mardi 11 septembre 2007

Grand remaniement ministériel en prévision ...

Et en avant première , grâce à notre talentueux reporter Gaëtan (merci à lui ;o)), nous pouvons vous offrir une photo de ce futur nouveau gouvernement ...



Oui, bon, en fait, rien de bien nouveau ;o))

dimanche 9 septembre 2007

En voilà qui doivent avoir du temps en classe ;o))

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En Thaïlande, le jonglage de stylos devient un véritable sport
[2007-09-07 12:17]

BANGKOK (Reuters) - Longtemps l'apanage d'écoliers désoeuvrés, le penspinning (faire tourner un stylo avec ses doigts) est devenu un véritable sport en Thaïlande où des milliers de jeunes ont désormais leur club en ligne, www.thaispinner.com.

"Nous comptons actuellement environ 10.000 membres et leur dextérité est vraiment bonne", a déclaré le fondateur du club, Chatchai Songnapawuttikul. "Certains sont très doués en 'penspinning' et désormais les joueurs thaïlandais sont connus à l'étranger", ajoute le jeune homme de 23 ans.

Les membres du club, en majorité des garçons, se rencontrent au moins une fois tous les deux mois pour s'échanger des astuces et faire des démonstrations. Leurs stylos, long de 18 à 20 cm, sont souvent bricolés avec du caoutchouc adhérent et des pointes en métal, censés faciliter leur manipulation.

Les débutants apprennent d'abord le geste de base, qui consiste à faire tourner le stylo autour du pouce. Mais il existe plus de cent façons de faire tourner son stylo avec ses doigts et certains se vantent même de pouvoir réaliser 200 figures.

"J'étais en classe et je n'avais rien à faire quand j'ai commencé à faire tourner mon stylo avec les doigts. Ce qui a attiré l'attention de mes amis", témoigne Chatchai Sompong, 15 ans.

Va-t-on connaître le fin fond de l'histoire balkanique ?

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Les Serbes Karadzic et Mladic auraient été sciemment épargnés
[2007-09-09 11:58]

par Thierry Levêque

PARIS (Reuters) - La France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie ont sciemment laissé en liberté les dirigeants serbes Radovan Karadzic et Ratko Mladic, poursuivis pour génocide dans le conflit bosniaque (1992-95), affirme une ancienne collaboratrice de Carla Del Ponte dans un livre qui paraît lundi en France.

Ces pays auraient agi ainsi pour éviter qu'un procès ne mette en lumière le fait qu'ils connaissaient avant 1995 les projets du président yougoslave Slobodan Milosevic, instigateur du conflit, mais sont restés inactifs lors des hostilités et ont négocié avec tous les protagonistes, avance dans "Paix et châtiment" Florence Hartmann.

Cette ancienne journaliste du Monde, porte-parole du procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Carla Del Ponte, de 2000 à 2006, dit écrire en qualité de témoin direct d'entretiens et réunions stratégiques.

Contacté par Reuters, le bureau de Jacques Chirac a rappelé les engagements publics de l'ex-président à arrêter les fuyards. Le Quai d'Orsay juge les accusations infondées. "La France a apporté, apporte et apportera son soutien politique total à l'action du TPIY", a dit un porte-parole à Reuters.

"Karadzic et Mladic n'ont pas été traduits en justice pour ne pas raviver le souvenir du choix inavouable des grandes démocraties occidentales de sacrifier la population de Srebrenica en l'abandonnant sciemment à ses tortionnaires, puis en privant ses survivants de leurs terres et d'un jugement", écrit Florence Hartmann.

Après les accords de Dayton du 14 décembre 1995, qui ont mis fin au conflit, les grandes puissances auraient très souvent su où se trouvaient Radovan Karadzic et Ratko Mladic.

Radovan Karadzic, chef politique des Serbes de Bosnie, et Ratko Mladic, général en chef des forces militaires dans la région, ont été inculpés pour crimes de guerre le 25 juillet 1995 par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPYI). Ils sont accusés d'avoir commandité le massacre de 7.000 à 8.000 Bosniaques en juillet 1995 à Srebrenica.

"KARADZIC SAIT TROP DE CHOSES"

Radovan Karadzic aurait vécu d'abord au grand jour en Bosnie, sous les yeux des forces de l'Otan et avec l'appui financier de Belgrade. Un officier français, Hervé Gourmelon, le rencontrait régulièrement à Pale pour le persuader de se rendre. En mai 1997, son arrestation est débattue entre les grandes puissances mais rien n'est fait.

