samedi 22 janvier 2011

Autonomie des établissements scolaires. Danger !!!

Texte reçu via la liste Educnatenlutte

L’autonomie : une gestion libérale pour une Ecole à deux vitesses


François COCQ est Secrétaire national à l’éducation du Parti de Gauche

Francis DASPE est Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée


A l’image des médecins du Malade imaginaire de Molière préconisant la saignée pour tout remède, les Diafoirus du système éducatif crient dans un réflexe pavlovien « autonomie ! » dès que l’on parle Ecole. L’autonomie de l’université promue par la loi LRU du 10 août 2007 ne représentait que le galop d’essai : ce sont maintenant le primaire et le secondaire qui sont dans la ligne de mire !

Le 12 janvier, Christian Nique, en charge d’une première évaluation de six mois du dispositif CLAIR (collèges et lycées pour l’innovation, l’ambition et la réussite) mis en œuvre dans 105 établissements, s’est ainsi empressé d’annoncer la généralisation de celui-ci à 249 collèges et 1725 écoles pour la prochaine rentrée. Au programme : recrutement des enseignants « sur profil », contrat d’objectif pour l’établissement, pluri-disciplinarité pour les professeurs, mutualisation des enseignants entre le primaire et le privé, latitude laissée dans la DHG (dotation horaire globale) pour aménager le temps scolaire et les enseignements eux-mêmes ! Soyons clairs justement : cette manœuvre ne vise rien moins que lancer à grande échelle l’autonomie des établissements. Avec tout ce qu’elle porte en elle comme atteintes à l’Ecole de la République.

L’autonomie signifie d’abord mise en concurrence des établissements scolaires, en parfaite cohérence avec la suppression de la carte scolaire : la liberté d’inscrire ses enfants dans l’établissement de son choix sera dès lors reconnue aux parents. Perspective totalement illusoire, car la logique de cette disposition aboutira nécessairement à une inversion radicale : ce seront in fine les établissements (une partie de ceux bénéficiant initialement d’avantages comparatifs) qui choisiront leurs élèves, tandis que les autres en seront réduits à accueillir les élèves non désirés ou pour qui il sera trop difficile de s’extraire de leur enracinement territorial ou de leur appartenance sociale. Dans le même temps, force est de constater les avantages toujours plus nombreux concédés à l’enseignement privé (à 95% confessionnel) qui se prépare à s’attaquer avec voracité à ce grand marché des établissements qui lui est offert sur un plateau.

La volonté d’octroyer des pouvoirs accrus aux chefs d’établissements vise quant à elle à les transformer en chefs d’entreprise, notamment en matière de gestion des personnels et du déroulement de leurs carrières. Tout cela au mépris des statuts comme le confirme la récente sortie de Christian Jacob. La possibilité de recruter et de mettre à pied les personnels viendrait couronner le nouvel édifice au nom du tropisme d’une gestion managériale parée de toutes les vertus.

Le renforcement de l’autonomie favorise également l’ingérence des pouvoirs locaux et des intérêts privés (élus, chefs d’entreprise et notables de tous ordres) dans le fonctionnement de l’Ecole. C’est aller à rebours d’une évolution séculaire : l’institution scolaire s’est construite par une mise à distance salutaire de toute forme de pressions d’ordre consumériste et des agissements clientélistes de féodalités locales. Mise à distance qui signifiait la prise en considération prioritaire de l’intérêt général au détriment des revendications particularistes et privées que ces intrusions induisent de fait.

Les incidences dans le domaine pédagogique ne sont pas moindres. Le but recherché est le démantèlement du cadre national qui structure jusqu’à présent notre système éducatif, et ce en dépit des entorses qui lui ont été faites au cours des dernières années : programmes et examens nationaux, modalités de recrutement des enseignants. La réussite à un concours accorde aux professeurs un statut protecteur indispensable à un exercice empreint de sérénité de leurs fonctions. C’est précisément ce statut, qui est la garantie du service public et donc de l’intérêt général, que l’on cherche à rogner méthodiquement par tous les moyens.

Se dessine un nouveau mode de gestion fondé sur la généralisation de la contractualisation, dont dépendrait l’allocation des moyens mis à disposition des établissements. Ces moyens seraient fonction de la réalisation de contrats d’objectifs déterminés de gré à gré avec les autorités hiérarchiques en contrepartie d’une obligation de résultats. Les effets pervers attendus ne sont pas très difficiles à décrypter. Le système favorisera par effet cumulatif les établissements les mieux lotis qui seront en capacité d’atteindre aisément leurs objectifs, offrant par ce biais le cadre idéal à une contractualisation à double vitesse.

Pour y remédier, la tentation sera grande aux établissements en difficulté (ou tout simplement et de manière plus prosaïque à la recherche de financements supplémentaires) de promouvoir une réussite factice au prix d’un abaissement des exigences et des ambitions. Une fois de plus la regrettable confusion entre démocratisation et massification sera opérée, les aspects comptables quantitatifs l’emportant par nécessité sur les préoccupations qualitatives de l’enseignement dispensé.

