça, j'ai envoyé ce message; lui aussi resté sans réponse, à ma gestionnaire et au service d'assistance informatique

"J'adore votre logiciel où l'on passe notre temps à faire votre travail administratif, où l'on n'est pas mis au courant des corrections à effectuer par courriel, où les corrections entrainent la suppression de l'ensemble des informations préalablement rentrées (et dieu sait qu'on y passe du temps à les entrer puisqu'il n'y a même pas possibilité de dupliquer une entrée ...) et ce, même si on n'enregistre pas les modifications ...

En un mot comme en cent, une véritable usine à gaz et tout ça pour se faire rembourser de l'argent qui nous est dû ...

Vive l'éducation nationale ...
et @u plaisir de vous lire sur mon adresse académique,"


En un mot comme en cent, je suis aujourd'hui outré que l'on nous impose de travailler avec cet outil et je cherche à créer un groupe de pression oeuvrant pour le moins à son amélioration ...

C'est en cherchant qui s'en plaignait que je suis tombé sur votre blog et si je me suis permis ce "petit" texte introductif, c'est que j'avais une question à poser.

Est-il possible pour un enseignant TZR d'arguer d'un quelconque argument pour revenir à la version papier de la déclaration mensuelle ?

@u plaisir de vous lire,


Message au service gérant les remboursements de frais de déplacements :

Bonjour,
j'ai reçu hier ce message de ulysse@etaponline.fr

"
*MINISTERE DE L EDUCATION NATIONALE*
*M.E.N. : Académie de Rennes - Frais de déplacement (DT-ULYSSE)*

Bonjour, votre OM N° 64A24 a bien été validé.
Pour y accéder, cliquer ici

Au retour de votre mission , n'oubliez pas de créer l' état de frais et envoyez le à votre valideur hiérarchique.

*Attention: Aucun remboursement ne pourra être effectué si l'état de frais n'est pas constitué*"

ce qui m'étonne car je n'avais pas encore remis les documents nécessaires à la secrétaire de mon établissement pour qu'elle vous les fasse parvenir.

Après avoir cliqué et essayé avec mes identifiants webmail, je ne peux accéder à l'application.

Quels sont mes identifiants ?

D'avance merci de votre réponse,


Et encore, je n'en suis qu'à la première étape, il y aura ensuite au moins deux validations, puis la mise en paiement ... pfou ... si je suis payé à la rentrée 2011 ce sera bien ;o((

mardi 14 décembre 2010

Un cancer politique nommé LOPPSI 2 ...

Ah, heureusement que l'Oncle Paul a du temps à consacrer à la lutte permanente contre les injustices et les abus en tou genre ...

Nous, il nous reste à signer les pétitions ;o))

LETTRE OUVERTE A MESDAMES ET MESSIEURS LES DÉPUTÉS ET SÉNATEURS EN ILLE-ET-VILAINE ...

Le projet de loi dite LOPPSI 2 - alias la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure - sera examiné en seconde lecture à l’Assemblée nationale du 14 au 21 décembre 2010. Résumée par l'article que lui consacre le site Wikipédia, cf. infa [1], le dessein, le contenu et la portée sociétale du texte de ce projet de loi – comme il est proposé sous sa forme actuelle - sont très problématiques à plus d'un titre.

A l'instar du caractère du président français affiché à l'étranger – tyrannique, erratique, tape-à-l'oeil et malin (Cf. au verso) - la loi LOPPSI 2 ressemble à une énième loi de circonstance. Elle rappelle la loi sur le port du voile intégral et la loi consacrée à l’immigration - la cinquième en huit ans !

Malgré les efforts d'Etienne Pinte UMP et pour faire plaisir à l'ascendance judéo-chrétienne de sa majesté Nicolas I de la dynastie Sarközy de Nagy-Bocsa, la loi perfide d'Eric Besson – ciblantimplicitement les Roms de Bulgarie et de Roumanie - et pour séparer le bon grain français de l'ivraie étrangère (25% de la population !) fut adoptée par le Parlement et doit être transposée avant le 24 décembre 2010. Je crains que ce soit pareil pour la loi LOPPSI 2 - expéditive, démagogue et arbitraire à souhaits. Son but : renforcer un régime d’exception anti-constitutionnel jusqu'ici amorcé avec la complaisance d'une petite majorité des parlementaires et fonctionnaires.

