lundi 6 décembre 2010

Notre Dame des Landes - Lettre ouverte à Jean-René Marsac - Député PS Redon-Bruz 35

Ah, l'Oncle Paul n'a décidément pas sa langue dans sa poche ;o))

«Rien ne distingue davantage les oiseaux de l’homme que le fait qu’ils construisent et pourtant laissent le paysage dans le même état qu’avant». Robert Wilson Lynd alias Sinn Féin activist Robiard Ó Flionn (1879-1949).

«Pour info, au cas peu probable où vous l'ignoreriez, JR Marsac est un farouche partisan de la construction de l'aéroport ND des Landes. Pour moi cela classe définitivement le bonhomme parmi les pollueurs patentés».

En lisant ces propos ci-dessus d'un collègue, apparemment mieux informé que moi, je suis tombé des nues.

Quand je suis venu à Paris vous écouter parler du projet de loi OGM en mai 2008, j'ai cru comprendre que mon député, celui de la 4ème circonscription d'Ille-et-Vilaine Redon-Bruz, était accessible au raisonnements de ceux qui combattent les fossoyeurs de notre planète.

Il me semblerait impensable d'imaginer que vous faisiez alors partie du 'concert de démagogie' [1] à propos du projet d'infrastructure 'pharaonique' et 'du dernier siècle' qui engloutirait - par bétonnage - quelques 2000 hectares de bonnes terres agricoles en supprimant en même temps une cinquantaine d'exploitations. C'est-à-dire si l'on calcule sur la base de chaque salarié et poste de travail connexe à une agriculture de qualité, bien plus qu'un millier d'emplois. Sans oublier le coût «externe» d'une détérioration du tissu social, voire d’un milieu rural ou semi-urbain riche et de la destruction d’un bocage à biodiversité exceptionnelle d'une valeur inestimable.

En échange de quoi ? Désapprouvée par le grenelle de l'Environnement (fin 2007), une grande plateforme aéroportuaire inutile et néfaste – caduque déjà - au bénéfice d'un groupement industriel - Vinci Concessions, Vinci SA, CCI de Nantes, CIFE, ETPO - qui, aux commandes des travaux, est lié à une grosse affaire de corruption directement ou via les filiales, (Dumez, Campenon Bernard ... ) avec ses concurrents Eiffage (Fougerolles, SAE) et Bouygues. Tous donc condamnés en justice. Seulement parce que la victime fut la SNCF. On croit rêver. (Cf. http://www.bakchich.info/La-SNCF-empoche-130-millions-a-l,07596.html).

On nous parle de 3500 emplois à l’ouverture de Notre-Dame-des-Landes. A présent, 650 emplois directs et 1 000 emplois indirects sont recensés sur le site actuel de Nantes Atlantique. Ces emplois seraient tout bêtement transférés sur le nouveau site. Comment peut-on s'imaginer que, par un simple transfert de l’aéroport ou un coup de baguette magique, on puisse passer de 1650 à 3500 emplois ? On nous promet aussi 15 000 emplois à l’horizon 2050. Mais quel va être le développement du transport aérien, compte tenu des crises financières et énergétiques en cours ? Il s’agirait en effet principalement de «transferts» d’emplois plutôt que de «créations».

A noter aussi qu'au rythme contemporain l’équivalent d’un département français est artificialisé tous les dix ans, que le public en a marre de tels discours mythomanes et que la priorité absolue du 21 ème siècle est la reconquête de la qualité de l'eau et la réapproriation de notre autosuffisance alimentaire. Ceci s'effectura seulement par une gestion saine des sols qui misera sur (a) la régénération de la flore microbienne et sur (b) la conservation - sinon l'augmentation - des surfaces agricoles disponibles sur le territoire français. Ce sont des faits incontournables.

Le site officiellement nommé la "Zone d'Aménagment Différée" a été rebaptisé la Zone à Défendre par ses opposants. Plusieurs de leurs camps retranchés sont menacés de représailles judiciares et ne pourront peut-être pas résister longtemps aux provocations des forces de l'ordre, réputées pour leur brutalité et un comportment qualifié de 'vexatoire caractérisé – à cause de la nature autoritaire du régime présidentiel aujourd'hui. Pourtant Notre Dame des Landes rappelle étrangement les impasses de Plogoff (1978-1981) et du plateau de Larzac (1973-1981).

Outre le recours à la violence et au regrettable passage en force, que le PS dénonce autant dans la politique de Nicolas Sarkozy, votre position en décembre 2010 ne semble pas plus tenable que celle de février 2009 (Cf. http://www.infosredon.fr/index.php?page=article&edition=1723). Je vous demande de bien vouloir prendre en considération ces éléments de refléxion, en vous en souhaitant bonne réception.

Dans l'attente de vous lire. Paul Matthews ep.matthews@free.fr.


[1] Concert de démagogie = un cénacle sous l'étiquette PS-PCF- UMP. En juillet 2004 le bureau du syndicat mixte de Notre-Dame-des-Landes fut composé majoritairement de quelques irréductibles de la gauche caviar Grand Ouest. Notament : Jean-Marc Ayrault, Marcel Hamel, Jean Normand et l'ancien président Patrick Mareschal (Cf. Communiqué de presse 15 juillet 2004 http://www.paysdelaloire.fr/uploads/tx_oxcsnewsfiles/04-07-15_cp01.pdf).

GILLY-SUR-ISÈRE : A BEAU MENTIR QUI VIENT DE LOIN ...

Encore un texte bien documenté de l'Oncle Paul ...

GILLY-SUR-ISÈRE : A BEAU MENTIR QUI VIENT DE LOIN ...
"Un scandale comme celui de Gilly-sur-Isère ne peut plus arriver aujourd'hui". Nathalie Kosciusko- Morizet 2010 (Cf. Infra).