L’autonomie n’est surtout pas une mesure neutre. Elle n’est pas à confondre avec la liberté pédagogique qui existe déjà et donne bien des possibilités d’action pour qui veut l’utiliser à bon escient. L’autonomie se situe au cœur même de l’idéologie néolibérale. Elle génère de manière quasi mécanique le corollaire du libéralisme : un accroissement significatif des inégalités instaurant une « école à deux vitesses ». Dénonçons le vrai visage de l’autonomie, redoutable miroir aux alouettes à la fois moyen et finalité de l’entreprise de destruction de l’Ecole de la République. Elle n’est pas la solution, mais bien une cause et un symptôme du problème.

jeudi 20 janvier 2011

Quand l'orientation des élèves quitte le domaine public ...

Ce premier petit message a été envoyé à mes collègues de lycée à l'issue d'une demi-journée pédagogique dans l'établissement sur le thème de la réforme du lycée. Cette demi-journée, offerte par le recteur pour permettre d'observer la mise en place de cette réforme, nous a surtout permis de prendre conscience de l'impossibilité technique de mettre en place le tutorat tel qu'imaginé par je ne sais quel haut fonctionnaire déconnecté des réalités et de l'augmentation de la charge de travail que l'on cherche à nous imposer, en particulier pour les collègues PP (professeurs principaux) à qui l'on demande dorénavant d'assurer le travail d'orientation à la place de nos collègues conseillers d'orientation psychologue.

De retour à la maison, je file chercher ma petite Liounia à son cours de judo et tombe, à l'entrée de la salle de sport, nez à nez avec une affiche de Vivacio qui m'a fait monter la moutarde au nez ...

Voici donc, ce que je leur ai écrit hier :

"Pour continuer la discussion de ce matin sur le rôle qu'on veut nous faire tenir dans l'orientation et voir l'état des lieux, allez faire un tour sur le site des Co-psys en lutte

http://www.vivacio.fr/site/

La logique est simple : AGCS ;o((

Il s'agit de faire de la place pour Vivacio et consorts ... Bizness is bizness (désolé pour les collègues d'anglais ;o))"


Et aujourd'hui, j'ai dû réitérer :


"Bon je sais, encore ...

Moi, je ne fais pas de politique ... ou pas trop ... mais là, ça tombait trop à pique pour que je ne vous en fasse pas part ...

Dans le collège où j'enseigne aussi, on vient de recevoir ce message:

"visite du CIO, classe de 3ème
RAPPEL: Cette visite prévue le 11 janvier avait été reportée au 25 janvier

8h30 (sur place) à 10h 3A avec Mme -------
3D à préciser
13h30 à 15h 3B avec Mr -----
15h (sur place) à 16h30 3C avec Mme ----

la classe sera divisée en deux
1ère partie: réaliser une fiche métier
2ème partie: présentation du diapo post 3ème

nota: cette visite pourra servir de support à l'évaluation d'items de la compétence 6"


Donc voilà, on y est, c'est fini, on ne rencontre plus le Copsy en troisième, on "visite le CIO" !!!

C'est trop fort, vraiment trop fort ...


Nota : et le mieux, c'est que ça va permettre de valider des compétences ;o))


vendredi 7 janvier 2011

DT-Ulysse ou comment concevoir le logiciel le moins pratique pour économiser encore ?

Au départ, cet article n'était qu'un commentaire de cet article, mais comme un commentaire est limité à 4096 caractères ...

Donc pour fixer un peu les choses, cette application en ligne est censée simplifier nos remboursements de frais de déplacements, à nous autres, TZR (titulaire en zone de remplacement), CoPsy (conseillers d'éducation psychologues) et autres migrants de l'Education Nationale ... et je vous assure que son utilisation est tellement abracadabrante que je ne serais pas étonné d'apprendre qu'elle ait déjà permis d'économiser sur le budget de l'état un nombre conséquent de petites sommes que leurs récipiendaires auront préféré abandonner plutôt que d'avoir à trouver leur chemin dans ce labyrinthe ...

Voici donc ce commentaire :

Bonsoir,
je ne fais pas partie du club des Personnels de Direction mais de celui des enseignants TZR qui ont aussi à subir ce logiciel au fonctionnement archaïque, à l'ergonomie préhistorique et aux côtés pratiques quasi inexistants ...

J'ai la chance de n'avoir pas eu à l'utiliser l'an dernier et ne l'ai donc découvert qu'à la rentrée.
Et quelle désagréable découverte ...

Il m'aura déjà fallu deux bonnes semaines pour y accéder, ayant eu le tord de suivre le lien fourni dans le message reçu un jour de ulysse@etaponline.fr m'indiquant qu'un ordre de mission avait été validé.
Intrigué car n'ayant fait aucune démarches à ce jour, j'ai tenté d'en savoir plus en suivant le lien susnommé mais n'ai reçu en retour qu'un message d'Erreur 404 ...
Un premier courriel au service gérant les remboursements de frais de déplacements dans l'académie (voir plus bas) restera sans réponse et c'est vers l'assistance informatique que je me tournais. Ayant été invité par retour de courriel à les contacter par téléphone, j'appris donc qu'il fallait simplement ne surtout pas suivre ce lien et que c'était un problème connu ...

Alors pourquoi continuer de faire parvenir ce message ?