Commençons par l'aspect cybernétique. Il s'agit de la remise en cause directe des principes fondateurs de l'internet : son indépendance et sa neutralité. Ceci paraît-il pour aligner la France sur la proposition de loi sur le filtrage mondial de la Toile adoptée récemment par le comité judiciaire du Sénat aux USA (Rockefeller-Snowe Cybersecurity Bill) visant à donner à la Maison Blanche le pouvoir de bloquer l’accès à l'internet sur le sol américain et à l'étranger. [2].

A l'heure où j'écris, 42 membres d'un Congressional Prayer Caucus ont écrit à Barack Hussein Obama pour se plaindre du fait qu'il n'a pas prononcé le mot 'dieu' assez souvent dans son discours lors d'une tournée récente en Indonésie. [3] Comme les pleutres et bigots à la française ne manquent pas, aussi bien au sein de la majorité présidentielle que dans les rangs de l'opposition, il y a lieu de s'inquiéter en France sur l'impact juridique, social, économique, sanitaire et environnemental du projet de loi LOPPSI 2 qui déclare et fera la guerre aux mal-lotis – c'est-à-dire aux habitants de bidonvilles, d’habitations de fortune, de campements de sans abris etc.

C'est pourquoi il faut mettre en exergue un volet du LOPPSI 2 particulièrement liberticide. L’article 32 ter A, introduit par un amendement du gouvernement adopté par la commission des lois du Sénat, puis voté par le Sénat le 10 septembre 2010, crée une procédure d’exception, à l’initiative du Préfet et en l’absence du juge, pour expulser les habitants installés de manière «illicite».

Nombreuses sont les personnes qui risquent d’être concernées par cette disposition répressive. Si la procédure contradictoire est prévue dans les textes, elle est néanmoins compromise par cet article qui prévoit également la destruction des biens, ainsi qu’une amende de 3750 € pour le propriétaire du terrain, public ou privé, qui s’opposerait à ces procédures fantaisistes et scélérates.

Certains croient sincèrement qu'il existe chez le titulaire du pouvoir executif de la République un affaiblissement psychique profond, global et progressif et son comportement imprévisible et autoritaire laisse penser aux tendances psychopathiques. [4] En tout cas la dérive présidentielle - appelez-le comme vous le voulez - pose problème dans ce pays. Car nous assistons à une volonté maladive de la part du chef de l'Etat de tout légiférer, de tout régenter, àfin de tétaniser toute velléité de résistance à plusieurs reformes politiques foncièrement anti-démocratiques et anti-républicaines. Comportement observé chez de nombreux dictateurs largement inspirés du modèle antique esclavagiste – de Caligula à Staline en passant par Charlemagne et Napoléon Buonaparte. La tyrannie n'est pas une nouveauté dans la classe politique. On peut évoquer aussi l'expression anglaise «Control Freak» suite aux prestations 'exécutives' de Tony Blair. [5]

Il ne fait pas bon vivre dans une société occidentale qui fait surtout peur, qui est caractérisée par des atteintes répetées aux droits de l'homme, par la suppression de facto de la présomption d'innocence, par le fichage génétique du citoyen lambda - pour un oui ou pour un non - par la répression policière du délit d'opinion et du délit du faciès, par la conduite vexatoire des forces de l'ordre, par la privatisation galopante du pouvoir judiciaire, par la criminalisation de la précarité, par la stigmatisation médiatique de la pauvrété. Car dans un monde où le gouffre entre les nantis et les démunis ne fait que s'élargir, chaque particulier devient potentiellement un terroriste bon à coffrer.