Devant le magistrat instructeur, Vincent Ruguet, salarié de la DRIRE confirme ses déclarations faites devant les gendarmes : «Michel Barnier, Ministre de l'Environnement, avait réuni les Drire en leur demandant de ne pas accentuer leurs actions concernant les non-conformités des usines d'incinération d'ordures ménagères». Entendu le 15 février 2006 en qualité de témoin par le juge d'instruction, Michel Barnier indique ne pas avoir été avisé du cas de Gilly-sur-Isère, en tant que Ministre. Toutefois, il admet l'avoir été… en tant que Président du conseil général de Savoie de 1982 à 1999. Confronté aux déclarations de Vincent Ruguet, il s'inscrit en faux, les qualifiant «d'invraisemblables». (Cf http://albertville.doomby.com/rubrique,introduction,1226017.html).

“In conclusion, it seems, in the light of current knowledge and in view of the small quantities involved, that we have the means to identify and control the risks associated with dioxins, and that these substances do not pose a major public health problem (…) Rather than imposing predetermined, unnecessarily restrictive regulations, we recommend progress contracts, between the State and municipalities or intermunicipal organisations, that would encourage the adoption of the most efficient and best adapted technologies”. Dioxin and its analogues CADAS- Académie des Sciences Joint Report N°4 September 1994 (Cf. Infra).

«Sésame ouvre-toi!" est probablement le mot de passe le plus célèbre de la littérature. Il a donné à Ali Baba l'accès au fabuleux trésor convoité. Mentir comme un arracheur de dent est donc la clé du succès à présent dans le monde de la politique industrielle et dans celui du spectacle. Cela explique pourquoi les professions de comédien et de politicien sont tellement proches l'une de l'autre.

On apprend son texte et on joue la comédie. Or les ministres aujourd'hui ne connaissent même pas leurs dossiers. Tel est l'avis de Francis Glémet, porte-parole des professionnels de santé de la CNMSE et de l'AMIES. Je partage sa réaction au propos imbécile de Nathalie Kosciusko-Morizet (Cf supra). C'est facile de deviner la réponse de la plupart des gens à la question de pure forme de notre ami, Maurice Sarazin, "Est-ce que 200 000 € couvriront les indemnités d'abattage de 6000 têtes de bétail et la destruction des récoltes et produits laitiers ?". [1] Quant au taux caractérisé de surmortalité chez les quelques 200 riverains qui avaient porté plainte en mars 2002 - après le recensement de 80 cas de cancer dans la seule rue Louis Berthet à proximité de l’incinérateur - le représentant du parquet et son maitre de la place Vendôme se couvrent d'ignominie avec leur piètre requisitoire. Après plus de cinq ans d'instruction, la montagne accouche d'une souris !

Bien sûr le nouveau Ministre de l'écologie n'est censé connaître ni le phénomène de perturbation endocrinienne, ni la synthèse "de novo" des dioxines : autrement dit la formation de ces substances hypertoxiques comme étant le produit de réactions secondaires entre le carbone et l’oxygène en présence de chlore à des températures de l’ordre de 350°C. Ceci, paraït-il ,pour mieux dissimuler les défaillances continuelles des UIOM partout qui, derrière une réglementation en trompe-l'oeil, crachent tous les jours des dérivés organochorés, métaux lourds et composés brominés dits retardateurs de flamme, sous forme de nanoparticules en contaminant la chaîne alimentaire.

Elle ignore - ou fait semblant d'ignorer - le rôle crapuleux de l'Académie des Sciences en 1994 pour blanchir l'incinération comme procédé. N'empêche que ces illustres savants français n'ont fait qu'imiter une technique déjà bien rodée chez les industriels américains. A commencer par le sinistre Dow Chemical Company qui en 1965 a testé la dioxine sur la peau des détenus dans la prison d'Holmesburg en Pennsylvanie. Puis, après d'autres expériences en 1976 menées cette fois-ci sur des animaux en 1978, cette entreprise maléfique a publié un rapport bidon "Trace Chemistries of Fire," (Rawls, 1979) destiné à innocenter les industriels les plus polluants de la planète.

Les valeurs boursières comptent bien plus que le capital santé d'une nation, mise à contribution pour subventionner le train de vie d'une élite psychopathe, tributaire de la grande criminalité qui siège dans le Conseil des Ministres à l'Elysée, ainsi qu'à la Commission européenne à Bruxelles.

BONUS MALUS http://eco-thinker.com/plastics-causing-irreversible-damage-for-generations-to-come/.

Dans un petit livre magistral écrit avec Jean-Marie Pelt, "Après nous le déluge" (Flammarion 2006-2008), Gilles-Eric Séralini évoque les travaux de mes compatriotes Vyvyan Howard et John Newby. Récemment ils ont publié une étude incontournable sur l'impact sanitaire des nanoparticules. Dans cette vidéo en anglais (Cf. lien supra) le toxi-pathogiste nous donne un aperçu unique de la soupe chimique mortifère qui résulte du pillage des ressources hydrocarbures par l'industrie petrolière. C'est sa cousine proche, alias le secteur dit plasturgie, qui fabrique le Bisphenol A, parmi des milliers de composés synthétiques nuisibles qui habitent ces accessoires que nous touchons, respirons, portons, incinerons et absorbons de façon quotidienne. Si ce chercheur parle des vertus du vinaigre comme seul produit de nettoyage dans la maison victorienne, lui aussi doit penser que l'écologie politique sera l'unique porte de sortie de notre statut de cobaye-poubelle ...

[1] http://www.journaldelenvironnement.net/article/proces-de-la-dioxine-a-albertville-200-000-euros-d-amende-sont-requis,20365?token=e97ad9902c423ae9ab71658f699b8cf5&xtor=EPR-9.

Cf. aussi : 200.000 euros requis dans l'affaire de la dioxine http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/top-news/20101130.REU5704/200-000-euros-requis-dans-l-affaire-de-la-dioxine.html

En annexe quelques références en anglais : XII CERC – A DEEP-ROOTED CULTURE OF DENIAL

Dr. Vyvyan Howard (Cf http://www.chaseireland.org/Documents/ProfVHowardBiography.htm) ex-head of Developmental Toxico-Pathology Research Group and former senior lecturer at Liverpool University UK, today Professor of Bioimaging Ulster University, gives a condensed history of the hazardous chemical soup that results from the resource plundering petroleum industry. We all learn of the value of biological hygiene. Few of us recognise the need for chemical hyhgiene. Bisphenol A is just one of many thousands of harmful synthetic compounds extensively used to produce the plastics you touch, breathe, wear, burn and consume daily. (Cf : http://eco-thinker.com/plastics-causing-irreversible-damage-for-generations-to-come/).