Me voilà donc enfin dans le saint des saints de la nouvelle bureaucratie du ministère de l'éducation nationale. Je vais pouvoir faire couler les robinets des remboursements de frais de déplacements (c'est que ça finit par en faire des kilomètres au bout d'un mois ... et qu'au prix de l'essence en ce moment ...).

Je me suis muni du petit guide de l'utilisateur fourni par le Rectorat et j'ai entamé la création de mon "Ordre de mission ponctuel (OMPo)" pour ensuite le transformer en état de frais ...

Et j'ai commencé à le remplir ... laborieusement car les développeurs n'ayant pas été capable d'intégrer un calculateur de distances, il nous est expressément demandé d'aller faire le calcul nous même sur google maps, péniblement car ils n'ont pas non plus pensé qu'il était probable que d'une semaine sur l'autre les parcours soient les mêmes et que de pouvoir rappeler un lundi avec ses caractéristiques et d'en changer le nom pour l'appliquer au lundi du jour, serait une fonction des plus utiles ...

Au bout du compte, près d'une heure pour déclarer les déplacements du mois de septembre. Alors bien sûr, plus de 200 € de remboursement prévus font qu'on se dit que ça fait une heure bien payée mais non, il ne faudrait pas oublier que c'est une nouvelle heure supplémentaire qu'on nous impose là, que cet argent nous est dû et que le remplissage des feuilles que DT-Ulysse cherche à remplacer, usité il y a encore deux ans dans mon académie, ne prenait pas plus d'un quart d'heure.

Un mois plus tard, je viens m'occuper du mois d'octobre et découvre que tout a été bloqué parce que, m'apprend un message de la gestionnaire en charge de mon dossier, me déplaçant ce jour sur deux établissements B et C et étant rattaché à l'établissement A, je devais déclarer ABCA et non ABACA.

Mais ce message, n'aurais-je pu le recevoir dans ma BAL académique plutôt de le découvrir en revenant sur DT-Ulysse ? Et cette modification, la gestionnaire n'a pas la possibilité de la réaliser de son côté ?

M'enfin me dis-je, allons-y, ce ne sont que 4 lundi à changer. J'essaie d'en éditer un mais ne trouve pas comment faire aussi décidè-je de le supprimer pour le recréer. Je coche donc ce lundi et m'en vais cliquer, sans appréhension (oh, que j'aurais dû) sur supprimer en haut à droite de ma liste.
Et là, horreur, c'est l'ensemble de mes données du mois de septembre qui disparait sous mes yeux ...
Alors, je me dis que ce n'est pas grave, que que je n'ai pas encore valider les changements et qu'il me suffit de clore l'appli et de la relancer pour récupérer ma liste ... et bien non, alors que pour chaque jour il avait fallu valider lors de la déclaration, un seul clic avait suffi à tout supprimer, et sans aucune validation ...

Un peu fâché, je n'ai pas déclaré mon mois d'octobre et au lieu de ça, j'ai envoyé ce message; lui aussi resté sans réponse, à ma gestionnaire et au service d'assistance informatique

"J'adore votre logiciel où l'on passe notre temps à faire votre travail administratif, où l'on n'est pas mis au courant des corrections à effectuer par courriel, où les corrections entrainent la suppression de l'ensemble des informations préalablement rentrées (et dieu sait qu'on y passe du temps à les entrer puisqu'il n'y a même pas possibilité de dupliquer une entrée ...) et ce, même si on n'enregistre pas les modifications ...

En un mot comme en cent, une véritable usine à gaz et tout ça pour se faire rembourser de l'argent qui nous est dû ...

Vive l'éducation nationale ...
et @u plaisir de vous lire sur mon adresse académique,"


En un mot comme en cent, je suis aujourd'hui outré que l'on nous impose de travailler avec cet outil et je cherche à créer un groupe de pression oeuvrant pour le moins à son amélioration ...

C'est en cherchant qui s'en plaignait que je suis tombé sur votre blog et si je me suis permis ce "petit" texte introductif, c'est que j'avais une question à poser.

Est-il possible pour un enseignant TZR d'arguer d'un quelconque argument pour revenir à la version papier de la déclaration mensuelle ?

@u plaisir de vous lire,


Message au service gérant les remboursements de frais de déplacements :

Bonjour,
j'ai reçu hier ce message de ulysse@etaponline.fr

"
*MINISTERE DE L EDUCATION NATIONALE*
*M.E.N. : Académie de Rennes - Frais de déplacement (DT-ULYSSE)*

Bonjour, votre OM N° 64A24 a bien été validé.
Pour y accéder, cliquer ici

Au retour de votre mission , n'oubliez pas de créer l' état de frais et envoyez le à votre valideur hiérarchique.

*Attention: Aucun remboursement ne pourra être effectué si l'état de frais n'est pas constitué*"

ce qui m'étonne car je n'avais pas encore remis les documents nécessaires à la secrétaire de mon établissement pour qu'elle vous les fasse parvenir.

Après avoir cliqué et essayé avec mes identifiants webmail, je ne peux accéder à l'application.

Quels sont mes identifiants ?

D'avance merci de votre réponse,


Et encore, je n'en suis qu'à la première étape, il y aura ensuite au moins deux validations, puis la mise en paiement ... pfou ... si je suis payé à la rentrée 2011 ce sera bien ;o((

mardi 14 décembre 2010

Un cancer politique nommé LOPPSI 2 ...