Florence Hartmann cite Jacques Chirac expliquant en 2000 à Carla del Ponte : "Karadzic n'a pas été arrêté en raison de l'opposition des Russes, Boris Eltsine m'a dit : 'Karadzic sait trop de choses sur Milosevic' et il m'a averti qu'il enverrait un avion pour l'extraire de Bosnie si nécessaire".

Radovan Karadzic est parti en octobre 1997 en Biélorussie "dans un avion militaire affrété par Boris Eltsine", avant de revenir en Bosnie début 1998, écrit l'auteur du livre. En 1999, il a demandé au parquet du TPIY 300.000 marks et une protection en échange de sa reddition, avant de renoncer.

En février 2004, le fuyard a été localisé en Bosnie par le TPIY, qui a transmis l'information à l'Otan. "Quelques heures plus tard, un hélicoptère survole la zone, alertant ainsi Karadzic", écrit Florence Hartmann.

En 2005, un Néerlandais contacte le TPIY. Il dit avoir vu Karadzic le 7 avril à la terrasse d'un café d'une ville bosniaque, Foca. Alertée par le TPIY, les responsables américains de l'Otan, qui officiellement ont perdu sa trace, répondent : "Impossible, il était du 6 au 8 avril à Belgrade".

Les deux fuyards ont sans cesse fait état de promesses d'impunité qui leur auraient été accordées par Paris et Washington pour favoriser les accords de Dayton et obtenir la libération de pilotes militaires français prisonniers en 1995.

Le TPIY a selon Florence Hartmann établi que Ratko Mladic a vécu aussi au grand jour en Bosnie, puis en Serbie à partir de 1997, sortant au restaurant, assistant à des matches de football, étant hospitalisé deux fois sous son nom en 2001 et 2002 à Belgrade, touchant sa retraite de l'Etat serbe.

Le TPIY a connu son adresse exacte et l'a transmise à la CIA, sans jamais obtenir de résultats, souligne l'auteur.

Au procès de Slobodan Milosevic, raconte-t-elle, un magistrat britannique du TPIY, Geoffrey Nice, et des analystes militaires britanniques et américains détachés au TPIY ont demandé l'abandon des charges contre lui sur Srebrenica. Les Etats-Unis ont caché au TPIY des écoutes téléphoniques qui montraient son implication directe, dit Florence Hartmann.

Le mandat de Carla Del Ponte s'achève fin 2007. L'Onu a fixé à 2010 la fermeture du TPIY.

samedi 8 septembre 2007

Encore de la poudre aux yeux ;o((

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Accord à l'APEC sur la lutte contre le réchauffement climatique --par Jim Gomez--
[08/09/2007 14:09]

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SYDNEY (AP) -- Au premier jour de leur sommet à Sydney, les dirigeants des 21 pays de l'APEC ont approuvé samedi un compromis soulignant la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique.

C'est le Premier ministre australien John Howard, en tant que hôte du sommet, qui a annoncé la signature de cet accord, qui, selon lui, reflète l'engagement des pays membres de la Coopération économique de l'Asie-Pacifique (APEC) à lutter contre le réchauffement climatique tout en garantissant la croissance économique.

«Le grand défi pour notre région est d'équilibrer nos besoins énergétiques avec l'action nécessaire pour aborder la menace du changement climatique posée par les émissions de gaz à effet de serre», a déclaré John Howard, estimant que les pays de l'APEC «ont signé un nouveau consensus international pour la région et pour le monde».

Fruit de quatre jours de négociations en amont de l'ouverture officielle du sommet, le texte souligne, par le biais d'objectifs non-contraignants, la nécessité de «ralentir, arrêter et ensuite inverser l'augmentation des émissions mondiales de gaz à effet de serre».

Les pays de l'APEC s'y engagent à réduire «l'intensité énergétique» -la quantité d'énergie nécessaire pour produire un point de croissance économique- de 25% d'ici 2030. Cette disposition était souhaitée par l'Australie, soutenue par les Etats-Unis, qui exigeaient que les pays développés et en développement s'engagent sur un objectif chiffré. Ni Canberra ni Washington n'ont ratifié le protocole de Kyoto, signé en 1997, qui fixe des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

De manière générale, le compromis propose de poser les bases d'un nouvel accord sur le climat censé remplacer le protocole de Kyoto, qui expirera en 2012. Une série de réunions sur le texte devant succéder à Kyoto, parmi lesquelles une conférence des Nations unies à Bali (Indonésie) en décembre, se tiendra dans les prochains mois.