Dr Howard news.bbc.co.uk

Developmental Toxicologist Dr Vyvyan Howard : «We are leaving a toxic legacy for future generations».

samedi 4 décembre 2010

L'intérêt économique des mustélidés pour l'agriculture ...

Ah, si l'Oncle Paul tenait son blog, vous seriez chaque jour informé ... alors que là, il faut patienter jusqu'à ce que je trouve le temps de transférer sur le mien (de blog) les siens (de messages ;o))

Alors que le service public a pris faits et causes pour les chasseurs, [1] la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) Haute Normandie a présentée, en 2010, à la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) de l’Eure (27), une note intéressante sur l'intérêt économique des mustélidés. [2] Les mustélidés (du latin mustela signifiant belette) sont des prédateurs, de taille variée (de 20 cm à 1 m), avec un corps allongé et des pattes courtes. Ainsi la belette, le blaireau, le furet, la fouine, l'hermine, le loutre, le martre, le putois, le vison sont tous des mustelidés. Plusieurs entre eux figurent régulièrement - et de manière totalement illégale - sur la la liste des animaux susceptibles d'être classés nuisibles par le Préfets pour plaire au lobby de la chasse. Victimes du phénomène dit de «Roadkill» - Mortalité animale et de la faune due aux véhicules - et de la pollution, plusieurs entre eux appartiennent à une espèce en voie de régression. Le vison d'Europe notamment est l'un des mammifères les plus en danger sur notre continent. Pour que vous vous sentiez tous en sécurité la nuit dans votre maison et le jour votre jardin, à noter qu'en Isère cet été, au cours d'une battue aux sangliers, menée par un lieutenant de louveterie - fonctionnaire bénévole désigné par le Préfet - les chasseurs ont abattu - avec leur balle de gros calibre - une ânesse tout près d'un bivouac des randonneurs. Quant au propriétaire de l'ânesse tuée, il a déclaré : "à priori, le tir s’est fait de nuit, au phare, mais je ne comprends pas comment on peut confondre un âne et un sanglier." (Cf. http://www.lepost.fr/article/2010/07/25/2164056_isere-au-cours-d-une-battue-aux-sangliers-ils-abattent-une-anesse.html).
[1] FRANCE 2 a diffusé une série de 5 publi-reportages consacrés à la chasse du lundi 22 au vendredi 26 Novembre 2010 après le journal de 13h, exposant les pratiques et vues des chasseurs. Si les opposants à la chasse, avaient été contactés par Mathieu Niewenglowski, journaliste à l'origine du reportage, tous ont finalement été écartés sans qu'aucune raison ne leur soit donnée. Comme le Rassemblement Anti-Chasse (http://www.antichasse.com/) qui, déclarée d'intérêt général en 2005, lutte contre la chasse en tant que loisir et contre les techniques de chasse barbares et l’association ASPAS (http://www.aspas-nature.org/) qui, sans aucune subvention publique non plus, oeuvre pour la protection de la faune sauvage, pour la préservation du patrimoine naturel et pour la défense des droits des usagers de la nature, nous sommes en droit de demander si les chasseurs n'ont pas obtenu des journalistes que la parole leur soit refusée. Pour ceux qui n'ont pas encore fait, vous pouvez écrire au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel : http://www.csa.fr/outils/faq/faq.php?id=29554).

Photo: Piège à fouineL'intéret économique des mustélidés pour l'agriculture

[2] Note sur l’intérêt économique de certaines espèces dites « nuisibles » en Haute Normandie

La Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) Haute Normandie a présentée, cette année, à la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) de l’Eure (27), une note intéressante sur l'intérêt économique des mustélidés.

Cette note met en avant, en le chiffrant, l’intérêt des mustélidés en terme économique. Pour le département de l’Eure, le fait de piéger les mustélidés coûte 105.000 Euros à l’agriculture du fait de la protection indirecte des « ravageurs » des cultures.

Cet argument que toutes les Associations de protection de la nature mettaient en avant, depuis des lustres, en vain, pour demander la protection des mustélidés en tant que protecteur des cultures est pour la première fois chiffré et utilisé par un des Services de l’Etat qui d’habitude sont terrorisés par les chasseurs et les piégeurs qui n'aiment pas qu'on touche à la liste des animaux "nuisibles".

Qu’un fonctionnaire courageux dise tout haut ce que les chasseurs et les piégeurs n’ont pas envie d’entendre ne pouvait laisser ceux-ci indifférents. Ainsi, les chasseurs de l’Eure n’apprécient que moyennement cette étude, ni qu’on s’insinue dans leur passion pour la régulation...

« Au lieu de nous aider dans notre démarche de gestion, on nous met gentiment mais sûrement des bâtons dans les roues. Les prédateurs sont de plus en plus protégés et lors du dernier conseil départemental c’est (fait nouveau) un fonctionnaire de la DREAL qui nous a expliqué avec une suffisance rarement atteinte, qu’au lieu de classer la belette et la fouine parmi les espèces nuisibles, nous aurions dû depuis longtemps la protéger car elle est très utile à la limitation des rongeurs. Vous avez bien entendu « nous devrions protéger la fouine et la belette » parce qu’elle mange plus de souris que de gibier. Lorsque nous avons évoqué la prédation sur le gibier et sur les petits élevages de la fouine, il nous a été répondu qu’il fallait « mieux enfermer » les poules dans les poulaillers, ainsi les fouines ne pourraient plus les manger. »

Vous pouvez télécharger ici le texte intégral de cette étude de la DREAL sur l'intérêt économique des mustélidés qui démontre que :

1. La santé et la sécurité publique ne sont pas menacées par les mustélidés
2. Non seulement les dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles ne sont pas prouvés, mais il vient d’être démontré que les bénéfices apportés par la présence de ces espèces sont bien supérieurs aux dégâts qui leur sont soi-disant attribués.
3. Les mustélidés ne portent atteinte ni à la faune, ni à la flore. Bien au contraire, en régulant les populations des ravageurs de cultures, ils assurent un rôle de protection et participent à l’équilibre général de l’environnement.
4. Le classement de ces espèces en « animaux nuisibles » serait donc contraire aux textes de Loi. L’Arrêté Préfectoral de classement des nuisibles pourrait donc ne pas avoir l’assise juridique suffisante pour supporter une action en justice introduite par une association de protection de la nature.