Ah, heureusement que l'Oncle Paul a du temps à consacrer à la lutte permanente contre les injustices et les abus en tou genre ...

Nous, il nous reste à signer les pétitions ;o))

LETTRE OUVERTE A MESDAMES ET MESSIEURS LES DÉPUTÉS ET SÉNATEURS EN ILLE-ET-VILAINE ...

Le projet de loi dite LOPPSI 2 - alias la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure - sera examiné en seconde lecture à l’Assemblée nationale du 14 au 21 décembre 2010. Résumée par l'article que lui consacre le site Wikipédia, cf. infa [1], le dessein, le contenu et la portée sociétale du texte de ce projet de loi – comme il est proposé sous sa forme actuelle - sont très problématiques à plus d'un titre.

A l'instar du caractère du président français affiché à l'étranger – tyrannique, erratique, tape-à-l'oeil et malin (Cf. au verso) - la loi LOPPSI 2 ressemble à une énième loi de circonstance. Elle rappelle la loi sur le port du voile intégral et la loi consacrée à l’immigration - la cinquième en huit ans !

Malgré les efforts d'Etienne Pinte UMP et pour faire plaisir à l'ascendance judéo-chrétienne de sa majesté Nicolas I de la dynastie Sarközy de Nagy-Bocsa, la loi perfide d'Eric Besson ciblantimplicitement les Roms de Bulgarie et de Roumanie - et pour séparer le bon grain français de l'ivraie étrangère (25% de la population !) fut adoptée par le Parlement et doit être transposée avant le 24 décembre 2010. Je crains que ce soit pareil pour la loi LOPPSI 2 - expéditive, démagogue et arbitraire à souhaits. Son but : renforcer un régime d’exception anti-constitutionnel jusqu'ici amorcé avec la complaisance d'une petite majorité des parlementaires et fonctionnaires.

Commençons par l'aspect cybernétique. Il s'agit de la remise en cause directe des principes fondateurs de l'internet : son indépendance et sa neutralité. Ceci paraît-il pour aligner la France sur la proposition de loi sur le filtrage mondial de la Toile adoptée récemment par le comité judiciaire du Sénat aux USA (Rockefeller-Snowe Cybersecurity Bill) visant à donner à la Maison Blanche le pouvoir de bloquer l’accès à l'internet sur le sol américain et à l'étranger. [2].

A l'heure où j'écris, 42 membres d'un Congressional Prayer Caucus ont écrit à Barack Hussein Obama pour se plaindre du fait qu'il n'a pas prononcé le mot 'dieu' assez souvent dans son discours lors d'une tournée récente en Indonésie. [3] Comme les pleutres et bigots à la française ne manquent pas, aussi bien au sein de la majorité présidentielle que dans les rangs de l'opposition, il y a lieu de s'inquiéter en France sur l'impact juridique, social, économique, sanitaire et environnemental du projet de loi LOPPSI 2 qui déclare et fera la guerre aux mal-lotis – c'est-à-dire aux habitants de bidonvilles, d’habitations de fortune, de campements de sans abris etc.

C'est pourquoi il faut mettre en exergue un volet du LOPPSI 2 particulièrement liberticide. L’article 32 ter A, introduit par un amendement du gouvernement adopté par la commission des lois du Sénat, puis voté par le Sénat le 10 septembre 2010, crée une procédure d’exception, à l’initiative du Préfet et en l’absence du juge, pour expulser les habitants installés de manière «illicite».

Nombreuses sont les personnes qui risquent d’être concernées par cette disposition répressive. Si la procédure contradictoire est prévue dans les textes, elle est néanmoins compromise par cet article qui prévoit également la destruction des biens, ainsi qu’une amende de 3750 € pour le propriétaire du terrain, public ou privé, qui s’opposerait à ces procédures fantaisistes et scélérates.

Certains croient sincèrement qu'il existe chez le titulaire du pouvoir executif de la République un affaiblissement psychique profond, global et progressif et son comportement imprévisible et autoritaire laisse penser aux tendances psychopathiques. [4] En tout cas la dérive présidentielle - appelez-le comme vous le voulez - pose problème dans ce pays. Car nous assistons à une volonté maladive de la part du chef de l'Etat de tout légiférer, de tout régenter, àfin de tétaniser toute velléité de résistance à plusieurs reformes politiques foncièrement anti-démocratiques et anti-républicaines. Comportement observé chez de nombreux dictateurs largement inspirés du modèle antique esclavagiste – de Caligula à Staline en passant par Charlemagne et Napoléon Buonaparte. La tyrannie n'est pas une nouveauté dans la classe politique. On peut évoquer aussi l'expression anglaise «Control Freak» suite aux prestations 'exécutives' de Tony Blair. [5]

Il ne fait pas bon vivre dans une société occidentale qui fait surtout peur, qui est caractérisée par des atteintes répetées aux droits de l'homme, par la suppression de facto de la présomption d'innocence, par le fichage génétique du citoyen lambda - pour un oui ou pour un non - par la répression policière du délit d'opinion et du délit du faciès, par la conduite vexatoire des forces de l'ordre, par la privatisation galopante du pouvoir judiciaire, par la criminalisation de la précarité, par la stigmatisation médiatique de la pauvrété. Car dans un monde où le gouffre entre les nantis et les démunis ne fait que s'élargir, chaque particulier devient potentiellement un terroriste bon à coffrer.