L'accord de Sydney appelle également à une augmentation des étendues de forêts d'au moins 20 millions d'hectares d'ici à 2020 et précise que les négociations sur le réchauffement climatique doivent avoir lieu sous les auspices des Nations unies, une exigence de la Chine et de plusieurs pays en développement.

Les 21 pays membres de l'APEC représentent 60% des demandes globales énergétiques et rejettent une part similaire de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Parmi ces pays, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et la Japon figurent au rang des plus gros pollueurs de la planète.

L'accord signé samedi admet à ce sujet des «responsabilités communes mais différenciées» dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cette terminologie signifie que les pays les plus riches de l'APEC devront supporter une part plus importante des coûts, notamment financiers, induits par la lutte contre les émissions de carbone.

Reste que le compromis manque d'ambition pour les écologistes et certains experts du réchauffement climatique. «En pratique, cela ne changera pratiquement rien», a observé Frank Jotzo, expert à l'Université nationale australienne. «Cela manque vraiment d'ambition».

«Si le compromis de l'APEC est le programme des futures actions sur le réchauffement climatique, alors le monde est dans de sales draps», a observé Catherine Fitzpatrick, chargée de l'énergie à Greenpeace.

Par ailleurs, en marge du sommet, deux policiers ont été légèrement blessés et cinq personnes arrêtées lors d'une manifestation de protestation qui a rassemblé environ 3.000 personnes. AP

vendredi 7 septembre 2007

Toujours aussi doué George Bush ;o))

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Les bourdes de George W. Bush à l'APEC
[07/09/2007 14:08]

APEC131-0907070139, APEC133-0907070139

SYDNEY, Australie (AP) -- Mauvaise journée pour George W. Bush à Sydney. Le président américain s'est emmêlé dans ses sigles, confondant APEC, la réunion des pays de l'Asie-Pacifique à laquelle il assiste effectivement, et OPEP, l'organisation des pays exportateurs de pétrole... Avant de confondre Autriche et Australie.

George W. Bush n'en était qu'à sa troisième phrase vendredi lors d'un discours devant un parterre d'hommes d'affaires en marge du forum pour la Coopération économique Asie-Pacifique lorsqu'il a gaffé. «Merci d'être un hôte si délicieux du sommet de l'OPEP», a-t-il lancé au Premier ministre australien John Howard.

Il faut dire qu'en anglais, les sigles se ressemblent: APEC et OPEC.

Le président américain s'est immédiatement corrigé lui-même. Et a tenté de se rattraper par une pirouette, expliquant que John Howard l'avait invité au sommet de l'OPEP l'année prochaine. Ce qui est, au passage, impossible, vu que ni l'Australie ni les Etats-Unis appartiennent à ce cartel des pays pétroliers.

Sa bourde suivante n'a pas été corrigée: parlant de la visite du Premier ministre Howard en Irak et le remerciant de son soutien militaire, il a parlé des «troupes autrichiennes». Là encore, l'anglais lui aura tendu un piège, entre «australian» et «austrian»...

Si George W. Bush a fini son discours sans s'en rendre compte et a quitté la tribune -par le mauvais côté- la Maison Blanche a ensuite remis les pendules à l'heure sans tiquer et sans commentaires, dans le transcript officiel de son discours. AP

A la masse, l'Amérique ;o(( - II

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A 65 ans, elle doit prouver qu'elle n'est pas mineure

FARMINGTON, Maine (AP) -- Une femme de 65 ans à Farmington, dans le Maine (nord-est des Etats-Unis), qui voulait acheter du vin dans un supermarché, a eu la surprise de se voir demander sa carte d'identité pour prouver qu'elle n'était pas mineure.

Barbara Skapa a habituellement son permis de conduire sur elle. Mais avec sa jambe dans le plâtre, elle s'était fait conduire par une amie au magasin la semaine dernière et n'avait pas la pièce d'identité.

La caissière lui a expliqué ne faire qu'appliquer la politique de la maison. Mme Skapa, qui juge impossible qu'on puisse la prendre pour une trentenaire ou même une quadragénaire, a demandé si son amie pouvait acheter le vin pour elle, mais a essuyé un refus.

Une porte-parole de l'enseigne, Rebecca Howes, a expliqué que la politique du magasin était de vérifier l'identité de toute personne paraissant avoir moins de 45 ans qui veut acheter de l'alcool. Cette pratique est répandue dans les commerces du Maine afin d'empêcher les mineurs d'acheter illégalement alcool et cigarettes.