En conclusion, et pour défaut d’étude circonstanciée démontrant que l’impact négatif de l’une ou de l’autre de ces espèces sur l’activité humaine est bien supérieur au bénéfice retiré de leur simple présence, la DREAL, affirmant le rôle bienfaiteur et protecteur des cultures des mustélidés, demande que le piégeage et la chasse de ces 4 espèces ne soient plus autorisés dans le département de l’Eure et que les espèces concernées ne soient plus classées « nuisibles ». La DREAL demande également que ce rôle positif ne soit pas omis au compte-rendu de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage.

Note de la DREAL : http://bdm.typepad.com/files/nuisibles-note_dreal.pdf

Rédaction de l’article : La buvette des alpages
Lien :
http://www.buvettedesalpages.be/2010/10/l-interet-economique-des-mustelides-pour-l-agriculture.html

Tous coupables, le FNAEG vous attend-il déjà ?

Encore un texte de l'Oncle Paul qu'il me parait important de faire connaître ...

Rappelez-vous la première ligne du poème Ich habe geschwiegen, (je n'ai rien dit), écrit à Dachau par le Pasteur Martin Niemöller (texte revu par B. Brecht) :

"Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit … Je n'étais pas communiste ... " ...

Mais ne vous affolez pas. Pour protéger la vie privée - de certains - la pensée unique veille sur nos libertés fondamentales ...

En attendant préparez vos échantillons de salive pour le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG).

Cette histoire - d'un Etat de droit à la dérive - sera publiée dans le prochain numéro de la BRETAGNE AGRICOLE.

La victime - Alain Jacob de Sizun en Finistèrre - est décrite comme "un gars sympathique très ouvert et sérieux ..."

«DE VIEILLES SOUCHES EN SARKOZIE»

«En 2002, j’achète une petite parcelle de 80 ares dont 30 ares de sapins coupés par le propriétaire avant la vente ; une parcelle très humide et peu praticable. Les souches ont pourri pendant quelques années et le printemps 2010, très sec, m’a permis de pratiquer le dessouchage. Un entrepreneur local est venu avec tracto et bull pour faire le travail. Objectif : remettre en herbe ce coin de champ après plus de 30 ans de sapins.

Le temps est bien sec ; les travaux avancent vite, les souches étant bien pourries. Allez ! Un coup de chisel et roto-herse et enfin, ce coin de champ sera de nouveau accessible aux vaches.

Patatras ! La Police de l’Environnement rôde : une action d’une semaine a été diligentée par l’Office National de la Chasse qui est aussi habilitée à faire respecter la Loi sur l’Environnement. Un garde-chasse, flanqué d’un gendarme, débarque dans la cour de la ferme et m’apprend que je suis en infraction vis-à-vis de la loi : j’ai dessouché une parcelle sans déclaration préalable de travaux. De plus, habitant dans les Monts d’Arrée en « site inscrit », les travaux entrepris sont considérés comme une dégradation, voire une mutilation pour l’environnement, notre patrimoine commun.

Le garde-chasse dresse un procès-verbal et me demande d’arrêter les travaux et de faire une déclaration de travaux à la préfecture. Le chantier est arrêté ; les 4 mois (délai administratif) passent ; aucun objection aux travaux n’est faite : le PNRA apporte son accord. Tout roule, l’affaire est close. Enfin pour moi ,….mais pas pour la justice.

Samedi 28 Novembre, la gendarmerie de Sizun me convoque pour m’entendre sur le sujet. J’arrive à 9H30 et ressors à 11H30 et encore, j’ai frôlé la garde à vue. !! Le procès-verbal du garde-chasse s’est transformé en 2 délits :

-Exécution de travaux sur un monument naturel ou site inscrit sans information préalable à l’administration.

-Dégradation ou mutilation volontaire d’un site inscrit.

Et qui dit DELIT dit inscription au Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG), c’est-à-dire FICHAGE ADN. J’en reste sans voix.

Abasourdi, je refuse d’abord. Les gendarmes (un peu gênés mais pressés d’en finir) m’annoncent qu’un refus, c’est de nouveau un délit et que, cerise sur le gâteau , ils peuvent me mettre en garde à vue !!

On est samedi matin. Il a neigé cette nuit . Il faut amener du foin aux génisses, pailler sous les vaches qui ne sortent plus avec la neige, aller livrer les fromages…

Je me laisse faire… : prise d’ADN dans la bouche, empreinte de tous les doigts, des mains, 2 fois les index, et la photo de face et de profil !!!

Les gendarmes me lâchent, je sors de la gendarmerie, j’ai changé de monde, de société. Je suis fiché au FNAEG comme 1 257 182 français dont seulement 285 140 personnes condamnées (chiffres du 30/01/10 source CNIL). Tout citoyen coupable d’un crime ou d’un délit est susceptible d’un relevé ADN., sauf ….les délits d’abus de confiance, abus d’autorité publique, banqueroute ou favoritisme, c’est-à-dire les abus de biens sociaux, la corruption ou le trafic d’influence !!!

C’est la LSI (Loi de Sécurité Intérieure) dont l’auteur est un certain Nicolas SARKOZY, loi votée en 2003 alors qu’il était ministre de l’Intérieur.

Loin de moi l’idée de stigmatiser la défense de l’environnement ! Ce papier se veut surtout le témoignage de la dérive policière d’un état et de son président, plus enclin à bichonner les banques (le grand capital) et les nantis (le profit) qu’à construire une société basée sur la création de richesses réparties équitablement et en totale cohérence avec notre environnement (oui je sais, on le saurait déjà).