Sous l'oeil bienveillant d'un gouvernement ethnocentrique - pour ne pas dire raciste - la France sombre dans l'une des phases les plus noires de son histoire. La loi LOPPSI 2 est volontairement provocatrice et 'socially divisive' pour diviser l'opinion et créer des dissensions. Diviser pour mieux régner est la devise de tant d'empires. Par la surenchère sécuritaire, Matignon et l'Elysée jouent aux pompiers-pyromanes. D'où ces vidéos qui circulent sur l'internet genre : «La racaille fait régner la terreur» (Cf. http://www.dailymotion.Com/video/x331xp_la-racaille-fait-regner-la-terreur. Ce sont des jeunes français - souvent au chômage - qui se sentent exclus par une société consumériste à outrance, avec des parents qui travaillent trop. Or qu'est-ce qu'ils ont comme modèle ? Une élite abjecte de plus en plus friquée qui rançonne le pays entier, extorquant le maximum pour conserver leur train de vie ostentoire. La séparation des pouvoirs, voire l’equilibre entre pouvoir législatif, pouvoir exécutif et autorité judiciaire est d’actualité et a pleinement valeur constitutionnelle.

Je vous demande de bien vouloir apprécier les faits exposés dans les documents sur les liens http://www.loppsi.org/ et http://www.halemfrance.org/spip.php?article68. La gravité de la situation à présent est imputable en grande partie aux 'locataires' de l'Hémicycle et du Palais du Luxembourg, qui ont démissionné de leur rôle régalien dans leur majorité, pour donner pleins pouvoirs au 'concierge' qui, trousseau des clés en main, fait trembler son entourage et dont l'hyperactivité provoque le chaos autour de lui. Merci d’exercer votre discernement et votre devoir de mémoire.

Dans l'attente de vous lire : Paul Matthews 35580 Saint-Senoux


09h21 suivi Par Gilles Klein le 01/12/2010 http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=9798

SARKOZY "TYRANNIQUE, IMPRÉVISIBLE" (GUARDIAN/WIKILEAKS)


Poursuivant la publication de documents diplomatiques américains dont il a l'exclusivité en Grande Bretagne, le Guardian consacre une page à Nicolas Sarkozy. Apprécié par les Américains car considéré comme "le président français le plus pro-américain", Sarkozy n'est pourtant pas ménagé, il "a peu d'expérience de la politique étrangère et parle mal anglais".

"Une série de notes américaines confidentielles présentent le président français comme un égocentrique, susceptible, qui tyrannise ses ministres et son équipe avec son caractère imprévisible. Il est dépeint comme peu diplomatique, hyperactif, parfois grossier." explique le Guardian citant des documents diffusés par Wikileaks.

"Un memo de l'ambassadeur Charles Rivkin à la ministre des Affaires Etrangères, Hillary Clinton, en décembre 2009, dit «Nos contacts à l'Elysée évoquent leurs efforts pour éviter de le contrarier ou de l'énerver, allant jusqu'à modifier le trajet de l'avion présidentiel pour éviter qu'il ne voie la tour Eiffel illuminée aux couleurs de la Turquie à l'occasion de la visite de son Premier ministre Erdogan» sur l'initiative du maire socialiste de Paris, alors que Sarkozy est opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne."

Un autre document américain cite Angela Merkel: "Le simple fait d'être dans la même pièce que Sarkozy suffit à augmenter le stress de n'importe qui". Selon un diplomate européen "son style de management est épuisant et la fatigue est un effet secondaire du chaos provoqué par l'hyperactivité de Sarkozy».

Ses ministres "ont peur de partir en vacances, ils craignent de perdre leur poste s'il se passe quelque chose en leur absence". Sarkozy serait aussi "connu pour présenter Louis, son fils de 9 ans, aux invités officiels".

Guardian mercredi 1er décembre 2010

En bas de page, un deuxième article évoque le fait que Sarkozy ait choqué l'Arabie Saoudite en prévoyant d'emmener Carla Bruni avec lui lors d'une visite d'Etat dans ce pays, bien qu'ils ne soient pas encore mariés, avant d'annuler ce projet. Mais il aurait aussi commis des fautes protocolaires, entre autres, en affichant son ennui lors d'une cérémonie en Arabie Saoudite, ou en se montrant trop détendu lors d'un voyage au Maroc, où il aurait croisé ses jambes en pointant sa chaussure vers le roi, ce qui serait choquant dans un pays islamique.

Lire aussi la chronique de Daniel Schneidermann : "cachez cette tour Eiffel au président !"