Sous l'oeil bienveillant d'un gouvernement ethnocentrique - pour ne pas dire raciste - la France sombre dans l'une des phases les plus noires de son histoire. La loi LOPPSI 2 est volontairement provocatrice et 'socially divisive' pour diviser l'opinion et créer des dissensions. Diviser pour mieux régner est la devise de tant d'empires. Par la surenchère sécuritaire, Matignon et l'Elysée jouent aux pompiers-pyromanes. D'où ces vidéos qui circulent sur l'internet genre : «La racaille fait régner la terreur» (Cf. http://www.dailymotion.Com/video/x331xp_la-racaille-fait-regner-la-terreur. Ce sont des jeunes français - souvent au chômage - qui se sentent exclus par une société consumériste à outrance, avec des parents qui travaillent trop. Or qu'est-ce qu'ils ont comme modèle ? Une élite abjecte de plus en plus friquée qui rançonne le pays entier, extorquant le maximum pour conserver leur train de vie ostentoire. La séparation des pouvoirs, voire l’equilibre entre pouvoir législatif, pouvoir exécutif et autorité judiciaire est d’actualité et a pleinement valeur constitutionnelle.

Je vous demande de bien vouloir apprécier les faits exposés dans les documents sur les liens http://www.loppsi.org/ et http://www.halemfrance.org/spip.php?article68. La gravité de la situation à présent est imputable en grande partie aux 'locataires' de l'Hémicycle et du Palais du Luxembourg, qui ont démissionné de leur rôle régalien dans leur majorité, pour donner pleins pouvoirs au 'concierge' qui, trousseau des clés en main, fait trembler son entourage et dont l'hyperactivité provoque le chaos autour de lui. Merci d’exercer votre discernement et votre devoir de mémoire.

Dans l'attente de vous lire : Paul Matthews 35580 Saint-Senoux


09h21 suivi Par Gilles Klein le 01/12/2010 http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=9798

SARKOZY "TYRANNIQUE, IMPRÉVISIBLE" (GUARDIAN/WIKILEAKS)


Poursuivant la publication de documents diplomatiques américains dont il a l'exclusivité en Grande Bretagne, le Guardian consacre une page à Nicolas Sarkozy. Apprécié par les Américains car considéré comme "le président français le plus pro-américain", Sarkozy n'est pourtant pas ménagé, il "a peu d'expérience de la politique étrangère et parle mal anglais".

"Une série de notes américaines confidentielles présentent le président français comme un égocentrique, susceptible, qui tyrannise ses ministres et son équipe avec son caractère imprévisible. Il est dépeint comme peu diplomatique, hyperactif, parfois grossier." explique le Guardian citant des documents diffusés par Wikileaks.

"Un memo de l'ambassadeur Charles Rivkin à la ministre des Affaires Etrangères, Hillary Clinton, en décembre 2009, dit «Nos contacts à l'Elysée évoquent leurs efforts pour éviter de le contrarier ou de l'énerver, allant jusqu'à modifier le trajet de l'avion présidentiel pour éviter qu'il ne voie la tour Eiffel illuminée aux couleurs de la Turquie à l'occasion de la visite de son Premier ministre Erdogan» sur l'initiative du maire socialiste de Paris, alors que Sarkozy est opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne."

Un autre document américain cite Angela Merkel: "Le simple fait d'être dans la même pièce que Sarkozy suffit à augmenter le stress de n'importe qui". Selon un diplomate européen "son style de management est épuisant et la fatigue est un effet secondaire du chaos provoqué par l'hyperactivité de Sarkozy».

Ses ministres "ont peur de partir en vacances, ils craignent de perdre leur poste s'il se passe quelque chose en leur absence". Sarkozy serait aussi "connu pour présenter Louis, son fils de 9 ans, aux invités officiels".

Guardian mercredi 1er décembre 2010

En bas de page, un deuxième article évoque le fait que Sarkozy ait choqué l'Arabie Saoudite en prévoyant d'emmener Carla Bruni avec lui lors d'une visite d'Etat dans ce pays, bien qu'ils ne soient pas encore mariés, avant d'annuler ce projet. Mais il aurait aussi commis des fautes protocolaires, entre autres, en affichant son ennui lors d'une cérémonie en Arabie Saoudite, ou en se montrant trop détendu lors d'un voyage au Maroc, où il aurait croisé ses jambes en pointant sa chaussure vers le roi, ce qui serait choquant dans un pays islamique.

Lire aussi la chronique de Daniel Schneidermann : "cachez cette tour Eiffel au président !"