A l’heure actuelle, l’affaire suit son cours, elle est entre les mains du procureur. Je ne suis pas inquiet mais il existe des matins bruns…..

Au printemps, lorsque vous retournerez dans vos champs, dans vos jardins, vous promener à la campagne, méfiez-vous : vous êtes (peut-être) déjà COUPABLE !» Alain JACOB, Sizun (29)

jeudi 4 novembre 2010

TEXTE D'APPEL à la Coordination régionale des assemblées inter-professionnelles



L'heure de la défaite ne sonnera pas. Les liens, les solidarités et les formes de lutte pratiqués ces deux dernières semaines désencombrent l'horizon. Les limites et hésitations que nous avons rencontrées ne nous amputent pas. Au contraire, elles viennent nourrir nos expériences et une histoire commune. Aujourd'hui, comment continuer la grève ? Quels rythmes adoptons nous pour ne pas s'épuiser en quelques jours ? Comment peuvent faire grève ceux qui n'en n'ont même pas la possibilité ? Quelles cibles envisagées ? Quelle coordination pouvons nous mettre en place ?

Pour toutes ces questions, nous appelons à une coordination régionaleinter-professionnelle dimanche 7 novembre, à partir de 10h30. Cette invitation s'adresse à tous ceux – syndiqués ou non syndiqués, salariés,chômeurs, lycéens, etc. - qui veulent penser ensemble comment continuer la grève.


Jusqu'au début du mouvement contre la réforme des retraites, un sentiment général d'impuissance n'a pas cessé d'accompagner les dernières grèves. Rien d'étonnant quand les dispositifs législatifs (service minimum, préavis de grève obligatoire, etc;) et la frilosité des bureaucraties syndicales s'accordent pour vider la grève de sa portée conflictuelle, de son caractère d'arrêt de la production, pour n'en retenir qu'une formes ymbolique.
Ces deux dernières semaines, quelque chose a changé. Ce sentiment d'impuissance a désormais cessé. Le mouvement anti-CPE de 2006 avait diffusé le mot d'ordre de « blocage des flux », la grève générale de 2008 en Guadeloupe l'a pratiqué à l'échelle d'une île entière. Et, aujourd'hui, le blocage se répand comme la forme de lutte minimale rendant à la grève sa puissance et son effectivité : la suspension,l'arrêt de la machine économique.
Au blocage s'ajoutent des pratiques presque oubliées. Alors que le capitalisme nous démunit de toutes solidarités et organisations collectives, nous isole par une gestion de la crise toujours plus draconienne, la grève a été l'occasion de gestes communs. Il s'agit des assemblées inter-professionnelle pour partager – par-delà les corporatismes et identités socio-professionnelles – nos analyses de la situation et coordonner nos actions, des caisses de grèves pour s'entraider financièrement, des cantines de grévistes alimentées par des paysans en lutte, l'occupation de locaux vides pour doter la grève d'une Maison commune et imaginer conséquemment comment faire durer la grève.

Ce mouvement de grève est né de la contestation de la réforme des retraites et annonce une série d'autres (réforme sur la sécurité sociale, sur le chômage, etc.) qui feront de nos vies un plan d'austérité. Dans les manifestations, devant les piquets de grèves, sur les actions de blocage, beaucoup se demandaient si nous laisserons la rationalité économique broyer toujours plus nos conditions d'existence.

Pourtant rien de cela n'a pu empêcher la reprise du travail. D'un côté, les centrales syndicales ont refusé d'assumer le rapport de force en appelant à des journées d'actions nationales très espacées. De l'autre, un sentiment d'épuisement a gagner les grévistes confrontés aux tentatives médiatiques, politiques et policières de remettre le pays en marche. Logiques tentatives quand ce qui éclate aux yeux de tous c'est l'évidence que les savoirs et capacités réels d'arrêter l'économie sont aux mains des grévistes.
Les raffineries ont su donner le ton. Désormais, nous savons que le nerf de la guerre se situe à l'endroit des infrastructures logistiques et des flux économiques qui nourrissent le pays. A l'heure où la crise est utilisée pour nous rendre toujours plus productifs, une des forces de cette grève est d'éprouver collectivement que nos connaissances partagées nous donnent les possibilités de tout arrêter.
Ce que nous créons depuis deux semaines – les liens, les solidarités, les formes de luttes, ne sont pas à laisser à eux-mêmes sous prétexte d'un retour au travail. Puisqu'ils sont la matière de nos victoires à venir. S'en ressaisir et les faire grandir s'imposent à quiconque croit et veut imaginer d'autres possibilités que cette réalité capitaliste.

A Rennes, c'est dans cette perspective que nous occupons la Maison de la Grève. Ces deux dernières semaines nous ont inscrit dans un processus qui ne cesse pas aux premiers signes d'essoufflement. Si nous étendons et densifions ce qui est né depuis le début de cette grève, nous n'aurons pas à attendre la prochaine réforme pour tout recommencer. Au contraire, nous pouvons être en mesure de décider de nos propre rythmes, de choisir quand et comment continuer l'offensive.

Suite aux différentes assemblées inter-professionnelles de Rennes, trois pistes de réflexions sont proposées pour se donner des perspectives de luttes communes :
1/ Il nous faudrait enquêter pour établir une cartographie des flux, secteurs et entreprises clés de l'économie rennaise. Ces connaissances techniques nous donneraient les moyens de la bloquer effectivement. Cette dynamique pourrait être reprise dans chaque ville et nous permettre de cordonner des actions entre plusieurs villes.
2/ Ne pas arrêter veut dire rendre effectif les pratiques de solidarités directes qui ont commencé à se mettre en place. Pérenniser les caisses de grève, l'approvisionnement pour les cantines de grévistes et réfléchir aux autres structures dont nous aurions besoin pour faire durer la grève. Ce processus n'est possible que si nous nous attachons à multiplier les complicités entre personnes de divers secteurs et si nous recherchons ensemble comment peuvent faire grève ceux qui n'en ont pas la possibilité directe (des pistes commencent à fleurirent : techniques de coulage, grèves tournantes au sein d'une même boîte, blocages tournants grâce aux
coordinations avec d'autres secteurs, etc. ).
3/ La Maison de la Grève est un outil pour se doter d'un imaginaire commun. Nous entendons pas là des moments de débats, de films, de séminaires pour échanger sur ce que nous voulons, inventer d'autres horizons et d'autres manières de vivre plus désirable. A la maison de la Grève et dans d'autres endroits en France des nouvelles pratiques et formes d'organisations sont expérimentées. Leur donner de la consistance et les répandre est une arme indispensable pour une mise en échec pratique et politique du pouvoir.