NOTES

[1] La loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure est un projet de loi français qui concerne la gestion de la police et de la gendarmerie pour la période 2009-2013 [1]. Ce projet de loi, appelé LOPPSI 2 en référence à la LOPSI de 2002 qui avait le même objet et porte presque le même nom mais sans «performance», est préparé par les ministres de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie puis Brice Hortefeux (UMP). Le texte de loi comporte quarante-huit articles relatifs en particulier à la lutte contre la délinquance routière et la "cyber-pédopornographie", l'instauration d'un couvre-feu pour les mineurs ou encore l'expulsion d'habitats illicites. Il donne également de nouveaux pouvoirs à la police et prévoit d'en déléguer aux polices municipales et aux entreprises de sécurité privée. (Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_d%27orientation_et_de_programmation_pour_la_performance_de_la_s%C3%A9curit%C3%A9_int%C3%A9rieure).

[2] Le 19 novembre 2010 : "Le comité judiciaire du Sénat américain a adopté hier à l'unanimité la proposition de loi controversée sur le filtrage des sites illicites. Ce texte doit offrir au département de la justice de nouveaux outils pour combattre le piratage et la contrefaçon en ligne, à la fois sur le sol américain et à l'étranger." Cf.http://www.numerama.com/magazine/17381-usa-la-loi-sur-le-filtrage-mondial-adoptee-par-le-comite-judiciaire-du-senat.html.

[3] Cf. http://minnesotaindependent.com/74937/bachmann-kline-obamas-not-acting-christian-enough

[4] La psychopathie est un trouble du comportement caractérisé par le déni de l'individualité d'autrui et un comportement généralement impulsif et antisocial pouvant aller jusqu'au crime. En psychologie, ce type de personnalité se caractérise par des conduites antisociales fondées sur des impulsions sans éprouver de culpabilité. Cela se traduit en général par des actes de délinquance, des mensonges ou le mépris du danger. La vie sociale est instable avec de nombreux changements professionnels, des absences ou des fugues. Les règles normatives de la vie sociale et des valeurs sont enfreintes. Les personnes atteintes sont enclines à infliger des mauvais traitements à leur famille. Pour elles, manifester des émotions est un signe de faiblesse et de la déchéance de leur influence sur autrui.Environ 3 % des hommes et 1 % des femmes sont touchés par le comportement antisocial[1]. En général, un psychopathe est un sujet qui a sa propre vision du bien et du mal, qui n'est pas celle acceptée socialement, pouvant donner lieu à une multitude de manifestations singulières asociales, antisociales délictueuses ou criminelles à divers degrés ...

Selon David Lykken, la psychopathie et la sociopathie sont deux manifestations différentes du trouble de la personnalité antisociale. Il avance que les psychopathes naissent avec des caractéristiques psychologiques particulières comme l'impulsivité ou l'absence de peur, qui les conduisent à chercher le risque et les rendent incapables d'intégrer les normes sociales. Par opposition, les sociopathes ont un tempérament plus "normal"; leur trouble de la personnalité tient davantage à un environnement social défavorable (parents absents, proches délinquants, pauvreté, intelligence extrêmement faible ou développée). Ces deux troubles de la personnalité résultent d'une interaction de facteurs génétiques et de facteurs environnementaux, mais la psychopathie tient surtout à des facteurs héréditaires, tandis que la sociopathie tient surtout à des facteurs environnementaux. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychopathie).

[5] Control freak, c’est quoi ? On dit d’une personne qu’elle est control freak lorsqu’elle dicte à son entourage le comportement qu’il doit adopter. Elle veut avoir le contrôle de toutes les situations dans lesquelles elle se trouve. Tout est planifié, calculé, organisé selon un bon déroulement qu’elle a décidé rigoureusement. Les control freaks pensent généralement que leur intervention est nécessaire. Ils cachent un sentiment de supériorité, d’où la nécessité de tout contrôler. D’après eux, ils prennent les devants car les autres ne savent pas gérer correctement les imprévus. Le moindre changement les contrarie. Rien n’est laissé au hasard, tous les détails et aléas sont imaginés et pris en compte. (Cf. http://www.aufeminin.com/ma-psychologie/control-freak-f35695.html).

PS Se faire photographier devant un drapeau bleu – blanc - rouge n'est pas la seule prérogative de l'Elysée. Voici le portrait d'un représentant de Minnesota de la droite conservatrice qui reproche à son président son sécularisme.

Michele Bachmann holconservatives.com

dimanche 12 décembre 2010

Faut-il que les Roumains nous aident à réfléchir ?

Tiré de


Mourir pour les banques ? Non merci

10 décembre 2010 România liberă Bucarest

Bruxelles devait-elle soutenir le sauvetage des banques de la faillite ? Non, estime un juriste roumain, car le maintien de l'Etat providence est plus important. Et il cite l'exemple des Islandais, qui ont choisi de ne pas financer le sauvetage de leurs banques.

Entre octobre 2008 et octobre 2010, la Commission européenne a approuvé des aides d'Etat pour les banques à hauteur de 4 589 milliards d'euros, soit le PIB de la Roumanie sur 45 ans. On ne sait pas combien parmi ces aides d'Etat sont passées inaperçues, car la Commission était (trop) généreuse avec ce type de financement. Mille milliards d'euros ont été dépensés pour sauver les banques en 2008 et 250 millions en 2009. Pour tous les autres secteurs économiques réunis, les aides d'Etat approuvées au cours de la même période s'élevaient à 73 milliards d'euros (soit 60 fois moins).