En 2005, le Parlement de l'Etat a voté une loi imposant la présentation d'une pièce d'identité aux clients paraissant avoir moins de 27 ans qui veulent acheter ces articles. AP

jeudi 6 septembre 2007

Quelques vérités sur la crise financière

Reçu via Grain de Sable, le courriel d'information d'Attac

COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°558)

Mercredi 3/08/06
Merci de faire circuler et de diffuser largement.

Le Courriel est reçu aujourd'hui par 54414 abonnés
______________________________

S'abonner ou se désabonner http://france.attac.org/a3652

Confort de lecture et impression papier:
Format RTF http://www.france.attac.org/IMG/zip/attacinfo558.zip
Format PDF http://www.france.attac.org/IMG/pdf/attacinfo558.pdf
______________________________


Entretien avec Gérard Duménil (membre du Conseil scientifique d’Attac
France). Propos recueillis par Thierry Brun, pour Politis (n°965, 30
août 2007, http://www.politis.fr)

Aux Etats-Unis, le désengagement de l’Etat dans les institutions
fédérales de crédit est responsable de la récente crise financière,
explique l’économiste Gérard Duménil.

La crise récente du crédit et de la bourse souligne, une nouvelle fois,
l’ampleur des dérèglements financiers propres au néolibéralisme. De quoi
s’agit-il ?

Gérard Duménil : La chute des bourses, brutale mais vite corrigée pour
l’heure, est, en fait, un effet secondaire d’une crise du crédit. Plus
précisément, d’une crise d’un type particulier de crédit. La créativité
des institutions financières néolibérales semble sans bornes. Dès que le
profit est à portée de la main, de nouvelles procédures sont mises en
place. Et le plus extraordinaire, en l’occurrence, est la capacité de
ces institutions à reporter une grande partie de ces risques sur
d’autres agents. On le sait, la croissance de l’économie des États-Unis
est largement portée par la dépense des ménages, une consommation folle
des plus riches et une extension sans précédent ni comparaison du crédit
hypothécaire aux ménages, c’est-à-dire un stock croissant de crédits à
très long terme au logement (mais qui, dans ce pays, servent également à
d’autres achats). Les taux d’intérêt sur ces crédits restent
relativement bas (ce sont les taux d’intérêt à court terme qui
remontent).

Comment les banques peuvent-elles soutenir cet endettement croissant ?
Gérard Duménil :

Il faut souligner l’importance historique d’agences fédérales dont la
fonction est de « racheter » aux banques prêteuses leurs créances sur
leurs clients. Elles portent des noms charmants : Fannie Mae et Freddy Mac
(1). Leur rôle est allé croissant jusqu’en 2001, ces agences détenant
alors 38 % de tous les crédits hypothécaires du pays.
Originellement publiques, elles sont en fait privatisées, ou en voie de
l’être. Mais leur image est encore celle d’institutions « garanties » par
le gouvernement : de nombreux agents, notamment étrangers, n’ont pas
remarqué que ces agences étaient désormais privées (le Japon est loin).

« Une grave erreur ! », déclarait Alan Greenspan, Président sortant de
la banque centrale des États-Unis, dans une déclaration tonitruante de
2004. Et de recommander, de surcroît, la limitation et le contrôle de
l’activité de ces agences, supposée biaiser la « discipline du marché ».
Du concentré d’idéologie néolibérale. Tout va mal pour ces acteurs
traditionnels de la politique du crédit aux États-Unis. Dans la foulée
du désengagement de l’État, ces agences souffrent de la jalousie de
nouvelles entreprises entrées dans ce créneau lucratif. L’activité de ce
nouveau secteur explose depuis quelques années, alors que celle de
Fannie et Freddy se contracte. De 38 % des crédits hypothécaires en
2001, les agences fédérales sont revenues à 30 %, le terrain perdu ayant
été gagné par les nouveaux venus. Fannie Mae vient de perdre un procès
qui lui a coûté 400 millions de dollars.