-L'assemblée inter-professionnelle de Rennes-

vendredi 15 octobre 2010

Désobéissance civile ou ' reconnaissance' comme acteurs sociaux pour nous endormir ? ... Matière à penser ...

Un envoi fort intéressant de l'Oncle Paul avec son délicieux accent britannique ...


Certains entre vous aurez lu l'article du Sud-Ouest ci-après. D'autres non. Au premier rang dans la photo Maïtre Maï Le Prat - celle surnommée le pit-bull de Monsanto au procès en appel des 58 de Chartres. A son côté à sa gauche le même assistant qu'à Versailles et Claude Menara, exploitant de la parcelle à Grézet-Cavagnan ... A l'époque des 'faits' en 2006, trois jeunes Faucheurs Volontaires seront coffrés, jugés en comparution immédiate et condamnés à trois mois de prison avec sursis, 1 500 euros d'amende et
20 000 euros de dommages et intérêts. Ne s'estimant pas satisfait Claude Menara porte plainte au pénal avec constitution de partie civile. Il veut qu'on lui apporte - sur un plateau d’argent - les têtes de trois hommes qu'il considère comme les leaders du mouvement anti-OGM : José Bové, Guy Kastler, délégué général du Réseau semences paysannes et Joël Bach, porte-parole du Comité vigilance OGM. Comme Shylock, dans le Marchand de Venise, il rechercherait 'sa livre de chair' prélévée sur les forces vives du pays ...
La Procureur de la République a proposé la requalification du procès. Ce que les Faucheurs Volontaires ont accepté. Ils ne sont donc plus jugés pour «destruction de bien d’autrui en réunion», mais pour «délit de fauchage», délit mis en place avec la loi française sur les OGM (art. 7). Cette requalification fait tomber la récidive légale pour quatre des prévenus. José Bové, Dominique Plancke, Jean-Baptiste Libouban et François Thonier échappent ainsi à la prison ferme. Pour ces quatre prévenus réitérants, le parquet a demandé 120 jours - amende à 50 euros, soit 6000 euros. Pour les autres prévenus, il est question de deux mois de prison avec sursis. Plus 5000 euros au titre des frais de justice et 86 000 euros de dommages et intérêts. Soit plus de 1 000 euros par prévenu ! Pour les 9 hectares de maïs MON 810 neutralisés en Lot-et-Garonne en 2006. Or faîtes vous-mêmes le calcul ... Environ 12 000€ par hectare ... Alors que, si je me trompe pas, en maïs graine vendu en conventionnel, à présent on peut s'attendre à gagner peut-être
1 500€ par hectare, soit 13 000€ en tout (rendement de maïs graine à l'hectare = de10 à 15 tonnes) ? En plus en 2006 il n'y avait pas ce cours élévé à cause d'une secheresse !?
N'empêche que Claude Menara pouvait écouler sa marchandise - invendable en France en circuits 'normaux' - soit en Espagne, la poubelle OGM d'Europe, soit dans le gosiers des canards et oies des marchands de foie gras en Aquitaine pas trop regardant sur la camelote ... Par ailleurs il aurait pu transformer les 9 hectares fauchés en maïs ensilage ...
87 Faucheurs avaient été mis en examen. Seuls 86 seront jugés. Hélène Gassie, membre des Amis de la Terre, est décedée au printemps 2010. Les Faucheurs ont obtenu du
tribunal qu'une place soit laissée vide en son hommage. L'autre grand absent du prétoire - Monsanto - le sauveteur d'Haïti avec son arôme de pousse-au-crime tératogène ...
Agés de 23 à 82 ans, les Faucheurs Volontaires qui venaient de la France entière, 'égrenaient les nombreuses raisons qui les avaient incité à commettre un acte illégal mais légitime'. A tel point qu'en fin d'un après-midi, seuls la moitié des prévenus avaient été entendus par la cour. «Soyez raisonnables, évitez de répéter les arguments déjà évoqués par vos prédécesseurs», lâche Madame la Présidente Aurore Blum. «Le procès doit se tenir dans un délai raisonnable. Limitez-vous aux faits. Et rien qu'aux faits». Mais les faits - politiques - ont-ils été entendus dans un procès politique - qui ne dit pas son nom ? Certains journalistes racontent que les OGM sont au banc des accusés. Ils plaisantent, bien sûr. Comme témoignent les résultats des procès FV tronqués du passé ... En attendant, à Marmande, justice - si telle est le mot - sera rendue le 16 novembre 2010 ...
Reste à savoir si ces prévenus à Marmande - défendus par Nicolas Gallon et Marie-Christine Etelin, seront jugés ou pas au vu de tous ces non-dits scélérats ? Avec un permis de polluer dans sa poche, accordé par les autorités européennes et françaises, Claude Menara a respecté la loi ! Celle imposée par Monsanto. Celui qui, avec ses amis ADM, Sodexo, Tyson, Cargill et Smithfield semble envisager pouvoir légiferer aux USA, afin de mettre hors la loi les cultures familiales et biologiques ! En tout cas si jamais une loi nouvelle est votée par le Congrès américain, il sera question de poursuivre - par agences gouvernementales interposées - n'importe quel quidam qui pousserait une tomate ou vendrait un hot-dog, non-reglementaire ... C'est-à-dire sans l'autorisation de l'agrobusiness et du leader mondial des OGM agricoles, soupçonnés de proposer une loi pour nuire aux potagers des particuliers et à l'économie des petites exploitations outreAtlantique. Autrement dit de prévoir en catimini une forme d'épuration rurale complètement inédite.
On trouve cette information relayée sur le site du Cap 21 Franche-Comté (Cf. http://cap21franchecomte.over-blog.com/article-la-loi-hr-875-au-congres-des-usa-va-mettre-hors-la-loi-cultures-familiales-et-biologiques-50418924.html). Tandis que de très nombreux soutiens de familles aux Etats-Unis se trouvent au chômage et des millions de foyers ont grand besoin d'économiser leurs maigres revenus en poussant leurs propres légumes ou en élevant leurs propres animaux de basse-cour ... Sous couvert d'une prétendue 'épidémie de salmonelle et de E.coli' (sic) dans les produits alimentaires de base issus de ce milieu populaire de cultures vivrières et d'élevages non-industriels, des tas de petites fermes et des cultivateurs particuliers pourraient être placés sous la supervision directe du gouvernement fédéral à cause de cette nouvelle législation présentée au Congrès.