NOTES

[1] La loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure est un projet de loi français qui concerne la gestion de la police et de la gendarmerie pour la période 2009-2013 [1]. Ce projet de loi, appelé LOPPSI 2 en référence à la LOPSI de 2002 qui avait le même objet et porte presque le même nom mais sans «performance», est préparé par les ministres de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie puis Brice Hortefeux (UMP). Le texte de loi comporte quarante-huit articles relatifs en particulier à la lutte contre la délinquance routière et la "cyber-pédopornographie", l'instauration d'un couvre-feu pour les mineurs ou encore l'expulsion d'habitats illicites. Il donne également de nouveaux pouvoirs à la police et prévoit d'en déléguer aux polices municipales et aux entreprises de sécurité privée. (Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_d%27orientation_et_de_programmation_pour_la_performance_de_la_s%C3%A9curit%C3%A9_int%C3%A9rieure).

[2] Le 19 novembre 2010 : "Le comité judiciaire du Sénat américain a adopté hier à l'unanimité la proposition de loi controversée sur le filtrage des sites illicites. Ce texte doit offrir au département de la justice de nouveaux outils pour combattre le piratage et la contrefaçon en ligne, à la fois sur le sol américain et à l'étranger." Cf.http://www.numerama.com/magazine/17381-usa-la-loi-sur-le-filtrage-mondial-adoptee-par-le-comite-judiciaire-du-senat.html.

[3] Cf. http://minnesotaindependent.com/74937/bachmann-kline-obamas-not-acting-christian-enough

[4] La psychopathie est un trouble du comportement caractérisé par le déni de l'individualité d'autrui et un comportement généralement impulsif et antisocial pouvant aller jusqu'au crime. En psychologie, ce type de personnalité se caractérise par des conduites antisociales fondées sur des impulsions sans éprouver de culpabilité. Cela se traduit en général par des actes de délinquance, des mensonges ou le mépris du danger. La vie sociale est instable avec de nombreux changements professionnels, des absences ou des fugues. Les règles normatives de la vie sociale et des valeurs sont enfreintes. Les personnes atteintes sont enclines à infliger des mauvais traitements à leur famille. Pour elles, manifester des émotions est un signe de faiblesse et de la déchéance de leur influence sur autrui.Environ 3 % des hommes et 1 % des femmes sont touchés par le comportement antisocial[1]. En général, un psychopathe est un sujet qui a sa propre vision du bien et du mal, qui n'est pas celle acceptée socialement, pouvant donner lieu à une multitude de manifestations singulières asociales, antisociales délictueuses ou criminelles à divers degrés ...

Selon David Lykken, la psychopathie et la sociopathie sont deux manifestations différentes du trouble de la personnalité antisociale. Il avance que les psychopathes naissent avec des caractéristiques psychologiques particulières comme l'impulsivité ou l'absence de peur, qui les conduisent à chercher le risque et les rendent incapables d'intégrer les normes sociales. Par opposition, les sociopathes ont un tempérament plus "normal"; leur trouble de la personnalité tient davantage à un environnement social défavorable (parents absents, proches délinquants, pauvreté, intelligence extrêmement faible ou développée). Ces deux troubles de la personnalité résultent d'une interaction de facteurs génétiques et de facteurs environnementaux, mais la psychopathie tient surtout à des facteurs héréditaires, tandis que la sociopathie tient surtout à des facteurs environnementaux. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychopathie).

[5] Control freak, c’est quoi ? On dit d’une personne qu’elle est control freak lorsqu’elle dicte à son entourage le comportement qu’il doit adopter. Elle veut avoir le contrôle de toutes les situations dans lesquelles elle se trouve. Tout est planifié, calculé, organisé selon un bon déroulement qu’elle a décidé rigoureusement. Les control freaks pensent généralement que leur intervention est nécessaire. Ils cachent un sentiment de supériorité, d’où la nécessité de tout contrôler. D’après eux, ils prennent les devants car les autres ne savent pas gérer correctement les imprévus. Le moindre changement les contrarie. Rien n’est laissé au hasard, tous les détails et aléas sont imaginés et pris en compte. (Cf. http://www.aufeminin.com/ma-psychologie/control-freak-f35695.html).

PS Se faire photographier devant un drapeau bleu – blanc - rouge n'est pas la seule prérogative de l'Elysée. Voici le portrait d'un représentant de Minnesota de la droite conservatrice qui reproche à son président son sécularisme.

Michele Bachmann holconservatives.com