En quoi est-ce important ?
Gérard Duménil : 
Parce que ce sont précisément les entreprises qui se sont engouffrées
dans l’espace ouvert par le désengagement de l’État, qui sont à
l’origine de la crise ! Un bel exemple de privatisation et d’ouverture
d’un secteur à l’initiative privée aux conséquences désastreuses. Mais
deux éléments nous manquent encore pour comprendre les ressorts de cette
crise. Il faut d’abord savoir que ces agences et entreprises se
financent en émettant des titres (achetés par des particuliers ou des
institutions financières, nationaux ou étrangers). Ces titres sont, pour
une part, « adossés » aux créances originelles, ce qui signifie que
celui qui les acquiert, achète, en fait, un « panier » de telles
créances. Les particuliers ignorent souvent le contenu du panier (c’est
par le même procédé que les banques états-uniennes ont revendues la
dette du « Tiers-monde », comme l’a montré le scandale provoqué en
Italie par la vente de la dette argentine à des ménages, qui en firent
la découverte lorsque ce pays cessa ses paiements). Mais, si le cœur
vous en dit, vous pouvez acheter ainsi toutes sortes de crédit, par
exemple les dettes des ménages états-uniens sur leurs cartes de crédit.
Ce business de « titrisation », comme on dit, est florissant. Ses agents
se retrouvent dans des conférences gigantesques, dans des hôtels cinq
étoiles (2). Ils se perçoivent comme les bienfaiteurs de l’humanité : «
Votre industrie est la clef ouvrant aux rêves de notre nation »,
déclarait le Président de la très sérieuse U.S. Securities and Exchange
Commission, à une assemblée de représentants de ce secteur.

Et le tout fait une crise ?
Gérard Duménil : 
La dernière pièce du puzzle est que, face à la chute des taux d’intérêt
sur les crédits hypothécaires, ces entreprises se sont lancées dans le
financement des « rêves » pavillonnaires de ceux qui n’ont pas les
moyens de les réaliser, compte tenu de la stagnation du pouvoir d’achat
qu’organise le néolibéralisme. Une activité d’autant plus attrayante que
les taux d’intérêt sur ces crédits à risque (subprime) sont plus élevés.
Réunissons les deux éléments. Premier point : les risques de prêter à
ces ménages fragiles étaient tels que les cessations de paiements ont
pris des proportions inattendues. Second point : des institutions et
ménages imprudents s’étaient rendus acquéreurs des titres matérialisant
ces créances douteuses. Et voilà que ces acheteurs, touchés par la
dévalorisation de ces titres, ne font plus preuve de leur optimisme
usuel sur les marchés boursiers ! La crise du crédit se transforme en
crise boursière : les cours plongent. On connaît le dénouement. Deus ex
machina, les banques centrales renflouent les trésoreries par une
création monétaire ex nihilo.

Peut-on toujours s’en tirer de la sorte, par des « renflouements » de
court terme ?
Gérard Duménil : 
Cette crise est, en fait, intéressante par ce qu’elle révèle
indirectement. Sans entrer dans l’analyse de l’ensemble des
déséquilibres de l’économie états-unienne (3), on peut dire qu’elle
montre que les potentialités de croissance de la dette des ménages de ce
pays atteignent certaines limites. Pour que la fête néolibérale sous
hégémonie états-unienne continue, faut-il faire entrer dans la danse une
fraction des ménages qui est bien incapable d’en supporter le rythme ?
Faut-il rechercher des taux d’intérêt plus élevés aux frontières du
raisonnables ?
On l’a dit, la dépense des ménages est un facteur crucial de la
croissance états-unienne. Bloquer l’envolée des crédits qui leur sont
destinés, ce serait, à court terme, précipiter la récession qui
s’annonce au lieu d’y remédier, mais surtout, à plus long terme,
compromettre le maintien des taux de croissance relativement élevés de
l’économie des États-Unis. Quels autres leviers pour soutenir alors
l’activité ? Les outils des politiques macroéconomiques sont déjà en
action. Le déficit public, il est là ; le dollar faible, il l’est. Les
taux courts vont très probablement être diminués. Mais les remèdes
s’épuisent. Dans la mondialisation néolibérale, la croissance se
concentre aux deux extrémités de l’éventail de la richesse, entre les
États-Unis et des pays dont la main-d’œuvre est vendue à bon marché,
comme la Chine. C’est un élément central de la propagande néolibérale.
Imaginez un taux de croissance « français » aux États-Unis ! Une
perspective insupportable pour le maître du monde. Quelque chose devrait
alors changer. Mais quoi au juste ? Pour le meilleur ou pour le pire ?

Notes :
(1) Un peu distinctes sont les Federal Home Loan Banks.
(2) Dernière conférence : « Subprime ABS », septembre 18-19, 2006, Four
Seasons Hotel, Las Vegas.
(3) Consulter le site que je partage avec Dominique Lévy :
http://www.jourdan.ens.fr/levy.