Visant à terme l'interdiction aux agriculteurs de la constitution d'un reservoir de semences, la Résolution HR 875 fut présentée à la Chambre en février de l'année dernière sous le nom de "Acte de Modernisation de la Sécurité Alimentaire 2009" par la Congresswoman Rosa De Lauro, épouse de consultant Stanley Greenburg, qui a parmi ses clients Monsanto, BP Amoco, United Healthcare ... Avec comme prétexte la réduction des risques de contamination par la nourriture : des bactéries, produits chimiques, toxines naturelles ou artificielles, virus, parasites, prions et autres agents pathogènes pour l’homme, le texte de loi en projet concernerait tous les établissements qui produisent, stockent, font transiter ou vendent toute catégorie d'aliment. Fermes agricoles et aquacoles, ranchs et vignobles seraient soumis à une stricte régulation gouvernementale ...

Des 'experts' de l’industrie alimentaire, mandatés par le gouvernement, pourraient ainsi exiger de mettre au norme de petites exploitations incapables de supporter des charges réglementaires disproprtionnées. Ce qui, d'aprés certains observateurs, risque de causer de gros problèmes et des faillites nombreuses, notamment chez les producteurs bio ...

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12 octobre 2010 05h54 | Par JOSSELIN GIRET http://www.sudouest.fr/2010/10/12/en-etat-de-nec-essite-209204-3755.php

Procès à Marmande : « On va vers le tout OGM. Je ne veux pas voir ça. »

Les 82 faucheurs d'OGM, jugés depuis hier, ont été entendus par le tribunal.


Hier matin, entourés de sympathisants, les faucheurs présumés se sont rassemblés devant le tribunal de Marmande avant de pénétrer dans la salle d'audience où avait déjà pris place Claude Ménara (au premier plan). photos émilie drouinaud

«De par mes fonctions, je suis le garant de la santé publique de mes administrés. Et de la défense du bien commun. J'ai essayé de prendre des arrêts contre certaines semences dans ma commune. Ils ont tous été cassés. À partir de là, de quelles armes disposons-nous pour faire évoluer la loi ? Comment nous faire entendre ? », maugrée Dominique, à la longue chevelure blanche. Ce maire d'une petite commune de l'Ariège est l'un des tout premiers à s'exprimer.

Pas de surprise, donc, hier à Marmande, au premier jour du procès des faucheurs présumés d'OGM. Ils sont poursuivis pour l'arrachage de neuf hectares de maïs transgénique à Grézet-Cavagnan. Sur les 86 mis en examen, 82 ont répondu à la convocation de la justice. Et tous ont trouvé place dans la petite salle du tribunal correctionnel. Pas de report des débats, finalement, comme évoqué dimanche, par la rumeur, lors des premières manifestations de soutien aux anti-OGM.

Les uns après les autres, ils expliquent à la barre leurs motivations. Les raisons qui les ont conduits jusqu'au champ de Claude Ménara, le 2 septembre 2006. Puis, in fine, face à la justice, poursuivis pour « dégradation et destruction du bien d'autrui commis en réunion ».

« Poussés à agir »

L'argument du dernier recours revient souvent. « Nous avons interpellé nos députés. Nos sénateurs. Nous avons multiplié les manifestations. Sans aucun résultat. Les fauchages nous ont permis d'alerter l'opinion et d'ouvrir le débat public. Nous étions en état de nécessité », affirme cet autre prévenu.

Arrive le tour de Bernard Péré, conseiller régional d'Aquitaine, fier que « le Lot-et-Garonne soit le premier département de la région en nombre d'agriculteurs bio. Les pouvoirs publics ont refusé de mener des enquêtes sur les OGM. Ils nous ont poussés à agir. » L'élu Verts se tourne alors vers Claude Ménara, assis sur le banc des parties civiles. « Claude, tu fais fausse route. Toutes les précautions n'ont pas été prises. »

À vrai dire, la majeure partie des faucheurs présumés maîtrise clairement l'argumentaire anti-OGM et les rouages de la justice. Face aux magistrats, Stéphane, un grand blond, est l'un des rares à avouer son émotion. Les autres s'approchent des juges sans trembler. Même si leurs casiers judiciaires n'affichent aucune condamnation, ils admettent avoir pris part à d'autres fauchages. Beaucoup ont rejoint le mouvement dès sa création, en 2003.

Le refus du tout OGM

Autre point commun, la proximité avec le monde paysan. « Mes parents travaillaient la terre, explique Anne. Je ne fauche pas sans avoir mal au cœur. » Jean, agriculteur à la retraite, parle des rivières qu'il a vu être empoisonnées. Puis le sol, ensuite. « On va vers le tout OGM. Je ne veux pas voir ça. »

À la barre du tribunal, le risque de contamination revient sans cesse. « Si les OGM se développent, mes abeilles vont disséminer la mort, s'insurge Joël, apiculteur. Si on laisse faire, à court ou moyen terme, tout deviendra OGM. » Avant de regagner sa place dans la salle, il s'adresse à la présidente, Aurore Blum. « Être devant vous, c'est une forme de reconnaissance du combat que nous menons. »

« Si l'on me prouve que nous sommes tous dans l'erreur, que les OGM ne portent pas atteinte à la biodiversité, alors je viendrais platement m'excuser auprès de Claude Ménara, lance Étienne. Et il pourra tout replanter. Mais s'il s'avère que nous sommes dans le vrai, tout aura déjà été contaminé. Et ce sera irréversible. On ne peut pas se permettre de prendre un tel risque. »

En fin d'après-midi, seuls la moitié des prévenus avaient été entendus par le tribunal. « Soyez raisonnables, évitez de répéter les arguments déjà évoqués par vos prédécesseurs, a fini par demander la présidente Aurore Blum. Le procès doit se tenir dans un délai raisonnable. Limitez-vous aux faits. Et rien qu'aux faits. »

Chemise blanche sur les épaules, Claude Ménara, encaisse, sans sourciller, les arguments de ses adversaires. Aujourd'hui, l'agriculteur pourra à son tour prendre la parole et défendre ses convictions.

samedi 5 juin 2010

Grippe A : ça se précise, on s'est bien tous fait enflés ...