Les aides d'Etat représentent le soutien accordé aux entreprises par les autorités publiques, avec l’argent public. Elles sont octroyées sur des décisions de l'administration, des décisions fondamentalement anti-concurrentielles et opaques, et sur lesquelles les citoyens ne sont pas consultés. Sans le savoir, le contribuable européen est impliqué dans cet effort, à la limite de la légitimité, de sauvetage des banques de la faillite.

Le contribuable ne se limite pas à payer des impôts, c’est également un citoyen. Et le citoyen a des droits, et pas seulement des obligations. Avant de le rendre solidaire des banques endettées au bord de l'effondrement et avant de l'associer aux risques que comportent leurs combines, le citoyen doit d'abord avoir la certitude que ses droits sont garantis, ou du moins l'espoir légitime que tel sera le cas.

Le sauvetage des banques rend caduc le devoir de payer les impôts

Nous acceptons de payer des taxes et des impôts parce que nous nous attendons à ce que l'Etat finance correctement et à temps le système d'éducation, de santé, l'ordre public, la justice et la Défense. Les déficits majeurs de ces secteurs, parce que l'Etat a considéré comme prioritaire le sauvetage des banques de la faillite, rend caduc le devoir des citoyens de payer leurs impôts. Nous ne souhaitons pas payer des impôts pour que l’Etat les balance dans les trous noirs d'un système financier qui est (encore) guidé par le slogan "greed is good" (la cupidité est bonne).

Nous contribuons aux systèmes de sécurité sociale parce que nous nous attendons à ce que, lorsque nous en avons besoin, ces systèmes nous aident avec de l’argent et des prestations sociales qui nous permettent de sortir de l'impasse ou de mener une existence décente en cas d'invalidité, de maladie, de congé parental, d’accident, etc.

Ces prestations sociales, financées longtemps à l’avance par les cotisants, sont plus importantes que la nécessité de sauver un système financier responsable de sa propre crise et qui, dans son ensemble, fait de toute manière des bénéfices par diverses magouilles dans le trading, sur les marchés des changes, des aides d'Etat ou en jonglant avec l’argent virtuel.

Les banques et leurs créanciers, y compris les détenteurs d'obligations, doivent supporter le risque des mauvais investissements. Ce sont des professionnels du risque, qui savent évaluer le risque d'un investissement et les ressources nécessaires pour assumer ce risque. Ils spéculent même sur l'évolution des événements, acceptant à tout moment la possibilité de perdre, et donc ils ne peuvent pas et ne doivent pas être protégés.

Les particuliers, cependant, n'ont pas les mêmes moyens que les banques. C'est la raison pour laquelle ils sont les destinataires exclusifs des lois de protection (en tant qu'investisseurs, épargnants, consommateurs ou contribuables).

Les Islandais, eux, ne se sont pas laissés impressionnés

Les banques ne sont pas les seuls créanciers de l'Etat : les citoyens le sont également. En fait, les citoyens sont les créanciers les plus importants et les plus nombreux. Récapitulons : l'Irlande n'a pas accepté de laisser ses banques faire faillite ; elle les a sauvées, payant à leur place environ 60 milliards d'euro (ce qui a porté le déficit à 32% du PIB).

Maintenant, en tant qu'Etat, elle est en faillite, et sous le contrôle des créanciers financiers, et non plus des citoyens irlandais. En revanche, l'Islande a accepté de mettre toutes ses banques en faillite. Leurs dettes sont ainsi supportées par leurs créanciers. Les Islandais n'ont pas été directement affectés, même s’ils étaient de toute manière touchés par la crise.

L'Islande a même organisé un référendum, par lequel les citoyens ont rejeté le sauvetage des banques. Ils ne se sont pas laisser impressionner par des expressions telles que "too big to fail" (trop gros pour faire faillite), conçues pour manipuler les esprits.

Leur président, Ólafur Ragnar Grímsson avait dit à l’époque : "Comment pourrions-nous obliger les gens à payer pour les erreurs des banquiers ?" C'est une bonne question pour un président, pour un Premier ministre, pour un gouverneur. En Roumanie, comme ailleurs.

mardi 7 décembre 2010

Avez-vous déjà découvert Agnès Obel ?

Non ? Alors il est temps ;o))






Et si vous voulez chanter avec elle, voici les paroles ;o))

Down by the river by the boats
Where everybody goes to be alone
Where you wont see any rising sun
Down to the river we will run

When by the water we drink to the dregs
Look at the stones on the river bed
I can tell from your eyes
You've never been by the riverside

Down by the water the riverbed
Somebody calls you somebody says
swim with the current and float away
Down by the river everyday

Oh my God I see how everything is torn in the river deep
And I don't know why I go the way
Down by the riverside

When that old river runs pass your eyes
To wash off the dirt on the riverside
Go to the water so very near
The river will be your eyes and ears

I walk to the borders on my own
To fall in the water just like a stone
Chilled to the marrow in them bones
Why do I go here all alone

Oh my God I see how everything is torn in the river deep
And I don't know why I go the way
Down by the riverside

lundi 6 décembre 2010

Notre Dame des Landes - Lettre ouverte à Jean-René Marsac - Député PS Redon-Bruz 35

Ah, l'Oncle Paul n'a décidément pas sa langue dans sa poche ;o))

«Rien ne distingue davantage les oiseaux de l’homme que le fait qu’ils construisent et pourtant laissent le paysage dans le même état qu’avant». Robert Wilson Lynd alias Sinn Féin activist Robiard Ó Flionn (1879-1949).