Tiré de là

Grippe A : nouvelles accusations contre l'OMS

Les critiques sur la manière dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a répondu à la pandémie grippale sont montées d'un cran, vendredi 4 juin, avec la publication coordonnée d'une enquête menée conjointement par le British Medical Journal (BMJ) et le Bureau of Investigative Journalism de Londres, et du rapport adopté le même jour par la commission de la santé de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

La première révèle que certains des experts ayant participé à la rédaction des lignes directrices de l'OMS face à une pandémie grippale ont reçu des rémunérations d'industriels pharmaceutiques - Roche et GlaxoSmithKline - impliqués dans la fabrication des médicaments ou des vaccins contre les virus grippaux.

Le second souligne un "manque de transparence" dans la gestion de la crise du H1N1 par l'OMS et les institutions publiques de santé, les accusant d'avoir "dilapidé une partie de la confiance que le public européen a dans ces organisations hautement réputées" et juge que "ce déclin de la confiance pourrait représenter un risque dans le futur".

Un an après l'annonce, le 11 mai 2009, par Margaret Chan du début de la pandémie grippale, beaucoup des gouvernements occidentaux se retrouvent avec des stocks inemployés de médicaments antiviraux et de vaccins contre le nouveau virus A (H1N1), commandés au prix fort, tandis que dans le même temps, la banque JP Morgan estime que les ventes des vaccins antipandémiques ont rapporté entre 7 et 10 milliards de dollars (5,8 à 8,3 milliards d'euros) aux laboratoires.

Il apparaît que, depuis 1999, date à laquelle un document présentait les premières lignes directrices de l'OMS pour un plan pandémie grippale, des experts jouant un rôle clé dans l'élaboration de la stratégie de l'institution internationale dans ce domaine ont des liens d'intérêt avec les industriels. Les recommandations étaient rédigées par quatre experts en collaboration avec le Groupe de travail scientifique européen sur la grippe (ESWI dans sa version anglophone).

"Ce que ce document ne révélait pas est le fait que l'ESWI est entièrement financé par Roche et les autres fabricants de vaccins. Pas plus qu'il n'indiquait que René Snacken et Daniel Lavanchy (deux des experts, le second étant à l'époque employé de l'OMS) avaient participé à des événements financés par Roche l'année précédente, selon les documents de marketing consultés par le BMJ et le Bureau", écrivent les journalistes britanniques Deborah Cohen et Philip Carter.

L'article cite différents autres experts ayant participé à l'élaboration de documents stratégiques de l'OMS sur une pandémie grippale, parmi lesquels les professeurs Karl Nicholson (université de Leicester), Albert Osterhaus (université Erasme, Rotterdam) ou Frederick Hayden (université de Virginie), qui ont été rétribués par les industriels et ont publié des articles à l'appui de l'intérêt des médicaments antiviraux (le Tamiflu de Roche ou le Relenza de GlaxoSmithKline), intérêt aujourd'hui contesté au sein de la communauté médicale.

"Aucune déclaration d'intérêt n'a été publiée et aucun détail n'a été fourni par l'OMS en réponse à nos demandes", indiquent Deborah Cohen et Philip Carter, qui signalent que plusieurs experts cités ont affirmé avoir déclaré leurs liens d'intérêt.

Les deux journalistes déplorent aussi le secret entretenu par l'OMS sur la composition du comité d'urgence, mis sur pied par sa directrice générale et qui l'a conseillée pour décider du moment où déclarer une pandémie. "Une décision qui a déclenché les coûteux contrats préétablis sur les vaccins à travers le monde", commente dans son éditorial la directrice de la rédaction du BMJ, Fiona Godlee.

Interrogé par Le Monde, le porte-parole de l'OMS, Gregory Hartl précise que "chaque fois qu'elle réunit des experts, l'OMS leur fait remplir une déclaration d'intérêts, qui est soumise à l'appréciation du président du comité d'experts, mais elle ne les publie pas car elles contiennent beaucoup d'informations d'ordre privé."

Concernant le comité d'urgence, M. Hartl précise que sa composition sera rendue publique lorsqu'il aura terminé sa mission, une mesure qui vise "à éviter que ses membres subissent des pressions, compte tenu des conséquences énormes des décisions prises". L'argumentation n'avait pas convaincu le BMJ et le Bureau qui se demandent si cela sous-entendrait que d'autres comités de l'OMS dont la composition est publique sont soumis à ces influences extérieures.

Le rapport rédigé par Paul Flynn, parlementaire britannique socialiste, et adopté vendredi 4 juin par la commission de la santé de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, accuse lui aussi l'institution internationale de faire preuve d'un "grave manque de transparence" dans ses processus de décision, à quoi s'ajoute "la preuve écrasante que la gravité de la pandémie a été largement surestimée par l'OMS".

Le document souligne que "c'est principalement le passage rapide de l'OMS vers le niveau 6 de la pandémie, à un moment où la grippe donnait des symptômes relativement modérés, combinés au changement de définition des niveaux de pandémie juste avant l'annonce de la pandémie H1N1, qui a soulevé des préoccupations et des soupçons de la part de la communauté scientifique." Le rapport sera soumis à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et ses 47 Etats membres le 24 juin.

Paul Benkimoun