«Pour info, au cas peu probable où vous l'ignoreriez, JR Marsac est un farouche partisan de la construction de l'aéroport ND des Landes. Pour moi cela classe définitivement le bonhomme parmi les pollueurs patentés».

En lisant ces propos ci-dessus d'un collègue, apparemment mieux informé que moi, je suis tombé des nues.

Quand je suis venu à Paris vous écouter parler du projet de loi OGM en mai 2008, j'ai cru comprendre que mon député, celui de la 4ème circonscription d'Ille-et-Vilaine Redon-Bruz, était accessible au raisonnements de ceux qui combattent les fossoyeurs de notre planète.

Il me semblerait impensable d'imaginer que vous faisiez alors partie du 'concert de démagogie' [1] à propos du projet d'infrastructure 'pharaonique' et 'du dernier siècle' qui engloutirait - par bétonnage - quelques 2000 hectares de bonnes terres agricoles en supprimant en même temps une cinquantaine d'exploitations. C'est-à-dire si l'on calcule sur la base de chaque salarié et poste de travail connexe à une agriculture de qualité, bien plus qu'un millier d'emplois. Sans oublier le coût «externe» d'une détérioration du tissu social, voire d’un milieu rural ou semi-urbain riche et de la destruction d’un bocage à biodiversité exceptionnelle d'une valeur inestimable.

En échange de quoi ? Désapprouvée par le grenelle de l'Environnement (fin 2007), une grande plateforme aéroportuaire inutile et néfaste – caduque déjà - au bénéfice d'un groupement industriel - Vinci Concessions, Vinci SA, CCI de Nantes, CIFE, ETPO - qui, aux commandes des travaux, est lié à une grosse affaire de corruption directement ou via les filiales, (Dumez, Campenon Bernard ... ) avec ses concurrents Eiffage (Fougerolles, SAE) et Bouygues. Tous donc condamnés en justice. Seulement parce que la victime fut la SNCF. On croit rêver. (Cf. http://www.bakchich.info/La-SNCF-empoche-130-millions-a-l,07596.html).

On nous parle de 3500 emplois à l’ouverture de Notre-Dame-des-Landes. A présent, 650 emplois directs et 1 000 emplois indirects sont recensés sur le site actuel de Nantes Atlantique. Ces emplois seraient tout bêtement transférés sur le nouveau site. Comment peut-on s'imaginer que, par un simple transfert de l’aéroport ou un coup de baguette magique, on puisse passer de 1650 à 3500 emplois ? On nous promet aussi 15 000 emplois à l’horizon 2050. Mais quel va être le développement du transport aérien, compte tenu des crises financières et énergétiques en cours ? Il s’agirait en effet principalement de «transferts» d’emplois plutôt que de «créations».

A noter aussi qu'au rythme contemporain l’équivalent d’un département français est artificialisé tous les dix ans, que le public en a marre de tels discours mythomanes et que la priorité absolue du 21 ème siècle est la reconquête de la qualité de l'eau et la réapproriation de notre autosuffisance alimentaire. Ceci s'effectura seulement par une gestion saine des sols qui misera sur (a) la régénération de la flore microbienne et sur (b) la conservation - sinon l'augmentation - des surfaces agricoles disponibles sur le territoire français. Ce sont des faits incontournables.

Le site officiellement nommé la "Zone d'Aménagment Différée" a été rebaptisé la Zone à Défendre par ses opposants. Plusieurs de leurs camps retranchés sont menacés de représailles judiciares et ne pourront peut-être pas résister longtemps aux provocations des forces de l'ordre, réputées pour leur brutalité et un comportment qualifié de 'vexatoire caractérisé – à cause de la nature autoritaire du régime présidentiel aujourd'hui. Pourtant Notre Dame des Landes rappelle étrangement les impasses de Plogoff (1978-1981) et du plateau de Larzac (1973-1981).

Outre le recours à la violence et au regrettable passage en force, que le PS dénonce autant dans la politique de Nicolas Sarkozy, votre position en décembre 2010 ne semble pas plus tenable que celle de février 2009 (Cf. http://www.infosredon.fr/index.php?page=article&edition=1723). Je vous demande de bien vouloir prendre en considération ces éléments de refléxion, en vous en souhaitant bonne réception.

Dans l'attente de vous lire. Paul Matthews ep.matthews@free.fr.


[1] Concert de démagogie = un cénacle sous l'étiquette PS-PCF- UMP. En juillet 2004 le bureau du syndicat mixte de Notre-Dame-des-Landes fut composé majoritairement de quelques irréductibles de la gauche caviar Grand Ouest. Notament : Jean-Marc Ayrault, Marcel Hamel, Jean Normand et l'ancien président Patrick Mareschal (Cf. Communiqué de presse 15 juillet 2004 http://www.paysdelaloire.fr/uploads/tx_oxcsnewsfiles/04-07-15_cp01.pdf).